L’agence d’information grecque RNN.gr nous informe de la réaction de Mgr Christodoulos, primat de l’Église orthodoxe de Grèce, suite à l'initiative de douze métropolites grecs de s’adresser au patriarche de Constantinople au sujet de l’avant-projet de loi pour la justice ecclésiastique. En effet après l’approbation de l’avant-projet de loi par le Saint Synode de l'Église de Grèce, un groupe de douze métropolites, remettant en cause plusieurs articles, avaient demandé au patriarche de Constantinople, en contournant le Saint Synode de l'Église de Grèce, d'intervenir dans cette affaire. Mgr Christodoulos s’est adressé dans une lettre aux douze métropolites, pour leur rappeler que selon le statut d'autocéphalie de l'Église de Grèce, octroyé par le Tomos du patriarche oecuménique et du Saint Synode du patriarcat de Constantinople de 1850 a «reconnu le Saint Synode de l'Église de Grèce, comme autorité ecclésiale suprême possédant tous les droits sur les églises de Grèce ». Pour Mgr Christodoulos le fait que ces métropolites se sont référés directement au patriarche de Constantinople « constitue non seulement un affront à l'ordre canonique, mais à l'institution même du Saint Synode, l'organe administratif suprême de notre Église ».*
Toujours selon la même source, Mgr Christodoulos a envoyé une autre lettre au Phanar, qui a été rendue publique le 9 janvier lors de la session du Saint Synode du Patriarcat de Constantinople. Selon cette lettre, Mgr Christodoulos souligne que « le Saint-Synode de l'Église de Grèce, la plus haute instance canonique de notre Église autocéphale, et par conséquent la seule habilitée, sur le plan ecclésiastique, à exprimer ses opinions à ce sujet [avant-projet de loi], conformément aux termes de l'article 9 (paragraphe 1C) de la loi 690/1977, s'est penché longuement, lors de ses séances des 12 et 13 octobre dernier, sur cet avant-projet à la demande du ministère de l'Éducation nationale et des cultes, et lui a apporté des améliorations ». D’autre part, Mgr Christodoulos, ajoute que « Les prérogatives du Saint-Synode s'arrêtant là dans ce processus, il [l'avant-projet de loi] se trouve désormais au ministère sus-dit afin d'y recevoir sa rédaction définitive et faire l'objet d'une mise en forme juridique. Cela dit, lors de sa séance du 8 décembre de l'an dernier, le Saint-Synode a décidé de transmettre votre lettre à S.E. le ministre de l'Éducation nationale et des cultes pour information sur le texte définitif qui sera rédigé par le ministère sous la forme d'un projet de loi, et cela avant qu'il ne soit soumis au vote du Parlement grec ». Le patriarche Bartholomée, de sa part a exprimé sa satisfaction pour l'action ecclésiastique des métropolites en question, « que leur conscience hiérarchique a dictée, procédure qui qui n'est interdite par aucun règlement canonique...».
De son côté, le site de l'Église de Grèce vient de publier aujourd’hui la réponse du Saint Synode de l'Église de Grèce au Patriarcat œcuménique relativement au projet de loi sur la justice ecclésiastique et la demande du Phanar d'exprimer son avis à ce sujet avant qu'il ne soit voté au parlement hellénique.
La lettre synodale se réfère, notamment à ce qui suit :
« Le Saint-Synode de l'Église de Grèce, la plus haute instance canonique de notre Église autocéphale, et par conséquent la seule habilitée, sur le plan ecclésiastique, à exprimer ses opinions à ce sujet [avant-projet de loi], conformément aux termes de l'article 9 (paragraphe 1C) de la loi 690/1977 portant sur la "Charte constitutive de l'Église de Grèce", s'est penché, lors de ses longues séances des 12 et 13 octobre dernier, sur cet avant-projet à la demande du ministère de l'Éducation nationale et des cultes, et lui a apporté des améliorations en formulant plusieurs propositions qui ont été déjà transmises au ministère compétent sus-mentionné ; ce dernier rédigera le texte définitif du projet de loi qui sera soumis au vote du parlement hellénique.
Néanmoins, les prérogatives du Saint-Synode relativement à ce processus s'arrêtant à ce stade, l'avant-projet de loi qui a été transmis au Saint-Synode de la Hiérarchie pour y être débattu, ne constitue pas le texte définitif. Il se trouve déjà au ministère sus-mentionné afin d'y recevoir sa forme définitive et faire l'objet d'une rédaction en termes juridiques.
A ce propos, lors de sa séance du 8 décembre de l'an dernier, le Saint-Synode a décidé de transmettre votre lettre à S.E. le ministre de l'Éducation nationale et des cultes en vue de votre information sur le texte définitif qui sera rédigé par le ministère sous la forme d'un projet de loi, et cela avant qu'il ne soit soumis au vote du parlement hellénique ».
Sources: Ecclesia.gr et RNN.gr et photo : RNN.gr

