L’Eglise de Grèce affronte actuellement les révélations par les médias d’affaires de corruption, d’enrichissements frauduleux et de mœurs. La justice s’est saisie de plusieurs dossiers. Les plus hautes autorités de l’Etat, le président, le chef du gouvernement, des ministres, ont exprimé leur souhait d’une mise à l’écart de personnes corrompues dans l’Eglise. En même temps, les hommes politiques souhaitent que la gravité de la situation n’entraînent pas une dégradation de l’image de l’Eglise, voire la rupture des liens privilégiés de l’Eglise et de l’Etat (qui ne sont pas séparés).
Photographie: Mgr Christodoulos, archevêque d'Athènes, primat de l'Eglise de Grèce.
Le saint synode a réagi avec détermination en prenant plusieurs mesures dès le 3 février ( lire la déclaration en anglais ), une commission chargée d’examiner les griefs à l’encontre de deux évêques, les métropolites Pantéléimon et Théoklitos, a été mise en place, les deux hiérarques ont été suspendus.
Dans un discours, le dimanche 6 février (source ), Mgr Christodoulos, primat de l’Eglise, a déclaré : « Le saint synode a pris des mesures, mais un climat lourd [de suspicions] est entretenu par ceux qui viennent révéler des faits scandaleux qui sont parfois vrais et parfois montés de toutes pièces […] Quels intérêts servent les annonces de révélations (…) » Il a affirmé que l’Eglise était prête à effectuer une « catharsis ». Ainsi, le saint synode, dans une déclaration, a invité « Tout fidèle détenant des preuves légales à charge à venir déposer devant les organes ecclésiastiques pour faire face à d'éventuels comportements susceptibles d'affecter le prestige de l'Eglise. » (cité dans un article du quotidien Le Monde paru le 9 février, pour le lire )
Dernièrement, le 11 février, il a confirmé la réunion prochaine d’une assemblée extraordinaire des évêques afin d’examiner toutes ces affaires (source). Celle-ci pourrait avoir lieu fin février (source).
Par ailleurs, Mgr Christodoulos est lui-même l’objet de soupçons de la part des médias pour être intervenu, il y a de nombreuses années, pour des raisons pastorales, "philantropiques" a-t-il précisé, en faveur d’un certain Apostolos Vavilis, aujourd’hui recherché par Interpol pour trafic de drogue et d’autres affaires complexes et embrouillées comme le montre cette dépêche de l'Agence France Presse.
De récents sondages ont montré une chute de la popularité de Mgr Christodoulos (source). Selon ceux-ci, 43% des Grecs auraient une opinion favorable, alors qu’ils étaient 68% il y a un an, et 47% ont une opinion négative.
Un autre sondage, effectué le 10 février, auprès de 1250 personnes, montre que les deux tiers des sondés ( 64,7% exactement) sont maintenant favorables à une séparation de l’Eglise et de l’Etat, 29,6% sont contre et 5,7% ne se prononcent pas (source et aussi ici). Un autre sondage, auprès de 604 personnes, donne 48% « plutôt pour» et 35% contre.
Le 14 février, dans son désir d’un « nettoyage interne », le saint synode a demandé à Mgr Pantéléimon d’Attique de quitter sa résidence épiscopale. Le porte-parole du saint-synode, Mgr Dorothéos a précisé qu’il devra : « présenter des éléments de défense face aux accusations portées contre lui concernant ses dépôts bancaires démesurés et la construction, sans permis, d'une résidence secondaire. » Il a en outre ajouté que l’instruction ecclésiastique en cours est susceptible d’entraîner sa destitution (pour lire la dépêche de l'Agence France Presse).
Notre précédente information sur ces affaires : http://www.orthodoxie.com/2005/02/la_grce_et_son_.html

