La visite du patriarche Alexis II en France a commencé hier soir à Strasbourg où il a prononcé un discours dans la cathédrale. Aujourd’hui, il participera à la quatrième partie de la session ordinaires de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe où prononcera un discours et répondra aux questions des parlementaires. Dans la soirée, il se rendra à Paris. Il y rencontrera, mercredi, entre autres, les membres de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, la ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le président de la République, Nicolas Sarkozy (programme et ici) (la rencontre avec le président n’est pas encore sur l’agenda présidentiel officiel).
Dans
un
entretien avec Henri Tincq pour le quotidien Le Monde, le patriarche explique
notamment : « L'Eglise orthodoxe n'est pas une Eglise de
réforme, mais une Eglise de tradition. Mais la tradition n'est pas pour nous un
legs mort des siècles passés, mais un héritage vivant, grâce à la richesse
héritée de nos pères. (…) Le concile de 1917-1918 demeure un événement majeur
de notre histoire. Nous y avons eu recours en préparant les Fondements de la
doctrine sociale adoptés en l'an 2000, enracinés dans la tradition et donnant
une réponse aux questions d'actualité - bioéthique, écologie, culture, science,
politique - et à celles posées par nos rapports avec l'Etat. Aujourd'hui,
l'Eglise russe renaît. Une grande sagesse est donc nécessaire pour ne pas
blesser les jeunes pousses qui surgissent. D'un regard extérieur, cette
prudence peut ressembler à un conservatisme excessif. Mais, de l'intérieur, on
voit que la vie de notre Eglise est très active et que ses structures et sa pensée
évoluent de façon dynamique. »
Dans
un
autre entretien paru hier également dans le quotidien Le Figaro, il y
évoque les relations avec l’Eglise catholique : « Nous devons
coopérer pour empêcher la redéfinition des valeurs morales européennes, la
légalisation des unions homosexuelles, la propagande en faveur de l'euthanasie
ou de l'avortement. Je suis persuadé que l'Église catholique et l'Église
orthodoxe doivent agir ensemble pour défendre les valeurs chrétiennes contre un
matérialisme agressif. La vision personnelle du Pape contribue à ce
rapprochement. » Il précise sur une éventuelle rencontre avec le pape : « Concernant
la possibilité d'une rencontre avec Benoît XVI, je ne l'exclus pas du tout.
Peut-être pas dans un mois, mais dans un an ou deux. Cependant, il faut se
préparer soigneusement, lever toutes les difficultés.» Le même journal propose
une rapide
analyse de cette visite.
L’hebdomadaire
La Vie a publié pour sa part, la semaine dernière, une autre
interview.
Un autre quotidien, La
Croix, consacre, dans son édition d’aujourd’hui, plusieurs articles à cette
visite : un article
général, une note
sur l’Eglise russe, une
autre sur la couronne d’épines, une explication
sur le mot patriarche, un court
article sur une éventuelle rencontre avec le pape, quelques références de l’Internet
orthodoxe.

