George Dion. Dragas, «Ecclesiasticus I. Introducing Eastern Orthodoxy», Orthodox Research Institute, Rollingsford, NH,2004, 147 p.
Cet ouvrage de l’archiprêtre Geoges Dragas, professeur de patrologie à l’École supérieure de théologie Holy Cross de Brookline, Massachusetts (USA) est la réédition d’un volume, partiellement révisé, publié à Durham (où il fut longtemps professeur) en 1984 et plusieurs fois réimprimé. Il regroupe douze études d’ecclésiologie. Les thèmes qui dominent les six premières études sont les suivants : la Sainte Trinité est la base du christianisme orthodoxe ; le culte orthodoxe est enraciné dans l’histoire du salut ; les chrétiens orthodoxes ont une conscience ecclésiale ; l’identité de l’Église orthodoxe est déterminée par la Sainte Trinité, le mystère de l’Église, les saints et le peuple de Dieu ; l’Église peut être excellemment comprise (cf. la «Mystagogie» de saint Maxime le Confesseur) à travers des images qui commencent avec la création et se terminent par le sanctuaire intérieur de l’âme humaine ; les relations personnelles sont constitutives de l’Église.
Les six études suivantes concernent la contribution de l’Église orthodoxe au dialogue avec les autres confessions chrétiennes et avec le monde contemporain, envisagée du point de vue non de son histoire mais de ses principes. Après une réflexion sur différents modèles possibles pour les relations ecclésiales (« Church relations ») on trouvera notamment dans cette seconde partie : «un point de vue anglican sur l’Église orthodoxe» (celui exprimé par Michael Ramsey lors d’une réunion du Fellowship St. Alban et St. Sergius en 1982), une étude sur «le sens grec orthodoxe de la catholicité chez Newman» et une étude sur «le Patriarcat œcuménique et l’œcuménisme moderne».
On retrouvera dans cet ouvrage les qualité pédagogiques – et notamment la clarté – qui caractérisent tous les écrits de cet auteur. On notera pourtant le caractère peu clair et ambigu de l’expression «Church relations». La contribution de l’ancien archevêque de Canterbury paraît obsolète au regard des récentes dérives de la hiérarchie anglicane qui ruinent les énormes efforts de rapprochement qui avaient été accomplis, au cours des dernières décennies, entre les anglicans et les orthodoxes. La mission d’unité interorthodoxe attribuée par l’auteur au Patriarcat de Constantinople (dont il est depuis de nombreuses années l’un des principaux conseillers), est quant à elle largement démentie par les faits, puisque la plupart des divisions et tensions survenues depuis 1920 au sein du monde orthodoxe sont liées aux activités (de nature essentiellement diplomatique et politique) de ce patriarcat qui conçoit de plus en plus sa fonction en prenant pour modèle la conception catholique romaine de l’universalité et de l’unité.
Jean-Claude Larchet

