23/06/2017
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Résultats de la recherche : Gaza

A Gaza, l’Eglise orthodoxe dénonce des conversions à l’islam sous pression

Le quotidien libanais L'Orient-Le jour rapporte que " L’Église orthodoxe de Gaza a accusé sans le nommer un groupe islamiste de « méthodes malhonnêtes » pour persuader cinq chrétiens de Gaza, un jeune homme ainsi qu’une femme de 32 ans et ses trois filles, de se convertir. « Ce mouvement islamiste utilise des méthodes obscures et malhonnêtes, la peur, les pressions, le chantage », selon le texte, qui mentionne « l’utilisation de substances chimiques pour contrôler et terroriser ». L’Église cite « le jeune Ramez al-Amach samedi, en plus d’une femme et ses trois filles, enlevées chez elles mercredi dernier », en référence à ses vaines demandes de les ramener dans leur famille (…)". Le gouvernement palestinien, pour sa part, a rejeté cette accusation: "Dans un communiqué, le ministre de la Santé du gouvernement du Hamas, Bassem Naïm, a démenti toute conversion sous la pression, qualifiant les accusations de l’Église de « fabrications totalement infondées » (…)". Il ne reste plus à Gaza que 3000 chrétiens, en majorité orthodoxes, pour 1,6 million d'habitants.

Sources: L'Orient-Le jour, AFP, Arutz Sheva

Un appel à la fin des violences à Gaza

Un communiqué, signé notamment par le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Théophile, les patriarches latin et arménien, appelle à la cessation des violences dans et autour de Gaza. Il est annoncée une "journée pour la justice et la paix" en Terre sainte dimanche 4 janvier. Il est notamment écrit: "Nous dénonçons les hostilités en cours dans la bande de Gaza et
toutes les formes de violences et de tuerie de toutes les parties
." En outre, ils "appellent les responsables des deux parties à reprendre leurs esprits et s'abstenir d'actes de violence." Ils préconisent de résoudre les différends par des moyens pacifiques.

Source: Le Figaro

Recension : Barsanuphe et Jean de Gaza, Correspondance

BarsanupheBarsanuphe et Jean de Gaza, Correspondance. Texte critique, notes et index par François Neyt et Paula de Angelis-Noah, traduction par L. Regnault. 4 volumes, Paris, Éditions du Cerf, 1997, 1998, 2000, 2001, 2002 (« Sources chrétiennes » n° 426 427, 450, 451, 468).

La Correspondance de saint Basanuphe et saint Jean de Gaza fait partie des œuvres majeures de la littérature spirituelle de l’Orient chrétien. Barsanuphe et Jean vivaient à proximité du monastère de l’Abbé Séridos dans la région de Gaza au début du VIe siècle. Barsanuphe, d’origine égyptienne, était venu s’installer là, à l’invitation de l’Abbé Séridos, alors qu’il était déjà célèbre dans les milieux monastiques ; Jean était son disciple. Le premier était surnommé « le Grand Ancien » ; le second « l’autre Ancien », ce qui témoigne de leur qualité de pères spirituels et de la vénération dont ils étaient l’objet.

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Saints Barsanuphe et Jean de Gaza

«
La prétention de justice est cela même dont on n’a pas à être fier, la négation
de la faute, comme chez Adam, Ève, Caïn et tous les pécheurs qui, voulant se
justifier eux-mêmes, ont nié leur péché
. »


Correspondance
II, tome II, Sources chrétiennes 451, CERF,2001, p.581

5 juin

5 juin
Jour du Saint-Esprit
Saint Dorothée, évêque de Tyr, martyr (vers 362) ; saints Marcien, Nicandre, Apollonius, Léonide, Arius, Gorgius, Sélénias, Irénée et Pambo, martyrs à Alexandrie (305-311) ; saint Allyre, évêque de Clermont (385) ; saint Dorothée, moine de Gaza (VIème s.) ; saint Théodore le thaumaturge (VIème s.) ; saint Anoub de Scété (Vème s.) ; saint Boniface, apôtre de la Germanie, évêque de Mayence, martyr (754) ; saint Constantin, métropolite de Kiev (1159) ; saint Théodore de Novgorod, prince (1233) ; saint Pierre de Koritcha, en Serbie (1275) ; translation des reliques de saint Igor, prince de Tchernigov et de Kiev (1150) ; saints néomartyrs de Russie : Michel (Botiakov), prêtre (1941) ; Nicolas (Riourikov), prêtre (1943).

SAINT DOROTHÉE, ÉVÊQUE DE TYR

Évêque de Tyr, en Phénicie, au temps de la persécution de Dioclétien (vers 304), saint Dorothée avait acquis une vaste et profonde connaissance des saintes Écritures et des traditions qui circulaient en ce temps sur la vie des prophètes et des apôtres. Contraint de s’enfuir, il se réfugia à Odyssopolis (Varna) sur la mer Noire, jusqu’à la fin de la persécution de Licinius (320). De retour à Tyr, il gouverna en paix son Église pendant de longues années. Lorsque Julien l’Apostat commença à persécuter les chrétiens de manière insidieuse (361), le vieil évêque, âgé de cent sept ans, gagna de nouveau Odyssopolis, où il fut arrêté par les envoyés du tyran et soumis à de cruels supplices, sans respect pour son âge. Il mourut dans les tourments et rejoignit ainsi le chœur des saints.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. XVIII, 10-20)

Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

4 mai (ancien calendrier) – 17 mai (nouveau)

4 mai (ancien calendrier) – 17 mai (nouveau)

Sainte Pélagie, vierge, martyre à Tarse (vers 290) ; saint Curcodome, diacre à Auxerre (IIIème s.) saint Érasme, évêque de Formia (303) ; saint Albian, évêque d’Anée, martyr avec ses disciples (304) ; saint Sylvain, évêque de Gaza (311) ; saint Antoine du rocher, ermite près de Tours (VIème s.) ; saint Macaire, évêque de Bordeaux (VIème s.) ; saint Malou, évêque de Senlis (VIème s.) ; saint Sacerdos, évêque de Limoges (720) ; saint Guntrand, abbé en Hainaut (VIIIème s.) ; Saints Nicétas, Cyrille, Nicéphore, Clément et Isaac de Novgorod (XIV-XVème s.).

SAINTE PÉLAGIE DE TARSE

Sainte Pélagie était issue d’une noble famille de Tarse (Cilicie) installée à Rome, et avait été fiancée à l’un des fils de l’empereur Dioclétien. Ayant entendu parler des progrès accomplis par la foi chrétienne, elle chercha à apprendre ce qu’elle professait. Peu après, elle vit en rêve l’évêque de Rome en train de baptiser un grand nombre de catéchumènes. Celui-ci se tourna vers elle et l’invita à renaître aussi à la vie éternelle. À son réveil Pélagie prit congé de ses parents, sous prétexte d’aller rendre visite à sa nourrice, et elle se rendit en hâte chez l’évêque qui la baptisa. Elle remit alors ses riches vêtements au prélat, pour qu’il les distribuât aux pauvres, et elle arriva chez sa nourrice, vêtue simplement, sans apprêt, à la manière des gens du peuple. Comme sa nourrice avait refusé de la recevoir, elle rentra chez elle. Sa mère, en voyant son accoutrement, comprit ce qui s’était passé, et elle essaya de convaincre sa fille de renier le Christ et de s’habiller comme les gens de sa condition. Mais la jeune fille restait inébranlable et confessait que pour rien au monde elle n’abandonnerait l’Époux de son âme. Sa mère informa le fils de Dioclétien que sa fiancée dédaignait son alliance, et celui-ci, désespéré, se donna la mort. Lorsque l’empereur apprit cette nouvelle, il entra dans une violente fureur et fit enfermer la sainte dans un bœuf d’airain rougi au feu, où elle accomplit son union définitive avec le Christ.

SAINTE PÉLAGIE[1]

Sainte Pélagie était issue d’une noble famille de Tarse (Cilicie) installée à Rome, et avait été fiancée à l’un des fils de l’empereur Dioclétien. Ayant entendu parler des progrès accomplis par la foi chrétienne, elle chercha à apprendre ce qu’elle professait. Peu après, elle vit en rêve l’évêque de Rome en train de baptiser un grand nombre de catéchumènes. Celui-ci se tourna vers elle et l’invita à renaître aussi à la vie éternelle. À son réveil Pélagie prit congé de ses parents, sous prétexte d’aller rendre visite à sa nourrice, et elle se rendit en hâte chez l’évêque qui la baptisa. Elle remit alors ses riches vêtements au prélat, pour qu’il les distribuât aux pauvres, et elle arriva chez sa nourrice, vêtue simplement, sans apprêt, à la manière des gens du peuple. Comme sa nourrice avait refusé de la recevoir, elle rentra chez elle. Sa mère, en voyant son accoutrement, comprit ce qui s’était passé, et elle essaya de convaincre sa fille de renier le Christ et de s’habiller comme les gens de sa condition. Mais la jeune fille restait inébranlable et confessait que pour rien au monde elle n’abandonnerait l’Époux de son âme. Sa mère informa le fils de Dioclétien que sa fiancée dédaignait son alliance, et celui-ci, désespéré, se donna la mort. Lorsque l’empereur apprit cette nouvelle, il entra dans une violente fureur et fit enfermer la sainte dans un bœuf d’airain rougi au feu, où elle accomplit son union définitive avec le Christ.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8

À la mi-fête, abreuve aux flots de la piété mon âme assoiffée, car Tu as, ô mon Sauveur, crié à tous : « Vienne à moi et boive quiconque a soif ! » Source de Vie, Christ Dieu, gloire à Toi !

 

Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4

Créateur et Maître de toutes choses, Christ Dieu, Tu as dit au milieu de la fête légale à ceux qui étaient présents : « Venez et puisez l’eau de l’immortalité ». C’est pourquoi nous nous prosternons devant Toi et crions avec foi : « Accorde-nous Tes miséricordes, car Tu es la Source de notre vie.

 

Évangile DU JOUR

(Jn VI, 5-14)

Ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe: Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger? Il disait cela pour l’éprouver, car il savait ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit: Les pains qu’on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit: Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens? Jésus dit: Faites-les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d’herbe. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des poissons, autant qu’ils en voulurent. Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d’orge, après que tous eurent mangé. Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde.

 

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

20 mars (ancien calendrier)/2 avril (nouveau)

20 mars (ancien calendrier)/2 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Sainte Marie l’Égyptienne  Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796) ; sainte martyre Photine la Samaritaine et ses fils Victor, et José, martyrs ; saintes martyres Anatolie, Phota, Photis, Parascève, Cyriaque, Domnine et martyr Sébastien (vers 70) ; saintes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres en Cappadoce (310) ; saint Urbice, évêque de Metz (vers 420) ; saint Tétrice, évêque de Langres (572) ; saint Nicétas, archevêque d’Apollonias en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Wulfran, évêque de Sens, ermite à Fontenelle (720) ; saint Bénigne, abbé de Flay et Fontenelle (723) ; saint Rémi, évêque de Strasbourg (783) ; saint Euphrosyne de Novgorod (1612); saint Myron le Crétois, néomartyr grec (1793) ; saint hiéromartyr Basile (Sokolov), diacre (1938).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Marie l’Égyptienne passa quarante-sept ans au désert dans une austère pénitence. Elle y entra vers l’an du Seigneur 475. Or, un abba, nommé Zosime, ayant passé le Jourdain et parcouru un grand désert pour trouver quelque saint père, vit un personnage qui se promenait et dont le corps nu était noir et brûlé par l’ardeur du soleil. C’était Marie l’Égyptienne. Aussitôt, elle prit la fuite et Zosime se mit à courir plus vite après elle. Alors Marie dit à Zosime : « Abba Zosime, pourquoi cours-tu après moi ? Excuse-moi, je ne puis tourner mon visage vers toi, parce que je suis une femme ; et comme je suis nue, donne-moi ton manteau, pour que je puisse te voir sans rougir. » En s’entendant appeler par son nom, il fut saisi : ayant donné son manteau, il se prosterna par terre et la pria de lui accorder sa bénédiction. «C’est bien plutôt à toi, mon père, lui dit-elle, de me bénir, toi qui es orné de la dignité sacerdotale. » Il n’eut pas plutôt entendu qu’elle savait son nom et son ministère, que son admiration s’accrut, et il insistait pour être béni. Mais Marie lui dit : « Béni soit le Dieu rédempteur de nos âmes. » Comme elle priait les mains étendues, Zosime vit qu’elle était élevée de terre d’une coudée. Alors le vieillard se prit à douter si ce n’était pas un esprit qui faisait semblant de prier. Marie lui dit: « Que Dieu te pardonne d’avoir pris une femme pécheresse pour un esprit immonde ! »Alors Zosime la conjura au nom du Seigneur de se faire un devoir de lui raconter sa vie. Elle reprit: « Pardonne-moi, mon père, car si je te raconte ma situation, tu t’enfuiras de moi tout effrayé à la vue d’un serpent. Tes oreilles seront souillées de mes paroles et l’air sali par des ordures. » Comme le vieillard insistait avec force, elle dit: « Mon frère, je suis née en Égypte; à l’âge de douze ans, je vins à Alexandrie, où, pendant dix-sept ans, je me suis livrée publiquement au libertinage. Or, comme les gens de ce pays s’embarquaient pour Jérusalem afin d’y aller adorer la Sainte Croix, je priai les matelots de me laisser partir avec eux. Arrivée à Jérusalem, j’allai avec les autres jusqu’aux portes de l’église pour adorer la Croix; mais tout à coup, je me sentis repoussée par une main invisible qui m’empêchait d’entrer. J’avançai plusieurs fois jusqu’au seuil de la porte, et à l’instant j’éprouvais la honte d’être repoussée; et cependant tout le monde entrait sans difficulté, et sans rencontrer aucun obstacle. Rentrant alors en moi-même, je pensai que ce que j’endurais avait pour cause l’énormité de mes transgressions. Je commençai à me frapper la poitrine avec les mains, à répandre des larmes très amères, à pousser de profonds soupirs du fond du cœur, et comme je levais la tête, j’aperçus une image de la bienheureuse Vierge Marie. Alors je la priai avec larmes de  m’obtenir le pardon de mes péchés, et de me laisser entrer pour adorer la sainte Croix, promettant de renoncer au monde et de mener à l’avenir une vie pure. Après cette prière, éprouvant une certaine confiance au nom de la bienheureuse Vierge, j’allai encore une fois à la porte de l’église, où je suis entrée sans le moindre obstacle. Quand j’eus adoré la Sainte Croix avec une grande dévotion, quelqu’un me donna trois pièces d’argent avec lesquelles j’achetai trois pains; et j’entendis une voix qui me disait: « Si tu passes le Jourdain, tu seras sauvée. » Je passai donc le Jourdain, et vins en ce désert où je suis restée quarante-sept ans sans avoir vu aucun homme. Or, les trois pains que j’emportai avec moi devinrent à la longueur du temps durs comme les pierres et suffirent à ma nourriture pendant quarante-sept ans ; mais depuis bien du temps mes vêtements se sont disloqués. Pendant dix-sept ans que je passai dans ce désert, je fus tourmentée par les tentations de la chair, mais à présent je les ai toutes vaincues par la grâce de Dieu. Maintenant que je t’ai raconté toutes mes actions, je te prie d’offrir pour moi des prières à Dieu. » Alors le vieillard se prosterna par terre, et bénit le Seigneur dans sa servante. Elle lui dit : « Je te conjure de revenir aux bords du Jourdain le jour de la cène du Seigneur [le jeudi saint], et d’apporter avec toi le Corps de Jésus-Christ: quant à moi je viendrai à ta rencontre et je recevrai de ta main ce Corps sacré; car à partir du jour où je suis venue ici, je n’ai pas reçu la communion du Seigneur». Le vieillard revint donc à son monastère, et, l’année suivante, à l’approche du jour de la cène, il prit le Corps du Seigneur, et vint jusqu’à la rive du Jourdain. Il vit à l’autre bord une femme debout qui fit le signe de la Croix sur les eaux, et vint joindre le vieillard. A sa vue celui-ci fut frappé de surprise et se prosterna humblement à ses pieds : « Garde-toi, lui dit-elle, d’agir ainsi, puisque tu as sur toi les Sacrements du Seigneur, et que tu es orné de la dignité sacerdotale; mais, mon père, je te supplie de daigner revenir vers moi l’an prochain. » Alors après avoir fait le signe de la Croix, elle repassa sur les eaux du Jourdain pour gagner la solitude de son désert. Quant au vieillard, il retourna à son monastère et l’année suivante, il vint à l’endroit où Marie lui avait parlé la première fois, mais il la trouva morte. Il se mit à verser des larmes, et n’osa la toucher, mais il se dit en lui-même : « J’ensevelirais volontiers le corps de cette sainte, je crains cependant que cela ne lui déplaise. » Pendant qu’il y réfléchissait, il vit ces mots gravés sur la terre, auprès de sa tête : «Zosime, enterre le corps de Marie ; rends à la terre sa poussière, et prie pour moi le Seigneur par l’ordre duquel j’ai quitté ce monde le deuxième jour d’avril. » Alors le vieillard acquit la certitude, qu’aussitôt après avoir reçu le sacrement du Seigneur et être rentrée au désert, elle termina sa vie. Ce désert que Zosime eut de la peine à parcourir dans l’espace de trente jours, Marie le parcourut en une heure, après quoi elle alla à Dieu. Comme le vieillard faisait une fosse, mais qu’il n’en pouvait plus, il vit un lion venir à lui avec douceur, et il lui dit : « La sainte femme a commandé d’ensevelir là son corps, mais je ne puis creuser la terre, car je suis vieux et n’ai pas d’instruments : creuse-la donc, toi, afin que nous puissions ensevelir son très saint corps. » Alors le lion commença à creuser la terre et à disposer une fosse convenable: Après l’avoir terminée, le lion s’en retourna doux comme un agneau et le vieillard revint à son désert en glorifiant Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 8ème ton

Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8

En toi, sainte Marie, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, car ayant pris ta Croix, tu as suivi le Christ et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair, car elle passe, et à prendre soin de l’âme qui est immortelle; c’est pourquoi, ô Marie, avec les anges se réjouit ton esprit.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3

Autrefois, tu t’adonnais à toutes sortes de débauches, aujourd’hui par le repentir, tu es devenue épouse du Christ. Imitant la vie des anges, par l’arme de la Croix, tu as écrasé les démons ; c’est pourquoi tu es devenue épouse du Royaume, ô glorieuse Marie.

Kondakion du dimanche, ton 8

Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Évangile du jour

(Mc X, 32-45)

Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver: Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera. Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé. Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

SAINTS MARTYRS DU MONASTÈRE DE SAINT SABBAS

Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796)

En l’an 796, les Sarrasins affrontèrent en une guerre sanglante les tribus bédouines disséminées en Palestine, avec pour conséquence que les uns et les autres pillèrent sans pitié les villages et les villes des chrétiens. C’est ainsi qu’ils mirent à sac la ville d’Éleuthéropolis, en la laissant vide d’habitants, et razzièrent Gaza, Ascalon et d’autres cités. Nombre d’habitants des campagnes s’étaient réfugiés à Jérusalem, dont on s’empressa de renforcer les fortifications, si bien, qu’avec l’aide de Dieu, les barbares purent être repoussés. Battant en retraite, ceux-ci tournèrent leur rage contre les monastères de cette région et s’abattirent comme un nuage de sauterelles sur la laure de Saint-Chariton, pillèrent les villages alentour, puis ils se dirigèrent vers la prestigieuse laure de Saint-Sabas, qui résista cependant à leurs assauts.

