Higoumène Barsanuphe (éd.), Le Père Grégoire, Moine iconographe du Skit du Saint-Esprit (1908-1969). Éditions du Monastère de Korssoun (Doumérac, 16380 Grassac), 1999, 95 p.
Le Père Grégoire Krug (1908-1969) fut avec Léonide Ouspensky et Photios Kontoglou, l’un des plus grands iconographes du siècles dernier. Alors que ces deux derniers firent école et eurent de nombreux élèves et imitateurs et contribuèrent de manière décisive à une restauration de l’iconographie traditionnelle dans l’ensemble du monde orthodoxe, le Père Grégoire n’eut pas de disciple mais laisse une œuvre géniale, à la fois parfaitement traditionnelle et profondément originale qui constitue à notre époque un véritable miracle, à tel point que la création du Père Grégoire a été souvent comparée à celle de Théophane le Grec. Ses Carnets d’un peintre d’icônes, publiés aux éditions L’Âge d’Homme, nous montrent qu’il fut aussi un profond et subtil théologien.
À l’occasion du trentième anniversaire de son décès, l’higoumène Barsanuphe, qui vécut à ses côtés les cinq dernières années de sa vie, s’occupa de le soigner et fut présent auprès de lui lorsqu’il s’endormit dans le Seigneur, lui a rendu un légitime hommage en rassemblant tous les articles qui ont été publiés à son sujet au cours de ces trente dernières années jusqu’au début de l’année 1999. Si certains de ces articles étaient facilement accessibles, comme les préfaces de Valentine Marcadé et Catherine Aslanoff aux Carnets d’un peintre d’icônes, le chapitre « La Byzance moderne » du beau livre de Mahmoud Zibawi, L’icône, sens et histoire (Desclée de Brouwer, 1993) ou l’introduction du lumineux recueil du Père Andrew Tregubov, The Light of Christ. The Iconography of Gregory Kroug (St. Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, 1990), d’autres ont paru — la plupart en russe — dans des journaux ou des revues aujourd’hui quasiment introuvables, comme la biographie du Père Grégoire présentée par le Père Nicolas Ozoline dans un colloque sur l’Orthodoxie en France, comme les articles de V. Nikolev, Léonide Zouroff, Jean-Claude Marcadé, Valentine Marcadé, Ioulia Koutyrina, du Père André Sergueenko ou du Père Euthyme Wendt ; d’autres enfin étaient inédits comme la partie biographique du précieux mémoire qu’Anne Bogenhardt-Philippenko a présenté en 1979 à l’Université de Paris X (et dont on souhaite voir un jour la publication intégrale), ou comme les souvenirs personnels du Père Barsanuphe qu’il a réservés pour cette publication. Le recueil se termine par le long article du journal La Croix qui fut le premier à rendre compte du décès du Père Grégoire.
Jean-Claude Larchet

