Lubov Millar, «Großfürstin Elisabeth von Rußland. Heilige Neumärtyrerin unter dem kommunistischen Joch», Kloster des Heiligen Hiob von Potchaev, München, 2004, 357 p.
À l’occasion de la célébration récente, par l’Église russe, de la mémoire de la sainte néo-martyre Élisabeth, il convient de signaler le livre, superbement édité par le monastère Saint Job de Potchaev de Munich, que Lubov Millar a consacré à la grande-duchesse Elisabeth (1864-1918), qui est devenue moniale après l’assassinat de son époux, est morte martyre en 1918, et a été canonisée par l’Église Russe Hors Frontières en 1981 puis par le Patriarcat de Moscou en 2000.
Si ce volume (qui joint à une biographie détaillée de nombreuses lettres d’Élisabeth) reprend en version allemande le texte de l’édition anglaise originale (aujourd’hui indisponible), il ajoute à cette dernière des photos rares et inédites retrouvées par l’éditeur dans les archives de la ville de Darmstadt, et c’est sur la base de cette édition allemande que l’édition russe est actuellement préparée.
Élisabeth de Hesse-Darmstadt est née en 1864. Fille de Louis IV de Hesse et de la princesse Alice de Grande-Bretagne, elle était la sœur de l'impératrice Alexandra de Russie et la petite-fille de la reine Victoria d'Angleterre. En 1884, elle épousa son cousin le grand-duc Serge, fils cadet du tsar Alexandre II et frère du tsar Alexandre III. Restée luthérienne après son mariage, elle prit, en 1891, la décision de se convertir à l'Orthodoxie. Après l'assassinat de son époux le 17 février 1905, et restée sans enfant, elle embrassa la vie monastique, et fonda le couvent Saintes Marthe et Marie, dont elle devint la supérieure, et dont les sœurs étaint consacrées au soin des malades et à l’aide aux démunis.
Lors de la Révolution, figurant parmi les personnalités religieuses menacées en priorité par les persécutions communistes, elle refusa les refuges que lui offrirent successivement l'empereur Guillaume II d'Allemagne et le gouvernement provisoire de Russie, préférant rester, coûte que coûte, auprès de ses sœurs dans son couvent.
Arrêtée par les bolcheviks, elle fut déportée à Ekaterinbourg puis à Alapayevsk dans l’Oural, où elle subit avec courage une longue détention, avant d’être exécutée le 18 juillet 1918 dans des conditions atroces : après avoir eu les yeux bandés, elle fut avec ses compagnons (dont son amie, sœur Barbara Yakovleva, qui fut par la suite également canonisée), jetée vivante dans un puits de mine à demi inondé. Leurs victimes ne s’étant pas noyées comme prévu, les bolcheviks tentèrent de les achever en jetant des grenades au fond du puits, puis remplir le puits de brindilles auxquelles ils mirent le feu; ils abandonnèrent alors leurs victimes à une lente et douloureuse agonie.
Quelque temps après, le prêtre du lieu, le Père Séraphim qui avait été le confesseur d'Élisabeth pendant sa détention, exhuma les corps, les mit dans dans des cercueils, et traversa avec eux la Sibérie, afin de les mettre à l’abri au-delà de la frontière russe, en Chine.
Par la suite, la princesse Victoria, sœur d’Élisabeth fit transférer les reliques de celle-ci à Jérusalem, pour les placer dans l’église orthodoxe Sainte Marie Madeleine, située sur le Mont des Oliviers (à la consécration de laquelle Élisabeth avait assisté), où elle furent désormais vénérées.
La grande duchesse Élisabeth a été canonisée comme nouvelle martyre par l'Église Russe Hors Frontières en 1981 et en 2000 par le Patriarcat de Moscou.
Sa mémoire est célébrée par l’Église orthodoxe le 18 juillet.
Jean-Claude Larchet

