Progrès dans le dialogue avec les catholiques romains selon le Patriarcat œcuménique
Les résultats des dernières discussions dans le cadre de la commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre les églises catholique romaine et orthodoxe, qui se sont déroulées à Ravenne en Italie étaient sans conteste positifs, selon le Patriarcat œcuménique de Constantinople. Le métropolite Jean de Pergame, un des deux coprésidents avec le cardinal Walter Kasper, exprima une opinion similaire, lors d’un entretien avec Asianews ; il confirme ainsi l’appréciation positive déjà exprimée par le Saint siège.
La
déclaration du métropolite Jean vient à la veille d’une nouvelle rencontre
entre Benoît XVI et le patriarche œcuménique Bartholomée rencontre prévue à
Naples (Italie), où le pape doit effectuer une visite pastorale et où le
patriarche doit recevoir un doctorat honoris causa et où il recevra le statut
de citoyen honoraire d’Amalfi.
Le
métropolite Jean, qui, selon tous présents à Ravenne, y compris les catholiques
romains y joua un rôle clé dans toutes les activités dit que le rapport
final issu de cette réunion et qui porte sur la collégialité et l’autorité dans
l’Eglise fut approuvé unanimement et constituera la base pour les séances à
venir de la commission sur l’unité.
Mgr
Eleuterio Fortino, sous-secrétaire au conseil pontifical pour la promotion de
l’unité des chrétiens, informa la Radio vatican que les experts avaient
commencé à discuter d’« un sujet essentiel pour le dialogue entre catholiques
et orthodoxes, un sujet difficile ». Il expliqua que « nous
commençons à étudier en détail l’évolution du rôle de l’évêque de Rome dans
l’Eglise ».
Selon
le métropolite Jean, le fait d’enlever toute référence à l’unité de l’Eglise
pendant le premier millénaire, référence qui définissait le rôle du pape comme
celui d’un « coopérateur », tandis que celui des patriarches était
« consentant » fut une des décisions les importantes de la réunion. Elle fut prise afin d’éviter
des interprétations divergentes de la part des deux ecclésiologies, occidentale
et orientale ; la première est centrée sur le fait que le pape prévaut sur
les autres ; la seconde met l’accent sur une plus grande égalité entre les
chefs des Eglises.
« Dans
l’Eglise orientale, la primauté revient à Constantinople, dit-il, non pas en
termes de pouvoir mais en termes d’initiative et de coordination. Pour la
première fois, le terme de « primus » fut utilisé, dans le sens qu’il
avait dans la tradition du premier millénaire, toujours dans un contexte
synodal ».
Pour
les orthodoxes, les conclusions de la commission « étaient tellement
importantes qu’elles ont relégué au second plan le fait que la délégation
russe s’était
retirée », à cause de la présence de l’Eglise
apostolique estonienne, entité que ne reconnaît pas Moscou.
« Malgré
l’accord conclu avec Constantinople en 1996 à Zurich et à Berlin, le Patriarcat
de Moscou refuse de reconnaître l’autonomie de l’Eglise estonienne, tant que
celle-ci n’aura pas rendu des biens qui appartiennent aux paroisses russes.
Constantinople a essayé de jouer le rôle de médiateur mais le gouvernement
estonien refuse pour des raisons constitutionnelles. Le problème reste donc
sans résolution».
« La
ligne dure de l’évêque Hilarion devrait être perçue comme une expression de
l’autoritarisme dont le but est de démontrer l’influence de l’Eglise de
Moscou », affirma le métropolite Jean. « Mais comme l’année dernière
à Belgrade, tout ce qu’a réussi Moscou, c’est de s’isoler une fois de plus, car
aucune autre Eglise orthodoxe n’a suivi son exemple ; au contraire, elles
sont restées fidèles à Constantinople ».
Traduit de l’anglais pour Orthodoxie.com
Source : Asianews


























