Mémoire
de saint
Euthyme le Grand
Calendrier julien :
dimanche d’après-fête de la Théophanie.
Synaxe
du saint et illustre prophète, Précurseur et Baptiste Jean
Tropaire
de la Résurrection en ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau et les
soldats gardant ton corps immaculé,+ Tu es ressuscité le troisième jour,/
donnant la vie au monde, Dieu sauveur ;// et du haut des cieux les anges te
chantèrent : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ,+ gloire à ta royauté,/
gloire à ton œuvre de salut, Seigneur, Ami des hommes ! »//
Epître : Colossiens 3, 4-11 (n. trad.)
Frères,
votre véritable vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, notre
vie, sera manifesté, alors vous serez également manifestés avec lui en gloire.
Faites donc mourir tout ce qui est terrestre en vous : débauche, impureté,
passion, convoitise mauvaise, ainsi que l’avarice, qui est une sorte
d’idolâtrie. C’est à cause de cela que vient la colère de Dieu. Vous aussi,
vous erriez dans ces péchés autrefois, quand ils faisaient votre vie.
Maintenant, rejetez vous aussi tout cela : colère, irritation, méchanceté,
blasphème, grossièreté sortie de vos lèvres. Ne vous trompez pas les uns les
autres, car vous vous êtes dévêtus de l’Homme ancien et de ses habitudes, et
vous avez revêtu l’Homme nouveau, qui, dans une connaissance en profondeur, se
renouvelle à l’image de Dieu son créateur. Désormais, il n’y a plus Grecs et
Juifs, circoncis et incirconcis, barbares, Scythes, esclaves ou hommes libres :
mais le Christ est tout et Il est en tous !
Evangile : Luc 17, 12-19 (n. trad.)
En
ce temps-là, comme Jésus entrait dans un village, dix hommes lépreux vinrent à
sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent : « Jésus,
Maître, fais-nous miséricorde! » Jésus les vit et leur dit : « Allez vous
montrer aux prêtres ». Et il advint, pendant qu’ils y allaient, qu’ils furent
purifiés. L’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en
glorifiant Dieu à haute voix. Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre
terre, et lui rendit grâce. Cet homme était Samaritain. Répondant, Jésus dit
alors : « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf, où sont-ils ? Il ne
s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ? » Et Jésus lui dit : « Lève-toi ! Va ! Ta foi
t’a sauvé ».
Catéchèse/Homélie :
La lèpre dans la Bible (nèga : « plaie »,
« coup ») est une impureté contagieuse : le lépreux est exclu de
la communauté jusqu’à guérison et purification rituelle (sacrifice pour le
péché, Lv 13-14). «Plaie » dont
Dieu frappe (naga) les
pécheurs : les Egyptiens (Ex 9,
9ss), Myriam (Nb 12, 10-15), Ozias (2 Ch 26, 19-23). Le Serviteur souffrant
en souffre malgré son innocence parce qu’il porte les péchés des hommes (Is 53, 3-12 ; Ps 73, 14). La guérison miraculeuse (Naaman dans le Jourdain, 2 R 5) montre la bienveillance divine et
la puissance prophétique. JC triomphe de la plaie par excellence (Mt 8, 1-4 ; Lc 17, 11-19) et prend sur soi les maux des humains (Mt 8, 17). Il purifie et réintègre dans
la communauté. Il abolit la séparation pur/impur. Les offrandes sont seulement
des attestations (preuves de son respect de la Loi et son pouvoir miraculeux).
Avec ses autres guérisons, celle de la lèpre est le signe qu’Il est
« Celui qui doit venir » (Mt 11,
5). Les Douze en mission reçoivent de lui l’ordre et le pouvoir de
« guérir les lépreux » (Mt 10,
8) comme signe du Royaume de Dieu (d’après Vocabulaire
de Théologie Biblique, Paris, Le Cerf, 1995, p.655).
La
glorification, centre de
l’enseignement de JC (relire les textes évangéliques depuis l’Avent), est naturelle à la créature ; elle est
la norme de la vie nouvelle à laquelle sont appelés tous les humains. On
glorifie Dieu pour ce qu’Il fait pour nous (miracles si fréquents, pour sa
révélation de lui-même), et surtout nous le glorifions pour lui-même !
– « Toi, qui es ! Maître ! Seigneur ! Père souverain
vénérable ! Il est vraiment digne, juste et conforme à la magnificence de
ta sainteté, de te louer, de te chanter, de te bénir, de t’adorer, de te rendre
grâces, de te glorifier, Toi le seul par essence Dieu ! » (anaphore
de saint Basile)
(Père
Marc-Antoine Costa de Beauregard)

