Une charte de l’activité de l’action missionnaire de l’Eglise orthodoxe russe expose les objectifs et les formes du travail missionnaire dans les conditions contemporaines
Le président du Département missionnaire de l’Eglise orthodoxe de Russie, l’archevêque Jean de Belgorod et de Starooskolsk (Popov) a rendu public le projet d’une charte de l’action missionnaire de l’Eglise orthodoxe russe pour 2005-2010. Il en a présenté le contenu aux participants de la conférence universitaire et théologique « 300 ans d’orthodoxie au Kamtchatka », qui s’est tenue le 12 avril à l’Université orthodoxe Saint Tikhon.
(…) Cette charte formule les problèmes concrets qui se posent au mouvement missionnaire dans les circonstances actuelles : « la réception par l’Eglise de la culture des populations auxquelles s’adresse la mission » ; la prédication de l’Evangile dans une langue compréhensible ; l’importance de l’eucharistie et de la constitution d’une communauté eucharistique ; l’implication des croyants dans la vie concrète de la paroisse. Le document distingue et caractérise quatre modes du travail missionnaire aujourd’hui : l’information (utilisation des media et de tous les vecteurs de l’information) ; l’apologétique (lutte contre les mouvements religieux destructeurs, action préventive contre l’influence des sectes et des groupements schismatiques) ; l’action vers l’extérieur (prédication auprès des immigrants issus de pays non chrétiens, notamment des populations venues de Chine et de Corée selon le principe de l’inculturation) ; l’action d’éducation (ecclésialisation). Cette dernière action missionnaire est décrite en détail. Elle doit s’effectuer selon le schéma : catéchuménat, baptême, instruction. Le projet souligne la nécessité de faire revivre l’institution du catéchuménat, de procéder avec les nouveaux baptisés à un travail systématique d’introduction à la vie liturgique et extra-liturgique de la paroisse, ainsi que le caractère «canoniquement inadmissible» du baptême non précédé de catéchétisation.
La charte élabore en détail des principes comme le service missionnaire des laïcs, l’entraide missionnaire (par exemple l’instauration de gardes permanentes de laïcs dans les églises pour le contact avec ceux qui ne sont pas membres de l’Eglise). Dans la section « Paroisse missionnaire », on trouve un appel à « modifier le mode d’action et le visage même » de la paroisse comme unité de base de l’Eglise orthodoxe russe. Cela présuppose la pleine participation de chaque paroissien à la vie liturgique : une communion plus fréquente, une prière consciente (pour cela il est proposé de constituer un bref recueil de prières en langue accessible pour les néophytes), ainsi que l’encouragement aux contacts extra-liturgiques entre paroissiens, en particulier, par l’organisation de repas communs après la liturgie dans un but de socialisation et de favoriser les échanges sur les questions du moments. « Afin d’attirer et de retenir la jeunesse dans l’Eglise » la charte propose aussi d’accorder aux paroisses la permission de procéder à des offices missionnaires particuliers avec des éléments de catéchétisation, qui peuvent comprendre l’explication des prières, la lecture (ou la relecture) des Saintes Ecritures en langue russe et face au peuple, la lecture à haute voix des prières liturgiques dites « secrètes », la réduction de la pause avant la communion.
(…) Une section est consacrée à la mission parmi la jeunesse. La charte préconise une approche différenciée des différents groupes de jeunes avec une prise en compte des nuances de leur attitude face à l’orthodoxie et à l’Eglise. Une grande importance est aussi accordée aux qualités personnelles, indispensables au missionnaire contemporain. Il s’agit notamment de la capacité a rechercher « des solutions nouvelles dans pratiquement toutes les sphères de la vie de l’Eglise, même dans les domaines où il semble que tout soit déjà depuis très longtemps réglé et ne demande pas de réexamen » ; la faculté de briser le mur de l’indifférence ; l’aspiration à transmettre non pas tant un bagage intellectuel et théologique, que « l’exemple personnel d’un engagement à la suite du Christ ». (14 avril 2005)
Sources: ici et cette autre .

