23/06/2017
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Résultats de la recherche : Cinéma

Projection exceptionnelle du documentaire « Kosovo, une chrétienté en péril » au cinéma le Grand Rex à Paris

Lr jeudi 22 juin à 19 heures au cinéma le Grand Rex à Paris se tiendra une grande soirée pendant laquelle  le documentaire « Kosovo, une chrétienté en péril » sera projeté. Une occasion unique de découvrir ce très beau film sur grand écran, dans une salle mythique de la capitale.

Cette projection sera précédée d’une discussion entre :

•    Darko Tanaskovic, ambassadeur de la Serbie à l’Unesco ;
•    Rajko Ristic, ambasseur de Serbie en France ;
•    le père Hilarion, Igoumène du monastère de Draganac,
•    Patrick Karam, président de l’association Chrédo, Chrétiens d’Orient en danger.
•    Nikola Mirkovic, membre du conseil d’administration de Solidarité Kosovo et auteur du livre Le Martyre du Kosovo.

Les bénéfices de la soirée permettront de financer la réalisation d’une bande-dessinée sur le Kosovo, bande-dessinée écrite sous la direction de Nikola Mirkovic. Elle permettra de toucher un plus large public et d’informer les Français sur ce qui se passe au Kosovo aujourd’hui.

À Moscou se déroulera le XIème festival cinématographique « L’Ange radieux »

Du 1er au 7 novembre se déroulera à Moscou le festival cinématographique international, à but caritatif, « L’Ange radieux ». Le festival, dont la devise est « Le bon cinéma est de retour » aura lieu avec la bénédiction du patriarche de Moscou Cyrille et est fixé au jour de l’unité nationale et fête de l’icône de ND de Kazan. Cette année, le forum est organisé dans le cadre de l’année de la culture en Russie et des fêtes du 700ème anniversaire de la naissance de St Serge de Radonège. 368 films, longs et courts métrages, documentaires et films d’animation seront présentés au concours du festival. Ledit festival sera organisé sous le haut patronage du président du conseil  d’administration du programme « Culture spirituelle et morale de la génération montante en Russie », Mme Svetlana Medvedev. Les réalisateurs du projet sont le ministère de la Culture de la Fédération de Russie, le conseil municipal de Moscou, le Fonds des initiatives socialo-culturelles, l’Institut d’expertise des programmes d’éducation et des relations États-Religions, avec la collaboration et soutien du Comité éducatif de l’Église orthodoxe russe. Dans les différents jurys siègeront le régisseur et scénariste connu Gleb Panfilov, l’artiste du peuple de la Fédération de Russie et acteur Vladimir Fokine, l’artiste du peuple de Biélorussie et régisseur Vladimir Gostioukine, l’artiste de la Fédération de Russie, actrice de théâtre et de cinéma Nelly Pchennaïa, le recteur de l’église moscovite de la Trinité-Vivifiante l’archiprêtre Constantin Sopelnikov, le régisseur et documentaliste André Osipov, le professeur de l’académie théologique de Moscou, l’archiprêtre Vladislav Tsypine, l’archiprêtre Vladimir Vigiliansky, recteur de l’église Sainte-Tatienne (qui dessert l’Université Lomonosov de Moscou), et encore beaucoup d’autres personnalités du monde du cinéma. Toutes les informations sont disponibles sur le site du festival.

Source et photographie

Soirée cinéma « Un regard sur la vie monastique » avec une exposition de photographies du père Iulian Nistea

Saint-ChristopheLe  mardi 18 mars, Orthodoxie.com organise à Paris, dans le cadre du  festival cinématographique européen "L'Europe autour de l'Europe", en partenariat avec la Mutuelle Saint-Christophe assurances, la deuxième édition de la soirée de films documentaires « Un regard sur la vie monastique ». Cette année, deux films documentaires seront projetés.

18h30 – « Voie de l’amour / Пут љубави » – (documentaire, Serbie, 2009, 16’, VOSTF) de Branko Stanković
L’histoire du moine Ambroise devenu ami de la louve Alfa et d’autres animaux sauvages. En présence du réalisateur Branko Stanković

19h00 –  « Studenica » (documentaire, Serbie, 2008, 26’, C, VOSTF) de Dragomir Zupanc
L’Académie spirituelle d’été de la jeunesse musicale au monastère Studenica vue par un peintre. 

Vernissage : Exposition de photographies du père Iulian Nistea

Lieu: Mutuelle Saint-Christophe assurances (auditorium Jean XXlll) – 277 rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

L'entrée est libre (mais le nombre des places est limité !).

Soirée cinéma « Un regard sur la vie monastique » avec une exposition de photographies du père Iulian Nistea

Saint-ChristopheLe  mardi 18 mars, Orthodoxie.com organise à Paris, dans le cadre du  festival cinématographique européen "L'Europe autour de l'Europe", en partenariat avec la Mutuelle Saint-Christophe assurances, la deuxième édition de la soirée de films documentaires « Un regard sur la vie monastique ». Cette année, deux films documentaires seront projetés.

18h30 – « Voie de l’amour / Пут љубави » – (documentaire, Serbie, 2009, 16’, VOSTF) de Branko Stanković
L’histoire du moine Ambroise devenu ami de la louve Alfa et d’autres animaux sauvages. En présence du réalisateur Branko Stanković

19h00 –  « Studenica » (documentaire, Serbie, 2008, 26’, C, VOSTF) de Dragomir Zupanc
L’Académie spirituelle d’été de la jeunesse musicale au monastère Studenica vue par un peintre. 

Vernissage : Exposition de photographies du père Iulian Nistea

Lieu: Mutuelle Saint-Christophe assurances (auditorium Jean XXlll) – 277 rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

L'entrée est libre (mais le nombre des places est limité !).

Soirée cinéma « Un regard sur la vie monastique » avec une exposition de photographies du père Iulian Nistea

Saint-ChristopheLe  mardi 18 mars, Orthodoxie.com organise à Paris, dans le cadre du  festival cinématographique européen "L'Europe autour de l'Europe", en partenariat avec la Mutuelle Saint-Christophe assurances, la deuxième édition de la soirée de films documentaires « Un regard sur la vie monastique ». Cette année, deux films documentaires seront projetés.

18h30 – « Voie de l’amour / Пут љубави » – (documentaire, Serbie, 2009, 16’, VOSTF) de Branko Stanković
L’histoire du moine Ambroise devenu ami de la louve Alfa et d’autres animaux sauvages. En présence du réalisateur Branko Stanković

19h00 –  « Studenica » (documentaire, Serbie, 2008, 26’, C, VOSTF) de Dragomir Zupanc
L’Académie spirituelle d’été de la jeunesse musicale au monastère Studenica vue par un peintre. 

Vernissage : Exposition de photographies du père Iulian Nistea

Lieu: Mutuelle Saint-Christophe assurances (auditorium Jean XXlll) – 277 rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

L'entrée est libre (mais le nombre des places est limité !).

Ukraine: à Kiev a eu lieu le XIème festival international du cinéma «Pokrov» («Protection de la Mère de Dieu»)

138872.pÀ l’ouverture du XIème festival international de cinéma "Pokrov" (photographies), le métropolite Vladimir de Kiev a salué l’assistance et a souligné l’importance du cinéma orthodoxe pour la société actuelle. « C’est une joie d’annoncer l’ouverture du festival et de communiquer que le XIème festival vit et agit. Le cinéma est une grande force dans la vie de l’homme, tant dans les temps fastes que dans ceux qui sont difficiles, parce qu’il est créé pour le peuple. Que cette branche de l’art se développe pour l’utilité et le bien de l’humanité ! » a déclaré le métropolite Vladimir, qui a décoré les participants au précédent festival. Le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et Brovarsk Antoine, l’archevêque de Pereyaslav-Khmelnitsky et de Vichnevsk Alexandre, et le président du département de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour la jeunesse, l’évêque d’Obukhov Jonas, ont assisté à la cérémonie d’ouverture du festival.

Le jour de l’ouverture du festival a été présenté la première du long-métrage artistique « Luc » (2013) au sujet du saint archevêque Luc le Chirurgien (Voïno-Iasenetski).

Pour la première fois de l’histoire du festival a été organisée une retransmission directe sur internet des meilleurs films du forum cinématographique. Cela permettait aux amateurs du cinéma orthodoxe dans le monde entier d’être des participants actifs et des spectateurs du festival.

Dans le programme du concours du XIème festival « Pokrov » sont entrés plus de 60 films à caractère chrétien, qui ont été créés durant les deux dernières années dans différents pays du monde. Les films sont présentés dans les catégories documentaires, courts métrages et animation. La clôture solennelle du festival a eu lieu le 14 octobre, jour de la fête de la Protection de la Mère de Dieu (Pokrov) en la Maison du cinéma à Kiev.

Dans le cadre du festival a eu lieu une table ronde sur le thème « Comment créer un court-métrage ». Des rencontres ont eu lieu avec des acteurs et des régisseurs célèbres. Les participants au festival ont également pu participer à un programme de pèlerinage aux lieux saints de Kiev.

Le festival international de cinéma « Pokrov » est un projet mis en place par le monastère Saint-Jonas de Kiev, et se déroule chaque année, depuis 2002, avec la bénédiction du métropolite de Kiev. Le but dudit festival est de populariser les films à caractère chrétien et de récompenser les meilleurs films orthodoxes. Le directeur du projet est l’évêque d’Obukhov Jonas, le président du festival « Pokrov » est le député du parlement ukrainien A. Derkatch, et le directeur est le vice-président du département de la jeunesse de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour la culture et les sports, l’archiprêtre Alexandre Akulov. Des informations sur cette manifestation sont disponibles en russe et en ukrainien sur le site Pokrovkino.com.

Source (dont illustration):  Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Repères pour une possible lecture chrétienne des quatre films récents qui abordent le sujet de l’avortement – analyses cinématographiques de Bogdan Florin Vlaicu

Nous vous
proposons ces analyses cinématographiques de Bogdan Florin Vlaicu intitulée : «Repères pour une possible lecture chrétienne
des quatre films récents qui abordent le
sujet de l’avortement : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian
Mungiu (Roumanie), Le Bannissement de Andreï Zviaguintsev (Russie), L’île
de Pavel Lounguine
(Russie) et Juno de Jason Reitman (Etats-Unis) ». Son auteur prépare
un doctorat sur les représentations du Christ au cinéma. Il est aussi le
réalisateur de l’émission
hebdomadaire
L’Eglise Orthodoxe
aujourd’hui
sur Radio Notre Dame. Pour lire ces analyses, cliquez
sur ce lien
(format pdf).

Cinéma : sortie ce mercredi de la version française de «L’île» de Pavel Lounguine

18864602
Ce
mercredi 9 janvier, la version
française
du film du cinéaste russe Pavel Lounguine, intitulé
L’île, sortira sur les écrans des
salles de cinéma. La bande-annonce et des extraits se trouvent sur
cette page
. Ce
document
présente le film, les acteurs, un entretien avec le cinéaste et
des photographies.

Lire la suite »

Le métropolite Hilarion : « Ne crachons pas sur notre histoire »

Le 22 avril 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, répondait aux questions d’Ekaterina Gratcheva dans l’émission « L’Église et le monde » sur la chaîne de télévision « Rossia-24 ». Cette émission est diffusée les samedis et les dimanches.

