Anne Khoudokornoff-Kotschoubey et Sœur Élisabeth (éd.), « Élisabeth de Russie. Moniale, martyre et sainte », Lessius (Brusselles), 2010, 253 p.
Peu de temps après la parution en français du livre de Lioubov Miller «Sainte Élisabeth: princesse allemande, martyre russe», voici un nouveau livre consacré à sainte Élisabeth de Russie. Il s’agit d’une adaptation, par Anne Khoudokornoff-Kotschoubey et Sœur Élisabeth, du livre publié en 1995 par l’Institut Saint-Tikhon de Moscou sous le titre « “Chaque fibre de mon être est russe.” Archives concernant la martyre grande duchesse Élisabeth ». C’est un intéressant complément du précédent (qui est surtout une biographie). En effet, la vie est l’œuvre d’Élisabeth Féodorovna née princesse de Hesse-Darmstadt n’est rappelée ici que dans une courte introduction. Le reste de l’ouvrage propose des lettres d’Élisabeth (traduites par Claude Lopez-Ginisty, bien connu pour ses compositions et traductions hagiographiques), et d’autres textes et documents (traduits par Claire Jounievy, Alexandre Khoudokormoff) dont on trouvera la liste dans la table des matières reproduite ici.
Élisabeth de Hesse-Darmstadt est née en 1864. Fille de Louis IV de Hesse et de la princesse Alice de Grande-Bretagne, elle était la sœur de l'impératrice Alexandra de Russie épouse de l’empereur Nicolas II) et la petite-fille de la reine Victoria d'Angleterre. En 1884, elle épousa son cousin le grand-duc Serge, fils cadet du tsar Alexandre II et frère du tsar Alexandre III. Restée luthérienne après son mariage, elle prit, en 1891, la décision de se convertir à l'Orthodoxie. Après l'assassinat de son époux le 17 février 1905, et restée sans enfant, elle embrassa la vie monastique, et fonda une communauté sous la protection des Saintes Marthe et Marie, dont elle devint la supérieure, et dont les sœurs étaient consacrées au soin des malades et à l’aide aux démunis.
Lors de la Révolution, elle fut arrêtée par les bolcheviks, déportée à Ekaterinbourg puis à Alapayevsk dans l’Oural, où elle subit avec courage une longue détention, avant d’être martyrisée le 18 juillet 1918 dans des conditions atroces. Ses reliques purent être exhumées du puits de mine où elle avait été jetée vivante puis lapidée et noyée, et transférées à Jérusalem, dans l’église orthodoxe Sainte Marie Madeleine, située sur le Mont des Oliviers où elles sont désormais vénérées.
La grande duchesse Élisabeth a été canonisée comme nouvelle martyre par l'Église Russe Hors Frontières en 1981 et en 2000 par le Patriarcat de Moscou. Sa mémoire est célébrée par l’Église orthodoxe le 18 juillet.
La multiplicité des livres qui lui ont été consacrés ces dernières annéees témoigne de l’engouement que suscitent aujourd’hui la personnalité et le destin exceptionnels de cette nouvelle sainte.
Jean-Claude Larchet

