Le patriarcat de Jérusalem doit faire face, actuellement, à une affaire de vente de biens qui a entraîné de multiples protestations, notamment des autorités palestiniennes et du gouvernement grec. Vendredi 18 mars, le quotidien israélien Maariv a rapporté que des investisseurs juifs étrangers, pour le compte de groupes ultranationalistes, ont acquis deux bâtiments, avec les hôtels Petra et Impérial, près de la porte de Jaffa de la vieille ville de Jérusalem est. Le patriarcat a démenti avoir procédé à cette vente.
Photographie : le patriarche de Jérusalem Irénéos 1er (source).
Il semblerait qu’un homme d’affaires, ayant pouvoir pour cela, a effectué de lui-même cette transaction. Le montant de celle-ci s’élèverait à plusieurs millions de dollars. Un proche du patriarche Irénéos 1er, a indiqué, à l’Agence France Presse (voir la dépêche ), que celui-ci était «sous le choc suite à cette affaire ». Une enquête interne est en cours. Dimanche 20 mars, plus de 400 chrétiens palestiniens ont manifesté contre cette vente (voir cette information ). L’un des manifestants a indiqué « Cela aura un mauvais impact sur les relations entre chrétiens et musulmans à Jérusalem car les musulmans nous accuseront de vendre la terre aux juifs ». En effet, l’objectif de cet achat est de « judaïser » la vieille ville de Jérusalem. Mardi 22 mars, le patriarche a formellement démenti toute implication dans cette affaire et s’est dit prêt à coopérer avec les commissions d’enquête du gouvernement grec, déjà sur place, et des autorités palestiniennes, en formation (voir cette information et cette autre). Le Conseil législatif palestinien (le « parlement » palestinien) a, de son côté, demandé à l’Autorité palestinienne « d’oeuvrer à l'arabisation de l'Eglise orthodoxe par les moyens juridiques » (voir dépêche ).
Le patriarcat de Jérusalem possède d’importants biens fonciers, selon certains il serait le plus gros propriétaire foncier d’Israël, dont des terres louées au gouvernement israélien, notamment le terrain où s’élève la knesset (le parlement d’Israël), la résidence du président ou celle du premier ministre. Les pressions ont été vives pour que des ventes aient lieu. L’actuel patriarche s’est déclaré hostile à des ventes. Faut-il y voir un lien avec les complexes affaires en cours - où se mêlent finances, biens fonciers et politique internationale - dont certaines sont liées à la crise qui affecte l’Eglise de Grèce ? Toujours est-il que le gouvernement israélien a longtemps refusé de reconnaître l’élection du patriarche Irénéos 1er. Au début du mois, la cour de justice du district de Jérusalem a déclaré que l’élection du patriarche n’avait pas été faite dans la légalité et devait être à nouveau organisée (voir cet article ).

