Une exposition marquant le 500e anniversaire de la mort du grand saint de Russie Nil de la Sora s’est ouverte le 20 mai dans la section de la littérature religieuse de la Bibliothèque nationale de la littérature étrangère à Moscou.
L’initiative et l’organisation de cette exposition revient à Reguina Kalachova qui a ainsi voulu rendre hommage « à la mémoire et au respect dû à tout ce qu’a accompli ce grand starets ». Reguina Kalachova a confié à Blagovest-info que l’idée de l’exposition lui était venue en entendant le patriarche Alexis II évoquer dans une émission l’approche de ce jubilée.
Pour l’exposition Regina Kalachova a réuni des ouvrages consacrés à l’histoire de l’Eglise russe, à l’histoire de ses monastères, aux règles monastiques, aux vies de saints. On peut y voir aussi les livres de philosophes religieux comme George Fedotov ou Ivan Iliine qui parlent de Nil de la Sora et de son héritage, ainsi que des ouvrages étrangers : une étude française sur Nil de la Sora, le recueil de matériaux scientifiques d’une conférence sur la sainteté russe qui s’est déroulée en Italie… Dans la section hagiographique on peut voir le livre de Jean Kologrivov, moine catholique de rite oriental, « Vies de saints de Russie », ainsi que des documents qui reflètent les débats d’historiens autour de l’héritage de saint Nil. Ainsi l’ « Epître à un iconographe », traditionnellement attribuée à Joseph de Volotsk, a trouvé sa place dans l’exposition dans la mesure où certains chercheurs y voient l’œuvre de saint Nil. Ces questions sont abordées dans le livre de N. Kazakova et de Ia. Lourié « Mouvements hérétiques antiféodaux dans la Russie du XIVe au début du XVIe siècle ».
Réguina Kalchova se refuse à opposer d’une manière frontale ces deux grands contemporains que furent Joseph de Volotsk et Nil de la Sora. « Ils étaient adversaires, se livraient à d’âpres débats, mais avec le recul on comprend que les hommes comme Nil et comme Joseph sont également nécessaires. En effet les « possesseurs » ne voulaient pas les possessions pour eux-mêmes, mais pour les autres et dans les périodes de famine ils ouvraient largement leurs greniers. Quant à Nil de la Sora, c’est un homme étonnant d’humilité. Il ne voulait rien pour lui et faisait tout pour la gloire de Dieu. La collaboratrice de la Bibliothèque de la Littérature Etrangère espère que le 500e anniversaire de la mort de saint Nil de la Sora sera encore marqué par d’autres expositions, colloques et événements.
Par ailleurs une colloque international intitulé « Nil de la Sora dans la culture et la littérature de la Russie ancienne » s’est déroulé le 12 mai à Saint-Pétersbourg dans la Bibliothèque nationale de Russie, réunissant des universitaires russes mais aussi américains et norvégiens.
Dans le cadre de cette conférence une exposition s’est ouverte dans le département des manuscrits de la bibliothèque où sont présentés des documents liés à l’activité des moines copistes du skite de Nil de la Sora, y compris de très précieux autographes de Nil de la Sora lui-même et des vues du skite datant du XIXe siècle.
Nil de la Sora (env. 1443-1508) est une des figures clefs de l’histoire de la Russie et un des hommes les plus instruits du Moyen âge russe, fondateur du désert de Nil de la Sora, et chef de fil des « non-possesseurs », écrivain, rédacteur et éditeur de nombreux ouvrages. Par la volonté du prince Ivan III, Nil de la Sora a pris part aux conciles de 1490 et 1503 où ont été débattues les questions brûlantes à l’époque relatives aux hérésies et aux biens monastiques. Nil de la Sora a fait l’objet de nombreuses études de la part d’histoiriens de la pensée tels que V. Klioutchevski, N. Berdiaev, G. Fedotov, p. G. Florovski, p. V. Zenkovski et beaucoup d’autres.
Sources et photographies : Blagovest-Info et NLR.ru