E. Gratcheva : Bonjour ! Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, commente l’actualité de la semaine.
Le métropolite Hilarion : Bonjour, Ekaterina ! Bonjour, chers frères et sœurs.
E. Gratcheva : Le tribunal de grande instance de notre pays a interdit les « Témoins de Jéhovah » en tant qu’organisation sur l’ensemble du territoire de la Russie. Beaucoup ont salué cette nouvelle, mais certains craignent que le gouvernement perde tout contrôle sur cette organisation, maintenant qu’elle est interdite. Qu’en pensez-vous ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas que l’état contrôlait réellement cette organisation, parce qu’il s’agit d’une secte, qui plus est d’une secte totalitaire et nuisible. Je parle en connaissance de cause, car je me suis souvent entretenu avec d’anciens adeptes de cette secte. Dans l’église dont je suis le recteur, nous organisons tous les six mois une cérémonie de réintroduction dans l’Église des personnes l’ayant quittée pour faire partie d’une secte. Parmi elles, il y a d’anciens « Témoins de Jéhovah ».
Il s’agit vraiment d’une secte dangereuse, bien qu’elle se définisse comme confession chrétienne. Lorsque ses adeptes s’approchent des piétons dans la rue et leur proposent de prendre connaissance d’une brochure, ils ne disent pas qu’ils font partie de la secte des « Témoins de Jéhovah », ils se présentent comme chrétiens. Pourtant, ils tordent la doctrine chrétienne, proposent une interprétation inexacte de l’Évangile. La doctrine des Jéhovistes est faussée, ils ne croient pas que Jésus Christ est Dieu et Sauveur, ils n’acceptent pas le dogme de la Sainte Trinité. C’est pourquoi ils ne peuvent pas être appelés chrétiens.
Mais le danger de cette secte n’est pas tant dans ce détournement de la doctrine chrétienne, car ce n’est pas une raison pour mettre des gens en prison ou leur retirer leur licence. Elle est dangereuse parce que c’est une secte totalitaire, dont les agissements sont fondés sur la manipulation de conscience. Ses adeptes détruisent le psychisme des gens, détruisent les familles. Si quelqu’un décide de quitter la secte, ses plus proches parents, même son mari ou sa femme, ses enfants, ses parents, n’ont plus le droit de communiquer avec lui, ni doivent plus s’asseoir à sa table. L’ancien adepte devient paria dans sa propre famille si les membres de celle-ci continuent à faire partie de la secte.
Si, au contraire, quelqu’un fait partie des Témoins de Jéhovah, tandis que sa famille n’en n’est pas membre, il doit pratiquement rompre tout lien avec ses proches. Beaucoup de familles ont été ainsi détruites. Bien plus, les Témoins de Jéhovah, connus pour être contre les transfusions sanguines, sont responsables de la mort des gens qui auraient pu être sauvés par cette méthode de soin. Cela ne concerne pas seulement des vies d’adultes, mais aussi des vies d’enfants. Il y a eu des cas où des enfants sont morts parce qu’on ne leur a pas fait de transfusion sanguine à temps, la doctrine de cette secte l’interdisant.
On ne peut donc que se réjouir de l’interdiction de cette secte en Russie. En même temps, je tiens à souligner que l’Église n’est pour rien dans cette décision. On ne nous a pas consultés. L’Église, d’une façon générale, n’appelle pas à poursuivre en justice les hérétiques, les sectateurs, ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. L’état n’a pas pris sa décision en partant de motifs doctrinaux, mais parce que l’activité de cette secte a une dimension extrémiste. Il ne s’agit pas d’opposition aux fondements de la foi de telle ou telle religion, mais d’infraction au code civil.
Il est indéniable que les membres de la secte continueront leur activité. Je ne pense pas qu’il sera plus difficile de les contrôler, puisqu’on ne les contrôlait pas auparavant. Mais, du moins, ils cesseront de se présenter comme confession chrétienne. Autrement dit, sur le marché des confessions, ce produit ne sera plus présenté, ce qui sauvera certainement bien des familles et même des vies.
E. Gratcheva : En tous cas, ils ne pourront plus louer des Palais de la culture ou d’autres espaces pour leurs réunions.
Le métropolite Hilarion : Ils ne pourront plus louer de Palais de la culture, ni de stades, et leur influence délétère et néfaste diminuera donc.
E. Gratcheva : Nous venons d’apprendre que, pour la première fois depuis 930 ans, les reliques de l’un des saints les plus vénérés dans notre pays, saint Nicolas le Thaumaturge, seront amenées en Russie. Près de la moitié des églises russes lui sont dédiées, il y a des parcelles de ses reliques dans beaucoup d’églises. Alors, quel est le sens, quelle est l’importance de la visite de ces reliques, transportées depuis la ville italienne de Bari ?
Le métropolite Hilarion : Je tiens à parler de l’histoire de cet évènement. Saint Nicolas est sans doute le saint le plus vénéré, non seulement en Russie, mais dans bien d’autres parties du monde. Ses reliques étaient conservées dans la ville dont il fut l’évêque, Myre en Lycie, une ville située sur le territoire de l’actuelle Turquie. Aux VI, VII, VIII siècles, elle a souvent fait l’objet de raids de la part des Arabes, d’abord, puis des Turcs. Comme l’existence même du christianisme était menacée, en 1087, les habitants de de Bari ont pris la décision de transférer les reliques de saint Nicolas dans leur ville. Pour cela, ils ont tout simplement volé les reliques. Ils sont venus à Myre, ont ligoté les moines qui gardaient les reliques, les ont volé, et transporté en bateau. Lorsque les moines ont été libérés, il était trop tard.
Singulièrement, ce vol est célébré comme une fête dans l’Église russe. Le 22 mai, lorsque nous faisons mémoire de saint Nicolas, nous fêtons en fait la translation des reliques de saint Nicolas de Myre en Lycie à Bari. C’est un exemple de ce dont parlait saint Jean Damascène dans son Précis de la foi orthodoxe : Dieu utilise parfois les œuvres mauvaises des hommes pour en tirer un bien. On se demande, en effet, ce que seraient devenues ces reliques si elles n’avaient pas été transférées à temps à Bari. Cela s’est produit il y a 930 ans. Depuis, les reliques n’ont jamais quitté la ville italienne. Lorsque le Patriarche Cyrille a rencontré l’an dernier le Pape François, l’un des sujets de négociations a été la possibilité de transporter en Russie les reliques de saint Nicolas. C’est ainsi qu’une grande partie de ces reliques séjournera dans notre pays. Elles seront exposées à l’église du Christ Sauveur.
Saint Nicolas est un saint qui réagit étonnamment aux prières. Il y a des quantités de témoignages de grâces reçues très rapidement. Il aide dans les circonstances difficiles de la vie, dans les malheurs, et même pour résoudre les petits problèmes du quotidien.
E. Gratcheva : Monseigneur, j’aimerais soulever un thème dont nous discutons rarement dans notre émission : le cinéma. Le film d’Alexeï Outchitel’, « Matilda », qui doit prochainement sortir sur les écrans, a suscité de vives réactions dans la société. Ce film part de faits réels, l’histoire d’amour entre le futur empereur Nicolas II et la ballerine Mathilde Kchessinskaïa. Beaucoup d’orthodoxes, sans avoir vu le film, l’accusent d’offenser les sentiments des croyants. L’Église peut-elle et doit-elle, à votre avis, formuler sa propre opinion sur un film, sur une exposition, sur un livre, si ces œuvres parlent d’une personnalité canonisée ?
Le métropolite Hilarion : L’Église a naturellement déjà formulé sa position, et ce à plusieurs reprises.
Nous approchons du centenaire de la fin tragique du dernier empereur russe et de sa famille. Il y a quelques années, j’ai accompagné le Patriarche Cyrille dans un voyage en Serbie, et nous avons participé à un évènement étonnant : sous une pluie battante, le Primat de l’Église russe et le Patriarche Irénée de Serbie ont consacré un monument au tsar-martyr, le dernier Empereur de Russie, Nicolas II, en plein centre de Belgrade. C’était très touchant, car la Serbie manifestait ainsi sa reconnaissance à l’empereur de Russie, qui avait soutenu le peuple serbe.
Dans notre pays, pour autant que je sache, il n’y a aucun monument au dernier empereur russe. Nous avons des quantités de monuments à Lénine, qui peut à bon droit être critiqué. Nombre de personnages historiques douteux ont leur monument sur nos places ou sont représentés dans la toponymie de nos villes, mais le dernier empereur, pendant le règne duquel beaucoup de bonnes choses ont été faites pour le pays, n’a toujours pas de monument. Le centenaire de sa mort approche, celui de cette atroce exécution perpétrée sans jugement sur lui, sur son épouse et ses enfants mineurs. Comment le pays se prépare-t-il à cette date ? En tournant un film sacrilège, soi-disant basé sur des faits historiques, alors que les faits historiques y sont tous détournés. Ce film est, à mon avis, l’apothéose de la vulgarité.
E. Gratcheva : Vous avez vu le film ?
Le métropolite Hilarion : Oui, je l’ai vu, j’ai été invité par le metteur en scène en personne. Je dois dire qu’il y a deux ou trois ans, il m’avait montré son projet et voulait même que j’y prenne part, il pensait, par exemple, que ma musique pourrait être utilisée dans le film. J’ai dit tout de suite que le scénario me paraissait douteux et que les réactions risquaient d’être assez vives. Malgré tout, après avoir fini le film, Alexeï Efimovitch m’a proposé de le voir.
Après quelques hésitations, j’ai décidé d’aller voir le film, au moins pour ne pas être un de ceux qu’on accuse de critiquer sans avoir vu. Après avoir regardé, j’ai dit à Alexeï Efimovitch que je n’avais rien de bon à dire sur son film. Il a été déçu, peut-être vexé. Malheureusement, comme je l’ai dit, le film détourne les évènements historiques et tout y est présenté de façon caricaturale. Le film s’ouvre sur un cadre de la scène du théâtre Mariïnski : la bretelle du bustier de Mathilde Kchesinskaïa se dégrafe, dénudant le sein… L’héritier du trône, assis dans la loge impérial, se dresse sur son fauteuil, tout excité. Le film commence par cette vulgarité et continue dans le même esprit.
E. Gratcheva : Votre critique concerne le fond même de l’œuvre, donc on ne peut rien arranger au montage ou en post-production ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas qu’on puisse arranger quoi que ce soit. Certes, je n’ai vu le film qu’inachevé, il restait des choses à terminer. Mais je ne pense pas qu’on ait changé quoi que ce soit sur le fond. Et je ne pense pas non plus qu’on puisse y changer grand-chose, car c’est l’approche d’une personnalité historique de cette envergure qui est incorrecte. Je ne parle pas des qualités ou des défauts artistiques de ce film.
L’empereur Nicolas II a été canonisé, l’Église a sa façon à elle d’envisager cette personnalité. Le jour de son décès, le jour anniversaire de l’assassinat de la famille impériale, des dizaines de milliers de personnes participent à une procession allant du lieu de la fusillade au lieu présumé de l’inhumation. La procession dure cinq heures, et rassemble soixante, soixante-dix ou quatre-vingt-mille personnes. Vous vous imaginez quelle sera la réaction des fidèles orthodoxes lorsque ce film sortira !
Certes, on peut dire : vous n’avez qu’à ne pas regarder, si ça ne vous plaît pas. Mais il s’agit de notre patrimoine national, de notre histoire. Nous ne devons pas cracher sur notre histoire. Nous ne devons pas humilier de cette façon, publiquement, les gens de ce niveau, de cette envergure, en les représentant comme ce film représente le dernier empereur russe. Je ne parle même pas de la représentation de la dernière impératrice, Alexandra Feodorovna, dont le film fait une véritable sorcière, alors qu’elle aussi a été canonisée.
E. Gratcheva : Monseigneur, mais on pourrait objecter qu’il faut distinguer le personnage historique du saint orthodoxe, le souverain du martyr. Le critique littéraire I. Aïkhenvald disait bien : « Pouchkine, ce n’est pas Alexandre Serguievitch ». Où passe la frontière entre les deux ?
Le métropolite Hilarion : Nicolas II a vécu une histoire d’amour réelle, celle de son amour pour la femme qui est devenue l’impératrice. Il en est tombé amoureux dès l’adolescence, on peut même dire dès l’enfance, lorsqu’ils se sont vus pour la première fois. Et il est resté amoureux d’elle toute sa vie. Son aventure avec Mathilde Kchessinskaïa est un amour de jeunesse, qui n’a pas duré longtemps. Cette aventure s’est terminé après les fiançailles du futur tsar, et Nicolas II n’a jamais trompé sa femme. Pour résumer, il y a bien eu une histoire d’amour entre le tsarévitch et la ballerine. Mais en faire toute une histoire, en tirer une soi-disant œuvre d’art, un film qui cartonne en caisses, et célébrer ainsi le centenaire de l’assassinat de la famille impériale, tout cela est vraiment profondément incorrect.
E. Gratcheva : Le 18 avril, le Conseil d’état réuni à Novgorod a discuté de l’activité de ce qu’on appelle des « organisations de micro-finances », qui prêtent de petites sommes à des taux très élevés. Le Patriarche a publiquement condamné cette pratique, disant qu’il fallait plutôt créer des banques pour les pauvres. Comme l’Église propose-t-elle de lutter contre les usuriers du XXI siècle ?
Le métropolite Hilarion : L’Église s’est toujours prononcée contre l’usure, car l’usure est une forme légale d’exploitation des malheurs. Prenons ce qu’on appelle les « micro-crédits ». De quoi s’agit-il en réalité ? Quelqu’un n’a pas assez d’argent pour vivre jusqu’à sa prochaine paye, il fait un petit emprunt. Puis un second. Le pourcentage à rendre peut excéder plusieurs fois les sommes empruntées. Lorsque vient le moment de rendre l’argent, le créditeur n’a pas de quoi payer. On peut alors lui confisquer ses biens, son appartement, etc.
Il s’agit donc en fait d’un système criminel. Le Patriarche n’en a pas parlé pour rien : les gens viennent nous voir, nous, membres du clergé, ils écrivent au Patriarche. L’état doit contrôler cette activité. Le fait de pouvoir emprunter et rendre ensuite peu à peu une somme n’est pas mauvais en soi, cela aide beaucoup de gens, notamment les jeunes familles, qui peuvent ainsi acheter un appartement. Mais lorsque cela devient un moyen de soutirer aux gens l’argent qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront jamais, il s’agit d’une activité inadmissible qui doit être strictement contrôlée.
Dans la seconde partie de l’émission, le métropolite Hilarion a répondu aux questions postées par les téléspectateurs sur le site du programme « L’Église et le monde » vera.vesti.ru.
Question : Comment Dieu peut-il aider, lorsqu’un proche est à l’article de la mort ? Quelles prières peut-on dire pour que Dieu entende et aide ?
Le métropolite Hilarion : L’Église est très attentive envers les gens qui sont au seuil de la vie éternelle. Elle propose différentes prières et rites, ainsi que des sacrements qui sont célébrés pour que la personne puisse se préparer au mieux à la mort. Nous disons que toute la vie doit être une préparation à la mort, car la mort n’est pas seulement la fin de la vie terrestre, mais un passage à la vie éternelle. De notre vie sur terre dépend notre sort dans la vie éternelle. Si vous savez qu’un de vos parents va bientôt mourir, il faut avant tout se préoccuper de ce qu’il ne meure pas sans confession ni communion.
La confession et la communion sont les sacrements qui nous soutiennent tout au long de notre vie et nous aident à nous préparer à l’heure de la mort. La famille, par pitié envers le mourant, lui cache souvent l’approche de la mort, craint d’inviter le prêtre, de peur que le mourant ne devine sa fin prochaine. A cause de quoi, malheureusement, beaucoup de gens sont privés de la possibilité de se confesser et de communier avant de mourir. C’est pourquoi, si vous savez que quelqu’un va bientôt mourir, appeler le prêtre, sans attendre le moment où la personne aura déjà perdu connaissance et que la visite du prêtre devienne pratiquement inutile.

