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lun. 22 oct. 2007

Progrès dans le dialogue avec les catholiques romains selon le Patriarcat œcuménique

Les résultats des dernières discussions dans le cadre de la commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre les églises catholique romaine et orthodoxe, qui se sont déroulées à Ravenne en Italie étaient sans conteste positifs, selon le Patriarcat œcuménique de Constantinople. Le métropolite Jean de Pergame, un des deux coprésidents avec le cardinal Walter Kasper, exprima une opinion similaire, lors d’un entretien avec Asianews ; il confirme ainsi l’appréciation positive déjà exprimée par le Saint siège.

La déclaration du métropolite Jean vient à la veille d’une nouvelle rencontre entre Benoît XVI et le patriarche œcuménique Bartholomée rencontre prévue à Naples (Italie), où le pape doit effectuer une visite pastorale et où le patriarche doit recevoir un doctorat honoris causa et où il recevra le statut de citoyen honoraire d’Amalfi. 
Le métropolite Jean, qui, selon tous présents à Ravenne, y compris les catholiques romains y joua un rôle clé dans toutes les activités dit que le rapport final issu de cette réunion et qui porte sur la collégialité et l’autorité dans l’Eglise fut approuvé unanimement et constituera la base pour les séances à venir de la commission sur l’unité. 
Mgr Eleuterio Fortino, sous-secrétaire au conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, informa la Radio vatican que les experts avaient commencé à discuter d’« un sujet essentiel pour le dialogue entre catholiques et orthodoxes, un sujet difficile ». Il expliqua que « nous commençons à étudier en détail l’évolution du rôle de l’évêque de Rome dans l’Eglise ». 

Selon le métropolite Jean, le fait d’enlever toute référence à l’unité de l’Eglise pendant le premier millénaire, référence qui définissait le rôle du pape comme celui d’un « coopérateur », tandis que celui des patriarches était « consentant » fut une des décisions les importantes de la réunion. Elle fut prise afin d’éviter des interprétations divergentes de la part des deux ecclésiologies, occidentale et orientale ; la première est centrée sur le fait que le pape prévaut sur les autres ; la seconde met l’accent sur une plus grande égalité entre les chefs des Eglises.
« Dans l’Eglise orientale, la primauté revient à Constantinople, dit-il, non pas en termes de pouvoir mais en termes d’initiative et de coordination. Pour la première fois, le terme de « primus » fut utilisé, dans le sens qu’il avait dans la tradition du premier millénaire, toujours dans un contexte synodal ». 

Pour les orthodoxes, les conclusions de la commission « étaient tellement importantes qu’elles ont relégué au second plan le fait que la délégation russe s’était retirée », à cause de la présence de l’Eglise apostolique estonienne, entité que ne reconnaît pas Moscou.« Nous devrions nous rappeler que le problème remonte à 1996 quand le Patriarcat œcuménique, en réponse à une demande formulée par l’Eglise estonienne, reconnut à celle-ci l’autonomie qu’elle avait en 1925 et qui avait été supprimée de force part l’armée soviétique », expliqua le métropolite Jean.
« Malgré l’accord conclu avec Constantinople en 1996 à Zurich et à Berlin, le Patriarcat de Moscou refuse de reconnaître l’autonomie de l’Eglise estonienne, tant que celle-ci n’aura pas rendu des biens qui appartiennent aux paroisses russes. Constantinople a essayé de jouer le rôle de médiateur mais le gouvernement estonien refuse pour des raisons constitutionnelles. Le problème reste donc sans résolution».

Une déclaration à l’agence Interfax par l’évêque Hilarion illustre très bien la profondeur du différend. Dans sa déclaration, il met en doute le statut « légitime » des conclusions de la réunion de Ravenne, puisque son patriarcat fut absent. Il dit que Moscou « à elle seule a plus de membres que toutes les autres Eglises orthodoxes ensemble ». 
« La ligne dure de l’évêque Hilarion devrait être perçue comme une expression de l’autoritarisme dont le but est de démontrer l’influence de l’Eglise de Moscou », affirma le métropolite Jean. « Mais comme l’année dernière à Belgrade, tout ce qu’a réussi Moscou, c’est de s’isoler une fois de plus, car aucune autre Eglise orthodoxe n’a suivi son exemple ; au contraire, elles sont restées fidèles à Constantinople ».

Traduit de l’anglais pour Orthodoxie.com
Source : Asianews

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