Plusieurs mois passèrent sous la menace constante d’une incursion de ces loups du désert et, nuit et jour, les moines suppliaient Dieu de leur faire miséricorde, en s’exhortant mutuellement à endurer toute épreuve, et même la mort, sans quitter le lieu de leur renoncement, conformément aux engagements pris lors de leur profession monastique. Ils disaient : « Comment ceux qui ont quitté le monde une fois pour toute, pour suivre le Christ qui a dit : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps (Mt 10, 28), retourneraient-ils dans le monde par une crainte humaine ? Notre seul rempart c’est le Christ, et notre cuirasse pour repousser les traits des ennemis, le Saint-Esprit, avec le bouclier de la foi et les anges qui se tiennent invisiblement autour de nous pour nous garder. Ce n’est pas par amour de la vie que nous sommes venus habiter ce désert implacable. Pour nous vivre c’est le Christ et mourir est un gain (Phil 1, 21). »

Le diable rassembla alors une soixantaine de barbares, que la crainte d’une expédition byzantine avait dispersés dans le désert, et il les envoya à l’assaut de la laure (13 mars 797). Quelques moines s’avancèrent au-devant de la troupe hurlante avec des paroles de paix, en leur rappelant l’hospitalité et l’assistance que le monastère offrait sans distinction aux chrétiens et aux Sarrasins. Pour toute réponse, les barbares exigèrent qu’on leur livrât l’or du monastère. Comme les pères répondaient qu’ils ne possédaient pas même le nécessaire pour leur nourriture et leur vêtement, les Sarrasins bandèrent leurs arcs et blessèrent de leurs flèches environ trente pères. Puis, après avoir pillé ce qu’ils trouvaient à proximité, ils mirent le feu aux cellules. Voyant alors une troupe s’avancer au loin, ils se retirèrent ; mais, six jours après, pendant la vigile du dimanche, on annonça qu’ayant réuni d’autres bandes éparses, ils s’avançaient, en grand nombre cette fois, vers la laure. Ils s’abattirent avec fureur sur les moines, égorgeant les uns comme des animaux de boucherie, écrasant la tête des autres à coups de pierres et poursuivant ceux qui avaient pris la fuite jusque dans le creux des rochers. Comme ils approchaient d’une de ces cavernes, où ils avaient deviné une présence humaine, un des cinq moines qui s’y étaient réfugiés sortit généreusement et s’offrait à la cruauté des barbares pour sauver ses frères.

Ils rassemblèrent ensuite le reste de la communauté sur le parvis de l’église, exigeant toujours qu’on leur livrât les trésors et qu’on leur désignât les supérieurs. Comme les pères gardaient le silence, ils les enfermèrent dans le souterrain que saint Sabas utilisait jadis pour passer de sa cellule à l’église, et les enfumèrent. Dix-huit moines périrent alors asphyxiés, et les pillards tirèrent les autres à l’extérieur pour les piétiner et les couvrir de coups avant de saccager l’église et les cellules. Ils se retirèrent finalement, en laissant derrière eux vingt victimes et de nombreux blessés (19 mars 797). Quelque temps plus tard, la colère divine décima par une épidémie de peste tous les barbares coupables de cet attentat contre les serviteurs de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 2
Apôtres, martyrs et prophètes, hiérarques, vénérables moines et justes, vous qui avez achevé le bon combat et gardé la foi, nous vous supplions, vous qui avez accès auprès du Sauveur priez-Le, Lui qui est bon, de sauver nos âmes.

Tropaire des défunts, ton 2
Souviens-Toi, Seigneur, de Tes serviteurs, Toi qui es bon, et pardonne-leur tous les péchés commis durant leur vie ; car nul n’est sans péché, si ce n’est Toi, qui peut donner le repos même aux trépassés.

Kondakion des défunts, ton 8
Avec les saints, ô Christ, accorde le repos aux âmes de Tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni soupirs, mais la vie sans fin.

Kondakion des saints martyrs de Saint-Sabbas, ton 4
Bienheureux Pères, vous avez dédaigné / la jouissance des biens terrestres et des trésors corruptibles, / vous avez choisi de vivre au désert, / méprisant les charmes de ce monde et les délices qui ne durent qu’un temps; / c’est pourquoi vous avez mérité le royaume des cieux, / où vous exultez avec les chœurs des Moines et des Martyrs; / vénérant votre mémoire sacrée, / nous vous chantons avec ardeur: / de tout mal délivrez-nous, Pères saints.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

18 mars (ancien calendrier)/31 mars (nouveau)

18 mars (ancien calendrier)/31 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386) ; saints Trophime et Eucarpe, martyrs à Nicomédie (vers 300) ; saint Aninas, hiéromoine ; saint Léobard, reclus à Marmoutier (593) ; saint Tétric, évêque d’Auxerre (709) ; saint Mérole, évêque du Mans (vers 785) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Rozanov), prêtre ; Nathalie (Balkanova), moniale (1938).

SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386)

Notre saint Père Cyrille naquit probablement à Jérusalem, vers 315, de parents pieux et orthodoxes. Il fut ordonné prêtre par l’archevêque saint Maxime qui le chargea de la formation des catéchumènes. Homme de paix, humble et doux, plus préoccupé de l’édification des fidèles que des interminables controverses doctrinales qui déchiraient l’Église après le Concile de Nicée, il évitait d’employer le mot « consubstantiel » (homoousios) , mais partageait pleinement la foi orthodoxe. Cette réserve fit croire aux ariens qu’il était de leur parti et, lorsqu’à la mort de Maxime (347), il fut élu par le peuple pour lui succéder, Acace, le métropolite arien de Césarée de Palestine, dont dépendait alors Jérusalem , agréa l’élection et l’ordonna évêque. Mais il dut bientôt reconnaître amèrement sa méprise , car le nouvel évêque enseignait clairement la doctrine orthodoxe sur la divinité du Fils et Verbe de Dieu en expliquant le Symbole de foi aux catéchumènes dans ses Catéchèses baptismales . Tel le Bon Pasteur, il gouverna avec sagesse la Ville sainte qui, grâce aux constructions entreprises par saint Constantin le Grand, retrouvait une nouvelle gloire et attirait un grand nombre de pèlerins venus de toutes les extrémités du monde chrétien.

En 351, saint Cyrille fut témoin comme tous les habitants de l’apparition merveilleuse d’une immense Croix lumineuse dans le ciel, du Golgotha au Mont des Oliviers, et il écrivit à l’empereur Constance pour l’en informer . Il contribua aussi à l’organisation des fêtes et des processions dans les Lieux saints, qui deviendront le fondement de maintes fêtes générales de l’Église. Quelques années après, il présenta au métropolite de Césarée une requête, dans laquelle il demandait la reconnaissance des privilèges apostoliques de Jérusalem, que les Pères du Concile de Nicée avaient reconnus, mais sans les définir exactement. Cette revendication déclencha la haine d’Acace qui, sous prétexte qu’en temps de famine Cyrille avait vendu des vases sacrés et des ornements liturgiques de la basilique de la Résurrection pour nourrir les pauvres, le convoqua à son tribunal ecclésiastique, en vue de le condamner. Comme Cyrille ne se rendait pas à ses convocations réitérées, il le déposa et le fit expulser par la force de Jérusalem, en mettant à sa place un arien. Saint Cyrille fit appel, demandant que l’affaire soit soumise à une autorité ecclésiastique supérieure. En attendant, il trouva refuge à Tarse, en Cilicie, auprès de l’évêque Silvain. En dépit des menaces d’Acace, celui-ci l’accueillit fraternellement et lui demanda de prêcher au peuple qui l’écoutait avec enthousiasme, comme un homme vraiment apostolique. Le concile réuni à Séleucie en 359 lui rendit justice et déposa Acace. Mais la sentence n’eut pas le temps d’être mise à exécution, car le métropolite de Césarée, se précipitant à Constantinople, fit pression auprès de l’empereur Constance pour qu’il annule la décision du concile, et il fit confirmer la déposition de Cyrille par un conciliabule d’évêques ariens (360).
Lorsque, peu après, Julien l’Apostat prit le pouvoir, saint Cyrille put profiter des mesures de tolérance religieuse prises par l’empereur afin de préparer sa restauration du paganisme, et il rejoignit son siège avec tous les autres évêques exilés au temps de Constance. Mais ce ne fut que pour affronter de nouvelles tribulations. Incités par l’empereur, les païens de Gaza se soulevèrent alors contre les chrétiens, en faisant de nombreuses victimes, puis ils détruisirent le monastère de saint Hilarion [21 oct.] et dispersèrent ses moines. Comme l’Apostat voulait démontrer la fausseté des prophéties du Christ concernant la ruine définitive du Temple de Jérusalem (cf. Mt 24, 2), détruit par les Romains sous Tite, il permit aux Juifs de le reconstruire. Mais, conformément à la prédiction de saint Cyrille, les travaux furent bientôt arrêtés par un terrible tremblement de terre, qui renversa même les fondations de l’ancien Temple, et un feu, sortant des fondements, consuma certains ouvriers, en mutila d’autres, laissant à tous les marques les plus visibles de la colère divine.

Après la disparition de Julien (363), le calme étant rétabli, Cyrille put reprendre son œuvre pastorale et, à la mort d’Acace, il fit élire son neveu comme métropolite de Césarée. Mais, par leurs intrigues, les ariens convainquirent l’empereur Valens (364-378) de déposer le saint évêque de Jérusalem et de le condamner à un nouvel exil, ainsi que tous les autres évêques bannis sous Constance (367). À la mort de Valens, saint Cyrille put regagner son diocèse, au bout de douze ans d’absence, mais il eut la douleur de découvrir que certains orthodoxes, influencés par les calomnies des ariens, refusaient de le reconnaître comme leur évêque légitime et de communier avec lui. C’est pour cette raison que le Concile d’Antioche (379) envoya saint Grégoire de Nysse [10 janv.], pour rétablir la paix dans le diocèse de Jérusalem. Ayant échoué, celui-ci se retira découragé et plein de tristesse, laissant saint Cyrille affronter seul, avec foi et espérance, les divisions dans la Maison de Dieu. Il prit part au IIe Concile Œcuménique (381) réuni par l’empereur Théodose, et contribua à la condamnation définitive de l’arianisme et de ses diverses variantes. Au terme de ses sessions, le Concile reconnut solennellement les combats de l’évêque de Jérusalem pour la cause de l’Orthodoxie. De retour dans sa cité saint Cyrille put jouir pour peu de temps de la paix qu’il avait restaurée au prix de tant de labeurs, et il s’endormit en 386, après trente-cinq ans d’épiscopat, dont seize se passèrent en exil.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyrille, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi / pour ton troupeau une règle de foi, / un modèle de douceur, / un maître de tempérance; / c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation / et par ta pauvreté la richesse. / Cyrille, pontife sacré, / prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Cyrille, ton 1
Ta langue, sous la divine inspiration, / illumina les peuples, Père saint, / leur enseignant le culte de l’unique Trinité / indivise par nature, mais distinguée en trois personnes; / c’est pourquoi nous fêtons dans l’allégresse ta mémoire sacrée, / en te désignant comme intercesseur auprès de Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (X, 1-22)
Le fils sage réjouit son père ; le fils insensé est le chagrin de sa mère. Les trésors ne serviront de rien aux pervers ;
mais l’équité délivrera de la mort.
Le Seigneur ne laissera pas mourir de faim l’âme du juste ; mais Il détruira la vie des impies. L’indigence abaisse l’homme ; mais des mains fortes enrichissent. Le fils bien enseigné sera sage,
et il se fera servir par l’insensé.
Le fils prudent n’a point à souffrir de la grande chaleur ;
mais le fils pervers est un épi consumé par le vent pendant la moisson. La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
mais des deuils imprévus couvrent la tête des impies.
La mémoire des justes a la louange pour elle ;
mais le nom des impies s’éteint.
Le sage recueille les commandements en son cœur ;
mais l’homme aux lèvres indiscrètes prend des détours et trébuche. Celui qui marche en sa simplicité, marche avec confiance ;
celui qui se détourne dans ses voies sera découvert.
Celui qui approuve d’un regard rusé
prépare toute sorte de chagrins aux hommes ;
mais celui qui réprimande avec franchise est un pacificateur.
Il y a une source de vie dans la main du juste ;
mais la perdition est cachée dans la bouche des impies.
La haine suscite la discorde ;
l’amitié protège tous ceux qui n’aiment point les querelles.
Celui dont les lèvres professent la sagesse
frappe d’une verge l’homme privé de sens.
Les sages cachent leur science ;
mais la bouche du téméraire le conduit à la confusion.
La fortune des riches est leur forteresse,
et la pauvreté est pour les impies le brisement du cœur.
Les œuvres des justes donnent la vie ;
mais les fruits des impies sont autant de péchés.
L’instruction garde droites les voies de la vie;
mais l’instruction superficielle égare.
Les lèvres justes couvrent la haine ;
mais ceux qui se répandent en injures sont des plus insensés.
Par la multitude des paroles, tu n’éviteras pas le péché1 ;
par la discrétion des lèvres, tu seras sage.
La langue du juste est de l’argent pur ;
mais le cœur de l’impie est sans valeur.
Les lèvres des justes savent des vérités sublimes ;
les insensés meurent dans l’indigence.
La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
elle l’enrichit, et il ne s’y joindra aucune tristesse de cœur.

29 mars

29 mars
GRAND CARÊME

Saint Marc évêque d’Aréthuse en Syrie et saint Cyrille, diacre à Héliopolis, et leurs compagnons, martyrs (vers 364) ; saint Jean l’ermite (IVème s.) ; saint Diadoque, évêque de Photicée (Vème s.) ; )  saint Firmin, évêque de Viviers (VIème s.) ; saints Aule, Eumaque et Longin, évêques de Viviers (VIIème s.) ; saint Eustathe, évêque en Bithynie, confesseur (IXème s.) ; saints Marc et Jonas de Pskov (1480) ; saint Michel (Viktorov), confesseur, prêtre (1933).

SAINT MARC ÉVÊQUE D’ARÉTHUSE

Saint Marc évêque d’Aréthuse (vers 364)

Notre saint Père Marc fut consacré évêque de la ville d’Aréthuse (auj. Er Restan), en Syrie, sous le règne de saint Constantin le Grand. Poussé par un zèle divin, il s’illustra alors dans la lutte contre l’idolâtrie et démolit de ses propres mains un temple païen, construisant à sa place une église. Pendant les années troublées qui suivirent le Concile de Nicée, il se laissa entraîner dans les rangs des évêques semi-ariens qui, sans renier la divinité du Verbe, n’admettaient pas l’introduction du terme « consubstantiel » (homoousios) dans le Symbole de foi. Il assista aux conciles de Sardique (343) et de Sirmium (351), et rédigea même un formulaire de foi, qui cherchait à concilier les partis opposés, afin de restaurer l’unité de l’Église (359). Mais il réalisa bientôt son erreur et rejoignit sans ambiguïté les rangs des orthodoxes, peu de temps avant que Julien l’Apostat prenne le pouvoir et commence sa politique de restauration violente du paganisme (361). En apprenant ce retournement de la situation les païens d’Aréthuse, qui gardaient une rancune tenace à l’égard de l’évêque, tentèrent de s’emparer de lui. Sans reconnaissance pour Marc, qui lui avait jadis sauvé la vie au moment de l’assassinat de ses parents, Julien avait accordé toute sa bienveillance aux idolâtres dans cette affaire, et il les laissa perquisitionner dans toute la région à la recherche de l’évêque qui avait fui pour ne pas s’exposer sans nécessité à la persécution. Mais quand il apprit qu’on avait arrêté à sa place d’autres chrétiens et qu’on les soumettait à la torture, il alla se livrer de lui-même aux païens. Dès qu’ils le virent, ceux-ci se jetèrent sauvagement sur le vieillard, sans égard pour ses cheveux blancs, et, le dénudant, ils le couvrirent de coups. Puis ils le jetèrent dans un égout infect et le livrèrent à des enfants qui le percèrent de leurs poinçons à écrire. Par la suite on lui enduisit le corps de saumure et de miel et, l’enfermant dans une corbeille qu’on suspendit en plein air, on l’exposa à l’ardeur du soleil et aux dards des guêpes et des abeilles. Malgré ces tourments, Marc restait inflexible dans sa confession de foi et refusait tout compromis avec les païens qui voulaient lui arracher au moins la promesse de rebâtir à ses frais le temple qu’il avait détruit. Le saint refusa de leur accorder quoi que ce soit, disant qu’une simple obole serait, dans ce cas, équivalente au reniement de la foi tout entière. Et il se moquait de leur bassesse et de leurs soucis terrestres, alors qu’il se trouvait, lui, élevé au ciel par les tourments qu’ils lui infligeaient. Vaincus, finalement les païens le relâchèrent et un certain nombre d’entre eux, édifié par son endurance et par ses discours, se convertit au Christ. Saint Marc mourut en paix en 364, et remporta le trophée des confesseurs du Christ. À la même époque, Cyrille, diacre à Héliopolis de Phénicie, qui avait lui aussi détruit de nombreuses idoles au temps de saint Constantin, fut arrêté par les païens. Ils lui ouvrirent le ventre, dispersèrent ses entrailles sur le sol et mangèrent son foie cru. Les coupables de cette infamie furent par la suite l’objet de la vengeance divine : les uns perdirent toutes leurs dents, les autres eurent la langue atteinte de putréfaction et d’autres perdirent la vue. À Ascalon et Gaza, villes de Palestine, où l’idolâtrie était tenace, les idolâtres s’emparèrent de clercs et de femmes consacrées à Dieu. Ils leur arrachèrent les entrailles et remplirent leur ventre d’orge, puis ils les livrèrent en pâture aux porcs. À Sébaste, ils ouvrirent la châsse contenant les reliques du saint Précurseur Jean le Baptiste et les jetèrent au feu, puis ils dispersèrent les cendres à tout vent. Malgré toutes ces atrocités, les païens ne parvinrent pas à restaurer le culte des idoles et, dans sa grande majorité, le peuple restait indifférent à leurs tentatives, à tel point que, quand Julien voulut organiser une grande fête à Antioche en l’honneur d’Apollon, il eut la surprise de se retrouver seul avec ses courtisans dans le temple vide, pendant qu’en ville on se moquait de lui.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Marc, évêque d’Aréthuse et des autres martyrs, ton 8
Ayant mortifié par le renoncement / l’ardeur et l’élan de leurs passions, / les Martyrs du Christ ont reçu le pouvoir / de chasser toute langueur et toute maladie / et de faire des miracles, vivant après leur mort. / Ô merveille étonnante! De simples ossements / deviennent une source de guérison. / Glorifions l’unique sagesse du Dieu créateur.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 32, – IX, 11)
Maintenant donc, mon fils, écoute-moi.
Heureux l’homme qui m’écoutera,
et le mortel qui gardera mes voies, veillant le jour à mes portes
et gardant le seuil de ma demeure.
Car mes portes sont des portes de vie, et en elles réside la volonté du Seigneur. Ceux qui pèchent contre moi outragent leur âme,
et ceux qui me haïssent aiment la mort.
La Sagesse a édifié pour elle une maison,
et elle l’a appuyée sur sept colonnes.
Elle a égorgé ses victimes ;
elle a mêlé son vin dans un cratère et a dressé sa table.
Elle a envoyé ses serviteurs, conviant à boire autour de son cratère, disant : Que l’insensé vienne à moi ;
et à ceux qui manquent de sens elle a dit:
Venez, mangez de mon pain ;
buvez du vin que j’ai mêlé pour vous.
Abandonnez la folie, pour régner dans l’éternité ;
cherchez la sagesse, et dirigez votre intelligence vers le savoir.
Celui qui veut instruire les méchants n’y gagnera que de la honte ;
celui qui blâme l’impie se moque de lui-même.
Ne réprimande pas le méchant,
de peur qu’il ne te haïsse ;
mais corrige le sage, et il t’aimera.
Donne au sage une occasion d’apprendre, et il sera plus sage ;
avertis le juste, et il s’instruira de plus en plus.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse,
et le conseil des saints est l’intelligence ;
car connaître la loi, c’est l’œuvre d’un bon esprit.
Et de cette manière tu vivras longtemps, et des années s’ajouteront à ta vie.

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

18 mars

18 mars
GRAND CARÊME

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386) ; saints Trophime et Eucarpe, martyrs à Nicomédie (vers 300) ; saint Aninas, hiéromoine ; saint Léobard, reclus à Marmoutier (593) ; saint Tétric, évêque d’Auxerre (709) ; saint Mérole, évêque du Mans (vers 785) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Rozanov), prêtre ; Nathalie (Balkanova), moniale (1938).

SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386)

Notre saint Père Cyrille naquit probablement à Jérusalem, vers 315, de parents pieux et orthodoxes. Il fut ordonné prêtre par l’archevêque saint Maxime qui le chargea de la formation des catéchumènes. Homme de paix, humble et doux, plus préoccupé de l’édification des fidèles que des interminables controverses doctrinales qui déchiraient l’Église après le Concile de Nicée, il évitait d’employer le mot « consubstantiel » (homoousios) , mais partageait pleinement la foi orthodoxe. Cette réserve fit croire aux ariens qu’il était de leur parti et, lorsqu’à la mort de Maxime (347), il fut élu par le peuple pour lui succéder, Acace, le métropolite arien de Césarée de Palestine, dont dépendait alors Jérusalem , agréa l’élection et l’ordonna évêque. Mais il dut bientôt reconnaître amèrement sa méprise , car le nouvel évêque enseignait clairement la doctrine orthodoxe sur la divinité du Fils et Verbe de Dieu en expliquant le Symbole de foi aux catéchumènes dans ses Catéchèses baptismales . Tel le Bon Pasteur, il gouverna avec sagesse la Ville sainte qui, grâce aux constructions entreprises par saint Constantin le Grand, retrouvait une nouvelle gloire et attirait un grand nombre de pèlerins venus de toutes les extrémités du monde chrétien.

En 351, saint Cyrille fut témoin comme tous les habitants de l’apparition merveilleuse d’une immense Croix lumineuse dans le ciel, du Golgotha au Mont des Oliviers, et il écrivit à l’empereur Constance pour l’en informer . Il contribua aussi à l’organisation des fêtes et des processions dans les Lieux saints, qui deviendront le fondement de maintes fêtes générales de l’Église. Quelques années après, il présenta au métropolite de Césarée une requête, dans laquelle il demandait la reconnaissance des privilèges apostoliques de Jérusalem, que les Pères du Concile de Nicée avaient reconnus, mais sans les définir exactement. Cette revendication déclencha la haine d’Acace qui, sous prétexte qu’en temps de famine Cyrille avait vendu des vases sacrés et des ornements liturgiques de la basilique de la Résurrection pour nourrir les pauvres, le convoqua à son tribunal ecclésiastique, en vue de le condamner. Comme Cyrille ne se rendait pas à ses convocations réitérées, il le déposa et le fit expulser par la force de Jérusalem, en mettant à sa place un arien. Saint Cyrille fit appel, demandant que l’affaire soit soumise à une autorité ecclésiastique supérieure. En attendant, il trouva refuge à Tarse, en Cilicie, auprès de l’évêque Silvain. En dépit des menaces d’Acace, celui-ci l’accueillit fraternellement et lui demanda de prêcher au peuple qui l’écoutait avec enthousiasme, comme un homme vraiment apostolique. Le concile réuni à Séleucie en 359 lui rendit justice et déposa Acace. Mais la sentence n’eut pas le temps d’être mise à exécution, car le métropolite de Césarée, se précipitant à Constantinople, fit pression auprès de l’empereur Constance pour qu’il annule la décision du concile, et il fit confirmer la déposition de Cyrille par un conciliabule d’évêques ariens (360).
Lorsque, peu après, Julien l’Apostat prit le pouvoir, saint Cyrille put profiter des mesures de tolérance religieuse prises par l’empereur afin de préparer sa restauration du paganisme, et il rejoignit son siège avec tous les autres évêques exilés au temps de Constance. Mais ce ne fut que pour affronter de nouvelles tribulations. Incités par l’empereur, les païens de Gaza se soulevèrent alors contre les chrétiens, en faisant de nombreuses victimes, puis ils détruisirent le monastère de saint Hilarion [21 oct.] et dispersèrent ses moines. Comme l’Apostat voulait démontrer la fausseté des prophéties du Christ concernant la ruine définitive du Temple de Jérusalem (cf. Mt 24, 2), détruit par les Romains sous Tite, il permit aux Juifs de le reconstruire. Mais, conformément à la prédiction de saint Cyrille, les travaux furent bientôt arrêtés par un terrible tremblement de terre, qui renversa même les fondations de l’ancien Temple, et un feu, sortant des fondements, consuma certains ouvriers, en mutila d’autres, laissant à tous les marques les plus visibles de la colère divine.

Après la disparition de Julien (363), le calme étant rétabli, Cyrille put reprendre son œuvre pastorale et, à la mort d’Acace, il fit élire son neveu comme métropolite de Césarée. Mais, par leurs intrigues, les ariens convainquirent l’empereur Valens (364-378) de déposer le saint évêque de Jérusalem et de le condamner à un nouvel exil, ainsi que tous les autres évêques bannis sous Constance (367). À la mort de Valens, saint Cyrille put regagner son diocèse, au bout de douze ans d’absence, mais il eut la douleur de découvrir que certains orthodoxes, influencés par les calomnies des ariens, refusaient de le reconnaître comme leur évêque légitime et de communier avec lui. C’est pour cette raison que le Concile d’Antioche (379) envoya saint Grégoire de Nysse [10 janv.], pour rétablir la paix dans le diocèse de Jérusalem. Ayant échoué, celui-ci se retira découragé et plein de tristesse, laissant saint Cyrille affronter seul, avec foi et espérance, les divisions dans la Maison de Dieu. Il prit part au IIe Concile Œcuménique (381) réuni par l’empereur Théodose, et contribua à la condamnation définitive de l’arianisme et de ses diverses variantes. Au terme de ses sessions, le Concile reconnut solennellement les combats de l’évêque de Jérusalem pour la cause de l’Orthodoxie. De retour dans sa cité saint Cyrille put jouir pour peu de temps de la paix qu’il avait restaurée au prix de tant de labeurs, et il s’endormit en 386, après trente-cinq ans d’épiscopat, dont seize se passèrent en exil.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyrille, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi / pour ton troupeau une règle de foi, / un modèle de douceur, / un maître de tempérance; / c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation / et par ta pauvreté la richesse. / Cyrille, pontife sacré, / prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Cyrille, ton 1
Ta langue, sous la divine inspiration, / illumina les peuples, Père saint, / leur enseignant le culte de l’unique Trinité / indivise par nature, mais distinguée en trois personnes; / c’est pourquoi nous fêtons dans l’allégresse ta mémoire sacrée, / en te désignant comme intercesseur auprès de Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (III, 19-34)
Dieu a fondé la terre par la Sagesse ;
Il a affermi le ciel par la Prudence.
Grâce à sa prévoyance, les abîmes ont été rompus,
et les nuages ont répandu la rosée. Mon fils, que ces choses ne s’éloignent pas de toi ;
garde mes conseils et ma science, afin que ton âme vive,
et que la grâce demeure autour de ton cou, la santé sera en ta chair, et le bien-être en tes os ; afin que tu marches, en toutes tes voies, plein d’assurance et de paix, et que ton pied ne trébuche pas.
Si tu reposes, tu seras sans crainte ;
si tu sommeilles, tu dormiras doucement. Tu ne redouteras ni les alarmes soudaines, ni les attaques des impies. Car le Seigneur sera sur toutes tes voies, et Il affermira ton pied de peur que tu ne chancelles.
Ne t’abstiens pas de faire du bien à l’indigent, sous prétexte que ta main ne peut le secourir.
Ne dis pas, quand tu pourras bien faire :
Va et reviens, demain je te donnerai ;
car tu ne sais ce qu’amènera le jour suivant.
Ne pense pas à mal contre ton ami qui vit près de toi, et se fie à toi. Ne prends pas en haine un homme sans motif, de peur qu’il ne vienne à te nuire.
Ne t’attire pas les outrages d’hommes méchants ;
ne porte point envie à leurs voies.
Car tout pervers est impur devant le Seigneur, et il ne siégera point dans l’assemblée des justes.
La malédiction de Dieu est sur la maison des impies ;
mais les chaumières des justes sont bénies.
Le Seigneur résiste aux orgueilleux ; mais Il donne Sa grâce aux humbles.

15 mars

15 mars
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (I, 20-33)

La Sagesse chante dans les rues ;
elle parle librement au milieu des places.
Et du haut des remparts elle crie comme un héraut,
et elle siège devant les portes des riches ;
et aux portes de la cité, pleine d’assurance, elle dit :
tant que les innocents s’attacheront à la justice, ils ne seront point humiliés ; quant aux insensés, pleins de désirs honteux, devenus impies,
ils haïssent la science, et sont exposés aux opprobres.
Voilà que je vais proférer pour vous les paroles de mon esprit ;
je vais vous enseigner mes discours.
J’ai appelé, et vous n’avez point obéi ;
j’ai parlé longuement, et vous n’étiez pas attentifs ;
mais vous avez mis à néant mes conseils,
et vous avez été rebelles à mes réprimandes.
Aussi moi je rirai au jour de votre perte,
et je me réjouirai quand viendra votre ruine, et quand soudain le trouble fondra sur vous,
et que votre catastrophe sera là comme une tempête,
et quand viendra sur vous la tribulation et l’oppression, et enfin la mort. Car alors vous m’invoquerez ; mais moi je ne vous écouterai point ;
les méchants me chercheront, et ils ne me trouveront pas.
Car ils haïssent la Sagesse ;
et ils n’ont point choisi de préférence la parole du Seigneur.
Et ils n’ont point voulu être attentifs à mes conseils ;
et ils se sont raillés de mes reproches.
Aussi mangeront-ils les fruits de leurs voies ;
et ils se rassasieront de leur propre impiété.
Car ils seront mis à mort, pour avoir fait tort aux petits ;
et l’examen de leur cause perdra les impies.
Tandis que celui qui m’écoute s’abritera sous l’espérance,
et se reposera sans avoir à craindre aucun mal.

26 février (ancien calendrier)/10 mars (nouveau)

26 février (ancien calendrier)/10 mars (nouveau)
Abstinence de viande

Saint Porphyre, évêque de Gaza (420) ; saint martyr Sébastien (vers 66) ; saint Agricole, évêque de Nevers (vers 594) ; saint Victor, moine à Arcis-sur-Aube (VIème s.) ; saint Sébastien de Pochékhon (vers 1500) ; saint Jean l’ébéniste, néo-martyr grec (1575) ; saints néomartyrs de Russie : Pierre (Varlamov), prêtre (1930), Jean, évêque de Rylsk et Jean Dounaïev, prêtre, Anne (Blagovechtchensk), martyre (1938).

SAINT PORPHYRE, ÉVÊQUE DE GAZA

Saint Porphyre, évêque de Gaza (420)

Lorsque les persécutions eurent cessé et que le christianisme fut reconnu comme religion officielle de l’Empire, il fallut encore de longues années de labeurs aux successeurs des Apôtres pour déraciner le paganisme, souvent agressif, et implanter dans le peuple la douceur des mœurs chrétiennes. La vie de saint Porphyre témoigne admirablement d’une étape de cette grande mutation.

Saint Porphyre naquit vers l’an 347 au sein d’une noble et opulente famille de Thessalonique. Saisi d’un désir divin, il quitta un jour sa patrie et ses richesses et se hâta vers le fameux désert de Scété, en Égypte, où, aussitôt revêtu de l’Habit angélique, il vécut pendant cinq années au milieu des illustres Pères qui y brillaient alors. De là il passa en Palestine, où il vécut cinq autres années dans une grotte du désert du Jourdain. Mais la grande sécheresse et la rigueur du climat le firent tomber gravement malade. Mettant son espérance en Dieu seul, il se rendit alors à Jérusalem et, courbé sur un bâton, il vénéra avec dévotion tous les Lieux saints. C’est alors qu’il se lia d’amitié avec Marc, son futur biographe, et le chargea d’aller à Thessalonique, afin de partager sa fortune entre ses frères.

À son retour, Marc retrouva Porphyre complètement guéri à la suite d’une extase sur le Golgotha, au cours de laquelle il avait vu le Bon Larron descendre de sa croix pour le conduire vers le Christ qui lui remit la sainte Croix en dépôt.

Une fois qu’il eut distribué tout son héritage aux pauvres de Jérusalem et aux monastères d’Égypte, Porphyre se mit à exercer le métier de cordonnier pour vivre du travail de ses mains, à l’exemple de l’Apôtre saint Paul. Quand il eut atteint l’âge de quarante-cinq ans, l’évêque de Jérusalem Praÿlios , ayant entendu vanter sa douceur, sa charité et son don d’interprétation des saintes Écritures, l’ordonna prêtre, contre son gré, et lui confia la garde du Bois précieux de la Croix du Sauveur (stavrophylax). Cette dignité enviable ne fit pas changer Porphyre dans son mode de vie, et il continua toute sa vie d’observer une stricte abstinence, passant toutes ses nuits en saintes veilles. Alors qu’il exerçait cette fonction depuis trois ans, l’évêque de Gaza vint à mourir. Les fidèles de cette Église, de fondation ancienne mais de modeste ampleur, ne pouvant se mettre d’accord sur le choix d’un successeur, envoyèrent une ambassade auprès de l’archevêque de Césarée , Jean. Au terme d’un jeûne de trois jours, le Seigneur lui désigna Porphyre comme étant le plus digne de cette charge. Connaissant l’humilité du stavrophylax, Jean le convoqua à Césarée sous prétexte de résoudre une difficulté de l’Écriture. Porphyre, averti la nuit précédente par le Christ qu’il allait lui confier une épouse humble mais vertueuse, sa propre « sœur », annonça inquiet à Marc : « Je crois bien que dans mon désir d’expier mes propres péchés, on ne m’impose l’expiation des péchés de beaucoup d’autres. Mais il n’est pas possible d’aller contre la volonté de Dieu. »

Arrivé à Césarée, il fut consacré évêque à l’issue de la vigile du dimanche, malgré ses pleurs et ses protestations, et fut aussitôt emmené par ses fidèles. Il parvint à grand peine jusqu’à Gaza, car les idolâtres de l’endroit avaient couvert la route d’obstacles divers, d’épines et d’immondices à l’odeur fétide.

Soumis à la volonté de Dieu et engageant vaillamment le combat contre le diable, dès son arrivée dans la ville qui souffrait alors d’une grande sécheresse, le nouvel évêque réunit les chrétiens, qui n’étaient en tout et pour tout que deux cent quatre-vingts, prescrivit un jeûne et fit célébrer une vigile de toute la nuit. Au matin, à l’issue de la procession qu’il avait conduite à travers toute la ville, Dieu renouvela le miracle du prophète Élie et fit tomber une pluie bienfaisante. Cent vingt-sept païens se convertirent alors en criant : « Seul le Christ est Dieu. Lui seul a vaincu ! » Malgré ces prodiges et les prières de Porphyre pour leur conversion, les païens, qui détenaient le pouvoir dans la cité, n’en cessèrent pas pour autant leurs persécutions et leurs violentes attaques contre l’homme de Dieu et ses fidèles. C’est pourquoi l’évêque décida d’envoyer Marc à Constantinople, en vue de présenter sa requête au souverain, par l’entremise de l’archevêque saint Jean Chrysostome. Il obtint alors un édit de l’empereur Arcade, ordonnant de fermer tous les temples d’idoles. Mais ce décret ne fut pas observé de façon rigoureuse, et les outrages et vexations des païens contre les convertis poussèrent saint Porphyre à se rendre à Césarée, où il conjura l’archevêque d’accepter sa démission. Jean l’exhorta à la patience et lui proposa de se rendre avec lui à Constantinople pour demander à l’empereur la destruction des temples païens.

Après avoir reçu les conseils éclairés d’un ermite nommé Procope, lors d’une escale dans l’île de Rhodes, ils parvinrent à Byzance, et allèrent aussitôt présenter leurs hommages à saint Jean Chrysostome et lui exposer l’objet de leur voyage. Celui-ci leur montra une tendre affection ; mais, ne pouvant intercéder en leur faveur auprès de l’empereur car la toute puissante impératrice Eudoxie était alors irritée contre lui , il fit intervenir le chambellan Amantios. Eudoxie, qui était alors enceinte, reçut les deux évêques avec sympathie et leur promit son soutien. Au bout de quelques jours, elle donna naissance à un enfant mâle, le futur empereur Théodose II le Jeune (408-450), conformément à la prophétie prononcée par les deux prélats. En signe de reconnaissance, elle leur demanda de rédiger leur requête concernant l’Église de Gaza. Le jour du baptême de l’enfant, au milieu des fêtes extraordinaires déployées à cette occasion, Eudoxie obtint de l’empereur son consentement et s’engagea à faire construire à ses propres frais une église sur l’emplacement du principal temple païen de Gaza. Après la Pâque (402), Porphyre et Jean prirent le chemin du retour, en compagnie de fonctionnaires impériaux envoyés pour veiller à l’exécution des ordres du souverain.

Parvenus à Maïouma, après avoir échappé par miracle à une terrible tempête et avoir converti le capitaine du navire, qui professait l’arianisme, les deux évêques furent accueillis au chant des psaumes par les chrétiens venus à leur rencontre. Lorsque le cortège parvint à Gaza, une statue d’Aphrodite se brisa en mille morceaux à l’approche de l’emblème de la Croix, déchaînant les cris de triomphe des fidèles. Dès que le magistrat impérial arriva, à la tête d’une puissante escorte, il proclama l’édit de l’empereur et fit aussitôt abattre huit temples des idoles. Il fit ensuite brûler le grand temple de Marneion et confisqua les biens des païens en vue, qui s’étaient enfuis à son approche. Le reste des païens, au nombre de trois cents, se rallia à la vraie foi, et, après les avoir dûment catéchisés, saint Porphyre les baptisa.
Une fois la paix bien établie à Gaza, le saint évêque s’employa à faire construire une grande église sur les ruines du temple de Marneion, conformément aux plans envoyés par l’impératrice. Tous les fidèles, hommes, femmes et enfants, participèrent avec enthousiasme aux travaux, en chantant des psaumes et en criant : « Le Christ a vaincu ! » Au bout de cinq années de travaux, le jour de Pâques, on procéda à la dédicace de l’église, appelée Eudoxienne, en présence de tous les moines des environs et d’une foule de fidèles. Ces festivités furent pour le saint l’occasion de distribuer de larges aumônes et d’exhorter le peuple à se tenir ferme dans la vraie foi. Mais les païens n’en cessaient pas moins de chercher querelle en toute occasion aux chrétiens et, un jour, une dispute ayant éclatée, ils tuèrent sept fidèles et pourchassèrent saint Porphyre qui s’enfuit par les toits.

Quelques années plus tard, une fois mise en ordre la vie de la communauté chrétienne de Gaza, saint Porphyre, qui avait aussi contribué à la défense de l’Orthodoxie contre l’hérésie de Pélage en participant au concile de Diospolis (415), tomba malade. Il rédigea un Testament dans lequel il stipulait qu’il convenait d’assurer régulièrement les aumônes pour les pauvres et l’hospitalité pour les étrangers, et recommandait à Dieu tout le peuple chrétien. Puis il s’endormit en paix, pour rejoindre le chœur des saints, le 26 février 420, au terme de vingt-cinq ans d’épiscopat et de combats sans relâche contre l’idolâtrie.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Porphyre, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Porphyre, bienheureux Père dans les saints, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Porphyre, ton 2
Orné d’une grande sainteté, * sous l’ornement du sacerdoce tu as brillé, * Porphyre, bienheureux Père aux divines pensées, * et tu te distingues par l’excellence des guérisons, * toi qui sans cesse intercèdes en faveur de nous tous.