Témoignage : « De la Terre Sainte à Liège en passant par la Bretagne : notre chemin vers l’Église »

Nous vous invitons à lire le témoignage d’Anne et Nicolas Van Cranenbroeck sur leur cheminement spirituel. Cet article a été publié dans Nadejda/Espérance (bulletin de la paroisse Saints Alexandre Nevsky et Séraphin de Sarov de Liège (N° 28, janvier-février-mars 2017).

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Ntre chrismation en l’église orthodoxe de Quimper (Bretagne) par le Père Yannick Provost.

« C’est le dimanche 28 août 2016 que nous avons été chrismés, Anne et moi, par le Père Yannick (Provost), recteur de la paroisse orthodoxe de Quimper (Bretagne) faisant partie de l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, Exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Ce fut l’aboutissement, pour moi, Nicolas, d’un long chemin remontant à mon enfance et qui m’a fait découvrir, étape par étape et avec la grâce de l’Esprit Saint, l’église orthodoxe.

C’est enfant que j’ai été pour la première fois en vacances avec mes parents et mon jeune frère dans le village voisin du monastère (catholique) bénédictin de Chevetogne. C’est là que j’ai visité avec admiration l’église byzantine avec ses merveilleuses fresques et ses icônes. C’est aussi à Chevetogne que mes parents m’ont offert ma première icône (que je conserve précieusement).

Nos familles respectives, à Anne et à moi, nous ont offert comme cadeau de naissance une Foi catholique vivante. Depuis notre mariage, le 29 mai 1982, nous avons essayé de continuer à la vivre de notre mieux, entourés des vivants et des défunts. Lors de la Révolution française, mes ancêtres paternels ont caché un prêtre. Ma famille maternelle a quitté Reims au début du XXème siècle pour revenir en Belgique afin de pouvoir continuer à élever les enfants dans la Foi. L’un de ces sept enfants est devenu Père Jésuite. Anne a eu la grâce d’avoir un oncle moine à l’abbaye trappiste Notre-Dame d’Orval.

Adolescent, j’ai pris conscience de la situation dramatique des chrétiens d’URSS et des pays communistes d’Europe de l’Est grâce la lecture des Cahiers du Samizdat, du mensuel Catacombes (dont le rédacteur en chef était Sergiu Grossu), du bulletin d’informations de l’Aide à l’église en Détresse (AED), association catholique internationale animée par le Père Werenfried van Straaten, et par les publications du Foyer Oriental Chrétien de Bruxelles. De la lecture à l’action, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que j’ai signé des pétitions, envoyé des lettres et même manifesté devant l’ambassade d’URSS à Bruxelles avec Maman (je me souviens même des agents qui nous photographiaient avec des téléobjectifs depuis l’ambassade).

En même temps, j’ai écouté, parfois durant des soirées entières, les premiers 33 tours des chants liturgiques russes du monastère de Chevetogne.

Puis ce fut la rencontre avec l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne. À la fin de mes études secondaires, j’avais écrit un article élogieux dans la revue étudiante sur le livre Soljenitsyne, le croyant – lettres, discours, témoignages d’André Martin (1973) que j’avais lu sur les conseils de mes parents et fort apprécié. Dans l’édition suivante de la revue étudiante, un professeur, fortement influencé par l’idéologie marxiste, écrivait un article en réponse critiquant mes propos. Il y affirmait qu’Alexandre Soljenitsyne était un authentique communiste qui cherchait avant tout par ses écrits à réformer le socialisme. Piqué au vif par cette attaque à laquelle je ne m’attendais pas, j’ai alors décidé de lire les ouvrages du Prix Nobel de Littérature de l’année 1970. J’y ai découvert non seulement un grand homme mais aussi un grand chrétien orthodoxe. Alexandre Soljenitsyne m’a aussi fait palper ce que l’on appelle « l’âme russe ». C’est Alexandre Soljenitsyne, lors d’une émission de télévision Apostrophes avec Bernard Pivot, qui m’a appris ce qu’était le repentir orthodoxe : celui-ci repose sur la prise de conscience dans tout son être de son état de pécheur et sur la nécessité du retournement (metanoia) qui en découle pour revenir sans cesse dans la plus grande humilité à Dieu.

Le film d’Andreï Tarkovski consacré à Andreï Roublev (1966) m’a fasciné (je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai ensuite revu, au cinéma ou en vidéo) et m’a ouvert un grand nombre d’autres portes grâce aux autres films de ce grand réalisateur russe. C’est lui également qui m’a confirmé l’importance du repentir pour un chrétien orthodoxe. C’est aussi le premier film que nous avons été voir ensemble, Anne et moi, lorsque nous étions fiancés.

Mes parents, catholiques pratiquants, m’ont toujours encouragé dans cette découverte de l’Orthodoxie. C’est grâce à eux que j’ai pu lire (et relire) les Récits d’un pèlerin russe. Et de là, je suis parti à la recherche de la Philocalie (l’Amour de la Beauté). La Prière de Jésus m’est alors devenue familière.

À la fin de l’année 2011, Maman (veuve depuis 1995) entend une présentation sur RCF (radio catholique française diffusée notamment en Belgique francophone) d’un nouveau livre consacré au monastère des sœurs orthodoxes de Solan dans le Gard (sud de la France) : Le Monastère de Solan – Une aventure agroécologique. Connaissant mon grand intérêt et mon engagement pour la protection de la nature et la sauvegarde de la création depuis 1973 mais aussi ma grande sensibilité pour l’Orthodoxie, Maman s’empresse de me signaler la sortie de presse de ce livre. Je l’achète immédiatement et je le lis et le relis.

Peu de temps après, je parle avec enthousiasme de ce livre à un collègue orthodoxe qui me dit avoir déjà été à Solan. En mars 2012, il me propose de nous rendre à deux à Solan en passant par le monastère (orthodoxe) de Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors, fondé par le Père Placide (Deseille), moine du monastère de Simonos Petra (Sainte Montagne de l’Athos). C’est alors que ma découverte de l’Orthodoxie s’est amplifiée et que ma vision du monachisme catholique actuel s’est ouverte sur une tradition infiniment plus ancienne et plus authentique (celle des Pères de l’église et des Pères du Désert). À Solan, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Père Placide et de me procurer ses nombreux petits fascicules que j’ai lus et relus.

Le soleil que je voyais alors comme catholique était certes le soleil mais il était voilé et sa chaleur était amoindrie. Je commençais à percevoir que le soleil était en réalité plus lumineux et plus chaud que ce que je ressentais alors.

