Le
nouveau site internet du diocèse de
Chersonèse propose un compte
rendu de la réunion de la commission mixte orthodoxe-catholique qui s’est
terminée le 24 septembre à Belgrade (voir aussi notre album de photographies). Celle-ci s’est déroulée dans un climat fraternel
et fut fructueuse. Néanmoins, au cours de la discussion, le dernier jour, un
différend est apparu et a entraîné une protestation du délégué du Patriarcat de
Moscou, Mgr Hilarion (Alfeyev) de Vienne et d’Autriche.
« (…)
une controverse a eu lieu au sujet du chapitre du document consacré à
l’autorité des conciles œcuméniques. Dans ce dernier il était dit qu’après la
rupture de la communion entre l’Orient et l’Occident au XIe siècle la
convocation d’un concile œcuménique au sens propre du terme devint impossible ;
les deux Eglises continuaient toutefois à « convoquer des conciles ‘généraux’
auxquels prenaient part des évêques des Eglises locales en communion avec le
siège de Rome ou en communion avec le siège de Constantinople. »
Mgr
Hilarion a notamment expliqué : « Dans la tradition orthodoxe «
la communion avec le siège de Constantinople » n’a jamais été perçue comme une
condition indispensable de la conciliarité, contrairement à la tradition
occidentale qui reconnaît cette caractéristique au siège de Rome. Le modèle
ecclésiologique orthodoxe diffère sur ce point de l’approche occidentale.
Ainsi, l’évêque de Constantinople n’a jamais eu de rôle comparable à celui du
pape. Le critère de catholicité dans l’Eglise orthodoxe est la communion eucharistique
et canonique des Eglises locales entre elles et non pas exclusivement avec la
chaire de Constantinople. Bien plus, l’histoire connaît des cas où une Eglise
orthodoxe locale rompit la communion avec Constantinople tout en conservant sa
catholicité, parce qu’elle restait unie aux autres Eglises locales. Ainsi, au
milieu du XVe siècle, à la suite du concile de Ferrare et de Florence, l’Eglise
russe a suspendu la communion avec l’Eglise de Constantinople ralliée
temporairement à l’uniatisme, mais demeurait en communion avec les autres
Eglises orthodoxes. »
Après
cet exposé, poursuit la note : « Réagissant
à la protestation de l’évêque Hilarion, le métropolite Jean (Zizioulas) de
Pergame a proposé l’amendement suivant : « en communion avec le siège de Rome
ou, bien que cela soit compris différemment, avec le siège de Constantinople ».
Cet amendement ne changeait cependant pas l’essence de la phrase aux yeux des
représentants de l’Eglise russe. L’amendement a été voté par l’assemblée. A la
fin de la session l’évêque Hilarion a remis au cardinal Walter Kasper,
co-président de la Commission, une protestation dans laquelle il affirme que le
vote ne peut être acceptable lorsqu’il s’agit de questions dogmatiques. Les
délégués à la Commission n’ont pas le droit d’imposer à l’ensemble de l’Eglise
orthodoxe une ecclésiologie qui n’est pas partagée par l’ensemble des Eglises.
Il n’est pas permis que le modèle occidental se trouve ainsi appliqué à
l’ecclésiologie orientale qui n’a jamais considéré le patriarche de Constantinople
comme équivalent au pape dans le monde orthodoxe. Au sein de la Commission les
décisions ne peuvent être prises que par consensus. Les problèmes qui n’ont pas
pu être résolus à l’unanimité ne doivent pas figurer dans les déclarations
officielle de la Commission. Le cardinal Kasper a pris en compte la
protestation des délégués de l’Eglise orthodoxe russe et a promis de réexaminer
la question controversée à la réunion suivante de la Commission en octobre 2007. »

