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dim. 04 mars 2007

Socrate de Constantinople, "Histoire ecclésiastique, tome 3, Livre IV-VI"

Socrate_de_constantinople Socrate de Constantinople, Histoire ecclésiastique, tome 3, Livre IV-VI.  Texte grec de l’édition G. C. Hansen, traduction par †Pierre Périchon et Pierre Maraval, introduction et notes par Pierre Maraval, Les éditions du Cerf, Paris, 2006, 262 p. (« Sources chrétiennes » n° 505).
Socrate de Constantinople (né entre 380 et 390 – mort entre 439 et 450), souvent appelé improprement Socrate le Scolastique, est, avec Eusèbe de Césarée, Sozomène et Évagre le Scolastique, l’un des grands historiens de l’Antiquité chrétienne.
Son Histoire ecclésiastique, qui a été publiée probablement vers 439/440, entend être une histoire du christianisme sous tous ses aspects plutôt que de l’Église au sens strict. Cette vision large s’explique sans doute premièrement par un facteur personnel : Socrate appartenait au groupe des Novatiens et était donc en marge de l’Église « officielle » ; de là son intérêt et sa tolérance vis-à-vis de tous les groupes et mouvements se situant dans la mouvance chrétienne.

Elle s’explique deuxièmement par le souci qu’a Socrate d’intéresser un très large public. Elle s’explique enfin et surtout par la conscience qu’a Socrate de la solidarité étroite qui existe entre l’histoire générale et l’histoire ecclésiastique, plus exactement, comme le notait P. Maraval dans son introduction au premier volume, de la sympathie qui existe entre difficultés — très nombreuses à cette époque — des Églises et malheurs publics, ceux-ci et celles-là ayant une même origine, les fautes des hommes.
Après la parution des deux premiers tomes dans la même collection, dont nous avons rendu compte précédemment  voici le troisième, qui comprend les livres IV à VI.
Le livre IV couvre les règnes de Valentinien Ier (364-375) et de Valens (364-378) et le début des règnes de Gratien et Valentinien II. L’auteur y évoque encore les séquelles de la crise arienne, en s’attardant surtout sur les persécutions subies par les Nicéens à Constantinople, Alexandrie, Antioche et Édesse. Un important chapitre est consacré aux moines d’Égypte, en particulier à Évagre le Pontique.
Le livre V couvre la fin du règne de Gratien (378-383) et surtout le règne de Théodose Ier (379-395) dont la carrière politique est largement évoquée, l’auteur soulignant son rôle dans le rétablissement de l’orthodoxie nicéenne. Par ailleurs Socrate parle assez longuement des Novatiens (groupe auquel il appartenait), mais ne dit rien des lois des lois décrétées par Théodose contre le paganisme, peu en accord avec son esprit de tolérance.
Le livre VI couvre le règne d’Arcadios (395-408) mais la plus grande partie est consacrée à l’histoire de Jean Chrysostome et des conflits qui aboutirent à ses dépositions et ses exils. Sur ce dernier point, Socrate se montre indépendant de deux textes antérieurs qu’il n’a pas connus : l’Éloge de Jean Chrysostome du Pseudo-Martyrios d’Antioche et le Dialogue sur la vie  de Jean Chrysostome  de Palladios ; il se montre en général moins bien informé qu’eux, mais aussi plus critique à l’égard de la personne et des actions de Jean, dont il reconnaît cependant les vertus et le talent oratoire.
Dans son annotation rare mais pertinente, Pierre Maraval apporte de nombreuses précisions ou rectifie certaines informations erronées fournies par Socrate sur la base de sources parfois incertaines.

Jean-Claude Larchet

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