Puis, ce fut le grand cadeau de la Mère de Dieu et d’Anne : ce sont elles qui m’ont permis d’aller huit jours en pèlerinage à la Saint Montagne de l’Athos avec mon collègue orthodoxe et un autre collège catholique. Ce pèlerinage m’a profondément bouleversé (retourné au sens de la metanoia). L’église orthodoxe devenait de plus en plus tangible. N’ayant pas emporté de rasoir, j’ai laissé pousser ma barbe (je la porte toujours aujourd’hui). Je n’avais pas non plus emmené mon appareil photographique, préférant tout conserver en mon cœur, comme la Mère de Dieu.

Depuis ma première visite à Solan, Anne et moi avons pu correspondre par la voie postale (les sœurs n’utilisent en effet pas internet) avec la révérende Mère Hypandia, l’higoumène de cette belle communauté, et la spiritualité orthodoxe est encore devenue plus enthousiasmante, notamment grâce aux livres qu’elle m’avait conseillé de lire. Grand lecteur, d’autres nombreux beaux et bons livres m’ont permis de progresser dans la connaissance de l’Orthodoxie. Et internet m’a ouvert de nombreuses portes et fenêtres (et plus spécifiquement le site internet www.orthodoxie.com que je consulte chaque jour).

En août 2015, Anne et moi sommes partis passer quelques jours à Uzès dans le Gard, à proximité du saint monastère de Solan. Nous avons participé à la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création organisée depuis plus de deux décennies par les sœurs de Solan et l’association des Amis de Solan (dont nous faisons partie, Anne et moi). Cette association a pour objectif d’aider les sœurs dans leur démarche agroécologique et son président n’est autre que Pierre Rabhi, agriculteur bio, essayiste et poète français d’origine algérienne. La démarche de Solan m’a alors permis de découvrir, sur le terrain, l’engagement pris en 1989 par sa sainteté Dimitrios Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople, en faveur de la Sauvegarde de la Création. C’est lui en effet, mû par l’Esprit Saint, qui a institué la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création le 1er septembre de chaque année, premier jour du nouvel an ecclésial (tout un programme). Et c’est seulement en 2015 que le Pape François a proposé aux catholiques de s’associer à l’église orthodoxe pour prier ensemble durant cette journée. Pour moi qui était et reste engagé en matière de protection de la nature et de sauvegarde de la création, la position précoce de l’église orthodoxe dans ce domaine m’a ouvert les yeux et le cœur sur sa solidité théologique, basée sur les saintes écritures tout autant que sur les Pères de l’église et sur les nombreux saints qui ont montré, durant leur vie, qu’il était possible de retrouver, sur terre, la création d’origine, celle qui existait avant la chute.

En décembre 2015, nous nous rendons, Anne et moi, dans une grande librairie catholique de Bruxelles pour y admirer l’exposition des sœurs orthodoxes du monastère Sainte-élisabeth de Minsk en Biélorussie. Nous les avions écoutées à plusieurs reprises lors de concerts en Belgique et connaissions leur remarquable engagement, à la fois spirituel et social. En échangeant avec une sœur parlant français sur mes lectures orthodoxes, celle-ci m’a demandé de manière très directe : « Mais pourquoi n’êtes-vous pas orthodoxe ? » Je lui ai répondu que l’Esprit Saint saurait bien m’indiquer le moment de ce choix car je ne voulais en aucun cas forcer mon épouse à me suivre.

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Durant l’année 2015, grâce au site internet www.orthodoxie.com, j’apprends l’organisation par l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale d’un pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte en octobre de la même année. En prenant connaissance du programme, j’en ai aussitôt parlé à Anne en ces termes : « Regarde ce beau programme : nous sommes à présent pensionnés et si nous devons faire un jour ce pèlerinage, je pense que ce sera celui-ci. Mais serons-nous acceptés en tant que catholiques ? » La réponse du Père Yannick (Provost), organisateur et guide, ne s’est pas fait attendre : nous étions non seulement acceptés mais aussi fraternellement accueillis. Par suite des tensions sévissant à Jérusalem, le pèlerinage a été reporté de l’automne 2015 au printemps 2016, en plein Carême orthodoxe. C’est ce pèlerinage qui nous a ouvert les yeux du cœur et de l’âme : c’est en Terre Sainte, là où le Christ a vécu, que nous avons compris que l’église orthodoxe était réellement l’église indivise, celle qui a été fondée par le Christ sur ses apôtres, sur leurs successeurs et sur le peuple de Dieu. Les prières et la fraternité des pèlerins tout autant que celles des nombreux chrétiens orthodoxes rencontrés (dont des évêques, des prêtres, des moines, des moniales et de pieux fidèles) nous ont assurément menés sur ce chemin de vérité.

Au retour du vol Tel Aviv-Paris, au moment de nous séparer, plusieurs pèlerins ont été surpris d’apprendre que nous étions catholiques. Nous nous étions en effet faits tout petits, dans un profond respect mutuel.

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Ce pèlerinage en Terre Sainte [1] restera l’un des moments les plus forts de notre vie. La présence du Père Yannick et de son épouse Anastasia, du Père Stephen (Headley), recteur de la paroisse de Vézelay, et de Monseigneur Jean de Charioupolis a contribué à ce retournement vécu en couple.

De retour en Belgique, nous avons été invités par une amie orthodoxe à participer à la Divine Liturgie du jour de Pâques célébrée par Monseigneur Jean de Charioupolis en l’église des Saints-Côme-et-Damien à Ixelles (Bruxelles) : nous avons vécu la fête des fêtes comme l’aboutissement de notre pèlerinage (lequel, rappelons-le, a eu lieu en partie en Carême).

Anne et moi n’avons ensuite pas dû nous parler beaucoup : l’illumination reçue en Terre Sainte était totalement partagée. Cependant, jamais je n’aurais voulu forcer Anne à me suivre dans la demande d’entrée en communion de l’église. Après avoir accepté il y a 34 ans de m’épouser et après avoir mis au monde nos deux enfants, Marie et François, Anne m’a fait un nouveau et magnifique cadeau en me proposant de demander notre entrée à deux dans la communion de l’église.

Lors de notre chrismation par le Père Yannick, nous étions entourés des paroissiens de Quimper, de notre fils François (notre fille Marie et son mari Jean-Michel n’avaient pu nous rejoindre) mais aussi de tous les pèlerins bretons de Terre Sainte. La « bonne odeur de l’Esprit Saint » s’est alors emparée de tout notre être et le soleil est enfin devenu brillant et chaud.

Nous avons choisi pour commencer notre vie de « bébés orthodoxes » (nous avons en effet beaucoup à découvrir et c’est une grande grâce) de nous insérer dans la paroisse russe de Liège. Et, cadeau du ciel, c’est Monseigneur Jean de Charioupolis qui est devenu de ce fait notre Archevêque. Merci au Père Guy (Fontaine) et au Père Alexandre (Galaka) mais aussi à tous les paroissiens de nous accueillir et de nous aider à poursuivre notre chemin qui mène à Dieu.

Merci aussi  à toutes celles et tous ceux qui nous ont conduits vers Dieu depuis notre Baptême : c’est dans le face à face qui suivra notre naissance au ciel que nous saurons tout ce que nous leur devons.

Nicolas Van Cranenbroeck

En la fête de saint Nicolas, le 6 décembre 2016″

[1] Monique De Vaere-Descamps en a parlé dans son article intitulé « Quelques jours en terre sainte – Pèlerinage organisé par notre archevêché » publié dans Nadejda/Espérance N° 26, juillet-août-septembre 2016, pp. 21 à 23.

P. Christophe Levalois : « La vitalité orthodoxe ne peut qu’être stimulante pour l’Occident »

Le web magazine PHILITT, consacré à la philosophie, à la littérature et au cinéma, s’est entretenu avec le P. Christophe Levalois sur le rapport de l’orthodoxie à l’Occident, quelques jours après l’inauguration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris.

christophe_levalois

p. Christophe Levalois

PHILITT : L’Eglise orthodoxe, plus particulièrement l’Eglise orthodoxe russe s’est récemment retrouvée au centre de polémiques diplomatiques avec la France. Est-ce pour vous le symptôme d’une tension plus profonde, spirituelle, culturelle, et non pas seulement politique, entre Orient et Occident ?

Christophe Levalois : Oui, d’une tension profonde et ancienne, mais surtout d’une incompréhension. À part des spécialistes, des chercheurs remarquables et quelques personnes, en France l’Orient est peu connu, c’est également vrai pour l’Europe orientale. Cela s’explique notamment par le fait que l’enseignement scolaire n’offre qu’une place très limitée aux cultures orientales et à leur histoire. C’est également vrai pour la Russie. Certains n’hésitent pas à faire remonter cette situation à Charlemagne ! Même si Anne de Kiev fut reine de France au XIe siècle. La recréation d’un empire en Occident (conçu comme étant la résurgence de l’Empire romain, l’empereur portait le titre d’empereur des Romains) a suscité une opposition à l’Empire romain d’Orient (un intitulé que nous préférons à Empire byzantin, une création occidentale du XVIe siècle). Déjà, peu d’années auparavant, au concile de Francfort, en 794, sous l’impulsion de Charlemagne qui n’était pas encore empereur, le deuxième concile de Nicée, en 787, fut condamné. L’opposition était là principalement théologique, mais la rivalité politique n’est pas à exclure.

Cet éloignement est en fait un lent processus qui a duré tout le Moyen Âge, du début à sa fin. Le théologien catholique Yves Congar, dans un ouvrage passionnant sur cette question, paru en 1954, Neuf cents ans après – Notes sur le « Schisme oriental » (Chevetogne), évoque cet « estrangement », cette ignorance réciproque qui progresse lentement au fil du temps, pour toute une série de raisons, dont on peut relever les étapes, les périodes de confrontation, d’éloignement, ou, au contraire, les moments où des efforts sont faits pour renouer le dialogue. Nul doute que la tension que vous évoquez, l’incompréhension et la distance que l’on peut observer, ont là leurs racines.

Malgré le sac de Constantinople en 1204 et la volonté occidentale d’implanter par la force un empire latin à Constantinople (qui existe de 1204 à 1261), le dialogue, bien que difficile, parfois suspendu, n’était pas encore rompu. Par contre, la chute de Constantinople, en 1453, consacre définitivement une rupture entre l’Occident et l’Orient chrétien. Dans les années qui suivent, la Russie, État indépendant, alors que la plupart des pays de tradition orthodoxe sont sous la domination de l’Empire ottoman, a voulu reprendre le flambeau de l’orthodoxie (troisième Rome) et de cet héritage oriental. Ce faisant, elle a aussi reçu et repris cet « estrangement ». Par la suite, elle fut regardée à la fois comme une puissance redoutable, mais aux marges de l’Europe, y compris culturellement, en dépit des efforts de ses élites pour s’occidentaliser. La concurrence religieuse entre catholicisme et orthodoxie s’est transportée en Europe de l’Est et a aussi laissé des blessures, comme en témoigne aujourd’hui encore en Ukraine et en Roumanie la question uniate [les Églises uniates étaient des Églises de la communion orthodoxe, désormais ralliées à l’autorité du pape de Rome, ndlr]. La IIIe République s’est rapprochée de la Russie à la fin du XIXe siècle pour former après la Triple entente contre l’Allemagne, mais l’installation du communisme dans ce qui est devenu l’URSS a ravivé pour le moins la méfiance et un clivage considérable, sinon une coupure. Actuellement, on peut constater que des positions et réflexes acquis durant l’entre-deux-guerres et lors de la Guerre froide demeurent.

