Mgr Hilarion Alfeyev, Le chantre de la Lumière. Introduction à la spiritualité de saint Grégoire de Nazianze, Éditions du Cerf, Paris, 1006, 411 p.
Mgr Hilarion Alfeyev, né en 1966 à Moscou, est depuis 2003 évêque de Vienne et d’Autriche. Il est aussi à la tête de la Représentation de l’Église orthodoxe russe auprès des Institutions européennes à Bruxelles. Grand travailleur, versé dans les langues anciennes (grec et syriaque) et maîtrisant de nombreuses langues vivantes, il s’est fait connaître dans le monde universitaire par une brillante thèse sur saint Syméon le Nouveau Théologien soutenue à l’Université d’Oxford, puis par son édition dans la collection « Sources chrétiennes » du Discours ascétique de saint Syméon le Studite.
Mais son œuvre totalise près de 300 publications en russe et en langues
occidentales, dont 30 livres
dont 2 ont déjà été publiés en français : Le mystère de la foi (Cerf)
et L’univers spirituel d’Isaac le Syrien (Bellefontaine).
Dans ce fort volume qui fut en partie présenté comme thèse de doctorat
à l’Institut Saint-Serge de Paris, Mgr Hilarion nous présente une vue
très large de la personnalité et de l’œuvre de saint Grégoire de
Nazianze, surnommé, dans l’Église orthodoxe, « le Théologien ».
La première partie est consacrée à la vie de saint Grégoire. La
deuxième partie, intitulée « La vie de l'homme dans l’Église et la
société » étudie différents thèmes comme : science et philosophie, le
sens de la souffrance, la miséricorde, les questions sociales, le
mariage, la virginité et le monachisme, le sacerdoce et l’épiscopat,
les fêtes et les sacrements. La troisième partie présente la théologie
dogmatique de Grégoire et la quatrième partie sa « théologie mystique
». Une dernière partie est consacrée à la « prosopographie » de
Grégoire, c’est-à-dire à ses écrits concernant des saints (Cyprien,
Athanase...), des membres de sa famille, l’empereur Julien l’Apostat et
son ami Basile de Césarée.
Cette étude se nourrit surtout des textes de saint Grégoire, qui sont
abondamment et largement cités. Bien qu’elle ait été présentée comme
thèse de doctorat, elle ne rentre pas dans la catégorie des ouvrages
savants ou d’érudition, mais plutôt dans celles des livres d’initiation
abordables par un large public. Il est seulement regrettable que la
traduction, effectuée par quelqu’un dont le français n’est pas la
langue maternelle, soit souvent très lourde.
Jean-Claude Larchet

