Soutien aux coptes persécutés – discours de Christine Chaillot
Samedi 29 avril, à Paris, a eu lieu une manifestation
de soutien aux coptes d’Egypte (voir aussi cet entretien).
Plusieurs centaines de personnes ont participé à cette marche dont des orthodoxes
(photographies).
A cette occasion, Christine Chaillot, secrétaire de l’association Dialogue
entre orthodoxes et orthodoxes orientaux, a pris la parole. Voici son discours :
On peut constater que depuis les années 1970 les coptes
ont subi des violences particulières, et à maintes reprises, lorsque leurs
églises, leurs magasins, pharmacies, bijouteries ont été saccagés, parfois même
brûlés ; des coptes ont été kidnappés et même tués et ils subissent
maintes vexations dans la vie quotidienne, non seulement récemment à Alexandrie
en avril 2006 et en octobre 2005, mais aussi auparavant, par exemple, au nord du Caire : à Al-Khanka en
1972 et à Al-Zawiya al-Hamra en 1981. Et aussi ailleurs en Egypte, en
particulier dans les régions de Minya et d’Assiout.
Le 2 janvier 2000 dans le village d’al-Kosh au sud
de Souhag, 21 Coptes furent tués. En 1994 trois Coptes laïcs et deux moines furent
tués à la porte de l’entrée du Monastère de Moharaq.
On kidnappe des jeunes filles coptes pour les
marier de force à des non chrétiens.
En septembre 1981, 150 coptes furent arrêtés et
emprisonnés parmi eux 8 évêques et 13 prêtres coptes et surtout le patriarche
copte Shenouda fut mis en résidence surveillée et il n’eut pour ainsi dire plus
de contacts pendant plus de trois ans (jusqu’en janvier 1985) avec les millions
de fidèles dont il est responsable en Egypte et à l’étranger.
En octobre dernier (2005) un frère musulman attaque
une diaconesse copte sur les marches de l’église à la sortie de la
liturgie : elle reçoit quatre coups de couteau dans le dos et un dans la
poitrine ; après trois interventions chirurgicales elle s’en sort
miraculeusement et elle est vivante.
Le 14 avril dernier plusieurs musulmans attaquent à
nouveau des coptes dans leurs églises à Alexandrie, toujours avec des
couteaux : plusieurs coptes sont blessés, dont certains grièvement et l’un
succombe à ses blessures. Les médias à l’étranger relatent l’événement plus
largement que lors d’autres attaques contre les coptes. Faut-il donc un ou
plusieurs morts pour que les journalistes internationaux se réveillent et
informent l’opinion publique ?
Mais il n’y a pas que la crainte d’être attaqués
corporellement : il y a aussi des pressions morales. Par exemple, des
pressions de toutes sortes sont faites sur les coptes pour se convertir à
l’Islam, et ceci dès l’école enfantine.
Tous ces actes de vandalisme et de terreur doivent
être connus par tous ceux qui n’en sont pas victimes mais qui peuvent comprendre
que de tels gestes sont inacceptables.
L’islam a été introduit en Egypte au 7e
siècle avec l’arrivée des Arabes musulmans. Depuis lors, les coptes qui sont
restés fidèles à leur religion chrétienne ancestrale ont été considérés comme
des dhimmis, c’est-à-dire des
citoyens soumis à des règles particulières et offensantes et ils devaient payer
des impôts supplémentaires pour le simple fait d’être chrétiens, subissant également des
discriminations et des persécutions sous certains dirigeants. Ce statut de dhimmis a perduré en Egypte jusqu’en
1855.
Aujourd’hui les coptes vivant en Egypte ont peur
pour leur avenir et celui de leurs enfants. Ce sont pourtant des citoyens
‘modèles’ qui n’ont jamais eu d’actions politiques négatives ou violentes, qui
sont au service de leur pays parce qu’ils aiment leur pays, l’Egypte.
L’Egypte
c’est la terre des pharaons, les lointains ancêtres des coptes. Les coptes y
sont chrétiens depuis le début du christianisme lorsque l’évangéliste saint
Marc commença à prêcher à Alexandrie et devint le premier chef de l’Eglise
d’Alexandrie. Cette fidélité à leur Eglise, les coptes veulent pouvoir
continuer à la vivre, en paix, et dans un esprit de respect mutuel avec leurs
compatriotes musulmans, comme cela fut le cas pendant de longues années.
Désormais,
il faut se battre pour trouver les moyens pour faire appliquer des lois
permettant de respecter les droits des citoyens coptes en Egypte et pour une
co-existence pacifique. Nous nous devons de soutenir les coptes d’Egypte :
c’est le but de la manifestation d’aujourd’hui.

