Le résultat aujourd’hui est que les Russes connaissent mieux la culture française que les Français la culture russe. Cette situation est vraiment regrettable, car non seulement, nous mettons des distances avec des populations qui ont un préjugé très favorable vis-à-vis de nous, notamment en raison de notre héritage historique et culturel, mais aussi parce que nous sommes complémentaires, on le voit dans nos approches intellectuelles, la rigueur française d’un côté, l’ampleur et l’illimité russes de l’autre, qui produisent une fascination réciproque pouvant être fructueuse pour chacun.

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le christianisme oriental — malgré les persécutions récentes — semble s’être régénéré au sortir de la Guerre froide tandis qu’en Occident, la pratique a décliné durant les dernières décennies. Voyez-vous dans la vitalité spirituelle orientale un espoir pour l’Occident ?

Cela fait penser à la phrase de Léon Bloy en 1916 (dans Au Seuil de l’Apocalypse), « J’attends les Cosaques et le Saint-Esprit » ! Ce qu’il faut comprendre concernant cette vitalité, en effet remarquable, c’est que malgré les terribles et régulières persécutions — le mois dernier le métropolite d’Oufa en Russie a estimé que les martyrs pour la foi s’élèvent à 500 000 rien que pour l’URSS — le christianisme a résisté. Il y a d’une part une sorte de rattrapage, car l’Église était très sévèrement corsetée. Aussi, sa croissance durant ces 25 dernières années est phénoménale. Le Patriarcat de Moscou comptait 7 000 églises en 1991, elles sont maintenant environ 35 000, avec, il faut le remarquer, une partie importante, environ la moitié, en dehors du territoire de la Russie, notamment en Ukraine et en Biélorussie. En Roumanie, ce fut aussi le cas. Sait-on que les Roumains sont l’un des peuples les plus pieux d’Europe aujourd’hui avec 85% de la population qui se rattache à l’Eglise orthodoxe ? À ce pourcentage, il faut ajouter celui des autres confessions, au moins 10% ! Ou encore, autre exemple peu connu, l’Albanie où l’Église orthodoxe renaît de ses cendres et rassemble 11% de la population (certains pourcentages montent jusqu’à 20%).

D’autre part, en Russie, l’Église orthodoxe est la seule institution historique qui a traversé la tourmente soviétique. Désireux de renouer avec leur histoire, les Russes trouvent dans l’Église un lien organique vivant avec celle-ci. Enfin, pour l’État et le pays en reconstruction, l’Église est une institution solide, bien organisée, très présente, sur laquelle les pouvoirs publics peuvent compter. En effet, cette vitalité ne peut qu’être stimulante pour l’Occident. L’Église catholique ne s’y est pas trompée. Elle multiplie les collaborations avec les Églises orthodoxes, y compris dans les domaines culturel et artistique. Cette synergie s’exprime aussi vis-à-vis des organisations internationales comme les instances européennes où catholiques et orthodoxes tâchent de défendre des valeurs communes. Religieusement et spirituellement, les contacts sont aussi très stimulants. Ainsi, les catholiques, depuis déjà un bon nombre d’années, ont découvert l’icône. Les chants orthodoxes ont aussi inspiré des communautés catholiques.

La présence orthodoxe en France n’est pas nouvelle, on pense notamment aux migrations russes de 1917. Mais celle-ci est toujours restée discrète. Est-ce le symptôme d’une incompatibilité réelle ou supposée entre deux cultures, ou une volonté de préserver un particularisme ?

La présence de l’orthodoxie en France remonte au XIXe siècle. Il est vrai qu’il s’agissait alors de communautés étrangères : russe, à Paris, la cathédrale Saint-Alexandre Nevsky est consacrée en 1861, et sur la côte d’azur, roumaine, à Paris, l’église des Saints-Archanges dans le Ve arrondissement est consacrée en 1892, grecque, à Marseille depuis la première moitié de ce siècle. Ce furent des communautés d’exilés et à part quelques personnes, elles se voyaient comme telles. Elles ne se sentaient pas une vocation à essaimer et à diffuser leur foi dans la société française. Donc, en effet, cela tenait plus de la préservation du particularisme avec le désir pour ses membres de conserver un rattachement à une communauté malmenée par l’histoire. Cependant, une orthodoxie francophone s’est développée au XXe siècle (la première paroisse francophone date de 1928), d’une part avec les générations suivantes, qui se sont pleinement intégrées à la société française, d’autre part avec des convertis.

Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet

Y a-t-il en Orient un regard particulier sur les orthodoxes occidentaux ? Existe-t-il, malgré la communion, une fracture, et peut-être un malaise d’être à la fois orthodoxe et occidental ?

Je ne crois pas. C’est même le contraire. En France, ce que l’on a appelé l’École de Paris, notamment autour de l’Institut Saint-Serge, fondé en 1925, a joué un rôle très important, à l’échelle internationale, dans la continuation d’une dynamique, née en Russie au XIXe siècle, qui a redécouvert les fondements de la foi orthodoxe, l’héritage théologique des Pères de l’Eglise et la tradition hésychaste, c’est-à-dire mystique. De nombreux responsables d’églises en Orient sont passés par Paris et y ont beaucoup appris. Des auteurs orthodoxes ayant vécu en France ont toujours une grande influence dans toute l’orthodoxie, et par-delà, c’est le cas de Serge Boulgakov, de Vladimir Lossky, de Paul Evdokimov, d’Alexandre Schmemann, de Jean Meyendorff, d’Olivier Clément, et aujourd’hui de Jean-Claude Larchet, pour ne prendre que quelques exemples. Il est vrai qu’il existe aussi, parfois, une défiance vis-à-vis de l’Occident et de la société occidentale, voire une hostilité, qui se traduit entre autres par une méfiance dans les relations œcuméniques, mais pas à l’encontre des orthodoxes en Occident.

Nous avons évoqué la question de l’influence de l’Orient sur l’Occident. À l’inverse, qu’est-ce que le catholicisme et le protestantisme — en ce qu’ils sont de véritables marqueurs de l’esprit ouest-européen — peuvent apporter à l’orthodoxie ?

Les catholiques et les protestants apportent aux orthodoxes leur expérience de la société occidentale que les pays d’Europe de l’Est découvrent sous toutes ses facettes. D’autre part, les Églises orthodoxes à l’époque communiste n’avaient pas en charge les problèmes sociaux et les grandes questions sociétales, comme les questions de bioéthique, ce qui est le cas aujourd’hui. Les travaux et les réflexions, ou encore les démarches pastorales, des catholiques et des protestants sur tous ces sujets sont très utiles pour elles.

L’Occident et l’Orient européen, incluant la Russie, sont-ils confrontés au même défi spirituel ? Le nihilisme, l’athéisme et un certain laïcisme menacent-ils également l’Orient ?

Oui, bien sûr. C’est le cas en Russie et plus généralement en Europe de l’Est. La modernité occidentale s’étend partout, mais les Églises orthodoxes ont souvent des positions plus fortes que les différentes églises en Occident. Elles sont bien plus écoutées dans la société, également par les responsables politiques et les pouvoirs publics. Néanmoins, il est difficile de prévoir l’évolution à moyen terme. Les critiques, parfois vives, à l’encontre des églises existent également. La modernité avec ses mirages consuméristes et ses asservissements, avec la fragmentation individualiste et ses désespérances, gagne du terrain tout en trouvant sur sa route des résistances vigoureuses.

Source ; Crédits photo Коля Саныч

Interview du métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe russe en Amérique (OCA)

Le métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe russe en Amérique (OCA), s’est rendu récemment en Russie afin de célébrer le 70ème anniversaire du patriarche de Moscou Cyrille et, à cette occasion, il a accordé une interview à l’Agence russe Interfax-Religion au sujet de la campagne présidentielle aux États-Unis, la crise en Ukraine et aussi de la situation de l’Orthodoxie en Amérique.

– Monseigneur, vous êtes venu à Moscou pour féliciter le patriarche Cyrille à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. Connaissez-vous bien le patriarche ? Que voudriez-vous lui souhaiter ?

– Je voudrais exprimer à Sa Sainteté ma profonde reconnaissance pour m’avoir invité à venir ici, je connais le patriarche depuis 2009, lorsqu’il a été élu patriarche. J’étais présent ici pour son intronisation. Il est venu en Amérique à plusieurs reprises en tant que chef du Département des affaires ecclésiastiques extérieures, mais je ne l’ai pas rencontré personnellement, je vivais dans un monastère à cette époque. C’est en 2009 que, la première fois, je l’ai rencontré personnellement. Je pense que je demanderai à Dieu qu’Il continue à lui donner la force, particulièrement en ces jours, alors qu’il a pu rassembler des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales, de nombreux primats, qui étaient là et le sont encore, et je pense que c’est un témoignage de sa grande capacité, en tant que leader chrétien orthodoxe d’être un exemple avec son sens de l’unité. Je voudrais lui souhaiter de nombreuses années de santé, de force pour continuer cette œuvre d’unité, de continuer d’être un leader spirituel inspiré pour les enfants fidèles de l’Église orthodoxe russe.

– Quelles sont vos impressions de la campagne de Donald Trump ? Qu’attendez-vous du nouveau président ?

– Je pense qu’il est certainement connu à pratiquement toute personne qui regarde les informations que, cette année, les élections présidentielles ont été très difficiles, peut-être déroutantes, même pour ceux qui vivent aux États-Unis. Elles ont été pénibles, mais, en fin de compte, les citoyens des États-Unis ont suivi le processus établi et élu un nouveau président. Certains conflits continuent aux États-Unis, cela étant, d’une certaine façon, plus ou moins normal pour ce processus. Il y a toujours des difficultés de transition d’un président à l’autre. Mon espoir, et je pense que c’est celui des fidèles, des évêques et des prêtres de l’Église orthodoxe en Amérique, est que nous sommes raisonnablement optimistes sur le bon travail que fera le nouveau président, nous prions pour lui, tout comme nous prions toujours dans la divine Liturgie pour les autorités civiles. Nous espérons qu’il préservera la stabilité interne aux États-Unis et espérons aussi qu’il sera le promoteur de bonnes relations avec d’autres pays du monde, particulièrement avec la Russie. Il y a toujours eu de bonnes relations entre les États-Unis malgré, parfois, des tensions, et nous espérons que notre Seigneur Jésus-Christ éclairera le nouveau président pour faire les choses qu’il convient et qu’il continuera ces bonnes relations.

– Avez-vous des « stars » parmi vos paroissiens ? Nous avons entendu parler de Tom Hanks…

– Le nouveau chef du personnel du président élu, Reince Priebus, est un chrétien orthodoxe actif, mais je ne pense pas qu’on puisse l’appeler une « star ». Parmi les célébrités, je peux nommer la vedette de cinéma Jonathan Jackson, à Los Angeles. Il y a le chanteur de rock Chris Cornell. Que ce soient des « stars » ou non, lorsqu’ils viennent à l’église, les fidèles sont tous les mêmes. Je pense qu’aux États-Unis, les personnalités s’efforcent de ne pas montrer leur foi, ils sont très neutres lorsqu’il en est question. C’est peut-être regrettable, mais ils ne s’expriment pas sur leur foi, c’est réellement courant en Amérique chez les « stars », les célébrités, dans le monde des affaires. Vous savez, l’Orthodoxie aux États-Unis attire de très nombreux convertis d’autres milieux. Moi-même, je suis un converti à la foi orthodoxe.

