Durant
la 9e assemblée du COE, j'ai été invité à être le modérateur d'une
"conversation œcuménique" intitulée: "Garder la foi dans le monde
cybernétique: les communautés chrétiennes et les nouvelles technologies".
Le but de ces conversations était de sensibiliser les délégués à des questions
importantes et d'aider le COE dans la planification de son programme futur.
Il
y avait 40 personnes dans notre groupe, plutôt jeunes, dont un nombre important
d'orthodoxes, certains étant des journalistes ou responsables de sites
internet. Les discussions furent enrichissantes, comme l'a remarque l'un des
participants dans le no 5 du journal de l'assemblée: "Nous avons parle
comment aider nos Eglises à être plus impliquées dans les nouvelles technologies
afin d'assurer une évangélisation plus productive et efficace. La discussion
était magnifique. Il était pour moi intéressant de constater combien les gens,
particulièrement les jeunes, veulent que l'Eglise soit impliquée dans les
nouvelles technologies".
Les
discussions ont souligne comment les nouvelles technologies peuvent être au
service de l'Eglise dans leur mission en informant les gens, particulièrement la
jeunesse que certains considèrent comme "dépendant" du web. Souvent,
en "surfant" sur le net, les jeunes se perdent dans des sites qui ne
sont pas recommandables et ainsi se voient détournés de Dieu. C'est pourquoi
l'Eglise a le devoir d'être présente sur le web afin de prêcher l'Evangile. La
seule question qui se pose est la suivante: comment fournir chaque jour une
information nouvelle pour des personnes qui utilisent internet en moyenne 8
heures par jours, alors que ceux qui produisent cette information utilise
internet en moyenne 8 heures par semaine?
Les
discussions ont aussi rappelé un certains nombre de dangers de l'internet, tels
la pornographie, le gambling (« jeu »), les invitations au suicide,
etc. Dans le contexte de la "révolution internet", les Eglises
doivent être présentes et offrir des réponses aux personnes désespérées, a
travers le chat, les forums, la direction spirituelle "en ligne". Les
Eglises doivent être attentives à favoriser l'accès à l'information et a
internet a tous, et encourager l'utilisation de logiciels gratuits.
Pendant
les 3 rencontres, deux sites ont été visités. Le premier, très classique, était
un site non officiel, d'information, de l'Eglise orthodoxe de Pologne. Le
second, le site de "Church of fools" proposait d'entrer dans une
"église virtuelle". Ce fut l'occasion de discuter les dangers
d'illusion que de tels sites proposent. En effet, ce nouveau concept est un
défi pour l'ecclésiologie et la notion de communauté (koinonia). On a souligne que
bien qu'internet ne peut aucunement remplacer l'Eglise réelle, la communauté
physique, il peut être un outil pour amener des personnes qui sont hors de
l'Eglise a une communauté réelle.
Les
discussions ont aussi pose la question du contrôle de la qualité: lorsque
chacun peut s'exprimer sur le net, comment l'Eglise peut elle contrôler la
qualité de ce qui est dit dans les forums et les chats? Comment éviter les dérapages?
Comment mettre en garde les gens contre les affirmations de certains
fondamentalistes?
Notre
groupe a finalement fait quelques
recommandations au COE:
-
qu'une réflexion théologique soit engagée pour clarifier les termes que nous
utilisons (tels: communication, information, mission, enseignement, évangélisation),
pour discuter les aspects positifs et les difficultés qu'internet nous offre, de réfléchir sur le
concept d'Eglise "virtuelle", et finalement, de s'interroger sur la
présence de Dieu dans le web.
-
qu'une collaboration et que des échanges soient engagés entre les Eglises pour
aider celles-ci à maintenir et développer leur présence sur internet.
-
que les Eglises pensent en avance sur leur temps et qu'elles soient attentives
à l'évolution des nouvelles technologies.

