Mémoire de sainte Anastasie la Romaine
Tropaire
de la Résurrection en ton 3 :
Tropaire
(s) et kondakion (a) de l’église. Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…
Kondakion
de la Résurrection en ton 3 :
Et
maintenant et toujours…
Kondakion
de la Mère de Dieu en ton 6 :
Prokimenon
en ton 3 :
Epître
: Ephésiens 2, 14-22.
Frères,
le Christ est notre paix, Lui qui a réuni en un seul peuple les Juifs et les
Païens, et qui a fait tomber ce mur de haine qui les séparait. En sacrifiant sa
propre chair, Il a mis fin à l’antique Loi, avec tous ses règlements et ses
prohibitions. Des deux antagonistes de jadis, Il a formé en lui-même un peuple
unique et une humanité nouvelle, réalisant la paix entre eux et les
réconciliant avec Dieu. Les uns et les autres, Il les a unis en un seul corps,
par cette croix sur laquelle Il a mis à mort l’inimitié. Il est donc venu pour
annoncer à tous la bonne nouvelle, l’Evangile, de la paix, à vous qui étiez
loin et à ceux qui étaient proches, de sorte que par lui nous avons, les uns et
les autres, libre accès auprès du Père en un seul Esprit saint. Aussi
n’êtes-vous plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens
des saints, vous êtes la maison de Dieu. Vous faites partie d’un édifice qui a
pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en
personne Jésus Christ. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement,
pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez,
les uns unis aux autres, comme pierres de cette construction qui deviendra, par
l’Esprit saint, la demeure de Dieu.
Alléluia
en ton 3 :
Evangile
: Luc 8, 41-56 (notre traduction).
En
ce temps-là, voici qu’arriva un homme du nom de Jaïre : il était chef de
synagogue. Tombé aux pieds de Jésus, il le suppliait de venir chez lui, parce
qu’il avait une fille unique, d’environ douze ans, et elle se mourait. Et
tandis que Jésus s’y rendait, les foules manquaient de l’étouffer.
Or
une femme en hémorragie depuis douze ans et qui n’avait pu être soignée par
personne, s’approcha par derrière et toucha la frange du manteau de Jésus : à
l’instant son hémorragie cessa. Et Jésus demanda : « Qui m’a touché ? » Comme
tous s’en défendaient, Pierre et ses compagnons lui dirent : « C’est Toi qui
commande, mais les foules te pressent à t’écraser ! » Jésus reprit : «
Quelqu’un m’a touché : J’ai senti une puissance sortir de moi. » Voyant qu’elle
ne pourrait rester cachée, la femme vint toute tremblante et, se jetant aux
pieds de Jésus, révéla devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait
touché et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit : « Fille,
ta foi t’a sauvée ; va en paix ! »
Jésus
parlait encore, quand de chez le chef de la synagogue quelqu’un vint dire à
celui-ci : « Ta fille est morte, ne dérange plus le Maître ! » Mais Jésus, qui
avait entendu, lui répondit : « N’aie pas peur; crois seulement, et elle sera
sauvée ! » Arrivé à la maison, Jésus ne laissa personne entrer avec lui, sauf
Pierre, Jean et Jacques, ainsi que le père et la mère de la petite fille. Tous
pleuraient et se lamentaient sur elle, mais Jésus leur dit : « Ne pleurez pas,
elle n’est pas morte, mais elle dort ! » Et les gens riaient de lui, sachant
bien qu’elle était morte. Mais Jésus lui prit souverainement la main et lui dit
à haute voix : « Petite enfant, réveille-toi ! » Le souffle lui revint et, à
l’instant même, elle ressuscita. Et Jésus ordonna de lui donner à manger. Ceux
qui l’avaient engendrée étaient hors d’eux-mêmes, mais Jésus leur recommanda de
ne dire à personne ce qui était arrivé.
Catéchèse
: le mystère de l’Eglise dans tous les textes du jour
1.
L’Eglise dans l’épître : réunion d’un seul peuple, « Juifs et Païens », «
peuple unique », « humanité nouvelle » (prok.: « toutes les nations »), grâce à
la Croix (le sacrifice de lui-même) ; tout antagonisme entre Juifs et non Juifs
est anachronique. Unité de l’Eglise : l’Evangile, l’accès au Père dans
l’Esprit. Image de la « maison de Dieu », avec « édifice », « fondations », «
construction », « pierre d’angle », « temple saint », les baptisés sont les «
pierres » vivantes de cette « demeure de Dieu ». Acquérons le sens de l’Eglise,
la conscience d’être chacun un élément indispensable. Commentez le répons de
matines : « le Seigneur est Dieu… la pierre qu’avaient rejeté les bâtisseurs
est devenue la tête d’angle, c’est d’auprès du Seigneur qu’elle est advenue et
elle est admirable à nos yeux ». Cette image de l’Eglise vient du Christ lui-même
(Matt 21, 42). Autres métaphores pour l’Eglise : le corps (Jn 2, 21 ; Eph 4,
12), la vigne (Jn 15, 1), l’épouse (Matt 28, 18-20 ; 2 Co. 11, 2), la cité
(Hb.12, 22 : Jérusalem).
2.
L’Eglise dans l’évangile : a) historicité et réalisme du texte; b) théologiquement
: le Christ Pantocrator, au milieu du collège des apôtres (Pierre, Jacques et
Jean), se penche sur son peuple avec compassion (« n’aie pas peur », « ne
pleurez pas ») ; par sa main « souveraine », par sa puissance (dunamis)
créatrice (« le souffle lui
revint »), Il arrache l’humanité à la mort (icône du Samedi saint) : comparer
avec la résurrection du jeune de Naïm, Luc 7, 11-16; c) mystique de l’éveil
(Jaïre = l’Eveillé ; « réveille-toi »), la mort est définie comme sommeil («
elle dort », dormition) ; Lazare fut « réveillé » (Jn 12, 9). Question : pour
quelle réalité de ma vie (sang = âme – cf.Ps 50, 16; fille = œuvres), le temps
de l’accomplissement (le chiffre 12) est-il arrivé ? Que signifie pour moi l’«
éveil » ? L’Eglise définie par la rencontre de la Foi (« crois seulement ») et
de la Personne divine : y sont vaincues la souffrance et la mort (2 sens de «
sauver »); lieu de naissance à la vie selon l’Esprit par qui l’être humain («
fille », « enfant ») découvre le Père céleste. Jésus est l’icône de cette
paternité – sens 3 de « être sauvé » : de la mort de l’ignorance, passer (Pâque
!) à la connaissance et à la Vie !
(Père
Marc-Antoine Costa de Beauregard)

