Le
7 septembre dernier, l’higoumène Philarète (Boulekov), responsable de la Représentation de l’Eglise
russe à Strasbourg, a prononcé une
conférence, dans le cadre de la conférence
internationale de Nijni-Novogorod, sur le thème « Dimension religieuse du
dialogue interculturel ».
Dans
celle-ci, il annonce d’emblée : « Je dois dire franchement :
l'expérience du travail à Strasbourg de la Représentation créée par l'Eglise orthodoxe
Russe qui a tendu pour cela la main au Conseil de l'Europe, ce travail
n'apporte vraiment pas toujours que de la satisfaction. Plus encore,
l'impression générale qui se forme est que dans son ensemble le Conseil de
l'Europe n'est toujours pas prêt à mener un dialogue réel avec les
organisations religieuses. »
Le
problème principal réside « (…) dans la persistance du rejet des
organisations religieuses à participer aux travaux du Conseil, à discuter des
thèmes d'actualité et en tout premier lieu à ceux qui sont justement liés à la
religion. Au Conseil on mène des travaux avec des représentants des minorités
ethniques, des communautés locales, des cultures diverses qu'elles concernent
peu ou beaucoup de gens, avec différents groupes sociaux. Tandis que les
communautés religieuses, elles, sont pratiquement mises de côté. Qu'est-ce
qui sert de base à une telle pratique ? C'est un stéréotype largement diffusé
selon lequel la religion est une affaire exclusivement privée des citoyens et
de leurs associations. La religion est repoussée dans le domaine des droits et
libertés individuelles de la personne, tandis que la société dans son ensemble
est vue comme une entité « laïque ». »
Ce
qui l’amène à donner son impression sur la manière dont les croyants sont
considérés : « Je dois vous dire franchement comme quelqu'un qui
par mon âge appartient encore à la génération des « individus soviétiques » :
dans l'approche à la religion à laquelle je me heurte au Conseil de l'Europe et
dans de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme je sens un
esprit presque « soviétique ». De nouveau, comme à l'ancien temps soviétique,
on nous dit que dans la société il n'y a pas de place pour les croyants parce
que la « laïcité » a gagné, que la place de la religion n'est que dans les
logements privés et dans les bâtiments de prière spécialement prévus à cet
effet. Et de nouveau nous, le croyants, nous nous sentons être des « individus
de seconde zone ». Même si en théorie nous sommes des citoyens à part entière,
en pratique nous sommes limités dans nos droits. »
Aussi
il préconise : « Ma thèse est simple : nous devons détruire le «
rideau de fer » entre, d'un côté, les communautés religieuses et le Conseil de
l'Europe et, de l'autre côté, entre ces communautés religieuses et les autres
organisations internationales. Il faut créer un climat de confiance mutuelle et
de collaboration. » Pour concrétiser cela, il propose : « Il
faut créer un organisme consultatif spécial des organisations religieuses pour
qu'il travaille avec le Conseil de l'Europe. »
Source :
REOR

