A quelques jours de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, un signe important de rapprochement entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe a eu lieu dimanche 14 janvier à Paris au centre œcuménique Istina.
L’archevêque du Patriarcat de Moscou en Europe occidentale, Mgr Innocent de Chersonèse, a présidé la divine liturgie en présence du cardinal Roger Etchegaray, vice-doyen du Sacré-Collège et président émérite du Conseil pontifical « Justice et Paix », de l’archevêque Fortunato Baldelli, nonce apostolique en France, de Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’UNESCO, et de nombreux invités orthodoxes et catholiques. Cet office était célébré pour la fête de saint Basile, un saint commun aux chrétiens d’Orient et d’Occident, commémoré le 14 janvier chez les orthodoxes (1er janvier dans le calendrier julien).
La liturgie marquait la naissance officielle du collège Saint-Basile, fondé par le centre Istina en septembre 2006. Le collège Saint-Basile a pour vocation d’accueillir des séminaristes orthodoxes qui souhaitent poursuivre des études de théologie à Paris et mieux connaître le christianisme occidental. Ces séminaristes, venant pour la plupart des pays de l’ex-URSS, sont envoyés par leurs évêques et destinés à être à l’avenir des ponts entre les chrétiens d’Orient et d’Occident. Les offices qu’ils célèbrent quotidiennement dans la chapelle du collège donnent également aux chrétiens occidentaux la possibilité de mieux connaître la spiritualité orientale.
L’archevêque russe Innocent de Chersonèse n’a pas hésité à qualifier cette journée d’« historique pour les relations entre catholiques et orthodoxes », soulignant à quel point « la formation d’une nouvelle génération de théologiens est importante pour le dialogue entre les Eglises ».
Cinq séminaristes sont actuellement accueillis par le collège Saint-Basile et inscrits dans différents établissements supérieurs, notamment à l’Institut catholique de Paris, à la Sorbonne, à l’Ecole pratique des hautes études. Tous reçoivent une formation en œcuménisme à l’Institut supérieur d’études oecuméniques de Paris. Ils ont été récemment reçus à Rome par le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
Au nom du Patriarcat de Moscou, l’archevêque russe a remercié l’Eglise catholique pour son aide, et particulièrement le centre Istina, qui a joué un rôle important pour soutenir les chrétiens de Russie à l’époque de la persécution soviétique. C’était la première fois qu’un évêque orthodoxe célébrait dans la chapelle œcuménique du centre Istina.
De son côté, le cardinal Etchegaray, ami personnel du patriarche Alexis II de Moscou, et qui participait le 30 novembre dernier à la rencontre du pape Benoît XVI avec le patriarche de Constantinople, a rappelé les récents progrès des relations entre catholiques et orthodoxes. Déclarant que « la création du collège Saint-Basile est un événement et une promesse », il a souligné l’enjeu de la formation des futurs prêtres pour l’avancée des relations œcuméniques, « pour un Orient et un Occident qui ne cessent de s’appeler mutuellement ».
Le centre Istina (un mot russe qui signifie la « vérité ») est historiquement l’un des premiers centres catholiques consacrés à la promotion de l’unité des chrétiens. Il a été fondé en 1923 par les dominicains pour favoriser le dialogue et la connaissance mutuelle entre chrétiens d’Orient et d’Occident, notamment entre catholiques et orthodoxes russes. Il publie depuis 1934 la revue d’œcuménisme Istina (qui s’appelait avant 1954 Russie et Chrétienté) et dispose d’une bibliothèque spécialisée de plus de 80 000 volumes. Depuis septembre 2006, il abrite en son sein le collège Saint-Basile. La mission du centre est plus que jamais d’actualité avec l’importance donnée par le pape Benoît XVI aux relations avec les orthodoxes et l’entrée dans l’Union Européenne de dizaines de millions d’orthodoxes. Il est actuellement dirigé par le père Hyacinthe Destivelle, ancien prieur du couvent dominicain de Saint-Pétersbourg et spécialiste de l’Eglise russe.

