Tropaire de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu descendis jusqu’en la mort,+ ô Vie immortelle,/ l’enfer fut tué par la splendeur de ta divinité .// Lorsque Tu relevas les morts des bas-fonds,+ toutes les vertus célestes te clamèrent:/ « Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! » //
Tropaire(s)
de l’église… Gloire au Père et au Fils
et au saint Esprit…
Kondakion(a)
de l’église…Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !
Kondakion
du Triode, ton 3 : M’étant sevré de ta gloire paternelle,/ j’ai dépensé les
richesses que Tu m’avais données ;// c’est pourquoi je fais monter vers toi/ la
confession du Fils prodigue:// « J’ai péché contre le ciel et devant toi, ô
Père de miséricorde !/ Accueille-moi repentant et traite-moi, Seigneur, comme
l’un de tes salariés ! »//
Prokimenon
en ton 2 (Ps.117, 14 et 18, Septante) : Le Seigneur est ma force et mon chant/
et Il s’est fait mon salut.// V : Le Seigneur m’a châtié et châtié encore pour
m’éduquer, mais Il ne m’a pas livré à la mort.
Frères,
j’ai toute liberté, mais tout n’est pas utile. J’ai toute liberté, mais, moi,
je ne permettrai à rien de prendre des libertés avec moi ! La nourriture est
pour le ventre, le ventre pour la nourriture, et Dieu abolira l’un et l’autre.
Mais le corps n’est pas pour la débauche : il est pour le Seigneur, et le
Seigneur pour le corps. Et Dieu qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera
nous aussi par sa puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres
du Christ ? Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les
membres d’une débauchée ? En aucun cas ! Ou bien ne savez-vous pas que celui
s’unit à la débauchée ne fait avec elle qu’un seul corps ? Car il est dit : «
Les deux ne feront qu’une seule chair. » Mais celui qui s’unit au Seigneur
n’est avec lui qu’un seul esprit. Fuyez la débauche ! Tous les péchés que
l’être humain peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais le débauché
pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple
de l’Esprit saint, qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Vous ne vous
appartenez pas, car vous avez été rachetés très cher : glorifiez donc Dieu dans
votre corps !
En
ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante. Un père avait deux fils et le plus
jeune lui dit : « Père, donne-moi la part qui me revient de notre fortune. » Et
le père partagea les ressources entre eux. Peu de jours après, le plus jeune
fils, ayant tout rassemblé, partit pour un pays lointain et, là, il dissipa sa
fortune, menant une vie de perdition. Lorsqu’il eut tout dépensé, une cruelle
famine toucha ce pays et il commença à être dans le dénuement. Il alla donc
s’engager auprès d’un des habitants de ce pays qui l’envoya garder les porcs
dans ses champs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que
mangeaient les porcs, et personne ne lui en donnait. Entrant en lui-même, il
dit : « Tant de salariés de mon père ont du pain en abondance et moi, ici, je
meurs de faim ! Je vais me lever, j’irai vers mon père et je lui dirai : ‘
Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être
appelé ton fils ; traite-moi comme un de tes salariés.’ » Il se leva et alla
vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut saisi de
miséricorde ; il courut se jeter au cou de son fils et l’embrassa tendrement.
Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi, je ne suis
plus digne d’être appelé ton fils. » Mais le père dit à ses esclaves : « Vite,
apportez le vêtement le plus beau, et revêtez l’en ; mettez-lui un anneau à la
main et des chaussures aux pieds ! Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et
réjouissons-nous ! Mon fils que voici était mort, et il est vivant ; il était
perdu et il est retrouvé !» Et ils se mirent à se réjouir. Son fils aîné était
aux champs : comme il approchait de la maison, il entendit jouer des danses ;
il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. Celui-ci lui dit
: « Ton frère est là, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a recouvré
en bonne santé. » Le fils aîné se mit en colère et ne voulait pas entrer. Mais,
son père sortit pour l’en prier. Il répondit à son père : « Voilà tant d’années
que je te sers comme un esclave sans jamais transgresser un seul de tes
commandements, et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour me réjouir avec mes
amis ; et quand ton fils que voilà revient, après avoir dévoré tes ressources
avec des débauchées, tu tues pour lui le veau gras ! » Son père lui dit : « Mon
enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi, mais il
fallait se réjouir et rendre grâce, car ton frère que voici était mort et il
est vivant ; il était perdu et il est retrouvé ! »
1.
Penser aux différentes formes de dépendance (nourriture, sexualité, TV,
préjugés, bavardage, confort, plaisir, passions, etc.). De quoi le Fils
prodigue était-il dépendant ? (caprice, appétits, égoïsme, désobéissance, liberté
illusoire, « enfantillage » du péché, selon st Irénée, « oisiveté et
découragement », dit st Ephrem). De quoi le Fils aîné est-il dépendant ?
(orgueil, jalousie, amour de soi, ingratitude, enfantillage de se croire des
droits devant Dieu). Quelle expérience nos enfants et nous avons-nous de cela ?
(la vie en famille, l’attitude réciproque des enfants et des parents, une
attitude de consommateur, « consumérisme » matériel et spirituel, esprit de
possession, « domination et parole facile », dit st Ephrem ; surtout l’attitude
à l’égard de Dieu, ignorance de Dieu, etc.)
2.
L’image de Dieu que révèle Jésus, Fils de Dieu: sa paternité (« notre Père… »),
sa patience, son absence de jugement, sa générosité, sa miséricorde. Dieu est
un père qui attend le retour de son enfant pour lui donner tout ce qu’Il a (le
trésor de son Esprit). Il comble le cadet ? Parce qu’il ne prétend à rien (cf. le
Publicain). L’aîné est-il privé de la joie du saint Esprit par orgueil,
autojustification, suffisance (cf. le Pharisien). Dieu est « Seigneur », « Roi
» et « Maître de notre vie » par sa tendresse paternelle.
3.
Une image du repentir : « conversion », retournement, revirement, pénitence
(conscience de sa pauvreté). La faim nous fait revenir : d’où l’importance du
jeûne, acquisition de la faim de Dieu. La nostalgie de la familiarité
paternelle : toute âme a connu l’amour de Dieu au Paradis. Le repentir est
l’acquisition en plénitude de cet héritage à travers la conscience de la
pauvreté.
4.
Une image de la condition humaine : le Fils prodigue c’est Adam ; il a tout
perdu par désobéissance ; il retrouve tout par le repentir ; il découvre un
père dont il n’avait pas conscience. Le Fils aîné aussi c’est Adam : par
l’orgueil il tombe dans l’ingratitude. Suivant l’expression des Pères, le cadet
tombe « par le bas » (l’amour du plaisir) ; l’aîné tombe « par le haut »
(l’orgueil et la dureté de cœur). L’un et l’autre ignorent qu’ils ont un père.
St Ephrem : « donne-moi de voir mes fautes (le cadet) et de ne pas juger mon
frère » (l’aîné). Le projet : nous libérer en changeant de comportement et de
mentalité, avec toute l’aide de l’Eglise en ce temps béni ! Regardons notre
vie, intérieure et extérieure, au miroir du saint Evangile….
(Père
Marc-Antoine Costa de Beauregard)

