Dans son intervention
devant le Congrès mondial des compatriotes résidant à l’étranger le 24 octobre,
à Saint-Pétersbourg, le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad,
président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou (DREE),
a notamment abordé la question des relations de l’Eglise orthodoxe de Russie
avec la diaspora russe. Voici la traduction en français d’extraits de son
discours :
(…) Nous devons aujourd’hui
réfléchir encore au sujet d’un problème important : le danger d’une
assimilation de la diaspora russe. En développant ce thème, je voudrais avant
tout remercier nos arrières grands-parents et nos grands-parents, représentants
de la première vague d’émigration, qui se sont retrouvés dans différents pays
du monde et sont restés fidèles aux valeurs dans lesquelles ils ont été élevés.
Ils ont sur transmettre cette fidélité à leurs descendants. Il est étonnant de
voir que leurs enfants et leurs petits-enfants parlent le russe, s’intéressent
à la littérature russe, fréquentent les églises orthodoxes, alors qu’ils ont
passé la vie hors de la Russie. Face à eux, les descendants de la troisième
vague sont souvent fiers de leur accent étranger et parfois tentent de se
débarrasser complètement de tout lien avec la culture russe. Si nous allons de
cette façon perdre les gens de culture russe, nous serons privés d’une
population de quelques millions de personnes. La solution ne consiste pas à
fermer les frontières pour interdire aux citoyens russes d’aller à l’étranger,
ni à ramener le plus possible de compatriotes au pays. La Russie est aujourd’hui
un pays ouvert. Cela signifie que chacun peut choisir le lieu de sa résidence,
et on ne peut faire obstacle à cela. Mais pour que les personnes originaires
des Etats de la Russie historique continuent à faire partie du monde russe, il
est indispensable d’employer tous les efforts pour qu’ils conservent leur foi,
un même système de valeurs, une même vision de l’histoire, une langue commune
Alors nous ne perdrons pas à nouveau des millions de nos concitoyens. Par
exemple, l’existence d’une grande diaspora nationale n’effraie absolument pas
les Chinois. Au contraire, le pays y gagne. Le flux d’investissement
internationaux vers la Chine qu’on observe aujourd’hui est lié au désir de la
diaspora chinoise d’investir dans sa patrie.
Pour que la culture russe
devienne de nouveau attractive et pour contrecarrer l’assimilation de la
diaspora russe, des efforts conjoints de l’Etat, des associations et des
communautés religieuses ainsi que de chaque compatriote individuellement sont
indispensables. (…)
Pour l’instant, les orthodoxes
russes à l’étranger sont encore désunis. Ce sont les conséquences des
événements de notre histoire récente. Le Patriarcat de Moscou et l’Eglise russe
hors-frontières ont entrepris il y a quelques années un processus complexe de
négociation visant à rétablir la communion et rétablir l’unité de l’Eglise locale
de Russie. Avec l’aide de Dieu et la prière des saints russes nous sommes
proches du moment où nous pourrons louer le Seigneur « d’une seule bouche
et d’un seul cœur ». (…)