Évangile du jour
(Lc XXIII, 1-34, 44-56)

Ils se levèrent tous, et ils conduisirent Jésus devant Pilate. Ils se mirent à l’accuser, disant: Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte, empêchant de payer le tribut à César, et se disant lui-même Christ, roi. Pilate l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. Pilate dit aux principaux sacrificateurs et à la foule: Je ne trouve rien de coupable en cet homme. Mais ils insistèrent, et dirent: Il soulève le peuple, en enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu’ici. Quand Pilate entendit parler de la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen; et, ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là. Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie; car depuis longtemps, il désirait le voir, à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui, et il espérait qu’il le verrait faire quelque miracle. Il lui adressa beaucoup de questions; mais Jésus ne lui répondit rien. Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là, et l’accusaient avec violence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et, après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit éclatant, il le renvoya à Pilate. Ce jour même, Pilate et Hérode devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant. Pilate, ayant assemblé les principaux sacrificateurs, les magistrats, et le peuple, leur dit: Vous m’avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte. Et voici, je l’ai interrogé devant vous, et je ne l’ai trouvé coupable d’aucune des choses dont vous l’accusez; Hérode non plus, car il nous l’a renvoyé, et voici, cet homme n’a rien fait qui soit digne de mort. Je le relâcherai donc, après l’avoir fait battre de verges. A chaque fête, il était obligé de leur relâcher un prisonnier. Ils s’écrièrent tous ensemble: Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas. Cet homme avait été mis en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour un meurtre. Pilate leur parla de nouveau, dans l’intention de relâcher Jésus. Et ils crièrent: Crucifie, crucifie-le! Pilate leur dit pour la troisième fois: Quel mal a-t-il fait? Je n’ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je le relâcherai donc, après l’avoir fait battre de verges. Mais ils insistèrent à grands cris, demandant qu’il fût crucifié. Et leurs cris l’emportèrent: Pilate prononça que ce qu’ils demandaient serait fait.Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour sédition et pour meurtre, et qu’ils réclamaient; et il livra Jésus à leur volonté. Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix, pour qu’il la porte derrière Jésus. Il était suivi d’une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles, et dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. Car voici, des jours viendront où l’on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité! Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: Couvrez-nous! Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec? On conduisait en même temps deux malfaiteurs, qui devaient être mis à mort avec Jésus. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort. Il était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure. Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu. Jésus s’écria d’une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste. Et tous ceux qui assistaient en foule à ce spectacle, après avoir vu ce qui était arrivé, s’en retournèrent, se frappant la poitrine. Tous ceux de la connaissance de Jésus, et les femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient dans l’éloignement et regardaient ce qui se passait. Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste, qui n’avait point participé à la décision et aux actes des autres; il était d’Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. C’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi.

19 février (ancien calendrier)/3 mars (nouveau)

19 février (ancien calendrier)/3 mars (nouveau)

Saint Archippe et ses parents, saint Philémon et sainte Apphia, apôtres et martyrs (Ier siècle) ; saint Gabin, prêtre, martyr à Rome (296) ; saints Maxime, Théodote, Hésychius et Asclépiodote, martyrs à Andrinople en Thrace (305-311) ; saints Eugène et Macaire, confesseurs, prêtres à Antioche (363) ; saint Rabula, moine à Constantinople (vers 530) ; saint Dosithée (VIIème s.), disciple de saint Dorothée de Gaza ; sainte Philothée d’Athènes, martyre (1589) ; saint Théodore de Sanaxare (1791) ; saint Nicétas l’Athonite, néo-martyr grec (1809) ; saint martyr Démètre (Volkov) (1942).

SAINT ARCHIPPE

Saint Archippe et ses parents, saint Philémon et sainte Apphia, apôtres et martyrs (Ier siècle)

Saint Archippe était le fils de saint Philémon et de sainte Apphias [22 nov., 15 fév.], et il était lui aussi disciple du saint Apôtre Paul qui l’appelle : notre frère d’armes (Phlm). Résidant à Colosses, il y prêchait l’Évangile avec Philémon et exerçait probablement le ministère sacerdotal pour l’Église qui s’assemblait dans la maison de ce dernier (cf. Col 4, 17). Pendant la longue absence de l’évêque Épaphras, qui se trouvait avec saint Paul à Rome, il dut même porter, malgré son jeune âge, toute la responsabilité de l’Église de Colosses. Son zèle pour la prédication excita la haine des païens qui s’emparèrent de lui et le traînèrent devant le gouverneur Androklès. Comme il refusait d’offrir un sacrifice à Artémis, il fut mis à nu, fustigé, jeté dans une fosse et recouvert de terre jusqu’à mi-corps. Il fut alors livré à des enfants, qui le percèrent d’aiguilles, et reçut finalement la couronne du martyre en étant lapidé.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre, ton 3
Saint Apôtre du Seigneur, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre, ton 4

Comme un astre te possédant, * Archippe, l’Église, illuminée * par le rayonnement de tes miracles, s’écrie: * Sauve les fidèles vénérant, * saint Apôtre, ta mémoire sacrée.

Évangile du jour
(Mc. XV, 1-15)

Dès le matin, les principaux sacrificateurs tinrent conseil avec les anciens et les scribes, et tout le sanhédrin. Après avoir lié Jésus, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Pilate. Pilate l’interrogea: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. Les principaux sacrificateurs portaient contre lui plusieurs accusations. Pilate l’interrogea de nouveau: Ne réponds-tu rien? Vois de combien de choses ils t’accusent. Et Jésus ne fit plus aucune réponse, ce qui étonna Pilate. À chaque fête, il relâchait un prisonnier, celui que demandait la foule. Il y avait en prison un nommé Barabbas avec ses complices, pour un meurtre qu’ils avaient commis dans une sédition. La foule, étant montée, se mit à demander ce qu’il avait coutume de leur accorder. Pilate leur répondit: Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juif? Car il savait que c’était par envie que les principaux sacrificateurs l’avaient livré. Mais les chefs des sacrificateurs excitèrent la foule, afin que Pilate leur relâchât plutôt Barabbas. Pilate, reprenant la parole, leur dit: Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs? Ils crièrent de nouveau: Crucifie-le! Pilate leur dit: Quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Crucifie-le! Pilate, voulant satisfaire la foule, leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

26 février

26 février

Dimanche de l’abstinence des laitages, mémoire de l’exil d’Adam du paradis – dimanche du Pardon Saint Porphyre, évêque de Gaza (420) ; saint martyr Sébastien (vers 66) ; saint Sébastien de Pochékhon (vers 1500) ; ; saint Agricole, évêque de Nevers (vers 594) ; saint Victor, moine à Arcis-sur-Aube (VIème s.) ; saint Jean l’ébéniste, néo-martyr grec (1575) ; saints néomartyrs de Russie : Pierre (Varlamov), prêtre (1930) ; Jean, évêque de Rylsk et Jean Dounaïev, prêtre, Anne (Blagovechtchensk) (1938).

SAINT PORPHYRE, ÉVÊQUE DE GAZA

Saint Porphyre, évêque de Gaza (420)

Lorsque les persécutions eurent cessé et que le christianisme fut reconnu comme religion officielle de l’Empire, il fallut encore de longues années de labeurs aux successeurs des Apôtres pour déraciner le paganisme, souvent agressif, et implanter dans le peuple la douceur des mœurs chrétiennes. La vie de saint Porphyre témoigne admirablement d’une étape de cette grande mutation.

Saint Porphyre naquit vers l’an 347 au sein d’une noble et opulente famille de Thessalonique. Saisi d’un désir divin, il quitta un jour sa patrie et ses richesses et se hâta vers le fameux désert de Scété, en Égypte, où, aussitôt revêtu de l’Habit angélique, il vécut pendant cinq années au milieu des illustres Pères qui y brillaient alors. De là il passa en Palestine, où il vécut cinq autres années dans une grotte du désert du Jourdain. Mais la grande sécheresse et la rigueur du climat le firent tomber gravement malade. Mettant son espérance en Dieu seul, il se rendit alors à Jérusalem et, courbé sur un bâton, il vénéra avec dévotion tous les Lieux saints. C’est alors qu’il se lia d’amitié avec Marc, son futur biographe, et le chargea d’aller à Thessalonique, afin de partager sa fortune entre ses frères.

À son retour, Marc retrouva Porphyre complètement guéri à la suite d’une extase sur le Golgotha, au cours de laquelle il avait vu le Bon Larron descendre de sa croix pour le conduire vers le Christ qui lui remit la sainte Croix en dépôt.

Une fois qu’il eut distribué tout son héritage aux pauvres de Jérusalem et aux monastères d’Égypte, Porphyre se mit à exercer le métier de cordonnier pour vivre du travail de ses mains, à l’exemple de l’Apôtre saint Paul. Quand il eut atteint l’âge de quarante-cinq ans, l’évêque de Jérusalem Praÿlios , ayant entendu vanter sa douceur, sa charité et son don d’interprétation des saintes Écritures, l’ordonna prêtre, contre son gré, et lui confia la garde du Bois précieux de la Croix du Sauveur (stavrophylax). Cette dignité enviable ne fit pas changer Porphyre dans son mode de vie, et il continua toute sa vie d’observer une stricte abstinence, passant toutes ses nuits en saintes veilles. Alors qu’il exerçait cette fonction depuis trois ans, l’évêque de Gaza vint à mourir. Les fidèles de cette Église, de fondation ancienne mais de modeste ampleur, ne pouvant se mettre d’accord sur le choix d’un successeur, envoyèrent une ambassade auprès de l’archevêque de Césarée , Jean. Au terme d’un jeûne de trois jours, le Seigneur lui désigna Porphyre comme étant le plus digne de cette charge. Connaissant l’humilité du stavrophylax, Jean le convoqua à Césarée sous prétexte de résoudre une difficulté de l’Écriture. Porphyre, averti la nuit précédente par le Christ qu’il allait lui confier une épouse humble mais vertueuse, sa propre « sœur », annonça inquiet à Marc : « Je crois bien que dans mon désir d’expier mes propres péchés, on ne m’impose l’expiation des péchés de beaucoup d’autres. Mais il n’est pas possible d’aller contre la volonté de Dieu. »

Arrivé à Césarée, il fut consacré évêque à l’issue de la vigile du dimanche, malgré ses pleurs et ses protestations, et fut aussitôt emmené par ses fidèles. Il parvint à grand peine jusqu’à Gaza, car les idolâtres de l’endroit avaient couvert la route d’obstacles divers, d’épines et d’immondices à l’odeur fétide.

Soumis à la volonté de Dieu et engageant vaillamment le combat contre le diable, dès son arrivée dans la ville qui souffrait alors d’une grande sécheresse, le nouvel évêque réunit les chrétiens, qui n’étaient en tout et pour tout que deux cent quatre-vingts, prescrivit un jeûne et fit célébrer une vigile de toute la nuit. Au matin, à l’issue de la procession qu’il avait conduite à travers toute la ville, Dieu renouvela le miracle du prophète Élie et fit tomber une pluie bienfaisante. Cent vingt-sept païens se convertirent alors en criant : « Seul le Christ est Dieu. Lui seul a vaincu ! » Malgré ces prodiges et les prières de Porphyre pour leur conversion, les païens, qui détenaient le pouvoir dans la cité, n’en cessèrent pas pour autant leurs persécutions et leurs violentes attaques contre l’homme de Dieu et ses fidèles. C’est pourquoi l’évêque décida d’envoyer Marc à Constantinople, en vue de présenter sa requête au souverain, par l’entremise de l’archevêque saint Jean Chrysostome. Il obtint alors un édit de l’empereur Arcade, ordonnant de fermer tous les temples d’idoles. Mais ce décret ne fut pas observé de façon rigoureuse, et les outrages et vexations des païens contre les convertis poussèrent saint Porphyre à se rendre à Césarée, où il conjura l’archevêque d’accepter sa démission. Jean l’exhorta à la patience et lui proposa de se rendre avec lui à Constantinople pour demander à l’empereur la destruction des temples païens.

Après avoir reçu les conseils éclairés d’un ermite nommé Procope, lors d’une escale dans l’île de Rhodes, ils parvinrent à Byzance, et allèrent aussitôt présenter leurs hommages à saint Jean Chrysostome et lui exposer l’objet de leur voyage. Celui-ci leur montra une tendre affection ; mais, ne pouvant intercéder en leur faveur auprès de l’empereur car la toute puissante impératrice Eudoxie était alors irritée contre lui , il fit intervenir le chambellan Amantios. Eudoxie, qui était alors enceinte, reçut les deux évêques avec sympathie et leur promit son soutien. Au bout de quelques jours, elle donna naissance à un enfant mâle, le futur empereur Théodose II le Jeune (408-450), conformément à la prophétie prononcée par les deux prélats. En signe de reconnaissance, elle leur demanda de rédiger leur requête concernant l’Église de Gaza. Le jour du baptême de l’enfant, au milieu des fêtes extraordinaires déployées à cette occasion, Eudoxie obtint de l’empereur son consentement et s’engagea à faire construire à ses propres frais une église sur l’emplacement du principal temple païen de Gaza. Après la Pâque (402), Porphyre et Jean prirent le chemin du retour, en compagnie de fonctionnaires impériaux envoyés pour veiller à l’exécution des ordres du souverain.

Parvenus à Maïouma, après avoir échappé par miracle à une terrible tempête et avoir converti le capitaine du navire, qui professait l’arianisme, les deux évêques furent accueillis au chant des psaumes par les chrétiens venus à leur rencontre. Lorsque le cortège parvint à Gaza, une statue d’Aphrodite se brisa en mille morceaux à l’approche de l’emblème de la Croix, déchaînant les cris de triomphe des fidèles. Dès que le magistrat impérial arriva, à la tête d’une puissante escorte, il proclama l’édit de l’empereur et fit aussitôt abattre huit temples des idoles. Il fit ensuite brûler le grand temple de Marneion et confisqua les biens des païens en vue, qui s’étaient enfuis à son approche. Le reste des païens, au nombre de trois cents, se rallia à la vraie foi, et, après les avoir dûment catéchisés, saint Porphyre les baptisa.
Une fois la paix bien établie à Gaza, le saint évêque s’employa à faire construire une grande église sur les ruines du temple de Marneion, conformément aux plans envoyés par l’impératrice. Tous les fidèles, hommes, femmes et enfants, participèrent avec enthousiasme aux travaux, en chantant des psaumes et en criant : « Le Christ a vaincu ! » Au bout de cinq années de travaux, le jour de Pâques, on procéda à la dédicace de l’église, appelée Eudoxienne, en présence de tous les moines des environs et d’une foule de fidèles. Ces festivités furent pour le saint l’occasion de distribuer de larges aumônes et d’exhorter le peuple à se tenir ferme dans la vraie foi. Mais les païens n’en cessaient pas moins de chercher querelle en toute occasion aux chrétiens et, un jour, une dispute ayant éclatée, ils tuèrent sept fidèles et pourchassèrent saint Porphyre qui s’enfuit par les toits.

Quelques années plus tard, une fois mise en ordre la vie de la communauté chrétienne de Gaza, saint Porphyre, qui avait aussi contribué à la défense de l’Orthodoxie contre l’hérésie de Pélage en participant au concile de Diospolis (415), tomba malade. Il rédigea un Testament dans lequel il stipulait qu’il convenait d’assurer régulièrement les aumônes pour les pauvres et l’hospitalité pour les étrangers, et recommandait à Dieu tout le peuple chrétien. Puis il s’endormit en paix, pour rejoindre le chœur des saints, le 26 février 420, au terme de vingt-cinq ans d’épiscopat et de combats sans relâche contre l’idolâtrie.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Porphyre, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Porphyre, bienheureux Père dans les saints, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Porphyre, ton 2
Orné d’une grande sainteté, * sous l’ornement du sacerdoce tu as brillé, * Porphyre, bienheureux Père aux divines pensées, * et tu te distingues par l’excellence des guérisons, * toi qui sans cesse intercèdes en faveur de nous tous.

Évangile du jour
(Mc XIV, 3-9)
Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus. Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation: A quoi bon perdre ce parfum? On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux pauvres. Et ils s’irritaient contre cette femme. Mais Jésus dit: Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine? Elle a fait une bonne action à mon égard; car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez, mais vous ne m’avez pas toujours. Elle a fait ce qu’elle a pu; elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.

19 février

19 février
Dimanche du Jugement dernier et de l’abstinence de viande

Saint Archippe et ses parents, saint Philémon et sainte Apphia, apôtres et martyrs (Ier siècle)

Saint Archippe et ses parents, saint Philémon et sainte Apphia, apôtres et martyrs (Ier siècle) ; saint Gabin, prêtre, martyr à Rome (296) ; saints Maxime, Théodote, Hésychius et Asclépiodote, martyrs à Andrinople en Thrace (305-311) ; saints Eugène et Macaire, confesseurs, prêtres à Antioche (363) ; saint Rabula, moine à Constantinople (vers 530) ;saint Dosithée (VIIème s.), disciple de saint Dorothée de Gaza ; sainte Philothée d’Athènes, martyre (1589) ; saint Théodore de Sanaxare (1791) ; saint Nicétas l’Athonite, néo-martyr grec (1809) ; saint martyr Démètre (Volkov) (1942).

SAINT ARCHIPPE

Saint Archippe était le fils de saint Philémon et de sainte Apphias [22 nov., 15 fév.], et il était lui aussi disciple du saint Apôtre Paul qui l’appelle : notre frère d’armes (Phlm). Résidant à Colosses, il y prêchait l’Évangile avec Philémon et exerçait probablement le ministère sacerdotal pour l’Église qui s’assemblait dans la maison de ce dernier (cf. Col 4, 17). Pendant la longue absence de l’évêque Épaphras, qui se trouvait avec saint Paul à Rome, il dut même porter, malgré son jeune âge, toute la responsabilité de l’Église de Colosses. Son zèle pour la prédication excita la haine des païens qui s’emparèrent de lui et le traînèrent devant le gouverneur Androklès. Comme il refusait d’offrir un sacrifice à Artémis, il fut mis à nu, fustigé, jeté dans une fosse et recouvert de terre jusqu’à mi-corps. Il fut alors livré à des enfants, qui le percèrent d’aiguilles, et reçut finalement la couronne du martyre en étant lapidé.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre, ton 3
Saint Apôtre du Seigneur, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre, ton 4

Comme un astre te possédant, * Archippe, l’Église, illuminée * par le rayonnement de tes miracles, s’écrie: * Sauve les fidèles vénérant, * saint Apôtre, ta mémoire sacrée.
Évangile du jour
(Mc. XIII, 1-8)

Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit: Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions! Jésus lui répondit: Vois-tu ces grandes constructions? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Il s’assit sur la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question: Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s’accomplir? Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant; C’est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs.

6 février (ancien calendrier)/19 février (nouveau)

6 février (ancien calendrier)/19 février (nouveau)

Dimanche du Jugement dernier et de l’abstinence de viande. Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur ; Saint Bucole, évêque de Smyrne (vers 100) ; saint Antolien, martyr en Auvergne (v. 265) ; saintes Dorothée, Christine et Callista, et saint Théophile, martyrs à Césarée en Cappadoce (vers 288-300) ; saint Julien d’Emèse en Phénicie, martyr (312) ; sainte Fausta, saints Evilase et Maxime, martyrs à Cyzique (entre 305 et 311) ; saintes martyres Marthe et Marie en Égypte ; saint Barsanuphe le Grand et son disciple saint Jean, anachorètes à Gaza (vers 540) ; saint Vaast (Gaston), évêque d’Arras et de Cambrai (539) ; saint Constantien, abbé de Javron (570) ; saint Amand, évangélisateur de la Belgique, évêque de Tongres-Maestricht (684) ; saint Photius, patriarche de Constantinople, confesseur (893) ; saint Arsène d’Ikaltho (1127) ; saints néomartyrs de Russie : Démètre (Rojdestvensky), prêtre, Anatole (Rojdestvensky), moine, Basile (Nadejdine), prêtre (1930), Alexandre (Telemakov), prêtre (1938).