– Comment cela s’est-il produit ?

– J’ai été élevé dans l’Église anglicane, dans l’Église épiscopale aux États-Unis et je me suis détourné de l’Église et même de la foi en Dieu lorsque j’étais très jeune. Ensuite, très lentement, je suis revenu à l’Église. Mon père était un scientifique, aussi j’ai été élevé dans l’idée que l’on pouvait être soit intelligent, soit religieux. Aussi, j’ai fait un choix lorsque j’étais très jeune et sans expérience : je serai intelligent, pas religieux, mais lentement, en rencontrant des gens, j’ai réalisé qu’il était possible d’être à la fois intelligent et croyant. J’ai commencé à étudier plus précisément la vie de l’Église et finalement j’ai découvert, principalement par des personnes et des livres, la Foi orthodoxe et j’ai commencé le processus de ma conversion à l’Orthodoxie.

– À quel âge avez-vous rejoint l’Église orthodoxe ?

– J’avais 23 ans.

– Et vos parents étaient croyants aussi ?

– Mon père n’est pas croyant. Ma mère a été ordonnée prêtresse épiscopalienne, elle sert à sa façon.

– Durant les célébrations jubilaires à Moscou, on a beaucoup parlé de l’Ukraine qui de nos jours traverse une crise violente, de la guerre au Donbass, la crise économique et des désaccords politiques. Comme un croyant doit-il agir dans une telle situation ?

– C’est toujours une source de tristesse lorsque nous voyons la situation eu Ukraine et il est encore plus pénible que les fidèles se trouvent au milieu d’une situation politique difficile et de la guerre civile. Je viens de l’Église d’Amérique du Nord et il est difficile pour moi de savoir exactement comment aider les fidèles là-bas. Bien sûr, S.S. le patriarche Cyrille, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, les évêques et le clergé, s’efforcent d’offrir une direction spirituelle et ils le font très bien. C’est toujours une bonne chose que de se laisser guider par Dieu dans l’Église et la prière, les prières sont réellement importantes. Toutefois, nos contemporains n’attribuent pas une grande valeur à la prière, ils veulent une sorte d’action politique concrète. Or je pense que notre action dans l’Église doit viser à ce que les fidèles concentrent leur vie sur la prière, qu’ils se soutiennent mutuellement, qu’ils ne se sentent pas seuls. Lorsqu’ils sont en situation difficile, les gens se sentent souvent isolés et je pense que l’Église, par la prière, peut aider à bâtir ce sens de l’unité parmi les fidèles et les encourager. Je prie personnellement et l’Église d’Amérique prie également pour les fidèles, afin de les encourager à avoir foi en Dieu et maintenir ce sens de l’espoir qu’offre notre Seigneur dans l’Évangile.

– Le conflit social en Ukraine comporte un contexte religieux également. Les gréco-catholiques (uniates) et le « Patriarcat de Kiev » dirigé par Philarète Denissenko parlent sur des bases nationales radicales et exhortent à la continuation de la guerre au Donbass. L’Église orthodoxe d’Ukraine dirigée par le métropolite Onuphre s’efforce de rester neutre politiquement, mais elle est sous pression. Pensez-vous que l’Église peut participer à des activités politiques ?

– Le fondement de l’Église est Jésus-Christ, qui est venu établir la paix. Il a dit aussi qu’il y aurait des difficultés, des guerres, dont des guerres civiles, mais l’Église comme organisme ne peut appeler à la des actions violentes ou prendre parti et encourager la guerre civile. L’Église reconnaît la réalité du conflit, nous avons des aumôniers qui exercent leur ministère à l’armée, mais leur but n’est pas de faire des déclarations politiques ou les encourager, mais d’accorder le soin pastoral à ceux qui servent dans les forces armées, parmi lesquels il y a beaucoup de chrétiens orthodoxes. Comme institution, l’Église ne peut jamais appeler à un conflit violent, ni même prendre un parti dans une situation politique. Les fidèles et l’Église sont là pour être dans le monde, mais non de ce monde, et nous nous efforçons de préserver la réalité du Royaume de Dieu dans n’importe quelle situation politique où nous nous trouvons. Cela signifie que l’Église ne peut vraiment pas dire que nous sommes de ce côté ou de l’autre, mais elle rappelle aux gens ses importantes valeurs éternelles.

Source

Un film d’archives sur l’église de Sea Cliff (États-Unis) avec saint Jean de Changhaï et d’autres hiérarques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières

Le site du département synodal des œuvres caritatives de l’Église orthodoxe russe a publié l’article suivant sur son site.

Le 2 juillet sera commémoré le 50ème anniversaire du trépas de saint Jean de Changhaï qui se distingua particulièrement par sa miséricorde pendant son ministère épiscopal, visitant les malades, accompagnant les mourants et consolant les souffrants. En vue de cette commémoration, les paroissiens de l’église Saint-Séraphin de Sarov à Sea Cliff aux États-Unis ont publié des images filmées lors de la célébration du saint hiérarque Jean dans leur paroisse. Cette chronique cinématographique se trouvait dans les archives paroissiales. C’est ainsi que l’on peut voir en vidéo (à la fin du film) saint Jean, alors qu’il bénissait l’assistance. Il est rare de voir ainsi l’icône vivante d’un saint. Outre saint Jean de Changhaï, on peut voir encore sur ce film le métropolite Anastase (Gribanovsky, +1965), primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, le père Mitrophane (Znosko-Borovsky, +2002), qui devint par la suite évêque de Boston, l’archiprêtre Doumsky, le premier recteur de la paroisse, l’archevêque Averky (Taouchev +1976), recteur du monastère et séminaire de Jordanville, le hiérodiacre Laur (Škurla +2008), futur primat de l’Église russe hors-frontières. On peut visionner ici le film, qui commence par la construction de l’église de Sea Cliff, puis continue avec la pose de la première pierre, la dédicace de l’édifice et la célébration par les hiérarques mentionnés.

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Cours privés d’art dramatique de Justine Getty d’Actors Studio

afficheA3_justine_QR_CodeElle a travaillé avec les plus grands maîtres mondiaux du théâtre et du 7ème Art : avec Elia KAZAN , qui l’a formée à la méthode Stanislavski au célèbre ACTOR STUDIO, avec Jerzy GROTOWSKI dans son THEATRE LABORATOIRE et son WORK CENTER WORK CENTER ou auprès de l’acteur Ryszard CIESLAK à Cracovie. Elle a aussi collaboré aux travaux de Serge LIFAR et de Peter BROOK (L’ESPACE VIDE) et de Bob WILSON.

Ses extraordinaires expériences professionnelles et mentales lui permettent désormais de faire bénéficier des cours privés (individuels ou en groupe) à des acteurs de théâtre ou de cinéma, des metteurs en scène ou dramaturge ou tout créateur, sans critère d’âge et dans la confidentialité. Justine Getty crée aujourd’hui son STUDIO PORT-ROYAL pour transmettre à des élèves la synthèse de ses acquis.

Les cours ont lieu, tous les mardis du 19h00 à 21h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

Si vous êtes intéressés par les cours, vous pouvez nous contacter au 06 17 86 32 96 ou par email ! Nous vous invitons à visionner la vidéo de la présentation de Justine Getty ou à télécharger l’affiche sous format PDF !

Mise en garde du monastère de Koutloumousiou au sujet des « prophéties »

La communauté du monastère athonite de Koutloumousiou, près de laquelle vivait, dans une cellule, saint Païssios du Mont Athos, a publié un message à tous les orthodoxes, leur adressant une mise en garde contre un attrait exagéré pour les « prophéties ». Certains milieux dans les pays orthodoxes attribuent un sens erroné, notamment aux paroles de saint Païssios ou faussement attribuées à lui. Celui-ci a eu effectivement des révélations, par exemple sur la chute du communisme en Russie – bien des années avant que l’événement ne se produise – ou encore sur l’avenir de Constantinople et d’autres événements. En outre, il disait « qu’il n’y avait pas besoin d’être spécialement clairvoyants pour comprendre que l’on était entré dans l’ère de l’Apocalypse ». Or, tous ces messages n’étaient pas destinés à être « exploités » dans un sens ou un autre, mais comme le mentionne la mise en garde ci-dessous, ils constituaient avant tout un appel à la pénitence, soit pour être dignes des biens à venir ou échapper aux malheurs, dont le saint avait eu une révélation.

« Le marché global offre aujourd’hui au consommateur non seulement des biens matériels, mais aussi « spirituels ». Un domaine qui est renouvelé sans cesse et promu est celui des prophéties. Il est destiné à tous les types de personnes, indépendamment de leur niveau culturel, de leur religion ou origines, et s’étend depuis les choses simples du quotidien personnel jusqu’aux questions universelles, d’importance pour toute l’humanité. Nous observons qu’une partie de l’eschatologie chrétienne orthodoxe est considérée de nos jours dans ce contexte. La forme du futur est souvent promue avec une précision cinématographique, tandis que les films avec des prophéties sont accompagnés sur internet et à la télévision, avec de la musique, selon la recette des superproductions propagandistes américaines.

