Tropaire de la Résurrection, ton 2 : Lorsque Tu es descendu vers la mort, immortelle Vie,/ l’enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité ;// et, lorsque Tu ressuscitas les morts qui gisaient au fond du tombeau,/ tous les anges dans les cieux se mirent à chanter : Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu !//
Epître : Galates 1, 11-19 –
usage roumain, n. trad.
Frères, je vous informe que
la bonne Annonce (l’Evangile) annoncée par moi n’est pas humaine. Je ne l’ai
pas reçue d’un être humain, elle ne m’a été enseignée par personne, mais
révélée par Jésus-Christ.
Vous
avez entendu parler de la façon dont je me conduisais quand j’étais attaché à
la religion juive. Vous savez comment je persécutais avec violence l’Eglise de
Dieu et m’efforçais de la détruire. Je surpassais bien des compatriotes juifs
de mon âge dans la pratique de la religion juive ; j’étais extrêmement
zélé pour les traditions de mes pères.
Lorsque
Celui qui m’a choisi dans les entrailles de ma mère et m’a appelé par sa grâce
eut la bienveillance de révéler son Fils en moi pour que j’en fasse la bonne
Annonce aux nations, aussitôt, sans consulter ni la chair ni le sang, et sans
me rendre à Jérusalem pour voir ceux qui furent apôtres avant moi, je suis
parti pour l’Arabie, puis je suis retourné à Damas. C’est trois ans plus tard
que je me suis rendu à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je
suis resté quinze jours avec lui. Je n’ai vu aucun autre apôtre, mais seulement
Jacques, le frère du Seigneur.
Evangile : Luc 7, 11-16 – n. trad.
En ce temps-là, (après la
guérison du fils du centurion) Jésus se rendit à une ville appelée Naïn ;
ses disciples et une grande foule l’accompagnaient. Comme Il approchait de la
porte de la ville, voilà qu’on portait en procession un mort : c’était le
fils unique de sa mère, qui était veuve. Une foule sortie de la ville se trouvait
avec elle. Quand le Seigneur la vit, Il fut ému pour elle dans ses entrailles
et lui dit : « Ne pleure pas ! » Et s’avançant Il toucha le
cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent. Jésus dit : « Jeune homme,
Je te le dis, réveille-toi ! » Le cadavre se dressa sur son séant et
se mit à parler. Jésus le donna à sa mère. Tous furent saisis de crainte ;
ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi
nous ! » et aussi : « Dieu a pris en considération son
peuple ! »
Homélie et catéchèse :
la puissance miséricordieuse du Fils de Dieu
1. Les niveaux
d’interprétation : plan historique toujours (un événement qui a eu lieu
devant une multitude de témoins), sens théologique (la divinité de Jésus
Seigneur, Maître de la vie et de la mort), registre mystique (l’être intérieur
mort à cause du péché n’est pas anéanti, il entend la voix de son Créateur et
s’il répond à son appel, il connaît la vie, en relation personnelle avec le
Christ).
2. Le rapport entre évangile,
tropaires de la Résurrection, prokimenon et versets de l’Alléluia.
3. Le rapport de l’évangile et
de l’épître : les expressions la foi « révélée par
Jésus-Christ », et Celui qui « m’a choisi dans les entrailles de ma
mère et m’a appelé par sa grâce », sont à rapprocher de « Jeune
homme, Je te le dis, réveille-toi ! ».
4. La miséricorde divine :
Jésus entend la voix des sans-voix (la mère du mort n’a rien dit) et également
les gémissements secrets de ses
serviteurs - « Dieu a pris en considération son peuple ! ».
5. Les mots-clé de cet
évangile: Naïm (Cité de la joie), « mort » et « cadavre »
(réalité concrète), « ému dans ses entrailles » (miséricorde divine,
humanité réelle du Christ Dieu icône de l’amour de Dieu), « toucha »
(cf. fréquence du contact physique du Christ et des personnes dans l’Evangile),
« saisi de crainte », « louaient Dieu » (le sentiment
religieux, de la crainte à la louange, base de la prière biblique et
chrétienne, en particulier de l’expérience liturgique, ici naissance d’une
hymne liturgique improvisée à la façon sémitique, cf. l’improvisation de la Mère de Dieu dans le
« mon âme magnifie le Seigneur », ou le cantique de Zacharie.
Evangile et Liturgie, un thème à développer).
6. Se pose souvent la
question : pourquoi l’exauce-t-Il et ne m’exauce-t-Il pas ? Renoncer
à juger (à faire le procès de) Dieu… Dieu exauce selon ce qu’Il sait mieux que
nous être notre bien, souvent de façon différente de ce qu’on attendait. Le
laissons-nous toujours exaucer ? En tout cas, la réalité divino humaine (La réalité) n’est pas de caractère
magique ; elle n’est gouvernée par aucune loi ; Dieu est Souverain
(mieux que « tout-puissant », tropaire t.2). La souveraineté du Dieu
d’amour est également sa liberté et son omniscience. Il ne nous doit rien et Il
sait tout de nous et de nos pensées
secrètes.
7. Le chrétien vit selon la
gratuité de l’amour de Dieu, et il remercie continuellement le Seigneur de bien
vouloir se révéler à lui – ce que fait ici Jésus. « Donne à ceux qui te servent en tout
temps avec crainte et amour de louer ton ineffable bonté ! » (prière
1 de matines). Mais le sommet de la
connaissance humaine et angélique est de glorifier
Dieu pour lui-même et pour rien d’autre, de façon totalement désintéressée
et allègre !
(père
Marc-Antoine Costa de Beauregard)

