Michel Quenot, De l’icône au festin nuptial. Image, Parole et Chair de Dieu, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 1999, 311 p. ; Les défis de l’icône. Une autre vision du monde, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2000, 176 p. ; Icône et cosmos, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2003, 204 p. ; Les icônes des douze grandes fêtes, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2004, 107 p.
Après avoir consacré deux ouvrages à une présentation générale de l’icône et de la fonction d’iconographe, le Père Michel Quenot nous propose une série de réflexions qui abordent le monde des icônes sous un angle thématique. Il ne s’agit plus, à proprement parler, d’iconographie ni même d’iconologie, mais de méditations, de caractère subjectif, à propos de certaines icônes.
Il est particulièrement difficile de résumer ces ouvrages : l’auteur procède par petites touches ; ses réflexions sont souvent décousues et il s’écarte souvent du thème principal ; les répétitions sont fréquentes d’un livre à l’autre et parfois au sein du même ouvrage ; la pensée de l’auteur a souvent un caractère général et tombe souvent dans la banalité.
Ces volumes valent surtout pour la qualité de leurs illustrations, souvent originales ou peu connues, sélectionnées par l’auteur lui-même avec un goût très sûr et, à de rares exceptions près, dans le respect de la Tradition.
De l’icône au festin nuptial a pour thème principal la liturgie eucharistique. De nombreuses illustrations montrent comment l’iconographie a abordé ce sujet sous ses divers aspects.
Les défis de l’icône est centré sur les trois « pôles du christianisme » que sont l’Incarnation, la Résurrection et la Pentecôte, avec des réflexions sur les icônes correspondantes.
Les icônes des douze grandes fêtes est un ouvrage plus classique : le thème a déjà été souvent traité. Les commentaires de l’auteur restent sommaires et sont loin d’atteindre la qualité de ceux d’Ouspensky et Lossky dans Le sens des icônes, ou du Père Grégoire Krug dans Carnets d’un iconographe. Il est à noter également qu’ici la qualité des reproductions est moins bonne que dans les autres volumes. Mais ce petit livre peut être utile comme toute première approche.
Icône et cosmos — le plus intéressant de la série — traite de la façon dont les différents éléments de la création (le ciel et la terre, les éléments, le monde minéral, végétal et animal) sont représentés dans les icônes et intégrés à la signification et à la finalité spirituelles de celles-ci. L’auteur montre quelle est la responsabilité de l’homme par rapport à la création et comment il peut, après avoir entraîné le cosmos dans sa chute, contribuer, en Christ, à le transfigurer et à le sauver. La méditation de l’auteur participe de ce que les Pères appellent « contemplation de la nature », et elle esquisse les bases d’une « écologie spirituelle » particulièrement précieuse à notre époque où la création est gravement menacée dans son existence même.
Jean-Claude Larchet