Tout cela n’est pas dit pour mettre en doute le charisme de la prophétie. L’Église se meut sur la voie ininterrompue des prophètes de l’Ancien Testament. Le prophète se tient devant Dieu, L’écoute et transmet Son message à Son peuple. Un message de repentir, de consolation, de fidélité, de direction. Chaque saint véritable participe à ce charisme de prophétie, il « voit » ce qui ne paraît pas. Il est presque impossible de décrire ce processus spirituel. Nous pouvons dire simplement que l’intellect par la théologie mise en pratique est illuminé par l’Esprit de Dieu et acquiert Ses qualités. Ainsi, sont acquises une vue et une ouïe spirituelles des paroles et des choses, ou quelque renseignement intérieur, selon une grâce paradoxale, sans la présence d’une personne ou d’une voix. La prophétie est impensable hors des autres vertus. L’une d’entre elle est l’humilité. Saint Païssios savait bien que personne n’est infaillible. Se rapportant à des événements futurs, il avait l’habitude de commencer « ma pensée me dit ». Il ne définissait pas les délais (comme d’autres contemporains connus et anonymes, démentis ensuite par les faits) et il croyait que si l’homme change, Dieu change le cours des choses, comme nous le voyons dans l’Ancien Testament. Sainte Euphémie de Chalcédoine (IVème s.) elle-même, qui apparut à saint Païssios, ne lui décrivit pas le futur, mais lui montra de forts développements des événements, dépendant cependant des choix des hommes. Ce qui est sûr, c’est que la prophétie est donnée pour le repentir, le retour de notre existence à Dieu, et non pour l’organisation de notre vie personnelle ou notre tranquillité. Tous ceux qui participent au charisme de la prophétie sont des hommes de la sobriété spirituelle [l’attention, la vigilance, ndt]. Ils ont des sens spirituels purs, leurs âmes sont des miroirs purs, où se reflètent les mystères de Dieu et du monde. La sobriété, cependant, est demandée non seulement au le prophète, mais aussi pour celui qui reçoit la prophétie. Qui est celui qui la reçoit correctement ? Est-celui qui est sous le coup de l’impression ? Est-celui qui force les situations pour que la véracité de la prophétie se confirme ? Celui qui la reçoit correctement est celui qui, d’une part, met spirituellement en valeur ce qu’il entend, d’autre part a un intellect pur, afin de commenter les événements, lorsqu’ils se produiront, c’est-à-dire qu’il est en mesure de discerner sans se hâter et en Esprit. « Sans se hâter » et « en Esprit », signifie que ce qui me rend apte à discerner est la sobriété spirituelle, la prière et l’amour, et non de surfer sur un cyclone d’informations. Malheureusement, certains consacrent des heures pour se renseigner sur le moment de la venue de l’Antichrist ou sur les reconquêtes nationales, mais ne se rappellent pas d’ouvrir l’Évangile, de se regarder dans le miroir de la parole de Dieu. Comment éviteront-ils ainsi d’échapper au danger de l’illusion ? L’utilisation de la personne de saint Païssios pour la promotion présumée de la vérité orthodoxe (un exemple frappant est la diffusion de fichiers audio avec la voix de l’Ancien, alors que l’on entend celle d’un autre !) Nous craignons que cela satisfasse l’obsession actuelle des prophéties, obsession qui se cultive sur un manque de foi, et restaure « un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte» (Rom. VIII, 15). Aujourd’hui, à notre époque de confusion, à l’époque de l’image et du sensationnel, où toutes choses (paroles, sentiments, expériences) sont si peu profondes, il n’y a pas de prophétie plus grande, plus actuelle, que celle de saint Athanase le Grand : « Prépare-toi chaque jour à la rencontre avec le Christ. Examine chaque jour ta propre personne, à la lumière des commandements du Christ, et ce qui te manque, commence à le reconstruire». En tant que chrétiens, nous attendons la parousie du Christ « avec des hymnes » et celle-ci est la plus belle partie de notre vie quotidienne, non pas simplement comme attente, mais comme expérience du Christ vivant et ressuscité. Mais si nous sommes vides et peu profonds, à quoi nous serviront Constantinople ou la date de naissance de l’Antichrist ? »

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Un court film documentaire est paru sur l’aide de l’Église orthodoxe russe aux civils ukrainiens

Un court film documentaire est paru sur l’aide de l’Église orthodoxe russe aux civils ukrainiens, qui est disponible ici (en russe). Le film a été créé par le service de presse du département synodal de bienfaisance, à l’aide de la direction du cinéma documentaire de la première chaîne de la télévision ruse et du département synodal de l’information. Dès les premiers jours de la tragédie en Ukraine, l’Église orthodoxe russe a non seulement appelé les parties à la paix, mais a accordé également une aide matérielle aux victimes du conflit : l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou), sur le territoire de l’Ukraine, et l’Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou, en Russie. Avec la bénédiction du patriarche de Moscou Cyrille, l’accent a été mis sur l’aide aux catégories les plus vulnérables de réfugiés : les invalides, les familles nombreuses, les personnes seules et les enfants des réfugiés. Selon les données de l’UNICEF, 1,7 millions d’enfants ont été victimes de la guerre en Ukraine. Nombreux sont ceux qui, parmi eux, selon les experts, ne pourront s’adapter à la vie normale qu’avec une aide sérieuse des psychologues et des prêtres. En raison du conflit armé dans le Sud-Est de l’Ukraine, une situation grave s’est produite au niveau alimentaire : au début de 2015, les habitants locaux n’avaient plus reçu leurs allocations, pensions et salaires depuis plus de six mois, et ils n’avaient plus les moyens d’acheter les produits les plus indispensables. Les diocèses, les paroisses et les monastères de Russie ont envoyé régulièrement de l’aide humanitaire aux civils. Dans toute la Russie, des dizaines de points humanitaires et des abris gérés par l’Église ont été ouverts. Pour coordonner ce travail a été créée une commission de l’Église orthodoxe russe pour aider les civils touchés par les événements en Ukraine. Depuis juillet 2014, un centre ecclésial d’assistance aux réfugiés fonctionne avec une « hotline ». À Moscou seulement, depuis la mise en place du centre et de la « hotline », 26.000 personnes originaires des zones de conflit ont demandé de l’aide. En septembre, auprès de l’église de Tous-les-saints-de-Russie dans le district de Novokosino à Moscou, a été ouvert un complexe d’aide aux réfugiés, où ceux-ci reçoivent des produits alimentaires, médicaments, des soins médicaux, ainsi qu’un logement provisoire. En janvier 2015, le patriarche de Moscou Cyrille a rencontré les enfants venus du Donbass, à l’arbre de Noël au Kremlin. Ils ont tous reçu un cadeau du primat. Avec la bénédiction du patriarche Cyrille, les collaborateurs du département synodal de bienfaisance ont commencé à effectuer des voyages réguliers dans les régions du Sud-Est de l’Ukraine où, depuis la fin du mois de décembre 2014, plus de 573 tonnes d’aide humanitaire ont été acheminées. À fin décembre 2015, des produits alimentaires et des repas chauds ont été servis dans les cantines sociales de l’Église à plus de 97.000 personnes, dont beaucoup se trouvaient dans une situation matérielle extrêmement difficile. Les habitants nécessiteux des diocèses de Gorlovka, Donetsk, Lougansk et de Donetsk du Nord ont reçu l’aide de l’Église. Également avec la bénédiction du président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a été élaboré et réalisé le projet « Aide caritative humanitaire aux réfugiés du conflit armé dans l’Est de l’Ukraine séjournant sur le territoire de la Fédération de Russie ». Ledit projet a été réalisé avec le concours de l’organisation « Samaritan’s Purse » et de l’association évangélique « Billy Graham », avec le soutien des diocèses métropolitains du Don et de Belgorod. L’aide aux réfugiés sur le territoire des régions de Rostov et de Belgorod a été accordée d’avril à septembre 2015. Dans le cadre de ce projet, 63.000 colis ont été distribués aux réfugiés, dont 34.000 de produits sanitaires et 10.000 de produits alimentaires, 14.000 de matériel de literie et 5000 de cadeaux pour enfants. En tout, 131 millions de Roubles d’aide aux civils d’Ukraine ont été recueillis. Sur ces 131 millions, plus de 128 millions ont déjà été dépensés. Le site www.diaconia.ru donne les comptes des recettes et dépenses pour cette action, ainsi que des informations sur toutes les activités caritatives du Département de bienfaisance de l’Église orthodoxe russe.

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Succès en Russie du film d’animation « Le voyage inhabituel de Séraphima »

Le film d’animation « Le voyage inhabituel de Séraphima » est sorti le 27 août, et au cours des premières projections, il a été regardé par plus de 150.000 personnes, ce chiffre atteignant les 200.000 actuellement. L’action principale du film se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. La fillette, Sima, fille d’un prêtre déporté, se trouve dans un foyer d’orphelins. Au moment d’une situation difficile, la petite héroïne est aidée par saint Séraphin de Sarov. Le film sera projeté dans 850 salles en Russie. 350 personnes ont travaillé sur ce film, réalisé avec le soutien financier du ministère de la Culture de la Fédération de Russie, du fond caritatif Saint-Séraphim-de-Sarov et de la société cinématographique « Central Partnership ». Vous pouvez voir la bande annonce (en russe) depuis cette page.

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La veille de la fête de saint Luc de Crimée, le film « Guérir la peur », qui lui est consacré, a été mis en ligne sur YouTube

La veille de la fête de saint Luc de Crimée (11 juin) est sorti sur YouTube un film qui lui est consacré (en russe). Sous le titre « Guérir la peur », le premier film artistique sur le saint hiérarque Luc de Crimée a été produit avec la bénédiction du défunt métropolite de Kiev Vladimir et du métropolite de Simféropol et de Crimée Lazare. À la base du film se trouve le livre du protodiacre Basile Maruchtchak « Le saint hiérarque chirurgien : vie de l’archevêque Luc (Voïno-Yasenetsky) ». Des cinéastes d’Ukraine, Russie et Biélorussie ont participé à l’élaboration de ce film, le régisseur étant Alexandre Parkhomenko. La durée du film est de 110 minutes. En 2013 ont eu lieu les premières présentations du film, qui a remporté plusieurs prix, dont celui du XIème festival international du cinéma orthodoxe « Pokrov », à Kiev. On peut visionner ce film sur le lien ci-dessous .

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Exposition « saint Luc de Crimée » à Sébastopol

Avec la bénédiction du métropolite de Simféropol et de Crimée Lazare, a été ouverte, dans le cadre du projet caritatif de la galerie « Art et charité », une exposition consacrée à la vie et l’œuvre du saint hiérarque Luc (Voïno-Iasenetsky), archevêque de Simféropol et de Crimée, le renommé chirurgien. Les objets exposés font connaître en détails aux visiteurs la biographie du saint hiérarque Luc, de son activité médicale et ecclésiale. Sont utilisés à cette exposition des photographies, des souvenirs des contemporains, les mémoires du saint – ses mémoires journalières, connues largement sous le titre « J’ai aimé la souffrance… » consignées à Simféropol en 1958 par le secrétaire personnel de St Luc, E.P. Leikfeld. Sont également présentés des objets d’exposition du musée du saint hiérarque Luc, qui se trouve sur le territoire du couvent féminin de la Sainte-Trinité, ainsi qu’un choix de littérature consacré au saint. Une séance cinématographique est prévue chaque jour, au cours de laquelle on peut voir le film du régisseur L. Borovsky « Rencontre avec le saint. Le saint hiérarque (V.F. Voïno-Iasenetsky) » de la série « Les saints et ascètes orthodoxes ». L’ouverture solennelle de l’exposition a commencé avec un office d’intercession devant l’icône de saint Luc. À l’ouverture de l’exposition était présente la petite-nièce de St Luc, Maïa Prozorovskaïa, qui a répondu aux nombreuses questions des participants.

Source et photographie

Le patriarche Cyrille salue la mémoire des victimes du fascisme au mémorial de Yad Vashem

Le 12 novembre, le patriarche Cyrille a visité le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem. Le primat de l’Église russe a participé à la cérémonie de la flamme du souvenir à la salle de mémoire et déposé une couronne au mémorial.
Des hiérarques et des clercs des patriarcats de Jérusalem et de Moscou, ainsi que le président de la fondation « Appel à la conscience », le rabbin Arthur Scheider, assistaient à l’évènement.
Au cours de la cérémonie, le patriarche Cyrille a dit :
« On se souvient ici des noms de ceux qui ont défendu le peuple juif, de ceux qui ont sauvés des Juifs d’une mort inexorable. En ces lieux, j’aimerais faire mémoire des guerriers de l’Armée rouge qui ont sauvé le monde de la peste fasciste. Avec les six millions de Juifs tués, j’aimerais faire mémoire des vingt sept millions de citoyens soviétiques qui ont péri en défendant le monde du pouvoir fasciste et de l’arbitraire fasciste.
« Yad Vashem » est certainement un lieu d’affliction nationale pour tous les Juifs, mais cet endroit est en même temps un lieu où nous pouvons commémorer et prier pour tous ceux qui ont donné leur vie pour qu’aucune idéologie misanthrope ne règne plus, qui séparerait les gens suivant leur race, disant des uns qu’ils sont de race supérieure, les autres étant de race inférieure, destinés à l’élimination.
Faisons mémoire de l’affliction et des souffrances et faisons aussi mémoire de la grandeur de l’héroïsme de ceux qui ont vaincu le fascisme. Mémoire éternelle ».