SAINT BUCOLE DE SMYRNE
S’étant appliqué dès sa jeunesse à se purifier des passions et des souillures du monde, notre saint Père Boucole devint une digne demeure du Saint-Esprit ; aussi, quand le saint Apôtre Jean le Théologien fonda l’Église de Smyrne, le laissa-t-il à sa suite comme évêque de cette grande ville d’Asie Mineure. Guidé par la grâce, le saint hiérarque éclairait par son enseignement et par son exemple les païens qui se trouvaient dans les ténèbres de l’ignorance. Il les rendait fils de la lumière par le saint baptême et les délivrait des démons par la puissance de sa prière. Quand il sentit que le moment était venu pour lui d’aller rejoindre le Seigneur, il ordonna saint Polycarpe [23 fév.] comme successeur, en lui confiant le soin de ses brebis spirituelles, et s’endormit en paix. Lorsqu’on ensevelit son corps, Dieu fit pousser de son tombeau un arbre qui procura pendant des siècles quantité de guérisons à ceux qui s’en approchaient avec foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Bucole, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, pontife Bucole, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Mc XIII, 1-8)

Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit: Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions! Jésus lui répondit: Vois-tu ces grandes constructions? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Il s’assit sur la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question: Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s’accomplir? Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant; C’est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs.

6 février

6 février

Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur ; Saint Bucole, évêque de Smyrne (vers 100) ; saint Antolien, martyr en Auvergne (v. 265) ; saintes Dorothée, Christine et Callista, et saint Théophile, martyrs à Césarée en Cappadoce (vers 288-300) ; saint Julien d’Emèse en Phénicie, martyr (312) ; sainte Fausta, saints Evilase et Maxime, martyrs à Cyzique (entre 305 et 311) ; saintes martyres Marthe et Marie en Égypte ; saint Barsanuphe le Grand et son disciple saint Jean, anachorètes à Gaza (vers 540) ; saint Vaast (Gaston), évêque d’Arras et de Cambrai (539) ; saint Constantien, abbé de Javron (570) ; saint Amand, évangélisateur de la Belgique, évêque de Tongres-Maestricht (684) ; saint Photius, patriarche de Constantinople, confesseur (893) ; saint Arsène d’Ikaltho (1127) ; saints néomartyrs de Russie : Démètre (Rojdestvensky), prêtre, Anatole (Rojdestvensky), moine, Basile (Nadejdine), prêtre (1930), Alexandre (Telemakov), prêtre (1938).

SAINT BUCOLE DE SMYRNE
S’étant appliqué dès sa jeunesse à se purifier des passions et des souillures du monde, notre saint Père Boucole devint une digne demeure du Saint-Esprit ; aussi, quand le saint Apôtre Jean le Théologien fonda l’Église de Smyrne, le laissa-t-il à sa suite comme évêque de cette grande ville d’Asie Mineure. Guidé par la grâce, le saint hiérarque éclairait par son enseignement et par son exemple les païens qui se trouvaient dans les ténèbres de l’ignorance. Il les rendait fils de la lumière par le saint baptême et les délivrait des démons par la puissance de sa prière. Quand il sentit que le moment était venu pour lui d’aller rejoindre le Seigneur, il ordonna saint Polycarpe [23 fév.] comme successeur, en lui confiant le soin de ses brebis spirituelles, et s’endormit en paix. Lorsqu’on ensevelit son corps, Dieu fit pousser de son tombeau un arbre qui procura pendant des siècles quantité de guérisons à ceux qui s’en approchaient avec foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Bucole, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, pontife Bucole, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Lc XVI, 10-15)

Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Les pharisiens, qui étaient avares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. Jésus leur dit: Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu.

Décès Mgr Méliton , métropolite de Marathon

meliton2Né en 1946 à Athènes, le métropolite Méliton (Cavatsiclis) a séjourné en France de 1969 à 1974 pour ses études à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, où il a préparé un doctorat consacré à Nicolas Berdiaev, sous la direction du professeur Olivier Clément. Il a également étudié le russe aux Langues Orientales et le français à la Sorbonne. Pendant son séjour en France, il a servi au sein de la métropole grecque, à l’époque où Mgr Mélétios, de bienheureuse mémoire, était métropolite. Avant de venir en France, Mgr Méliton a étudié à Jérusalem où il est arrivé en 1962. Il est devenu moine et a été ordonné diacre en 1964, puis ordonné prêtre en 1967 par le métropolite Germanos. A son retour en Palestine à la fin de l’année 1974, il a servi dans différents monastères, et en particulier au Tombeau de la Mère de Dieu à Gethsémani. Grâce à sa connaissance du russe et à sa capacité à célébrer en slavon, il a organisé dès 1975 des Liturgies chaque samedi, au monastère saint Onuphre, particulièrement destinées aux émigrants ukrainiens et russes qui arrivaient en Israël venant d’URSS et qui n’étaient pas Juifs. De 1981 à 1986, l’archimandrite Méliton a été l’higoumène du monastère saint Porphyre à Gaza.
A la fin de l’année 1986, il obtient la permission de retourner en Grèce suite à des tensions avec le patriarche Diodore de Jérusalem. Il travaille alors au secrétariat de l’archevêque Séraphim d’Athènes, tout en assurant un service pastoral auprès des nombreux palestiniens orthodoxes présents en Grèce grâce à sa bonne connaissance de l’arabe. Il est élu évêque en janvier 1995, titulaire du siège de Marathon et il sert alors comme auxiliaire de l’archevêque d’Athènes.
Mgr Méliton reçoit le titre de métropolite en 2012.
Tous ceux qui ont croisé Mgr Méliton ont pu apprécier ses grandes qualités d’écoute, sa disponibilité de tous les instants et ses qualités de pédagogue, étant toujours prêt à expliquer ou préciser tel ou tel point de l’enseignement de l’Église avec patience et bienveillance.
Ses funérailles ont eu lieu le 27 décembre à Athènes. On peut voir sur les photos que de très nombreuses personnes ont accompagné le métropolite Méliton : une douzaine d’évêques et de très nombreux prêtres et fidèles.
Une pannychide a été célébrée le 31 décembre à midi à la paroisse saint Jacques de Quimper.
Mémoire éternelle !

 

22 novembre (ancien calendrier)/5 décembre (nouveau)

22 novembre (ancien calendrier)/5 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité – Dispense de poisson

Après-Fête de la Présentation au Temple de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie (jusqu’au 25 Novembre). Saints Philémon, Onésime et Archippe, apôtres, avec sainte Apphia

Saints Philémon, Onésime et Archippe, apôtres, avec sainte Apphia, épouse de saint Philémon, égale aux apôtres, martyrs à Colosses (70)

, égale aux apôtres, martyrs à Colosses (70) ; sainte Cécile, avec saints Valérien, Tiburce et Maxime, martyrs à Rome (vers 230) ; saint Ménigne, martyr dans l’Hellespont (250) ; saint Procope, lecteur, martyr en Palestine (303) ; saint Agabus l’ismaélite, moine en Syrie (Vème s.) ; saint Pragmace, évêque d’Autun (VIème s.) ; saint Sabinien, abbé du Menât (vers 720) ; saint Michel le militaire, le Bulgare (866) ; Saint Clément d’Ochrid (916) ; saint Pierre, prince de Vladimir (1086) ; saint Michel, prince de Tver (1318); saints néo-martyrs de Russie : Vladimir (Ryasensky), prêtre (1932) ; Joasaph, évêque de Moguilevsk, Jean (Baranov), Basile (Bova), Paul (Evdokimov), Jacques (Sokolov), Théodore (Goussev), Jean (Smirnov), Élie (Gromoglasov), Alexis (Benemansky), Athanase (Milov), prêtres, Gérasime (Motchalov), Eutyque (Didenko), Avenir (Sinitsyne), Sabbas (Souslov), Marc (Makhrov), moines Boris (Kozlov) (1937) ; Parascève (Matiechine), confesseur (1953).

VIE DE SAINT PHILÉMON

Saint Philémon, originaire d’une riche et noble famille de Colosses en Phrygie, devint chrétien, avec son épouse Apphia et leur fils Archippe, après avoir entendu la prédication de l’Apôtre Paul. Animé d’une grande foi et d’une ardente charité pour soutenir et aider tous ses frères en Christ, Philémon réunissait la communauté dans sa maison pour la célébration des saints Mystères et pour la prière, car on ne connaissait pas encore l’usage des églises.

Jugé digne de la confiance de l’Apôtre, qui lui adressa une Lettre, restée dans le canon de la sainte Écriture, il fut consacré par lui évêque de Gaza en Palestine et chassa de cette ville les ténèbres de l’ignorance par la lumière de sa prédication. De retour à Colosses, il continua son œuvre missionnaire, malgré l’opposition acharnée des païens. Un jour, tandis que ces derniers célébraient les fêtes d’Artémis, les saint apôtres offraient dans leur maison le culte spirituel au seul Roi et Maître de l’univers. Les païens l’apprirent et, furieux, ils les arrêtèrent et les traînèrent devant le gouverneur Andronècle. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, Archippe, le premier, fut flagellé, percé d’aiguilles par des enfants cruels, et finalement il mourut lapidé. Saint Philémon et Apphia furent à leur tour soumis à toutes sortes de tortures, à l’issue desquelles ils reçurent la couronne du martyre. Saint Onésime, leur esclave, survécut et ce n’est que plus tard qu’il accomplit à son tour l’ultime combat des athlètes du Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête de l’Entrée au temple, ton 4
C’est aujourd’hui la préface de la bienveillance de Dieu et l’annonce du salut des hommes. Dans le temple de Dieu, la Vierge se montre clairement et d’avance, elle annonce le Christ à tous. Et nous, chantons-lui d’une voix forte : Réjouis-toi, accomplissement de l’économie du Créateur.

Tropaire des saints Apôtres, ton 3
Saints Apôtres, priez le Dieu miséricordieux, afin qu’Il accorde à nos âmes la rémission des péchés.

Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Telles des étoiles très brillantes, qui illuminent les confins de la terres, louons les apôtres du Christ, le glorieux Philémon, le saint Archippe, ainsi que Onésime, Marc et Apollos, et avec eux Apphia la très-sage, en nous écriant : priez sans cesse pour nous tous

Kondakion de la fête de l’Entrée au temple, ton 4
Le temple très-pur du Sauveur, la très précieuse Chambre nuptiale et Vierge, le Trésor sacré de la gloire de Dieu, est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur, introduisant avec elle la grâce de l’Esprit divin ; les anges de Dieu proclament : « Voici le tabernacle céleste ».

Évangile du jour
(Lc IX,57-62)
Pendant qu’ils étaient en chemin, un homme lui dit: Seigneur, je te suivrai partout où tu iras. Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Il dit à un autre: Suis-moi. Et il répondit: Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. Un autre dit: Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui répondit: Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu.

22 novembre

22 novembre
Carême de la Nativité – Dispense de poisson

Après-Fête de la Présentation au Temple de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie (jusqu’au 25 Novembre). Saints Philémon, Onésime et Archippe, apôtres, avec sainte Apphia, épouse de saint Philémon, égale aux apôtres, martyrs à Colosses (70) ; sainte Cécile, avec saints Valérien, Tiburce et Maxime, martyrs à Rome (vers 230) ; saint Ménigne, martyr dans l’Hellespont (250) ; saint Procope, lecteur, martyr en Palestine (303) ; saint Agabus l’ismaélite, moine en Syrie (Vème s.) ; saint Pragmace, évêque d’Autun (VIème s.) ; saint Sabinien, abbé du Menât (vers 720) ; saint Michel le militaire, le Bulgare (866) ; Saint Clément d’Ochrid (916) ; saint Pierre, prince de Vladimir (1086) ; saint Michel, prince de Tver (1318); saints néo-martyrs de Russie : Vladimir (Ryasensky), prêtre (1932) ; Joasaph, évêque de Moguilevsk, Jean (Baranov), Basile (Bova), Paul (Evdokimov), Jacques (Sokolov), Théodore (Goussev), Jean (Smirnov), Élie (Gromoglasov), Alexis (Benemansky), Athanase (Milov), prêtres, Gérasime (Motchalov), Eutyque (Didenko), Avenir (Sinitsyne), Sabbas (Souslov), Marc (Makhrov), moines Boris (Kozlov) (1937) ; Parascève (Matiechine), confesseur (1953).

VIE DE SAINT PHILÉMON

Saints Philémon, et Archippe, apôtres, avec sainte Apphia, épouse de saint Philémon, égale aux apôtres, martyrs à Colosses (70)

Saint Philémon, originaire d’une riche et noble famille de Colosses en Phrygie, devint chrétien, avec son épouse Apphia et leur fils Archippe, après avoir entendu la prédication de l’Apôtre Paul. Animé d’une grande foi et d’une ardente charité pour soutenir et aider tous ses frères en Christ, Philémon réunissait la communauté dans sa maison pour la célébration des saints Mystères et pour la prière, car on ne connaissait pas encore l’usage des églises.

Jugé digne de la confiance de l’Apôtre, qui lui adressa une Lettre, restée dans le canon de la sainte Écriture, il fut consacré par lui évêque de Gaza en Palestine et chassa de cette ville les ténèbres de l’ignorance par la lumière de sa prédication. De retour à Colosses, il continua son œuvre missionnaire, malgré l’opposition acharnée des païens. Un jour, tandis que ces derniers célébraient les fêtes d’Artémis, les saint apôtres offraient dans leur maison le culte spirituel au seul Roi et Maître de l’univers. Les païens l’apprirent et, furieux, ils les arrêtèrent et les traînèrent devant le gouverneur Andronècle. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, Archippe, le premier, fut flagellé, percé d’aiguilles par des enfants cruels, et finalement il mourut lapidé. Saint Philémon et Apphia furent à leur tour soumis à toutes sortes de tortures, à l’issue desquelles ils reçurent la couronne du martyre. Saint Onésime, leur esclave, survécut et ce n’est que plus tard qu’il accomplit à son tour l’ultime combat des athlètes du Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 8ème ton
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de la fête de l’Entrée au temple, ton 4
C’est aujourd’hui la préface de la bienveillance de Dieu et l’annonce du salut des hommes. Dans le temple de Dieu, la Vierge se montre clairement et d’avance, elle annonce le Christ à tous. Et nous, chantons-lui d’une voix forte : Réjouis-toi, accomplissement de l’économie du Créateur.

Tropaire des saints Apôtres, ton 3
Saints Apôtres, priez le Dieu miséricordieux, afin qu’Il accorde à nos âmes la rémission des péchés.

Kondakion du dimanche, 8è ton
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Telles des étoiles très brillantes, qui illuminent les confins de la terres, louons les apôtres du Christ, le glorieux Philémon, le saint Archippe, ainsi que Onésime, Marc et Apollos, et avec eux Apphia la très-sage, en nous écriant : priez sans cesse pour nous tous

Kondakion de la fête de l’Entrée au temple, ton 4
Le temple très-pur du Sauveur, la très précieuse Chambre nuptiale et Vierge, le Trésor sacré de la gloire de Dieu, est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur, introduisant avec elle la grâce de l’Esprit divin ; les anges de Dieu proclament : « Voici le tabernacle céleste ».

Évangile du jour
(Lc X,25-37)
Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver: Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui dit: Qu’est-il écrit dans la loi? Qu’y lis-tu? Il répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus; fais cela, et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: Et qui est mon prochain? Jésus reprit la parole, et dit: Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit: Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?

21 octobre (ancien calendrier)/3 novembre (nouveau)

21 octobre (ancien calendrier)/3 novembre (nouveau)

Saint Hilarion le Grand, ascète en Palestine (371) ; saints Dasius, Gaïus et Zotique, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Viateur, diacre de saint Juste de Lyon, ermite en Égypte (vers 390) ; sainte Céline, mère de saint Rémi de Reims (Vème) ; sainte Céline, vierge, disciple de sainte Geneviève de Paris (vers 480) ; saint Walfroy, moine, stylite en Ardennes (595) ; sainte Ursule et ses 11000 compagnes, martyres à Cologne (IVème) ; saint Mauront, évêque de Marseille (800) ; saint Hilarion des Grottes de Kiev (XIème) ; saint Hilarion de Pskov (1476) ; saints Théophile et Jacques, fondateurs de la skite de la dormition de la Mère de Dieu à Omoutsk (vers 1412) ; saint Philothée du Mont Athos (XIVème s.) ; saint Jean de Monembasia, néomartyr grec (1773), saints Sophrone, Bessarion et Opréa, confesseurs, néomartyrs roumains (XVIIIème s.) ; saint Jean, prêtre confesseur de Galeș et saint Moïse de Sibiu, néomartyrs roumains (XVIIIème) ; saint Hilarion de Moglène (1164) ; saints néo-martyrs de Russie : Paulin, archevêque de Mogilev et ses compagnons : Arcade, évêque d’Ekaterinbourg ; Nicandre (Tchernelevsky) et Anatole (Levitsky), prêtres, et Cyprien (Annikov) ; Damien, archevêque de Koursk, Constantin (Tchekalov), Serge (Smirnov), Basile (Nikolsky), Théodore (Belayev), Vladimir (Vvedensky), Basile (Kozyrev) et son frère Jean, Nicolas (Raevsky), Alexandre (Bogoyavlensky), Démètre (Troitsky), Constantin Tchekalov, Alexis Moskvine, prêtres, Serge (Kazansky), archidiacre et Jean (Melnitsky), diacre, Sophrone (Nesmeyanov) et Néophyte (Osipov), moines (1937), Pélagie (Testov), moniale (1944).

SAINT HILARION DE PALESTINE
Saint Hilarion naquit en Palestine, en 293, dans le village de Thabatha, non loin de Gaza. Ses parents païens l’envoyèrent apprendre les lettres profanes à Alexandrie, ce qui fut pour lui l’occasion d’entrer en contact avec les chrétiens et de découvrir la doctrine sublime de l’Évangile, qui a rendu folle la sagesse du monde. Ayant entendu parler de saint Antoine [17 janv.], dont la renommée brillait dans toute l’Égypte, Hilarion se mit en route pour le désert, afin de lui rendre visite. En découvrant la vie angélique que menait Antoine, il décida de rester à ses côtés, avec les autres disciples du Père des moines. Mais, comme les foules accouraient pour recevoir sa bénédiction, l’empêchant de vaquer à la prière silencieuse, saint Antoine décida de partir vers les âpres solitudes du désert intérieur. Après avoir donné à Hilarion sa tunique de crin et son manteau de peau, il envoya le jeune garçon, âgé alors de quinze ans, pratiquer l’ascèse avec quelques compagnons dans le désert situé près de Maïouma, dans la région de Gaza.

Avec toute l’audace que lui donnait sa confiance absolue en son père spirituel, Hilarion partit engager la lutte contre les démons habitant cette effroyable solitude, qui n’était traversée, de temps à autre, que par des bandes de brigands. Il entreprit là de réduire son corps en servitude et d’éteindre les ardeurs de la jeunesse par un jeûne sévère. Il ne se nourrissait que de quinze figues par jour, après le coucher du soleil. Pendant la journée, il priait et chantait sans cesse les psaumes en labourant le sol aride, uniquement pour que la fatigue du travail s’ajoutât à celle du jeûne, car cette terre ne produisait rien qui pût se vendre et entraîner la tentation de la cupidité. Le démon, ainsi attaqué dans sa propre demeure par un adolescent, passa à l’assaut, comme il l’avait fait pour saint Antoine. Il apparut à Hilarion sous forme de bêtes sauvages, qui tentaient de l’effrayer par des bruits terrifiants. Mais toutes ces menées s’avéraient inutiles, car le jeune homme repoussait ses assauts par le signe de la Croix et prenait lui-même l’initiative du combat en raillant l’impuissance du Malin.

De l’âge de seize ans jusqu’à l’âge de vingt ans, Hilarion n’eut d’autre abri qu’une cabane de joncs et d’herbes poussant dans les marécages. S’étant ensuite construit une cellule, si basse qu’elle ressemblait davantage à un sépulcre qu’à une habitation, il couchait sur la terre battue, et ne se lavait et ne se coupait les cheveux qu’une fois par an, le jour de Pâques. Il ne lava jamais le sac de peau que lui avait donné saint Antoine, et il ne changeait sa tunique que lorsqu’elle tombait en lambeaux. Il avait appris toute l’Écriture sainte par cœur, et la récitait à haute voix en se tenant debout avec crainte, comme si Dieu était présent devant ses yeux. De l’âge de vingt et un ans à vingt-sept ans, il ne mangea chaque jour et pendant trois ans, qu’un peu de lentilles détrempées dans de l’eau froide ; les trois autres années, il se contenta de pain saupoudré de sel. De vingt-sept à trente ans, il vécut d’herbes sauvages ; de trente à trente-cinq ans, de six onces (environ 150 gr.) de pain d’orge et d’un peu d’herbes cuites sans huile. Atteint alors d’une maladie et sa vue ayant baissée, il ajouta un peu d’huile à son menu et garda le même régime jusqu’à l’âge de soixante-trois ans. Voyant son corps s’affaiblir et pensant que sa mort était proche, il ne mangea plus de pain jusqu’à la fin de ses jours, redoublant ainsi de ferveur, comme un jeune novice, à l’âge où d’autres ont coutume de diminuer leurs austérités. Il persévéra dans cette manière de vivre jusqu’à son bienheureux repos, ne mangeant qu’après le coucher du soleil et ne rompant jamais son jeûne, ni aux jours de fêtes, ni même au cours de ses plus graves maladies.

