Un dans le
Christ
C’est cet Esprit que David avait demandé pour le
genre humain (…) C’est encore cet Esprit dont Luc nous dit qu’après l’ascension
du Seigneur il est descendu sur les disciples, le jour de la Pentecôte, avec
pouvoir sur toutes les nations pour les introduire dans la vie et leur ouvrir
le Nouveau Testament : aussi est-ce dans toutes les langues que, animés
d’un même sentiment, les disciples célébraient les louanges de Dieu, tandis que
l’Esprit ramenait à l’unité les tribus séparées et offrait au Père les prémices
de toutes les nations. C’est pourquoi aussi le Seigneur avait promis de nous
envoyer un Paraclet qui nous accorderait à Dieu. Car, comme de la farine sèche
on ne peut, sans eau, faire une seule pâte et un seul pain, ainsi nous, qui
étions une multitude, nous ne pouvions non plus devenir un dans le Christ Jésus
sans l’eau venue du ciel. Et comme la
terre aride, si elle ne reçoit de l’eau, ne fructifie point, ainsi nous-mêmes,
qui n’étions d’abord que du bois sec, nous n’aurions jamais porté du fruit de
vie sans la pluie généreuse venue d’en haut.
Irénée de Lyon, Contre les hérésies III, 17, 1-2
A l’intérieur de l’âme
A la
Pentecôte, les apôtres ont revêtu la grâce qui vient d’en haut, et ils ont été
complètement baptisés par l’Esprit Saint. Lors du baptême, l’eau ne mouille que
l’extérieur, mais l’Esprit Saint baptise aussi ce qui est à l’intérieur de
l’âme. Les apôtres ont été baptisés de tout leur être, ils ont revêtu leurs
âmes et leurs corps de la divinité et du vêtement du salut. Ils ont reçu le feu
qui ne brûle pas mais qui sauve, et c’est un feu qui consume les épines du
péché et qui sanctifie l’âme ; c’est ce feu que reçoivent tous ceux qui
sont baptisés.
Cyrille de Jérusalem, Catéchèse 17, 14
De clarté en clarté
Maintenant
l’Esprit habite parmi nous et se manifeste plus clairement. Quand la divinité
du Père n’était pas encore reconnue, il n’aurait pas été prudent d’annoncer
ouvertement celle du Fils ; et quand la divinité du Fils n’était pas
encore admise, il ne fallait pas imposer, si j’ose dire, un nouveau fardeau aux
hommes en leur parlant de l’Esprit Saint. (…) Il fallait donc procéder par des
perfectionnements successifs, par des « ascensions », suivant le mot
de David (Ps. 83, 6) ; il fallait s’avancer de clarté en clarté, par des
progrès et des poussées toujours plus brillantes, pour voir luire la lumière de
la Trinité.
C’est
pour cette raison, n’est-il pas vrai, qu’il se communique progressivement aux
apôtres, se mesurant à leur capacité : suivant qu’on est aux premiers
temps de l’Evangile, après la Passion, ou après l’Ascension, il perfectionne
leurs aptitudes, il leur est insufflé (Jean 20, 22), ou il apparaît sous forme
de langues de feu (Ac 2,3). Et Jésus ne révèle l’Esprit que peu à peu ; tu
le remarqueras, si tu prêtes attention aux textes. Il dit d’abord : »
Je demanderai au Père et il vous enverra un second Consolateur (Paraclet),
l’Esprit de vérité » (Jean 14, 16 et 17). Il s’exprime de la sorte pour
qu’on ne croie pas qu’il est en désaccord avec Dieu et qu’il parle sous
l’influence d’une puissance étrangère. Il dit ensuite : « Le Père
l’enverra », mais « en mon nom » (Jean 14, 26) ; il laisse
ainsi de côté la demande pour retenir seulement que le Père enverra l’Esprit.
Après quoi, il déclare : « Je l’enverrai » (Jean 16,7),
montrant ainsi sa propre autorité. Il dit enfin : « Il
viendra » (Jean 16,8), ce qui indique la puissance de l’Esprit.
Grégoire le Théologien, Discours 31 (5e discours sur
Dieu ou théologique)