Sources: Patriarcat de Moscou, de la photographie

Ndlr: Le mémorial de Yad Vashem a été édifié à Jérusalem en mémoire des victimes juives de la Shoah. C'est lui qui décerne, au nom de l'Etat d'Israël, le titre de "Juste parmi les nations" aux non-juifs qui ont aidé des juifs, au risque de leur vie, lors de la Seconde guerre mondiale. Sainte Mère Marie (Elisabeth) Skobtsov et le père saint Dimitri Klépinine ont été déclaré justes parmi les nations en 1985 pour avoir sauvé des juifs.

Sur le site de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

Plusieurs notes ont été publiées hier sur le site de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France: l'hommage de la revue Unité des chrétiens au métropolite Emmanuel; un compte rendu de l'intervention de Michel Stavrou devant l'AEOF, lors de la réunion périodique de celle-ci en octobre dernier, sur le dialogue orthodoxe-catholique en France; ainsi que deux compte rendus de lecture, l'un sur l'ouvrage de Xénia Krivochéine intitulé La beauté salvatrice – Mère Marie Skobtsov (Cerf, 2012), l'autre sur le livre d'Alain Durel, La presqu'île interdite – Initiation au Mont Athos (Albin Michel, 2010).

Livre: Xénia Krivochéine, « La beauté salvatrice. Mère Marie Skobtsov. Peintures – Dessins – Broderies »

Xénia Krivochéine, artiste peintre et grande admiratrice de Mère Marie Skobtsov (1891-1945) à qui elle a dédié un site internet (en russe), vient de publier un livre consacré à la production artistique de celle-ci (éditions du Cerf, 2012, 107 p.,). On y trouve de nombreuses reproductions, restées jusqu’à présent inédites, de peintures, dessins et broderies conservés par des collectionneurs européens ou dans des paroisses orthodoxes en France et de Grande-Bretagne, ainsi qu’au Musée russe et au Musée Anna Akhmatova à Saint-Pétersbourg. Le livre, qui comporte un rappel chronologique de la vie de Mère Marie, est préfacé par le patriarche Cyrille de Moscou, et postfacé par le professeur Georges Nivat ; il a été traduit de l’original russe (publié à Saint-Pétersbourg en 2004) par le père Serge Model.
« Comme nombre de ses contemporains, explique Xénia Krivochéine, Mère Marie n’a pas suivi de formation académique. Elle n'est pas allée apprendre dans les ateliers ou les studios de peintres célèbres. Sa famille, sa présence dans les cercles artistiques de l'époque de sa jeunesse lui ont servi d'école. Les longues années qu’elle a vécu en France ont profondément marqué son art. »

Les autorités indiennes ont arrêté les producteurs d’un film provocateur antichrétien

Les autorités indiennes ont arrêté le régisseur, le producteur et le chargé de publicité du film blasphématoire « Who’s there ? » (Qui est là ?). L’une des scènes, qui heurtent les sentiments des chrétiens, présentent un homme qui poignarde le Christ crucifié, selon les informations du site Sedmitza.ru, se basant sur une dépêche du site espagnol ACI prensa. Après quelques jours de protestations des organisations chrétiennes, dont « Le forum mondial catholique » (CSF), le régisseur du film scandaleux, Ejaz Ahmed, le producteur, Washim Sheikh, et le chargé de la publicité, K.A. Jauhar, ont été arrêtés et emprisonnés. Ils sont accusés « d’offense aux sentiments religieux des croyants », «d’intention malveillante », et « d’infraction aux règles de la cinématographie ».

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Russie: un prêtre orthodoxe souhaite se présenter à la prochaine élection présidentielle

Le père Ivan Okhlobystine, prêtre de l'Eglise orthodoxe russe, a fait connaître son souhait de se présenter à la prochaine élection présidentielle en Russie. Bien que suspendu, à sa demande, pour pouvoir poursuivre des activités artistiques dans le cinéma, cela est interdit par les canons, sauf exception (1) approuvée par le Saint-Synode.

Source (et une information plus développée): Voix de la Russie

Biélorussie: « Eve », un court métrage du réalisateur Vitaly Lubetsky

Le réalisateur Vitaly Lubetsky, à qui l'on doit plusieurs documentaires produits par le studio vidéo du monastère Sainte-Elisabeth de Minsk, présente un court métrage, "Eve", une parabole chrétienne, au festival biélorussien du cinéma mobile "Smartfilm", organisé par l'opérateur mobile Velcom. La particularité de ce court métrage, de sept minutes, est qu'il est réalisé avec un téléphone mobile ! Le tournage a duré une semaine. Les héroïnes du film sont les deux filles du réalisateur. Le film peut être visionné sur cette page, ou sur Youtube. Il est possible de voter pour lui, dans le cadre de ce festival, jusqu'au 3 mars.

Source: Sobor

Message du Noël du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

La paix de Dieu – Christ est né !
Chers frères et sœurs en Christ notre Seigneur, la nouvelle la plus douce et la plus joyeuse commence par les mots du saint Evangile selon saint Matthieu : « Livre de la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham »(Mt 1,1). Cette nouvelle, qui  nous est destinée à nous tous, au ciel et à la terre, au monde visible et invisible, révèle et témoigne à la fois d’un mystère et d’une vérité.
Cette nouvelle témoigne de la vérité d’une généalogie double, unique dans l’histoire du genre humain. Chaque généalogie fait mention d’ancêtres et de descendants appartenant à une même lignée humaine. Seule cette Généalogie fait exception et n’est pas reproductible. Elle correspond non seulement à la généalogie humaine, mais aussi à la généalogie divine. Elle est à la fois la généalogie du Fils de Dieu et du Fils de l’homme, c’est-à-dire du Dieu-homme Christ. Ce Descendant de la lignée royale de David, est issu de la sainte racine d’Abraham et porte le nom de Jésus, c’est-à-dire Sauveur, et le nom de Christ, qui signifie Oint de Dieu ; pour le peuple élu de Dieu et pour tout le genre humain, Il est le Messie promis, le Rédempteur et le Libérateur du péché, de la mort et des puissances démoniaques. Il s’agit donc simultanément de la généalogie du Fils unique de Dieu et du Fils de l’homme, né du Saint-Esprit et de la Très-Sainte Mère de Dieu. Ainsi, Jésus de Nazareth se manifeste et s’offre à nous comme Dieu parfait et Homme parfait. C’est pourquoi celui qui L’aime, accomplit le premier commandement de Dieu, qui est d’aimer Dieu de tout son cœur et de toute son âme, mais il accomplit aussi Son second commandement qui est d’aimer son prochain ; car Il est Dieu et notre Seigneur, tout comme Il est notre prochain le plus proche. En Lui nous reconnaissons le Dieu véritable, mais aussi l’Homme véritable ainsi que toute l’humanité véritable : nous comprenons ce qu’on doit aimer dans tout être humain et comment il faut l’aimer en tant que représentant d’une nature humaine unique faite à l’image de Dieu.

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Sainte Marie (Skobtsov) de Paris et la rafle du Vélodrome d’Hiver

158060079_4651d14076 La sortie, il y a une semaine, sur les écrans des salles de cinéma en France du film "La Rafle", sur la rafle du Vélodrome d'Hiver de Paris en juillet 1942, est l'occasion de rappeler que mère Marie (Skobtsov), canonisé en 2004, a sauvé dans ces circonstances dramatiques la vie de plusieurs enfants avec la complicité d'éboueurs. Trois ont été sauvés, selon ce site, 4, selon cette étude, dans laquelle il est rapporté "Grâce à son habit monastique, mère Marie peut y pénétrer (dans le Vélodrome d'Hiver, ndlr); elle passe trois jours au chevet d’une amie juive et aide les bénévoles de la Croix rouge à secourir les malades et à consoler les désespérés. Quand, au petit matin, les  éboueurs parisiens débarquent, elle réussit, amadouant l’un d’eux, à faire sortir du stade quatre enfants cachés dans des poubelles."

Rappelons que les plus de 4000 enfants déportés suite à cette rafle sont tous morts dans les camps d'extermination. Sur cette tragédie de la Seconde guerre mondiale, voir ce petit ouvrage édité par la Mairie de Paris en 2002, que l'on peut télécharger, et le dossier pédagogique du film en question.

Photographie: mère Marie (source)

Après « L’île », Ivan le Terrible et le métropolite Philippe de Moscou

Après L’île, le cinéaste russe Pavel Lounguine vient de réaliser un film sur la confrontation entre le tsar Ivan le Terrible et le métropolite Philippe de Moscou. Il a expliqué: "Pour moi, c’est un film sur la contradiction entre le pouvoir absolu et l’idée du Christ, de spiritualité. Il y a là quelque chose de profondément antinomique." Le film sortira au printemps de l’année prochaine. Quant au film L’île, disponible en dvd, il est encore à l’affiche dans trois cinémas à Paris.

Exclusivité : sortie du DVD du film « L’île » !

Lle
Le DVD du film L’île du cinéaste russe Pavel Lounguine, sera en vente à partir du 12 juin, en exclusivité pendant un mois, sur le site de la librairie La Procure en partenariat avec Orthodoxie.com. La bande-annonce et des extraits se trouvent sur cette page. Ce document présente le film, les acteurs, un entretien avec le cinéaste et des photographies. Le
film est présenté
, entre autres, ici, ou encore là avec de nombreux compléments,
et de manière plus courte ainsi (source) : «Un
monastère orthodoxe sur une île du nord de la Russie. Un moine perturbe la vie
de sa congrégation par son comportement étrange. En effet, selon la rumeur,
l’homme possèderait le pouvoir de guérir les malades, d’exorciser les démons et
de prédire l’avenir… C’est en tout cas ce que croient les étrangers qui se
rendent sur l’île. Mais le moine, qui souffre d’avoir commis une terrible faute
dans sa jeunesse, se considère indigne de l’intérêt qu’il suscite… ».
Pour acheter en ligne le DVD, cliquez sur ce lien !

Dialogue avec un rabbin sur le film «L’île» (Ostrov) à Neuilly-sur-Seine

Ce
mardi 20 mai, à 20h30, est organisée une projection du film L’île (Ostrov)
de Pavel Lounguine, en version originale sous-titrée, dans le cadre d’une
rencontre œcuménique et inter-religieuse, au cinéma Le
Village
, au 4, rue de Chezy, à Neuilly-sur-Seine (92200) (métro: Les
Sablons). Le film sera présenté par Bogdan Florin Vlaïcu,
qui, après la projection, dialoguera avec le grand rabbin de Neuilly, Alexis
Blum, et avec le public. Bogdan Florin Vlaïcu prépare un doctorat sur les représentations
du Christ au cinéma. Il est aussi le réalisateur de l’émission
hebdomadaire
L’Eglise orthodoxe aujourd’hui sur Radio Notre Dame.

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Jovan Nikoloski