Mgr Hilarion (Alfeyev),
évêque de Vienne et d’Autriche considère qu'il est nécessaire de
continuer le travail sur la correction et la traduction des offices,
commencé pendant la période du concile de l’Eglise orthodoxe russe de
1917-1918. Dans une interview donnée
à l’agence russe Blagovest Info, il a souligné qu'une telle entreprise
demanderait un travail de plusieurs années d'un groupe des personnes
compétentes et devrait avoir un caractère collégial. Ce travail devrait
également manifester« la prudence et la sagesse de la part de l'Église
».
Lors de la conférence internationale théologique en novembre 2007, Mgr Hilarion avait déjà appelé
à continuer la discussion sur la langue utilisée dans les offices. Dans
l’entretien donné à Blagovest info, il a remarqué que l’on doit
résoudre « le problème de la difficulté de compréhension des textes de
l’Eglise avec une discussion calme et conciliaire. Certes, quelqu’un,
qui participe chaque dimanche à la liturgie, commence, tôt ou tard, à
comprendre les textes de l'office divin. Mais il y a des textes, qui
sont lus ou chantés dans l'Église une fois par an, par exemple, les
canons de la Pentecôte. Ils sont tellement complexes que faire quelque
chose pour que les gens puissent comprendre non 10 %, mais 15 % –
d’après moi n’est pas un péché, mais avec cela peut contribuer au plus
grand bien des fidèles ».
Mgr Hilarion a souligné « qu’il ne faut pas apporter sans autorisation des changements dans les offices, ni à l'échelle d'un diocèse, ou d’une paroisse ». Il faut travailler sur « l’allégement » des textes slaves et leurs traductions « prudemment pour ne pas troubler la paix de l’Église ainsi que les fidèles ». L'évêque a rappelé la lourde leçon historique liée aux réformes de l’Eglise du patriarche Nikon au XVIIe siècle : « En effet, tout a commencé avec des choses à première vue secondaires : écrire le nom Jésus avec un « i » ou avec deux etc., mais cela a fini par un schisme qui existe jusqu’à maintenant ».
« L'unité de l'Église est plus importante que n'importe quelle réforme d’amélioration ou d’innovation. Mais l'Esprit Saint dira à l'Église et à l’intelligence conciliaire, quel est le moment opportun, si cela est nécessaire, d’introduire l'utilisation des langues modernes », - a dit l'évêque Hilarion.
Utiliser la langue moderne dans l'office divin est une question liée parfois à « la situation locale » dans un contexte missionnaire. L'évêque a raconté son expérience des services en Autriche. Pendant la liturgie l’Evangile est lu en slavon et en allemand, mais pendant la communion du clergé, l'Apôtre et l'Evangile sont lus encore une fois, en russe ou parfois en géorgien, si dans le temple il y a un grand nombre de Géorgiens. « La situation pastorale souffle parfois elle-même des solutions », a remarqué Mgr Hilarion.
En répondant à la question sur le mécanisme « du travail conciliaire», lié à la langue liturgique, il a remarqué qu'un tel travail «n’est pas encore entrepris», exprimant cependant son espoir que « l’intelligence conciliaire » ne renoncera pas à cette question. « Je me rappelle que Sa Sainteté le patriarche russe, s’adressant à la Faculté de théologie orthodoxe qui lui a remis le titre de docteur honoris causa avait parlé de l'amélioration de la traduction slave comme d’un travail, commencé pendant le concile de 1917-1918, qui continuera. J'espère qu'il va continuer », a conclu Mgr Hilarion.
Traduit du russe pour Orthodoxie.com

