Le 7 avril, jour de l’Annonciation selon le calendrier julien, s’est éteint à l’âge de 93 ans le protobresbytre Vitali Borovoï, docteur en théologie, membre du conseil de tutelle de l’Institut Saint Philarète. Il était le prêtre le plus anciennement ordonné de l’Eglise de Russie.
Le père Vitali est né le 18 janvier 1916 dans une famille de paysans pauvres de Biélorussie et étudia la théologie à la faculté orthodoxe de l’Université de Varsovie. Secrétaire de l’archevêque de Minsk Pantéleïmon en 1941, il fut ordonné prêtre en 1944 et participa à la restauration du séminaire de Minsk. Puis devint professeur d’histoire de l’Eglise à l’Académie de théologie de Leningrad (Saint-Pétersbourg), où avait enseigné le célèbre historien de l’Eglise Vassili Bolotov. Le père Vitali rêvait de consacrer sa vie à la science et de continuer l’œuvre de Bolotov, mais il fut désigné par sa hiérarchie pour occuper un poste au département des relations extérieures de l’Eglise. Il fut longtemps le représentant de l’Eglise de Russie au Conseil mondial des Eglises. Il fut aussi son représentant au concile Vatican II.
Dans les années 1973 à 1978, le père Vitali fut le recteur, très aimé des fidèles, de la cathédrale patriarcale de l’Epiphanie à Elokhovo, puis il fut envoyé pour sept années à Genève, auprès du Conseil mondial des Eglises. A partir de 1986 il est recteur honoraire de l’Eglise de la Résurrection, rue Nejdanov (aujourd’hui passage Brioussov) à Moscou.
Le père Vitali était un brillant connaisseur de la théologie et de l’histoire de l’Eglise, un prédicateur éminent, un enseignant remarquable, auquel nombre de savants ou de hiérarques d’aujourd’hui sont redevables.
Le père Vitali ne cessait d’évoquer la nécessité d’une « nouvelle christianisation de la Russie » et aspirait à voir un renouveau de la vie ecclésiale. Il disait : « Nous autres, chers frères et sœurs, nous, la sainte Eglise orthodoxe de Russie dans notre pays, nous les croyants, nous sommes peut-être cette semence qui ira dans la terre, mais de cette semence sortira un arbre puissant, une nouvelle Eglise orthodoxe de Russie, glorieuse et forte non par l’attention des hommes, non par le pouvoir, mais par la foi, la sainteté et la grâce de Dieu. » (Sermon sur l’amoindrissement de l’Eglise, le samedi de Pâques 1978).
Sources : SFI.ru et Golubinski.ru