Ces travaux surhumains, que saint Hilarion entreprit par amour de Dieu, ouvrirent non seulement son cœur à la contemplation des mystères célestes, mais la grâce divine recouvrit aussi son corps et lui donna le pouvoir d’accomplir des miracles pour la consolation des fidèles. Il guérit des malades et délivra un grand nombre de possédés, si bien que, âgé de vingt-deux ans seulement, sa réputation s’était déjà répandue dans toute la Palestine, et même jusqu’en Égypte et en Syrie. On accourait vers lui en foule, et nombreux étaient ceux qui lui demandaient d’embrasser la vie angélique à ses côtés car, jusqu’alors, la vie monastique n’était pas encore apparue en Palestine ni en Syrie. C’est ainsi qu’Hilarion devint pour ces régions, ce que saint Antoine était pour l’Égypte. Il restait d’ailleurs en relation épistolaire avec le grand Antoine qui, lorsqu’on lui amenait des malades venus de ces régions, leur disait : « Pourquoi venir de si loin, alors que vous avez là-bas mon fils Hilarion ? » Ceux qui embrassèrent la vie solitaire et s’installèrent dans des cellules autour de saint Hilarion atteignirent bientôt le nombre de deux mille, tous le reconnaissant comme Père et guide. Une fois l’an, à l’époque des vendanges, Hilarion rendait visite à ses monastères, leur apportant alors leur subsistance pour l’année. Cette visite annuelle était également pour lui, l’occasion de rassembler la foule de ses disciples pour leur prodiguer son enseignement sur la purification de l’âme.

Comme l’armée des frères rangés sous sa direction, et la multitude des malades et des fidèles qui accouraient sans cesse de toutes parts vers sa retraite ne lui laissaient plus un instant de répit pour vaquer à la contemplation dans le silence, c’était en pleurant qu’il se souvenait de ses premières années passées dans l’ascèse, inconnu de tous. Ayant atteint l’âge de soixante-trois ans, il parvint, à force de larmes, à faire accepter son départ à ses disciples. Mais le jour venu, plus de dix mille personnes voulurent le suivre partout où il se rendrait, pour ne pas être privées de la grâce qui lui était attachée. Il parvint toutefois à les persuader de s’en retourner et ne prit avec lui que quarante disciples capables de supporter de longs voyages à pied en jeûnant tout le jour. Comme il avait appris la mort de saint Antoine, Hilarion se dirigea vers l’Égypte, pour vénérer les lieux qui avaient été sanctifiés par le séjour du saint. Et c’est en versant d’abondantes larmes qu’il se prosterna devant tous les lieux et les objets qu’avait touchés le Père des moines. Au sortir du désert de saint Antoine, Hilarion partit en quête de solitude. Mais où qu’il se rendît, du désert à Alexandrie, il répandait autour de lui la grâce, les miracles et les guérisons, si bien qu’on accourait vers lui en foule et que sa renommée le devançait partout, sans jamais lui laisser de repos.

Au cours des trois années (360-363) pendant lesquelles s’exerça la tyrannie de Julien l’Apostat, le monastère de saint Hilarion, près de Gaza, fut détruit et les moines dispersés. C’est pourquoi le saint décida de se réfugier en Libye. De là, il fit voile pour la Sicile, pensant trouver la solitude dans ces régions où il était inconnu. Mais, contraint par sa compassion et son amour des hommes, il chassa les démons, guérit les malades et attira de nouveau les foules à lui. Il s’enfuit une nouvelle fois et se rendit dans un bourg de Dalmatie, région encore habitée par les barbares. Là encore, la grâce qui émanait de sa personne ne put rester cachée : il mit à mort une bête monstrueuse qui effrayait les habitants, et put ainsi les convertir au christianisme. Voulant échapper aux honneurs, il prit la fuite de nuit et s’embarqua sur un vaisseau marchand pour l’île de Chypre. À peine fut-il arrivé sur l’île, que les possédés, pris de panique, se mirent à crier qu’Hilarion, le serviteur de Jésus-Christ, était venu dans l’île pour les en chasser. Il lui fallut donc trouver une autre retraite. Il se rendit alors dans un endroit inhabité de l’île et s’installa dans une grotte inaccessible, située au sommet d’une montagne escarpée. Il y demeura cinq ans, visité seulement de temps à autre par son fidèle disciple Hésychios, qui venait lui donner des nouvelles de Palestine. Parvenu à l’âge de quatre-vingts ans, le corps grandement affaibli par ses austérités soutenues, saint Hilarion fit ses préparatifs pour quitter cette vie périssable, puis il rassembla autour de lui les quelques fidèles qui avaient pu atteindre sa demeure. Tandis qu’il était étendu, au seuil de la mort, il gardait les yeux ouverts et disait : « Sors mon âme, que crains-tu ? Sors, de quoi as-tu peur ? Tu as servi Jésus-Christ près de soixante-dix ans et tu crains la mort ? » En achevant ces paroles, il rendit son âme à Dieu et fut immédiatement enterré par ses disciples, conformément à ses instructions, afin de ne pas recevoir les honneurs d’une sépulture due aux saints. Quelque temps après, Hésychios vint prendre le corps de saint Hilarion et le transporta en Palestine, pour qu’il soit vénéré par la foule de ses disciples.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Hilarion, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Hilarion, ton 3
Comme un astre sans déclin, du mystique Soleil * tous ensemble nous, * t’acclamons par des hymnes en ce jour: * sur ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’ignorance tu as brillé, * faisant monter vers la hauteur divine les fidèles s’écriant: * Réjouis-toi, Père Hilarion, en qui les moines ont un appui.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc IX, 23-27)

Puis il dit à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il se détruisait ou se perdait lui-même? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu.

14 octobre (ancien calendrier)/27 octobre (nouveau)

14 octobre (ancien calendrier)/27 octobre (nouveau)

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse (54-68) ; saint Sylvain, prêtre à Gaza, (IVème s.) ; saint Céleste, évêque de Metz (vers 300) ; sainte Menehould, vierge en Lorraine (Vème s.) ; sainte Angadrème, abbesse, patronne de Beauvais (vers 695) ; sainte Parascève de Serbie (XIème s.) ; Saint Nicolas Sviatocha, prince de Tchernigov, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1143) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Lektorsky), prêtre (1921) ; Ambroise, évêque de Kamenets-Podolsky, confesseur (1932), Pierre (Lebedev), prêtre (1937) ; Maximilien (Martchenko), moine (1938).

SAINTS MARTYRS NAZAIRE, GERVAIS, PROTAIS ET CELSE

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse (54-68) – miniature du Ménologe de Basile II de bibliothèque apostolique vaticane

Issu d’une riche et noble famille, saint Nazaire vivait à Rome, sous le règne de l’empereur Néron (entre 54 et 68). Son père, Africanus, et sa mère, Perpétue, avaient été conduits à la foi par le saint Apôtre Pierre, et Nazaire fut baptisé par le premier évêque de Rome, saint Lin.

Lorsqu’il eut atteint l’âge de vingt ans, il quitta Rome pour parcourir les villes d’Italie, afin d’y répandre la Bonne Nouvelle. Il amena ainsi de nombreux païens à la connaissance de la Vérité et les baptisa. Dix ans plus tard, comme il passait dans la ville de Plaisance, il fit la connaissance de saint Gervais et de saint Protais, qui étaient en prison sur l’ordre du gouverneur Anulinus et dont la réputation de thaumaturges et d’audacieux apôtres du Christ s’était répandue dans toute l’Italie. Ils s’embrassèrent d’un saint baiser et s’exhortèrent mutuellement au martyre. Mais le gouverneur, ayant appris la présence de Nazaire, le fit interpeller, puis flageller, et ensuite il le chassa de la ville.

Le saint se dirigea alors vers la Gaule. Lorsqu’il arriva dans la ville de Cimiez, près de Nice, sa parole de feu attira une grande partie de la population à la foi. C’est alors que la femme d’un notable de la cité s’approcha de lui avec son enfant âgé de trois ans. Elle le déposa aux pieds du saint en disant : « Prends avec toi cet enfant. Qu’il te suive où que tu ailles, afin qu’il soit jugé digne de paraître auprès du trône du Christ. » Nazaire reçut le bambin avec action de grâces, le baptisa sous le nom de Celse, et partit avec lui pour répandre le saint Évangile dans d’autres régions de la Gaule. Saisis par le gouverneur Deinobaus, qui l’interrogea sur son identité et celle de l’enfant, Nazaire lui répondit : « Je suis Romain de naissance, mais je suis chrétien et adore le Crucifié. » Le cruel magistrat s’empara alors de Celse et le frappa sans pitié, mais le jeune enfant balbutia avec la sagesse d’un vieillard : « Le Dieu que j’adore te jugera pour cela, ô injuste juge. » Nazaire et Celse purent toutefois s’échapper grâce à l’appui de la femme du gouverneur, qui avait eu à leur sujet une vision redoutable. Ils se dirigèrent vers Trèves, en proclamant partout le Christ et en se moquant des idoles, ce qui leur valut d’être à nouveau arrêtés.

Conduits à Rome, sur l’ordre de l’empereur Néron, ils furent jetés dans un lac après avoir été interrogés. Mais ils réchappèrent à la noyade, et purent continuer leur mission de ville en ville jusqu’à Milan, où ils y retrouvèrent saint Gervais et saint Protais, qui se préparaient à affronter l’épreuve finale du martyre. Tous étaient remplis de joie à la perspective de rejoindre le Seigneur en communiant à sa Passion, et le jeune Celse n’était pas moins que les autres prêt à endurer toutes sortes de supplices pour l’amour du Christ. Ils marchèrent donc tous les quatre vers le lieu de l’exécution, le visage aussi rayonnant que s’ils se rendaient à un banquet, et moururent décapités en rendant grâce à Dieu. Celse avait alors neuf ans et sept mois.

Les reliques des saints Gervais et Protais furent miraculeusement retrouvées par saint Ambroise, et lors de leur transfert solennel dans la basilique principale de Milan, le 19 juin 386, un aveugle recouvra la vue et les démons qui habitaient deux possédés se mirent à crier que les saints leur infligeaient des peines intolérables. Quelques années après (395), saint Ambroise procéda à la translation des corps des saints Nazaire et Celse, qui étaient ensevelis dans un jardin hors de la ville.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, ton 1
Célébrons la quadruple gloire des Témoins du Christ, * fidèles, chantons Nazaire et Protais, * acclamons par des hymnes Celse et Gervais, * car ils ont combattu jusqu’à mourir décapités; * ayant reçu la couronne d’immortalité, * ils intercèdent pour notre salut.
ÉVANGILE DU JOUR
(Lc VIII, 1-3)

Ensuite, Jésus allait de ville en ville et de village en village, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les douze étaient avec de lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies: Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens.

11 octobre (ancien calendrier)/24 octobre (nouveau)

11 octobre (ancien calendrier)/24 octobre (nouveau)

Saint Philippe, apôtre, l’un des 7 premiers diacres, saintes Zénaïde et Philonille, martyres en Cilicie (I), saint Théophane « le marqué », évêque de Nicée, confesseur, hymnographe (vers 850), saints Nicaise, évêque de Rouen, Cerin, prêtre, Scubicule, diacre et sainte Pience, martyrs en Gaule (III), saint Germain, évêque de Besançon, martyr (372), saint Firmin, évêque d’Uzès (VI), saint Grat, évêque d’Oloron (VI), saint Ansilion, moine (VII), saint Agilbert, évêque de Paris (VII), sainte Julienne, abbesse de Pavilly en Normandie (vers 750), saint Théophane le jeûneur de la Laure des Grottes de Kiev (XII), saint Philothée Kokkinos, patriarche de Constantinople (1379), saint Léon d’Optino (1841), Synaxe des Pères d’Optino, saints hiéromartyrs de Russie Philarète (Velikanov) et Alexandre (Grivsky), prêtres (1918).

SAINT APÔTRE PHILIPPE
Saint Philippe naquit à Césarée de Palestine. Il eut de son mariage quatre filles, qui se consacrèrent à Dieu en préservant leur virginité et qui furent gratifiées du don de prophétie (Act 21, 8). II fut ordonné diacre par les Apôtres en même temps qu’Étienne (Act 6), afin d’aider au service des tables et aux œuvres de miséricorde. Lorsque la communauté apostolique se dispersa pour proclamer l’Évangile, Philippe répandit dans toute la Samarie la Bonne Nouvelle du salut. C’est lui qui baptisa Simon le mage, lequel avait feint hypocritement la conversion, en espérant tirer de l’argent des dons du Saint-Esprit (Act 8). C’est lui encore que le Seigneur envoya sur le chemin, allant de Jérusalem à Gaza, pour donner à l’eunuque ministre de Candace, la reine d’Éthiopie, la clé des mystères contenus dans la prophétie d’Isaïe, à propos du sacrifice du serviteur de Dieu (Is 53, 7). Après l’avoir baptisé, Philippe fut enlevé par l’Esprit du Seigneur, pour continuer sa prédication. D’Azot, il évangélisa toutes les villes par lesquelles il passa, jusqu’à Césarée ; puis il se rendit en Asie Mineure, dans la région de Tralles en Lydie. C’est là qu’il s’endormit en paix, après avoir amené un grand nombre de païens à la connaissance de Dieu et y avoir fait construire une église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Philippe, ton 3
Saint apôtre Philippe, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Tropaire de saint Théophane le marqué, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * Théophane, pour les saintes images tu as combattu; * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, * intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théophane le marqué, ton 6
Celui qui du Père a brillé ineffablement, est né d’une femme, étant double selon la nature. Le voyant, nous ne nions pas la représentation de la forme, mais la dessinant pieusement, nous la vénérons fidèlement. Pour cela, l’Eglise, gardant la véritable foi, embrasse l’icône de l’incarnation du Christ.

Kondakion du saint apôtre Philippe, ton 4
Devenu, Philippe, l’imitateur du Maître, pour lui * tu servis comme diacre ses Apôtres sacrés; * c’est pourquoi nous tous, les fidèles, nous te disons bienheureux.

Kondakion de saint Théophane le marqué, ton 4
Pour l’Église tu t’es montré * comme un autre soleil, * car tu l’as illuminée * de tes clairs enseignements, * vénérable Théophane, pontife du Christ notre Dieu.

Évangile du jour
(Lc V, 27-32)

Après cela, Jésus sortit, et il vit un publicain, nommé Lévi, assis au lieu des péages. Il lui dit: Suis-moi. Et, laissant tout, il se leva, et le suivit. Lévi lui donna un grand festin dans sa maison, et beaucoup de publicains et d’autres personnes étaient à table avec eux. Les pharisiens et les scribes murmurèrent, et dirent à ses disciples: Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les gens de mauvaise vie? Jésus, prenant la parole, leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs.

9 octobre (ancien calendrier)/22 octobre (nouveau)

Saint Jacques, fils d’Alphée, apôtre (I) ; saint Abraham et son neveu Lot (vers 1700 av. J.-C.) ; saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs (250), saints martyrs Juventin et Maxime (361), saint Andronique et son épouse sainte Athanasie, ermites en Égypte (V), sainte Poplia (ou Publia), diaconnesse à Antioche (IV), saint Pierre le Galate, moine au Mont-Olympe (IX), saint Étienne l’aveugle, prince de Serbie (1476), saints néo-martyrs de Russie : Constantin (Soukhov) et Pierre (Viatkine), prêtres (1918), Constantin (Axenov), prêtre (1937).

SAINT JACQUES, FILS D’ALPHÉE

Saint Jacques, fils d’Alphée, était, selon certains, le frère de l’Évangéliste Matthieu le publicain. Il faisait partie du chœur des Apôtres, et proclama lui aussi la Bonne Nouvelle aux païens. Son zèle pour Dieu était si ardent que, sans crainte des représailles, il jetait à terre les autels des idoles. Mû par la grâce du Saint-Esprit, il chassait les esprits malins, guérissait les malades et fit un grand nombre d’autres miracles. Sa prédication avait un tel effet sur les âmes que ceux qui, venant du paganisme, s’étaient convertis grâce à sa prédication, prirent l’habitude de lui donner le surnom de « Germe divin ». Après avoir évangélisé la région de Gaza, puis Éleuthéropolis, saint Jacques parcourut le monde pour faire partager à tous son amour du Christ. Finalement, il fut arrêté, à Ostracine, ville égyptienne, par des Juifs, qui lui procurèrent l’occasion de suivre, jusque dans la mort, l’exemple du Seigneur en le suspendant à une croix, sur laquelle il rendit aussitôt son âme à Dieu.

SAINT DENIS DE PARIS

Selon la tradition rapportée par saint Grégoire de Tours, saint Denis était un des sept évêques envoyés par le pape de Rome en Gaule sous le règne de Dèce (vers 250), afin d’y poursuivre l’évangélisation qui n’avait été jusque-là que partielle. Saint Gatien fut nommé évêque de Tours [18 déc.], saint Trophime d’Arles [29 déc.], saint Paul de Narbonne [22 mars], saint Saturnin de Toulouse [29 nov.], saint Austremoine d’Arvernes [ler nov.], saint Martial de Limoges [30 juin], et saint Denis se vit attribuer la petite ville de Lutèce (Paris). Cette ville était la plus éloignée et, de plus, située dans une région où régnaient les cultes païens les plus grossiers. En s’acheminant vers son diocèse, accompagné de Rustique et d’Éleuthère, saint Denis manifestait la vérité de la foi chrétienne en opérant des miracles éclatants partout où il passait. Il convertissait ainsi les païens, et les persuadait de renverser leurs idoles et de détruire leurs temples. Parvenu à Lutèce, il s’installa un peu en dehors de la ville, dans une demeure cédée par un noble converti, afin que les chrétiens pussent s’y réunir en secret (Montmorency).

Lors du passage en Gaule de l’empereur romain, les lois ordonnant la persécution des disciples du Christ furent mises violemment en vigueur, et les fidèles, pourchassés de toutes parts, étaient maltraités et mis à mort par d’horribles tortures (vers 275). Denis, malgré son grand âge, et sans crainte du danger, allait visiter les condamnés pour les encourager à maintenir fermement la confession de la foi. Dénoncé, il fut arrêté ainsi que ses deux disciples, Rustique et Éleuthère, et soumis à des tortures inhumaines. Attaché à une croix, il continuait à prêcher à la foule le grand mystère de la Passion du Christ et du salut du monde. De retour dans son cachot, le saint évêque célébra une dernière fois les saints Mystères devant ses compagnons de supplice, au sein d’une lumière divine. Denis eut finalement la tête tranchée, avec un grand nombre d’autres martyrs, sur la colline appelée aujourd’hui Montmartre. On raconte qu’après son exécution, il resta debout, prit sa tête entre ses mains et parcourut plusieurs kilomètres, jusqu’au lieu qui devint plus tard la basilique (puis la ville) de Saint-Denis. C’est dans la crypte de cette église que les rois de France se firent enterrer jusqu’à la Révolution.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Jacques, ton 3
Saint apôtre Jacques, fils d’Alphée, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Jacques, ton 2
Comme un astre brillant sur l’entière création * acclamons dans nos hymnes l’apôtre divin, * saint Jacques, le témoin oculaire du Christ, * et célébrons sa fête en ce jour, * car il intercède sans cesse pour nous tous.

