Dorénavant, les paroisses devront organiser leur vie en conformité avec le nouveau règlement paroissial, adopté par le Synode de l'Église russe le 10 octobre dernier. Le patriarche a justifié la nécessité de modifier le règlement — dont la dernière rédaction date de 1999 — en particulier par la présence de divergences entre ses clauses et celles de la législation en cours en Russie, qui ont sensiblement changé lors de la dernière décennie. Selon le patriarche, ces divergences ont maintenant été éliminées.
Selon le patriarche, le nouveau règlement apporte « une série de changements importants dans la structure et la compétence des organes de direction de la paroisse ». C'est ainsi que dans la version précédente, l'organe suprême de direction de la paroisse était l'assemblée paroissiale, dont les décisions étaient confirmées par l'évêque titulaire. Le patriarche expliqua que le Synode avait décidé de fixer juridiquement cette situation où toute l'autorité revenait de facto à l'évêque : la nouvelle rédaction du règlement qualifie l'évêque titulaire d'« organe suprême de direction de la paroisse ». Les décisions de modifications des cadres sont de son ressort exclusif : nomination ou déplacement du recteur, modification de la composition du conseil paroissial, suppression de la paroisse, etc. Cette norme juridique « satisfait complètement les normes canoniques », précisa le conférencier. Selon lui, « l'évêque titulaire dispose dans l'Église de la plénitude du pouvoir — cela nous est conféré par le Seigneur à travers les apôtres ».
D'autre part, le patriarche insista sur l'augmentation du nombre de collaborateurs de l'église. « La structure actuelle de la paroisse, où l'effectif de l'église est constitué du prêtre, du diacre, du chef de chorale et du lecteur, est l'héritage du passé », dit-il. À son avis, les besoins contemporains de l'Église obligent à ajouter à l'effectif de la paroisse un travailleur social, un pédagogue chargé de la catéchèse et un responsable pour la jeunesse. Ces collaborateurs doivent être non pas des « activistes amateurs » mais des « professionnels avec un salaire intégral », insista le patriarche, faisant également remarquer qu'il était indispensable de créer les spécialités correspondantes dans les établissements d'enseignement religieux.
Une telle approche permettra de renforcer dans chaque paroisse la « spécialisation sociale », ce que le patriarche considère indispensable. De plus, il fut remarqué que ce travail devait être dicté non par « des préférences personnelles du recteur », mais par les exigences de la ville, les besoins des fidèles. Par exemple, « chaque paroisse doit avoir la responsabilité d'un hôpital de la ville, que le prêtre a l'obligation de visiter régulièrement et non seulement sur invitation ». En outre, il est indispensable d'inclure dans le champ d'action de la paroisse les questions sociales dont personne ne s'occupe, comme : l'aide aux adolescents issus d'établissements pénitentiaires et d'établissements d'éducation spécialisés, ainsi que le soutien aux adolescentes enceintes qui sont confrontées à la réprobation publique et sont inclines à avorter ». Après avoir consacré toute une partie de son exposé au travail social de la paroisse, le patriarche donna des recommandations pratiques sur son organisation ainsi que sur les méthodes de recherche de moyens pour les projets sociaux.
L'exposé toucha également les questions de salaire des membres du clergé paroissial. Le supérieur de la paroisse porte également la responsabilité de ce que le prêtre ne soit pas « embarrassé par la recherche permanente de moyens de subsistance pour lui et sa famille ». C'est précisément lui qui « doit veiller à ce que l'ecclésiastique ne soit pas dans une pauvreté matérielle », à ce qu'il ne cherche pas de travail complémentaire dans le monde civil et n'abuse pas des services religieux rémunérateurs. Le patriarche condamna par ailleurs la pratique des bénédictions de « lieux profanes à vocation douteuse » pouvant avoir une « utilisation double », ou pouvant « inciter, directement ou non, au péché : les clubs de nuit, les discothèques, les restaurants, magasins et autres ».
Afin d'éviter les « manifestations malsaines d'inégalité » parmi le clergé de la paroisse, le supérieur doit créer une atmosphère financière saine : les écarts de prestations entre les aînés et les plus jeunes des membres du clergé ne doivent pas être de cinq, de dix, fit remarquer l'évêque titulaire de Moscou.
En qualité d'évêque titulaire de Moscou, il donna sa bénédiction pour que l'on convoque des assemblées paroissiales dans toutes les paroisses de Moscou avant le grand Carême, afin de présenter le nouveau règlement paroissial.
Photographies : Mospat.ru

