Tropaire de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu descendis jusqu’en la mort,+ ô Vie immortelle,/ l’enfer fut tué par la splendeur de ta divinité .// Lorsque Tu relevas les morts des bas-fonds,+ toutes les vertus célestes te clamèrent :/ Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !//
Epître : Colossiens 1, 12-18
Frères,
avec joie rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à
l’héritage des saints, dans la lumière. Il nous a, Lui, arrachés à la puissance
des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume du Fils de son amour.
En
celui-ci nous avons, par son sang, la délivrance, le pardon de nos péchés. Il
est l’image du Dieu invisible, le Premier-né de toute créature : en lui tout,
dans les cieux et sur la terre, fut créé. Les êtres visibles et invisibles, les
trônes, les seigneuries, les principautés et les puissances : tout fut créé par
lui et pour lui ; Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. Il est
également la tête du corps, c’est-à-dire de l’Eglise, Lui qui est le principe,
le Premier-né d’entre les morts, pour devenir Lui-même prééminent en tout.
Evangile : Luc 14, 16-24 (notre traduction)
En
ce temps-là, le Seigneur dit cette parabole. Quelqu’un donnait un grand dîner,
et il invita beaucoup de gens. A l’heure du dîner, il envoya son esclave dire
aux invités : « Venez, car déjà tout est prêt ». Et tous unanimement se mirent
à s’excuser. Le premier dit : « J’ai acheté une terre, et je dois aller la voir
; je t’en prie, excuse-moi ! » Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de
bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi ! » Un autre dit : « Je
viens de me marier et pour cette raison je ne peux pas venir ». A son retour,
l’esclave rapporta cela à son maître. Mécontent, le maître de maison dit à son
esclave : « Va vite sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici
les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. – Maître, dit
l’esclave, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place ! » Le maître
dit alors à son esclave : « Va sur les chemins et les long des clôtures, et
insiste pour faire entrer les gens, pour que ma maison soit remplie. Car, je
vous le dis, aucun des hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner !
» En effet, conclut Jésus, il y a beaucoup d’invités, mais peu d’élus.
Catéchèse :
le sens et le contenu de l’Histoire, thème directeur du carême de Noël ou Avent
1.
L’Histoire a un
sens linéaire, accomplissement du dessein divin: création, perte du
Paradis, attente et annonce prophétique du Sauveur promis, manifestation et
glorification du Verbe créateur en Personne par son devenir-chair et son
devenir-homme, descente du saint Esprit en personne, fondation divino humaine
de l’Eglise, attente du retour glorieux du Verbe, seconde et glorieuse venue (« avent ») du Fils de
Dieu, son règne « sans fin » (Symbole),
résurrection universelle et Jugement ultime pour une éternité en Dieu ou une
privation infinie de Dieu.
2.
La lignée
humaine (épître de ce jour) du Verbe incarné s’inscrit dans ce devenir
historique de l’humanité et lui donne sa structure. L’accomplissement de
l’Histoire est présenté dans le banquet eschatologique (évangile du
jour) : le Seigneur invite « beaucoup de gens » ; le salut
se fonde sur un appel universel et sur la volonté du Père de « remplir sa
maison », c’est-à-dire de mettre un comble à sa générosité et à sa
miséricorde. C’est l’invitation divine qui est le critère du salut, non les
vertus des invités. Sont exclus de la fête ceux qui s’en excluent en préférant
une autre forme de bonheur. Les « élus » ne sont pas choisis
arbitrairement par le Seigneur ; ce sont ceux qui ont obéi à son
invitation divine, « ceux qui veulent », dit saint Maxime le
Confesseur. L’accomplissement du devenir historique du monde dépend du
consentement de chaque personne humaine, quel que soit son état
(« pauvres », « estropiés », « aveugles »,
« boiteux »). « Insister pour faire entrer les
gens » : Dieu force-t-Il la personne ? Il veut plutôt la persuader par le témoignage des saints,
des martyrs, ses serviteurs (« esclaves » car ils ne s’appartiennent
pas). Il convainc par l’amour, par la vérité, par l’attirance du saint Esprit,
par la compassion manifestée sur la Croix, par la douceur touchante de sa voix
de Pasteur.
3. La personne divine du Verbe (épître du jour): Celui qui se
manifeste à Bethléem est le Verbe créateur. Jésus est Seigneur, Adonaï, c’est-à-dire
Dieu, de même nature que le Père qui le conçoit. Ne laissons pas l’Enfant de la
crèche être réduit à une humanité naïve : sans son identité divine, Il ne
pourrait être le Sauveur. Commenter le texte de st Paul et le comparer avec
l’anaphore de st Basile de Césarée : « Prémices de ceux qui se sont
endormis (…) pour être Lui-même en tout prééminent sur
tout ! » ; faire le lien avec le Symbole. Commenter la belle expression « Fils de son
amour » : le Verbe est conçu prééternellement en fruit de l’amour du
Père ; Dieu, étant amour, est fécond de lui-même ; Il s’engendre,
parce que l’amour, quoique absolu, ne se suffit pas à soi-même ; il faut
qu’existe un autre que soi pour pouvoir aimer ; l’amour implique
l’altérité des personnes. Et cette altérité, écrit P. Stàniloae, est confirmée
par un autre Autre, l’Esprit, troisième Personne, témoin et sceau de
l’amour !
(Père
Marc-Antoine Costa de Beauregard)