Évangile du jour
(Lc VII, 17-30)

Cette parole sur Jésus se répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour. Jean fut informé de toutes ces choses par ses disciples. Il en appela deux, et les envoya vers Jésus, pour lui dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? Arrivés auprès de Jésus, ils dirent: Jean Baptiste nous a envoyés vers toi, pour dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? A l’heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d’infirmités, et d’esprits malins, et il rendit la vue à plusieurs aveugles. Et il leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! Lorsque les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent? Mais, qu’êtes-vous allés voir? un homme vêtu d’habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits magnifiques, et qui vivent dans les délices, sont dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. C’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi. Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point de plus grand que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. Et tout le peuple qui l’a entendu et même les publicains ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean; mais les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu.

21 octobre

21 octobre
Jour de jeûne
Saint Hilarion le Grand, ascète en Palestine (371) ; saints Dasius, Gaïus et Zotique, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Viateur, diacre de saint Juste de Lyon, ermite en Égypte (vers 390) ; sainte Céline, mère de saint Rémi de Reims (Vème) ; sainte Céline, vierge, disciple de sainte Geneviève de Paris (vers 480) ; saint Walfroy, moine, stylite en Ardennes (595) ; sainte Ursule et ses 11000 compagnes, martyres à Cologne (IVème) ; saint Mauront, évêque de Marseille (800) ; saint Hilarion des Grottes de Kiev (XIème) ; saint Hilarion de Pskov (1476) ; saints Théophile et Jacques, fondateurs de la skite de la dormition de la Mère de Dieu à Omoutsk (vers 1412) ; saint Philothée du Mont Athos (XIVème s.) ; saint Jean de Monembasia, néomartyr grec (1773), saints Sophrone, Bessarion et Opréa, confesseurs, néomartyrs roumains (XVIIIème s.) ; saint Jean, prêtre confesseur de Galeș et saint Moïse de Sibiu, néomartyrs roumains (XVIIIème) ; saint Hilarion de Moglène (1164) ; saints néo-martyrs de Russie : Paulin, archevêque de Mogilev et ses compagnons : Arcade, évêque d’Ekaterinbourg ; Nicandre (Tchernelevsky) et Anatole (Levitsky), prêtres, et Cyprien (Annikov) ; Damien, archevêque de Koursk, Constantin (Tchekalov), Serge (Smirnov), Basile (Nikolsky), Théodore (Belayev), Vladimir (Vvedensky), Basile (Kozyrev) et son frère Jean, Nicolas (Raevsky), Alexandre (Bogoyavlensky), Démètre (Troitsky), Constantin Tchekalov, Alexis Moskvine, prêtres, Serge (Kazansky), archidiacre et Jean (Melnitsky), diacre, Sophrone (Nesmeyanov) et Néophyte (Osipov), moines (1937), Pélagie (Testov), moniale (1944).

SAINT HILARION DE PALESTINE

Jour de jeûne Saint Hilarion le Grand, ascète en Palestine (371)

Saint Hilarion naquit en Palestine, en 293, dans le village de Thabatha, non loin de Gaza. Ses parents païens l’envoyèrent apprendre les lettres profanes à Alexandrie, ce qui fut pour lui l’occasion d’entrer en contact avec les chrétiens et de découvrir la doctrine sublime de l’Évangile, qui a rendu folle la sagesse du monde. Ayant entendu parler de saint Antoine, dont la renommée brillait dans toute l’Égypte, Hilarion se mit en route pour le désert, afin de lui rendre visite. En découvrant la vie angélique que menait Antoine, il décida de rester à ses côtés, avec les autres disciples du Père des moines. Mais, comme les foules accouraient pour recevoir sa bénédiction, l’empêchant de vaquer à la prière silencieuse, saint Antoine décida de partir vers les âpres solitudes du désert intérieur. Après avoir donné à Hilarion sa tunique de crin et son manteau de peau, il envoya le jeune garçon, âgé alors de quinze ans, pratiquer l’ascèse avec quelques compagnons dans le désert situé près de Maïouma, dans la région de Gaza.

Avec toute l’audace que lui donnait sa confiance absolue en son père spirituel, Hilarion partit engager la lutte contre les démons habitant cette effroyable solitude, qui n’était traversée, de temps à autre, que par des bandes de brigands. Il entreprit là de réduire son corps en servitude et d’éteindre les ardeurs de la jeunesse par un jeûne sévère. Il ne se nourrissait que de quinze figues par jour, après le coucher du soleil. Pendant la journée, il priait et chantait sans cesse les psaumes en labourant le sol aride, uniquement pour que la fatigue du travail s’ajoutât à celle du jeûne, car cette terre ne produisait rien qui pût se vendre et entraîner la tentation de la cupidité. Le démon, ainsi attaqué dans sa propre demeure par un adolescent, passa à l’assaut, comme il l’avait fait pour saint Antoine. Il apparut à Hilarion sous forme de bêtes sauvages, qui tentaient de l’effrayer par des bruits terrifiants. Mais toutes ces menées s’avéraient inutiles, car le jeune homme repoussait ses assauts par le signe de la Croix et prenait lui-même l’initiative du combat en raillant l’impuissance du Malin.

De l’âge de seize ans jusqu’à l’âge de vingt ans, Hilarion n’eut d’autre abri qu’une cabane de joncs et d’herbes poussant dans les marécages. S’étant ensuite construit une cellule, si basse qu’elle ressemblait davantage à un sépulcre qu’à une habitation, il couchait sur la terre battue, et ne se lavait et ne se coupait les cheveux qu’une fois par an, le jour de Pâques. Il ne lava jamais le sac de peau que lui avait donné saint Antoine, et il ne changeait sa tunique que lorsqu’elle tombait en lambeaux. Il avait appris toute l’Écriture sainte par cœur, et la récitait à haute voix en se tenant debout avec crainte, comme si Dieu était présent devant ses yeux. De l’âge de vingt et un ans à vingt-sept ans, il ne mangea chaque jour et pendant trois ans, qu’un peu de lentilles détrempées dans de l’eau froide ; les trois autres années, il se contenta de pain saupoudré de sel. De vingt-sept à trente ans, il vécut d’herbes sauvages ; de trente à trente-cinq ans, de six onces (environ 150 gr.) de pain d’orge et d’un peu d’herbes cuites sans huile. Atteint alors d’une maladie et sa vue ayant baissée, il ajouta un peu d’huile à son menu et garda le même régime jusqu’à l’âge de soixante-trois ans. Voyant son corps s’affaiblir et pensant que sa mort était proche, il ne mangea plus de pain jusqu’à la fin de ses jours, redoublant ainsi de ferveur, comme un jeune novice, à l’âge où d’autres ont coutume de diminuer leurs austérités. Il persévéra dans cette manière de vivre jusqu’à son bienheureux repos, ne mangeant qu’après le coucher du soleil et ne rompant jamais son jeûne, ni aux jours de fêtes, ni même au cours de ses plus graves maladies.

Ces travaux surhumains, que saint Hilarion entreprit par amour de Dieu, ouvrirent non seulement son cœur à la contemplation des mystères célestes, mais la grâce divine recouvrit aussi son corps et lui donna le pouvoir d’accomplir des miracles pour la consolation des fidèles. Il guérit des malades et délivra un grand nombre de possédés, si bien que, âgé de vingt-deux ans seulement, sa réputation s’était déjà répandue dans toute la Palestine, et même jusqu’en Égypte et en Syrie. On accourait vers lui en foule, et nombreux étaient ceux qui lui demandaient d’embrasser la vie angélique à ses côtés car, jusqu’alors, la vie monastique n’était pas encore apparue en Palestine ni en Syrie. C’est ainsi qu’Hilarion devint pour ces régions, ce que saint Antoine était pour l’Égypte. Il restait d’ailleurs en relation épistolaire avec le grand Antoine qui, lorsqu’on lui amenait des malades venus de ces régions, leur disait : « Pourquoi venir de si loin, alors que vous avez là-bas mon fils Hilarion ? » Ceux qui embrassèrent la vie solitaire et s’installèrent dans des cellules autour de saint Hilarion atteignirent bientôt le nombre de deux mille, tous le reconnaissant comme Père et guide. Une fois l’an, à l’époque des vendanges, Hilarion rendait visite à ses monastères, leur apportant alors leur subsistance pour l’année. Cette visite annuelle était également pour lui, l’occasion de rassembler la foule de ses disciples pour leur prodiguer son enseignement sur la purification de l’âme.

Comme l’armée des frères rangés sous sa direction, et la multitude des malades et des fidèles qui accouraient sans cesse de toutes parts vers sa retraite ne lui laissaient plus un instant de répit pour vaquer à la contemplation dans le silence, c’était en pleurant qu’il se souvenait de ses premières années passées dans l’ascèse, inconnu de tous. Ayant atteint l’âge de soixante-trois ans, il parvint, à force de larmes, à faire accepter son départ à ses disciples. Mais le jour venu, plus de dix mille personnes voulurent le suivre partout où il se rendrait, pour ne pas être privées de la grâce qui lui était attachée. Il parvint toutefois à les persuader de s’en retourner et ne prit avec lui que quarante disciples capables de supporter de longs voyages à pied en jeûnant tout le jour. Comme il avait appris la mort de saint Antoine, Hilarion se dirigea vers l’Égypte, pour vénérer les lieux qui avaient été sanctifiés par le séjour du saint. Et c’est en versant d’abondantes larmes qu’il se prosterna devant tous les lieux et les objets qu’avait touchés le Père des moines. Au sortir du désert de saint Antoine, Hilarion partit en quête de solitude. Mais où qu’il se rendît, du désert à Alexandrie, il répandait autour de lui la grâce, les miracles et les guérisons, si bien qu’on accourait vers lui en foule et que sa renommée le devançait partout, sans jamais lui laisser de repos.

Au cours des trois années (360-363) pendant lesquelles s’exerça la tyrannie de Julien l’Apostat, le monastère de saint Hilarion, près de Gaza, fut détruit et les moines dispersés. C’est pourquoi le saint décida de se réfugier en Libye. De là, il fit voile pour la Sicile, pensant trouver la solitude dans ces régions où il était inconnu. Mais, contraint par sa compassion et son amour des hommes, il chassa les démons, guérit les malades et attira de nouveau les foules à lui. Il s’enfuit une nouvelle fois et se rendit dans un bourg de Dalmatie, région encore habitée par les barbares. Là encore, la grâce qui émanait de sa personne ne put rester cachée : il mit à mort une bête monstrueuse qui effrayait les habitants, et put ainsi les convertir au christianisme. Voulant échapper aux honneurs, il prit la fuite de nuit et s’embarqua sur un vaisseau marchand pour l’île de Chypre. À peine fut-il arrivé sur l’île, que les possédés, pris de panique, se mirent à crier qu’Hilarion, le serviteur de Jésus-Christ, était venu dans l’île pour les en chasser. Il lui fallut donc trouver une autre retraite. Il se rendit alors dans un endroit inhabité de l’île et s’installa dans une grotte inaccessible, située au sommet d’une montagne escarpée. Il y demeura cinq ans, visité seulement de temps à autre par son fidèle disciple Hésychios, qui venait lui donner des nouvelles de Palestine. Parvenu à l’âge de quatre-vingts ans, le corps grandement affaibli par ses austérités soutenues, saint Hilarion fit ses préparatifs pour quitter cette vie périssable, puis il rassembla autour de lui les quelques fidèles qui avaient pu atteindre sa demeure. Tandis qu’il était étendu, au seuil de la mort, il gardait les yeux ouverts et disait : « Sors mon âme, que crains-tu ? Sors, de quoi as-tu peur ? Tu as servi Jésus-Christ près de soixante-dix ans et tu crains la mort ? » En achevant ces paroles, il rendit son âme à Dieu et fut immédiatement enterré par ses disciples, conformément à ses instructions, afin de ne pas recevoir les honneurs d’une sépulture due aux saints. Quelque temps après, Hésychios vint prendre le corps de saint Hilarion et le transporta en Palestine, pour qu’il soit vénéré par la foule de ses disciples.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Hilarion, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Hilarion, ton 3
Comme un astre sans déclin, du mystique Soleil * tous ensemble nous, * t’acclamons par des hymnes en ce jour: * sur ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’ignorance tu as brillé, * faisant monter vers la hauteur divine les fidèles s’écriant: * Réjouis-toi, Père Hilarion, en qui les moines ont un appui.

Évangile du jour
(Lc VIII,22-25)

Un jour, Jésus monta dans une barque avec ses disciples. Il leur dit: Passons de l’autre côté du lac. Et ils partirent. Pendant qu’ils naviguaient, Jésus s’endormit. Un tourbillon fondit sur le lac, la barque se remplissait d’eau, et ils étaient en péril. Ils s’approchèrent et le réveillèrent, en disant: Maître, maître, nous périssons! S’étant réveillé, il menaça le vent et les flots, qui s’apaisèrent, et le calme revint. Puis il leur dit: Où est votre foi? Saisis de frayeur et d’étonnement, ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, qui commande même au vent et à l’eau, et à qui ils obéissent?

14 octobre

14 octobre
Jour de jeûne

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse (54-68) ; saint Sylvain, prêtre à Gaza, (IVème s.) ; saint Céleste, évêque de Metz (vers 300) ; sainte Menehould, vierge en Lorraine (Vème s.) ; sainte Angadrème, abbesse, patronne de Beauvais (vers 695) ;  sainte Parascève de Serbie (XIème s.) ; Saint Nicolas Sviatocha, prince de Tchernigov, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1143) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Lektorsky), prêtre (1921) ; Ambroise, évêque de Kamenets-Podolsky, confesseur (1932), Pierre (Lebedev), prêtre (1937) ; Maximilien (Martchenko), moine (1938).

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse (54-68)  – miniature du Ménologe de Basile II de bibliothèque apostolique vaticane

Issu d’une riche et noble famille, saint Nazaire vivait à Rome, sous le règne de l’empereur Néron (entre 54 et 68). Son père, Africanus, et sa mère, Perpétue, avaient été conduits à la foi par le saint Apôtre Pierre, et Nazaire fut baptisé par le premier évêque de Rome, saint Lin.

Lorsqu’il eut atteint l’âge de vingt ans, il quitta Rome pour parcourir les villes d’Italie, afin d’y répandre la Bonne Nouvelle. Il amena ainsi de nombreux païens à la connaissance de la Vérité et les baptisa. Dix ans plus tard, comme il passait dans la ville de Plaisance, il fit la connaissance de saint Gervais et de saint Protais, qui étaient en prison sur l’ordre du gouverneur Anulinus et dont la réputation de thaumaturges et d’audacieux apôtres du Christ s’était répandue dans toute l’Italie. Ils s’embrassèrent d’un saint baiser et s’exhortèrent mutuellement au martyre. Mais le gouverneur, ayant appris la présence de Nazaire, le fit interpeller, puis flageller, et ensuite il le chassa de la ville.

Le saint se dirigea alors vers la Gaule. Lorsqu’il arriva dans la ville de Cimiez, près de Nice, sa parole de feu attira une grande partie de la population à la foi. C’est alors que la femme d’un notable de la cité s’approcha de lui avec son enfant âgé de trois ans. Elle le déposa aux pieds du saint en disant : « Prends avec toi cet enfant. Qu’il te suive où que tu ailles, afin qu’il soit jugé digne de paraître auprès du trône du Christ. » Nazaire reçut le bambin avec action de grâces, le baptisa sous le nom de Celse, et partit avec lui pour répandre le saint Évangile dans d’autres régions de la Gaule. Saisis par le gouverneur Deinobaus, qui l’interrogea sur son identité et celle de l’enfant, Nazaire lui répondit : « Je suis Romain de naissance, mais je suis chrétien et adore le Crucifié. » Le cruel magistrat s’empara alors de Celse et le frappa sans pitié, mais le jeune enfant balbutia avec la sagesse d’un vieillard : « Le Dieu que j’adore te jugera pour cela, ô injuste juge. » Nazaire et Celse purent toutefois s’échapper grâce à l’appui de la femme du gouverneur, qui avait eu à leur sujet une vision redoutable. Ils se dirigèrent vers Trèves, en proclamant partout le Christ et en se moquant des idoles, ce qui leur valut d’être à nouveau arrêtés.

Conduits à Rome, sur l’ordre de l’empereur Néron, ils furent jetés dans un lac après avoir été interrogés. Mais ils réchappèrent à la noyade, et purent continuer leur mission de ville en ville jusqu’à Milan, où ils y retrouvèrent saint Gervais et saint Protais, qui se préparaient à affronter l’épreuve finale du martyre. Tous étaient remplis de joie à la perspective de rejoindre le Seigneur en communiant à sa Passion, et le jeune Celse n’était pas moins que les autres prêt à endurer toutes sortes de supplices pour l’amour du Christ. Ils marchèrent donc tous les quatre vers le lieu de l’exécution, le visage aussi rayonnant que s’ils se rendaient à un banquet, et moururent décapités en rendant grâce à Dieu. Celse avait alors neuf ans et sept mois.

Les reliques des saints Gervais et Protais furent miraculeusement retrouvées par saint Ambroise, et lors de leur transfert solennel dans la basilique principale de Milan, le 19 juin 386, un aveugle recouvra la vue et les démons qui habitaient deux possédés se mirent à crier que les saints leur infligeaient des peines intolérables. Quelques années après (395), saint Ambroise procéda à la translation des corps des saints Nazaire et Celse, qui étaient ensevelis dans un jardin hors de la ville.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, ton 1
Célébrons la quadruple gloire des Témoins du Christ, * fidèles, chantons Nazaire et Protais, * acclamons par des hymnes Celse et Gervais, * car ils ont combattu jusqu’à mourir décapités; * ayant reçu la couronne d’immortalité, * ils intercèdent pour notre salut.

Évangile du jour
(Lc VI, 46, VII,1)
Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur! et ne faites-vous pas ce que je dis? Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui entend, et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement. Le torrent s’est jeté contre elle: aussitôt elle est tombée, et la ruine de cette maison a été grande. Après avoir achevé tous ces discours devant le peuple qui l’écoutait, Jésus entra dans Capernaüm.

29 septembre (ancien calendrier)/12 octobre (nouveau)

29 septembre (ancien calendrier)/12 octobre (nouveau)

jour de jeûne

Saint Cyriaque l’anachorète, abbé en Palestine (556) ; saints martyrs Dadas, Gobdahala et Kasdios de Perse (IV) ; sainte martyre Goudelia de Perse (IV) ; saint Théophane le miséricordieux, de Gaza ; saint Cyprien d’Oustioug (1276) ; saint hiéromartyr Jean, archevêque de Riga (1934).

