
Parmi les 20 communications présentées durant les cinq sessions de travail qui se sont succédées au cours de ces trois jours, ont été proposées celles sur « Suivre les saints Pères : une voie diachronique dans l’enseignement dogmatique de l’Eglise » (Dimitrios Tselengidis, faculté de théologie de Thessalonique, Grèce), « Réconcilier le dogme chrétien avec la vie » (Michel Stavrou, Institut Saint-Serge, Paris), « La valeur des définitions canoniques : dogme ou témoignage ? » (père Dumitru Popescu, faculté de théologie de Bucarest), « Évolution ou création ? L’exégèse orthodoxe contemporaine de Genèse 1-3 » (Peter Bouteneff, Institut Saint-Vladimir, New York, USA), « Tradition ou identité politique ? Le rôle de l’Occident dans la théologie orthodoxe contemporaine » (Aristote Papanikolaou, Université de Fordham, USA), « Dogme et culture. La principale contribution de la foi orthodoxe à la théologie publique » (Daniel Munteanu, faculté de théologie de Bamberg, Allemagne), " La nature sotériologique du dogme dans la tradition orthodoxe » (père Jean Tulcan, faculté de théologie d'Arad). Le 12 juin, les congressistes se sont rendus au petit monastère de Feredeu, reconstruit après sa destruction au 18e siècle par le général autrichien Bukow – célèbre pour avoir détruit de nombreux monastères orthodoxes au moment où l’impératrice Marie-Thérèse s’efforçait d’imposer l’uniatisme catholique en Transylvanie.

À l'issue des riches débats qui ont jalonné la rencontre, les participants ont adopté une résolution dans laquelle ils soulignent que « la théologie dogmatique orthodoxe doit être reconnue dans le cadre du renouvellement de la théologie orthodoxe en général », ce qui suppose « une nouvelle approche de la théologie fondée sur la redécouverte des sources bibliques et patristiques ». En outre, « la théologie dogmatique orthodoxe doit être abordée et approfondie dans une relation indissoluble avec le culte et la spiritualité de l'Eglise ». Ils reconnaissent cependant « la nécessité de discerner davantage le rôle particulier de la raison humaine à l'intérieur de la tâche de la théologie, sans nier pour autant le caractère apophatique et mystique de celle-ci. Par conséquent, l'intégration de l'ensemble de ces dimensions peut devenir le terrain fécond où la théologie orthodoxe pourrait produire des racines et s'exprimer aussi bien comme théologie pour l'Église que comme une théologie pour le monde au nom de la Sainte Trinité ».
« La théologie dogmatique orthodoxe, notent encore les participants dans le document final, peut se révéler utile dans le dialogue interconfessionnel, en soulignant la valeur universelle de l'orthodoxie. Pour que ce témoignage soit efficient, nous devons prendre soin d’éviter les interprétations simplistes de l'Occident chrétien. La tâche de la théologie est de discerner et de prêcher la vérité de Dieu ; nous devons rejeter l'utilisation de la théologie comme outil destiné à dénigrer l’autre, à approfondir les divisions et à exprimer un sentiment de supériorité. » Ils estiment également que la théologie dogmatique orthodoxe « doit être prête à appuyer une authentique théologie publique », par quoi il faut entendre un discours théologique capable de faire sens dans l’espace public, « afin de dynamiser la mission de l'Église dans la société contemporaine, en portant le message de rédemption et de guérison de l'Évangile du Christ dans la vie des hommes ».
L’Association internationale des théologiens orthodoxes en dogmatique a retenu le principe d’organiser son 3e symposium international en juin 2011 à Thessalonique autour du thème général : « Le rôle et les limites de la raison dans la théologie dogmatique ».