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mer. 07 mai 2008

France : nette recrudescence du satanisme en 2007 (rapport de la MIVILUDES)

Dans son rapport sur l’année 2007 la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) s’inquiète de la nette recrudescence du satanisme en France (p.107-110).

Extraits : « (…) ce phénomène n’a jamais diminué et s’il n’atteint pas des proportions alarmantes, il reste qu’il est en augmentation permanente et qu’il s’accompagne de dérives particulièrement scandaleuses pour l’opinion publique. Cet état de fait ainsi que les informations remontées à la MIVILUDES concernant ces dérives l’ont conduite à présenter, en novembre 2006, deux livrets publiés par la Documentation française :
• Le premier s’intitule « Le satanisme, un risque de dérive sectaire » (pour le consulter et le télécharger, cliquez ici, ndr), et il est à destination du grand public,
• Le second sous le titre « Les dérives sataniques, guide pratique de l’enquêteur », s’adresse aux services de justice, de police et de gendarmerie.
(…), les faits sont éloquents :
92 cas de profanations à caractère satanique du 1er janvier au mois de novembre 2007 (soit une augmentation de 300 % sur les trois dernières années). Pour le seul mois d’avril 2007, on a noté un cas de profanation par jour en moyenne.
Les suicides de jeunes, liés à l’appartenance satanique, sont en augmentation. Il convient également de prendre en compte les conduites déviantes, scarifications, auto-mutilations diverses, qui nécessitent ensuite un suivi thérapeutique des jeunes concernés, par des psychologues ou des psychiatres.
Des délits comme l’incitation à la haine raciale, l’incitation au suicide, ou encore la commission d’actes de barbarie, notamment à l’égard d’animaux.
Ces faits étant rappelés, il faut préciser qu’il a été constaté au cours des deux dernières années que ce phénomène était en train d’opérer une mutation dans le sens de la radicalisation des exactions commises par les adeptes. D’abord, il n’est plus rare d’assister à des profanations accompagnées d’exhumation de corps et d’atteinte à l’intégrité des cadavres (profanation du Morbihan février 2006). Ensuite, si les mouvements purement lucifériens paraissent en perte d’audience, on voit naître un satanisme qui, au-delà des croyances traditionnelles 7, s’inspire de l’idéologie nazie et des croyances celtique ou nordique et qui attire davantage les jeunes que les formes de satanisme antérieures à connotation plus ésotérique, ou occultiste.
(…)
La mouvance satanique repère, récupère et instrumentalise la fragilité de certains jeunes en souffrance identitaire, en angoisse de l’avenir, en rupture familiale, en échec scolaire, notamment en leur proposant une idéologie de révolte qui semble répondre à leurs attentes, leurs besoins, leurs envies.
(…)
Alors qu’elle étudie le phénomène satanique depuis 2004, la MIVILUDES a noté qu’elle avait été, en 2007, sollicitée beaucoup plus souvent par des familles dont les enfants étaient devenus dépendants de contacts électroniques via internet, à l’origine de troubles comportementaux assez effrayants pour leur entourage direct, et même sans rencontre physique avec leurs « initiateurs». Certains en sont arrivés à pratiquer de véritables rituels sataniques, les familles signalant également des scarifications sataniques aboutissant à des évanouissements, des sensations d’étouffements etc.
La problématique liée à cette mouvance amène les médecins et les chercheurs à s’intéresser à ce sujet et à ses conséquences sur le double plan psychologique et médical. Ainsi une thèse présentée en avril 2007 par le docteur Guivier mentionne que la pratique de la doctrine satanique repose sur des rituels qui «ne doivent pas être pris à la légère puisque consistant en des rituels magiques». S’il ne semble pas exister de doctrine imposée quant à la pratique même ; des rituels, il reste que des éléments récurrents paraissent incontournables. Il s’agit de processus rituels qui se basent sur «l’énergétisation des sentiments et de l’émotion » et qui peuvent être divisés en trois catégories :
– rituels sexuels (accomplissement de ses désirs) ;
– rituels de compassion (faire accomplir ses enchantements) ;
– rituels de destruction (exprimer ses colères).
Le docteur Guivier détaille ensuite les risques médicaux encourus par les jeunes adeptes du satanisme. L’attirance pour le morbide, les tendances suicidaires, leur intérêt pour l’irrationnel, le symbolisme sont ainsi instrumentalisés dans des sites internet où la mort, la violence sont banalisées, dans un mélange de réalité et de fiction difficilement décryptable par le néophyte.
La dépendance virtuelle à l’égard de l’image, qui au-delà du fait qu’elle sert les intérêts financiers de certains groupes ou individus manquant singulièrement d’éthique et de sens moral, fait sauter des verrous psychologiques ou des tabous, le respect dû à un mort par exemple.
(…)
Aujourd’hui, en raison du secret dont s’entourent ces groupes, il est difficile d’en estimer le nombre et notamment celui des groupes structurés, mais les services spécialisés considèrent que le nombre d’adeptes de la mouvance satanique au sens large, toutes branches et chapelles confondues, est de l’ordre de 25 000 personnes en France, dont 80 % se situe dans la tranche d’âge des moins de 21 ans. »

Lieux de culte orthodoxe en France

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