Matthieu Smyth, « Ante Altaria ». Les rites antiques de la messe dominicale en Gaule, en Espagne et en Italie du Nord, Paris, Éditions du Cerf, 2007, 200 p.
À tous ceux qu’intéresse l’histoire de la liturgie en Gaule et dans les pays voisins dans l’Antiquité et au Moyen-Âge, il faut recommander la lecture des études de Matthieu Smyth, qui a succédé au père Marcel Metzger à la chaire de liturgique de la Faculté de théologie catholique de Strasbourg, et qui est aussi devenu un habitué des « Semaines liturgiques » régulièrement organisées par l’Institut Saint-Serge. Matthieu Smyth est en effet l’un des meilleurs spécialistes actuels en ce domaine. Sa thèse de doctorat, publiée il y a trois ans par le même éditeur, et intitulée La liturgie oubliée. Les prières eucharistiques en Gaule antique et dans l’Occident non romain, est un ouvrage de référence.
Mgr Athanase Jevtić, notamment, s’est appuyé plusieurs fois sur lui dans la substantielle critique qu’il a adressée au prétendu «rite des Gaules» utilisé par l’ECOF, un groupuscule s’intitulant orthodoxe qui a tenté, à partir de pièces isolées et souvent peu fiables tirées des bibliothèques, une reconstitution, qui s’avère aussi artificielle qu’hasardeuse, de l’ancienne liturgie des Gaules.
Matthieu Smyth continue ici avec toute la rigueur scientifique souhaitable son travail de recherche, en suivant, après avoir présenté l’histoire des sources et avant de consacrer un excursus aux chants gallican et romano-franc, les grandes étapes de la liturgie.
Précisons toutefois qu’il s’agit d’un ouvrage savant qui n’est pas destiné au grand public.
Jean-Claude Larchet

