Le dimanche 10 mai, le patriarche œcuménique Bartholomée a affirmé que le synode du Patriarcat œcuménique avait décidé d’intenter une action en justice relativement aux 23 fondations et communautés caractérisées par l’administration turque comme « abandonnées ». « Chaque fois que je me trouve ici ou dans d’autres communautés, je suis envahi par l’amertume et l’indignation ; nous, nous célébrons ici » a-t-il déclaré devant de nombreux écoliers venus de Grèce en voyage scolaire et qui assistaient à l’office ensemble avec des membres de la communauté locale.
Dans l’église Saint-Georges de la Porte, à Adrianoupolis, une ancienne église construite sur l’enceinte byzantine, le patriarche s’est écrié, plein d’amertume, « deux mètres derrière le sanctuaire et dans la cour de l’église, on joue au billard ». La direction générale des Waqf (biens religieux) a déclaré la communauté de Saint-Georges de la Porte, à Adrianoupolis « abandonnée » et a loué l’emplacement de l’école à un particulier qui l’utilise comme café et salle de billard ! « Il s’agit là de grandes injustices qui surviennent, pas seulement dans cette communauté, mais dans de nombreuses autres déclarées “abandonnées” » a dit le patriarche, expliquant que lorsqu’une communauté est considérée comme « abandonnée », ses membres perdent tout droit de regard et sa gestion revient à l’administration turque via la direction générale des biens religieux ».
Le patriarche a précisé dans son homélie que le synode avait décidé de porter l’affaire devant la justice, y compris devant la Cour européenne des droits de l’homme ; « si nous n’obtenons pas gain de cause, nous irons jusqu’à la Cour européenne de Justice où nous espérons obtenir justice, comme ce fut le cas pour l’orphelinat de l’île des Princes, un bien immeuble appartenant à la grande école patriarcale de la nation. Nous poursuivrons le combat en exigeant non pas des privilèges ou un traitement particulier, mais simplement les droits qui nous reviennent au nom de notre patrimoine historique, de nos pères. Nos ancêtres nous les ont transmis pour que nous en assumions la gestion pour le bien de notre communauté et point pour que d’autres profitent de nos fondations en encaissant des loyers ».
Source : Romfea.gr

