Le 16 juillet, le Saint Synode de l’Eglise
orthodoxe ukrainienne (autonome dans la juridiction du Patriarcat de Moscou) s’est réuni. Il a publié trois
déclarations : une à l’adresse
des autorités politiques de l’Ukraine, une autre pour l’Eglise non
canonique qui se dit «Patriarcat de Kiev» ( UOC-KP), une troisième
pour l’autre entité ecclésiale non canonique en Ukraine (UAOC). Pour ces deux
dernières, il s’agit de réponses à des déclarations émises à la fin de l’année
2007.
Dans sa réponse
à l’UOC-KP, le Saint-Synode affirme notamment : « Le schisme de l’orthodoxie
ukrainienne est une des plus grandes et des plus pénibles tragédies de l'Église
orthodoxe en Ukraine dans l’ensemble de son histoire entière depuis le baptême
de Kiev par le saint prince Vladimir. Le schisme est un problème grave pour la
société ukrainienne et pour toute l’orthodoxie universelle. Etant consciente de
la nécessité de la résolution rapide du schisme en Ukraine, l'Église orthodoxe
ukrainienne est prête pour un dialogue constructif et pour la coopération avec
toutes les parties intéressées, en incluant des représentants des organisations
ecclésiales qui ne sont pas en communion avec l'orthodoxie universelle.
En même temps, le dialogue, pour être constructif
et amener le résultat désiré - l'unification de tous les fidèles orthodoxes de
l'Ukraine dans une Église - doit être
tenu selon certains principes, à savoir conformes aux règles canoniques de l'Église
orthodoxe universelle. Ces principes ont été plus d’une fois évoqués dans les différents
documents et les déclarations de notre Église et là notre position reste
inchangée. Notre insistance à nous en tenir aux règles canoniques pour mettre
fin au schisme n'est pas guidée par une attitude rigoriste à l’égard de nos
frères et sœurs qui demeurent à l'extérieur de l'Église canonique, mais par la conscience
que leur non respect suscitera une nouvelle fragmentation de l’orthodoxie
ukrainienne, en effet dans la conscience de beaucoup de personnes cela effacerait
la frontière entre ce qui est admissible et ce qui est inadmissible dans
l'Église de Christ.
Si nous approuvons, dans la déclaration, l'intention
de chercher des chemins de compréhension réciproque et pour surmonter le schisme, nous ne pouvons pas
valider certaines des thèses et des suggestions faites par les auteurs du
document. En particulier, nous ne pouvons pas accepter la thèse que la déclaration
d'indépendance politique de l'Ukraine implique l'indépendance de l'Église ukrainienne.
L'indépendance politique de l'Ukraine est une réalisation historique de notre peuple
et nous ne rejetons aucunement sa signification. Cependant, nous sommes loin de considérer que l'indépendance canonique de l'Église est un des attributs
nécessaires de l’indépendance. Le statut canonique de l'Église doit être
considéré en regard de l’intérêt ecclésiologique et non pas seulement pour des
raisons politiques - ce statut ne doit pas être déterminé par les facteurs publics
et politiques, mais par l'Église elle-même : son épiscopat, son clergé et ses
fidèles.
Il est connu que selon la tradition canonique de
l'Église orthodoxe les conditions suivantes sont indispensables pour accéder au
statut d’autocéphalie: 1) la décision unanime de l'épiscopat et des fidèles de
l'Eglise locale sur la nécessité de l’autocéphalie; 2) le consentement du
nouveau statut de l'Eglise locale de la part de l’ensemble de l'Église orthodoxe
en y incluant l'Église patriarcale mère (kyriarchal).
(…)
Nous ne pouvons pas accepter également une proposition
d'union en une seule Eglise en attendant la reconnaissance canonique d'une telle
Eglise. Le soi-disant « Patriarcat de Kiev » a été proclamé par les
chefs du mouvement pour l’autocéphale ukrainienne en juin 1990, c'est-à-dire il
y a 18 ans. Donc, depuis ce temps où le «patriarcat» s’est autoproclamé, sans l’accord
conciliaire de l'Église ukrainienne elle-même et de l'orthodoxie universelle, il
n'est reconnu par aucune Eglise canonique orthodoxe locale. (…)
La déclaration suggère comme modèle pour
surmonter le schisme en Ukraine l'exemple de la nouvelle communion canonique
restaurée entre l'Église orthodoxe russe À l'étranger et le
Elevant nos prières vers le Seigneur pour la
résolution du schisme et l’unification de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, nous
désirons, avec une prière ardente, la sagesse spirituelle et le courage pour
nos frères et sœurs, qui pour une raison ou une autre ont quitté l’Eglise une,
sainte, catholique et apostolique, et cherchent les chemins pour revenir dans
la communion de l’Eglise. »
Traduit de l’anglais pour Orthodoxie.com
Photographie : le Saint-Synode de l’Eglise
orthodoxe ukrainienne lors de sa réunion du 16 juillet (source)


