Un office d’action
de grâce, pour la restauration de la communion canonique avec l’Eglise
russe hors frontières, a eu lieu le jeudi de l’Ascension, 17 mai, en soirée,
dans la cathédrale Saint-Sava du diocèse
de France et d’Europe occidentale de l’Eglise serbe. Un compte rendu se trouve sur cette page. Une
vidéo d’une vingtaine de secondes peut être vue
ici. Un album de
photographies de l’office
et de la table
ronde est également en ligne. Mgr Luka avait adressé le message suivant aux
participants :
"Je
vous salue, dans la joie de la fête de l’Ascension, me réjouissant du
rétablissement de la communion entre le Patriarcat de Moscou et l’Eglise russe
hors frontières. Comme vous le savez, après la révolution soviétique qui fut
une période de tentations et de martyres du peuple et de l’Eglise russe,
l’Eglise et l’Etat serbe ont accueilli des milliers de réfugiés parmi lesquels
il y avait des évêques, prêtres et moines.
L’Eglise orthodoxe serbe menée par l’amour et l’Esprit d’économie ecclésiastique
a permis l’institution d’un synode de l’Eglise russe hors frontières à Sremski
Karlovci, avec en tête le métropolite Antoine (Krapovitski) de bienheureuse
mémoire.
Le
métropolite Euloge dans ses Mémoires témoigne de cet amour du clergé serbe et
du roi Alexandre pour le peuple russe exilé en Serbie. De même, il se rappelle
la volonté de l’Eglise serbe de les intégrer pleinement dans la vie de
l’Eglise et écrit ainsi dans ses Mémoires: « La hiérarchie serbe,
ayant des sentiments fraternels envers nous, souhaitant que la voix d’un évêque
de l’Eglise russe puisse aussi se faire entendre l’envoyât au « Congrès mondial
des Eglises ».
Malgré
de grandes difficultés que rencontra l’Eglise serbe durant le 20e siècle, y compris
les pressions exercées par le pouvoir communiste athée, la communion
eucharistique à la fois avec le Patriarcat de Moscou persécuté et martyrisé, et
avec l’Eglise hors frontières fut sauvegardée et jamais rompue.
C’est
ainsi que l’Eglise serbe fut la seule qui garda, par la providence divine, les
liens profonds ininterrompus avec la plénitude ecclésiale panrusse ; comme
le disait métropolite du Monténégro Amphiloque.
Bien
évidemment, c’est, en premier lieu, le sang des nouveaux martyrs russes dont la
mémoire fut soigneusement tenue par l’Eglise russe hors-frontières et dont la
canonisation fut solennellement proclamée par le Patriarcat de Moscou lors de
la célébration du millénaire du christianisme en Russie.
Cette
union est d’une importance extraordinaire pour l’avenir et la mission
authentique de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique et de ce fait
pour l’avenir du monde entier.
L’Eglise
serbe a également connu la tragédie du schisme-raskol, et par cette expérience
douloureuse sait que le Seigneur Jésus Christ « qui est notre paix, qui
des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, ayant
anéanti la haine par sa chair. » (Eph 2, 14,15) appelle nous tous à
veiller sur ce don précieux qui est la communion eucharistique des Eglises.
Je souhaite que le miracle
d’aujourd’hui qui est la réunification de deux ailes de l’Eglise russe nous
soit l’exemple dans notre tache principale qui est l’édification du Corps du
Christ."