VIE DE SAINT CYRIAQUE L’ANACHORETE

Saint Cyriaque et saint Nil du Sinaï, fresque du monastère Saint-Paul, Mont-Athos, 1552

Saint Cyriaque (Kyriakos) naquit en 448, sous le règne de l’empereur Théodose le Jeune, à Corinthe. Il était le fils d’un prêtre de l’église de Corinthe, nommé Jean, et d’une pieuse femme, Eudoxie. À l’âge de dix-huit ans, il fut ordonné lecteur par Pierre, évêque de la ville, qui était aussi son oncle paternel. Le cœur brûlant d’un ardent désir de Dieu, le jeune homme s’enfuit secrètement pour Jérusalem. Arrivé dans la Ville sainte, il entendit parler des exploits de saint Euthyme et demanda à être reçu parmi ses disciples. Saint Euthyme le revêtit du saint Habit angélique, mais ne lui permit pas de rester dans sa laure, de peur de scandaliser les autres pères en raison de son jeune âge. Comme saint Théoctiste, auquel il confiait habituellement la formation de ses plus jeunes disciples, était parti vers la demeure des justes, il envoya Cyriaque au monastère de saint Gérasime, près du Jourdain. Le jeune moine s’y acquitta avec ardeur de la fonction de cuisinier et de toutes les autres tâches qu’on lui assignait. Observant scrupuleusement les règles de la vie communautaire, il menait pourtant l’ascèse d’un anachorète, ne se nourrissant que de pain et d’eau, une fois tous les deux jours après la neuvième heure (vers 15h), et s’adonnant avec un zèle croissant à la prière nocturne. Admirant ses rapides progrès, saint Gérasime le prit en affection et accepta de l’emmener avec lui dans le désert de Rouba, chaque année, depuis la clôture de la Théophanie jusqu’au dimanche des Palmes. C’est de là que Gérasime eut la révélation du départ pour le ciel de l’âme de saint Euthyme et qu’il partit avec Cyriaque pour ensevelir son corps (473).
La neuvième année du séjour de Cyriaque au monastère, saint Gérasime s’endormit en paix pour rejoindre le Seigneur (475). Désormais âgé de vingt-sept ans, Cyriaque put être reçu à la laure de saint Euthyme. Il y demeura dix ans dans la solitude, tout en favorisant la transformation de la laure en coenobium. C’est là qu’il fut aussi ordonné diacre. Mais la charité s’étant refroidie parmi les moines, des querelles continuelles surgirent entre son monastère et celui de saint Théoctiste, situé un peu plus bas. Fuyant le scandale et le trouble, Cyriaque partit s’installer dans la laure de saint Chariton à Souka. Il y resta trente-neuf ans, servant les frères, avec douceur et humilité, en de multiples tâches, telles celles de boulanger, d’infirmier, d’hôtelier et d’économe. Parvenu à l’âge de quarante ans, il fut ordonné prêtre et on lui confia la charge de skevophylax (sacristain) et celle de canonarque. Pendant toutes ces années, le bienheureux ne se mit pas une seule fois en colère et le soleil ne le vit jamais prendre sa nourriture.
Parvenu à l’âge de soixante-dix-sept ans, il se retira avec un seul disciple au désert de Natouphas, y souffrant toutes sortes de tourments pour l’amour du Christ et ne se nourrissant que d’oignons sauvages que Dieu, à sa prière, avait miraculeusement privés de leur amertume. La cinquième année de son séjour dans ce désert, l’homme de Dieu guérit le fils d’un paysan. Le bruit de ce miracle ne tarda pas à se répandre et, fuyant la bonne renommée, Cyriaque décida de quitter les lieux pour gagner le désert de Rouba, où il demeura cinq ans (530-535). Poursuivi derechef par sa réputation de thaumaturge, il se retira au désert profond de Soussakim, où personne n’avait jamais osé s’installer. Enfin seul avec Dieu seul, il demeura dans la contemplation des mystères divins pendant sept ans, jusqu’au moment où, une épidémie de peste s’étant déclarée, les moines de la laure de Souka vinrent trouver Cyriaque, et le supplièrent de revenir vivre auprès d’eux, afin de les protéger par ses prières.
Pendant son second séjour à la laure de Souka (542-547), le saint s’installa dans la grotte de saint Chariton, et lutta avec le glaive acéré de sa parole et de sa science spirituelle contre l’hérésie des origénistes, lesquels égaraient alors de nombreux moines de Palestine. La paix étant rétablie, saint Cyriaque, qui avait atteint l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, las des troubles que lui occasionnait la proximité des hommes, retourna dans sa retraite de Soussakim. Il y vécut encore huit années, en compagnie d’un lion apprivoisé qui gardait son jardinet des maraudeurs et des chèvres sauvages. L’endroit étant totalement aride, il arrosait ses quelques légumes avec de l’eau qui se rassemblait l’hiver dans le creux des rochers. Deux ans avant son départ pour le séjour des saints, les moines de la laure de Souka réussirent à le convaincre de venir achever son séjour terrestre dans la grotte de saint Chariton. Malgré son âge très avancé, saint Cyriaque y poursuivit ses combats ascétiques, et continua à recevoir ses visiteurs pour leur prodiguer ses enseignements. Lorsqu’il tomba malade, il convoqua les pères de la laure pour leur donner son ultime baiser de paix, puis il s’endormit paisiblement, en compagnie des anges et des saints, le 29 septembre 557, âgé de cent neuf ans.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyriaque, ton 1
Habitant du désert et ange dans le corps, tu fus thaumaturge, ô Cyriaque, notre père théophore ; par le jeûne, les veilles et la prière, tu as reçu des dons célestes ; tu guéris les malades et les âmes de ceux qui accourent vers toi avec foi. Gloire à Celui qui t’a donné la force, gloire à Celui qui t’a couronné, gloire à Celui qui par toi accomplit pour tous des guérisons.

Kondakion de saint Cyriaque, ton 8
En ton honneur, comme invincible et puissant protecteur, * la sainte Laure qui te vénère chaque jour * fête aujourd’hui ton souvenir annuel. * Par le crédit que tu possèdes auprès du Seigneur * garde-nous des ennemis qui fondent sur nous, * afin que nous puissions te chanter: Bienheureux Père, réjouis-toi.

Évangile du jour
(Lc IV, 37-44)

En sortant de la synagogue, Jésus se rendit à la maison de Simon. La belle-mère de Simon avait une violente fièvre, et ils le prièrent en sa faveur. S’étant penché sur elle, il menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. A l’instant elle se leva, et les servit. Après le couché du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Il imposa les mains à chacun d’eux, et il les guérit. Des démons aussi sortirent de beaucoup de personnes, en criant et en disant: Tu es le Fils de Dieu. Mais il les menaçait et ne leur permettait pas de parler, parce qu’ils savaient qu’il était le Christ. Dès que le jour parut, il sortit et alla dans un lieu désert. Une foule de gens se mirent à sa recherche, et arrivèrent jusqu’à lui; ils voulaient le retenir, afin qu’il ne les quittât point. Mais il leur dit: Il faut aussi que j’annonce aux autres villes la bonne nouvelle du royaume de Dieu; car c’est pour cela que j’ai été envoyé. Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée.

11 octobre

11 octobre

Saint Philippe, apôtre, l’un des 7 premiers diacres, saintes Zénaïde et Philonille, martyres en Cilicie (I), saint Théophane « le marqué », évêque de Nicée, confesseur, hymnographe (vers 850), saints Nicaise, évêque de Rouen, Cerin, prêtre, Scubicule, diacre et sainte Pience, martyrs en Gaule (III), saint Germain, évêque de Besançon, martyr (372), saint Firmin, évêque d’Uzès (VI), saint Grat, évêque d’Oloron (VI), saint Ansilion, moine (VII), saint Agilbert, évêque de Paris (VII), sainte Julienne, abbesse de Pavilly en Normandie (vers 750), saint Théophane le jeûneur de la Laure des Grottes de Kiev (XII), saint Philothée Kokkinos, patriarche de Constantinople (1379), saint Léon d’Optino (1841), saints hiéromartyrs de Russie Philarète (Velikanov) et Alexandre (Grivsky), prêtres (1918).

VIE DU SAINT APÔTRE PHILIPPE

Saint Philippe, apôtre, l’un des 7 premiers diacres

Saint Philippe naquit à Césarée de Palestine. Il eut de son mariage quatre filles, qui se consacrèrent à Dieu en préservant leur virginité et qui furent gratifiées du don de prophétie (Act 21, 8). II fut ordonné diacre par les Apôtres en même temps qu’Étienne (Act 6), afin d’aider au service des tables et aux œuvres de miséricorde. Lorsque la communauté apostolique se dispersa pour proclamer l’Évangile, Philippe répandit dans toute la Samarie la Bonne Nouvelle du salut. C’est lui qui baptisa Simon le mage, lequel avait feint hypocritement la conversion, en espérant tirer de l’argent des dons du Saint-Esprit (Act 8). C’est lui encore que le Seigneur envoya sur le chemin, allant de Jérusalem à Gaza, pour donner à l’eunuque ministre de Candace, la reine d’Éthiopie, la clé des mystères contenus dans la prophétie d’Isaïe, à propos du sacrifice du serviteur de Dieu (Is 53, 7). Après l’avoir baptisé, Philippe fut enlevé par l’Esprit du Seigneur, pour continuer sa prédication. D’Azot, il évangélisa toutes les villes par lesquelles il passa, jusqu’à Césarée ; puis il se rendit en Asie Mineure, dans la région de Tralles en Lydie. C’est là qu’il s’endormit en paix, après avoir amené un grand nombre de païens à la connaissance de Dieu et y avoir fait construire une église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Philippe, ton 3
Saint apôtre Philippe, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.
Tropaire de St Théophane « le marqué », ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * Théophane, pour les saintes images tu as combattu; * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, * intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion du saint apôtre Philippe , ton 4
Devenu, Philippe, l’imitateur du Maître, pour lui * tu servis comme diacre ses Apôtres sacrés; * c’est pourquoi nous tous, les fidèles, nous te disons bienheureux.

Kondakion de saint Théophane « Le marqué », ton 4
Pour l’Église tu t’es montré * comme un autre soleil, * car tu l’as illuminée * de tes clairs enseignements, * vénérable Théophane, pontife du Christ notre Dieu.

Évangile du jour
(Lc XII, 8-12)

Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu; mais celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. Et quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais à celui qui blasphémera contre le Saint Esprit il ne sera point pardonné. Quand on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz; car le Saint Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire.

9 octobre

9 octobre

Saint Jacques, fils d’Alphée, apôtre (I) ; saint Abraham et son neveu Lot (vers 1700 av. J.-C.) ; saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs (250), saints martyrs Juventin et Maxime (361), saint Andronique et son épouse sainte Athanasie, ermites en Égypte (V), sainte Poplia (ou Publia), diaconnesse à Antioche (IV), saint Pierre le Galate, moine au Mont-Olympe (IX), saint Étienne l’aveugle, prince de Serbie (1476), saints néo-martyrs de Russie : Constantin (Soukhov) et Pierre (Viatkine), prêtres (1918), Constantin (Axenov), prêtre (1937).

SAINT JACQUES, FILS D’ALPHÉE

Saint Jacques, fils d’Alphée, était, selon certains, le frère de l’Évangéliste Matthieu le publicain. Il faisait partie du chœur des Apôtres, et proclama lui aussi la Bonne Nouvelle aux païens. Son zèle pour Dieu était si ardent que, sans crainte des représailles, il jetait à terre les autels des idoles. Mû par la grâce du Saint-Esprit, il chassait les esprits malins, guérissait les malades et fit un grand nombre d’autres miracles. Sa prédication avait un tel effet sur les âmes que ceux qui, venant du paganisme, s’étaient convertis grâce à sa prédication, prirent l’habitude de lui donner le surnom de « Germe divin ». Après avoir évangélisé la région de Gaza, puis Éleuthéropolis, saint Jacques parcourut le monde pour faire partager à tous son amour du Christ. Finalement, il fut arrêté, à Ostracine, ville égyptienne, par des Juifs, qui lui procurèrent l’occasion de suivre, jusque dans la mort, l’exemple du Seigneur en le suspendant à une croix, sur laquelle il rendit aussitôt son âme à Dieu.

SAINT DENIS DE PARIS

saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs

saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs

Selon la tradition rapportée par saint Grégoire de Tours, saint Denis était un des sept évêques envoyés par le pape de Rome en Gaule sous le règne de Dèce (vers 250), afin d’y poursuivre l’évangélisation qui n’avait été jusque-là que partielle. Saint Gatien fut nommé évêque de Tours [18 déc.], saint Trophime d’Arles [29 déc.], saint Paul de Narbonne [22 mars], saint Saturnin de Toulouse [29 nov.], saint Austremoine d’Arvernes [ler nov.], saint Martial de Limoges [30 juin], et saint Denis se vit attribuer la petite ville de Lutèce (Paris). Cette ville était la plus éloignée et, de plus, située dans une région où régnaient les cultes païens les plus grossiers. En s’acheminant vers son diocèse, accompagné de Rustique et d’Éleuthère, saint Denis manifestait la vérité de la foi chrétienne en opérant des miracles éclatants partout où il passait. Il convertissait ainsi les païens, et les persuadait de renverser leurs idoles et de détruire leurs temples. Parvenu à Lutèce, il s’installa un peu en dehors de la ville, dans une demeure cédée par un noble converti, afin que les chrétiens pussent s’y réunir en secret (Montmorency).

Lors du passage en Gaule de l’empereur romain, les lois ordonnant la persécution des disciples du Christ furent mises violemment en vigueur, et les fidèles, pourchassés de toutes parts, étaient maltraités et mis à mort par d’horribles tortures (vers 275). Denis, malgré son grand âge, et sans crainte du danger, allait visiter les condamnés pour les encourager à maintenir fermement la confession de la foi. Dénoncé, il fut arrêté ainsi que ses deux disciples, Rustique et Éleuthère, et soumis à des tortures inhumaines. Attaché à une croix, il continuait à prêcher à la foule le grand mystère de la Passion du Christ et du salut du monde. De retour dans son cachot, le saint évêque célébra une dernière fois les saints Mystères devant ses compagnons de supplice, au sein d’une lumière divine. Denis eut finalement la tête tranchée, avec un grand nombre d’autres martyrs, sur la colline appelée aujourd’hui Montmartre. On raconte qu’après son exécution, il resta debout, prit sa tête entre ses mains et parcourut plusieurs kilomètres, jusqu’au lieu qui devint plus tard la basilique (puis la ville) de Saint-Denis. C’est dans la crypte de cette église que les rois de France se firent enterrer jusqu’à la Révolution.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 7ème ton
Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron, Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité, Christ Dieu, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire du saint apôtre Jacques, ton 3
Saint apôtre Jacques, fils d’Alphée, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Jacques, ton 2
Comme un astre brillant sur l’entière création * acclamons dans nos hymnes l’apôtre divin, * saint Jacques, le témoin oculaire du Christ, * et célébrons sa fête en ce jour, * car il intercède sans cesse pour nous tous.

Kondakion du dimanche, 7ème ton
Désormais l’empire de la mort ne peut retenir les mortels, car le Christ y est descendu pour briser et défaire sa puissance. L’enfer est enchaîné, les prophètes jubilent, disant d’une seule voix : « Il est venu, le Sauveur, pour ceux qui ont la foi ; fidèles, allez à la rencontre de la Résurrection ! »

Évangile du jour
(Matth. XXV, 14-30)
Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres. Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m’as remis deux talents; voici, j’en ai gagné deux autres. Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné; j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi. Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné; il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

29 septembre

29 septembre

Saint Cyriaque l’anachorète, abbé en Palestine (556) ; saints martyrs Dadas, Gobdahala et Kasdios de Perse (IV) ; sainte martyre Goudelia de Perse (IV) ; saint Théophane le miséricordieux, de Gaza ; saint Cyprien d’Oustioug (1276) ; saint hiéromartyr Jean, archevêque de Riga (1934).

VIE DE SAINT CYRIAQUE L’ANACHORETE

Saint Cyriaque et saint Nil du Sinaï, fresque du monastère Saint-Paul, Mont-Athos, 1552

Saint Cyriaque et saint Nil du Sinaï, fresque du monastère Saint-Paul, Mont-Athos, 1552

Saint Cyriaque (Kyriakos) naquit en 448, sous le règne de l’empereur Théodose le Jeune, à Corinthe. Il était le fils d’un prêtre de l’église de Corinthe, nommé Jean, et d’une pieuse femme, Eudoxie. À l’âge de dix-huit ans, il fut ordonné lecteur par Pierre, évêque de la ville, qui était aussi son oncle paternel. Le cœur brûlant d’un ardent désir de Dieu, le jeune homme s’enfuit secrètement pour Jérusalem. Arrivé dans la Ville sainte, il entendit parler des exploits de saint Euthyme et demanda à être reçu parmi ses disciples. Saint Euthyme le revêtit du saint Habit angélique, mais ne lui permit pas de rester dans sa laure, de peur de scandaliser les autres pères en raison de son jeune âge. Comme saint Théoctiste, auquel il confiait habituellement la formation de ses plus jeunes disciples, était parti vers la demeure des justes, il envoya Cyriaque au monastère de saint Gérasime, près du Jourdain. Le jeune moine s’y acquitta avec ardeur de la fonction de cuisinier et de toutes les autres tâches qu’on lui assignait. Observant scrupuleusement les règles de la vie communautaire, il menait pourtant l’ascèse d’un anachorète, ne se nourrissant que de pain et d’eau, une fois tous les deux jours après la neuvième heure (vers 15h), et s’adonnant avec un zèle croissant à la prière nocturne. Admirant ses rapides progrès, saint Gérasime le prit en affection et accepta de l’emmener avec lui dans le désert de Rouba, chaque année, depuis la clôture de la Théophanie jusqu’au dimanche des Palmes. C’est de là que Gérasime eut la révélation du départ pour le ciel de l’âme de saint Euthyme et qu’il partit avec Cyriaque pour ensevelir son corps (473).
La neuvième année du séjour de Cyriaque au monastère, saint Gérasime s’endormit en paix pour rejoindre le Seigneur (475). Désormais âgé de vingt-sept ans, Cyriaque put être reçu à la laure de saint Euthyme. Il y demeura dix ans dans la solitude, tout en favorisant la transformation de la laure en coenobium. C’est là qu’il fut aussi ordonné diacre. Mais la charité s’étant refroidie parmi les moines, des querelles continuelles surgirent entre son monastère et celui de saint Théoctiste, situé un peu plus bas. Fuyant le scandale et le trouble, Cyriaque partit s’installer dans la laure de saint Chariton à Souka. Il y resta trente-neuf ans, servant les frères, avec douceur et humilité, en de multiples tâches, telles celles de boulanger, d’infirmier, d’hôtelier et d’économe. Parvenu à l’âge de quarante ans, il fut ordonné prêtre et on lui confia la charge de skevophylax (sacristain) et celle de canonarque. Pendant toutes ces années, le bienheureux ne se mit pas une seule fois en colère et le soleil ne le vit jamais prendre sa nourriture.
Parvenu à l’âge de soixante-dix-sept ans, il se retira avec un seul disciple au désert de Natouphas, y souffrant toutes sortes de tourments pour l’amour du Christ et ne se nourrissant que d’oignons sauvages que Dieu, à sa prière, avait miraculeusement privés de leur amertume. La cinquième année de son séjour dans ce désert, l’homme de Dieu guérit le fils d’un paysan. Le bruit de ce miracle ne tarda pas à se répandre et, fuyant la bonne renommée, Cyriaque décida de quitter les lieux pour gagner le désert de Rouba, où il demeura cinq ans (530-535). Poursuivi derechef par sa réputation de thaumaturge, il se retira au désert profond de Soussakim, où personne n’avait jamais osé s’installer. Enfin seul avec Dieu seul, il demeura dans la contemplation des mystères divins pendant sept ans, jusqu’au moment où, une épidémie de peste s’étant déclarée, les moines de la laure de Souka vinrent trouver Cyriaque, et le supplièrent de revenir vivre auprès d’eux, afin de les protéger par ses prières.
Pendant son second séjour à la laure de Souka (542-547), le saint s’installa dans la grotte de saint Chariton, et lutta avec le glaive acéré de sa parole et de sa science spirituelle contre l’hérésie des origénistes, lesquels égaraient alors de nombreux moines de Palestine. La paix étant rétablie, saint Cyriaque, qui avait atteint l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, las des troubles que lui occasionnait la proximité des hommes, retourna dans sa retraite de Soussakim. Il y vécut encore huit années, en compagnie d’un lion apprivoisé qui gardait son jardinet des maraudeurs et des chèvres sauvages. L’endroit étant totalement aride, il arrosait ses quelques légumes avec de l’eau qui se rassemblait l’hiver dans le creux des rochers. Deux ans avant son départ pour le séjour des saints, les moines de la laure de Souka réussirent à le convaincre de venir achever son séjour terrestre dans la grotte de saint Chariton. Malgré son âge très avancé, saint Cyriaque y poursuivit ses combats ascétiques, et continua à recevoir ses visiteurs pour leur prodiguer ses enseignements. Lorsqu’il tomba malade, il convoqua les pères de la laure pour leur donner son ultime baiser de paix, puis il s’endormit paisiblement, en compagnie des anges et des saints, le 29 septembre 557, âgé de cent neuf ans.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyriaque, ton 1
Habitant du désert et ange dans le corps, tu fus thaumaturge, ô Cyriaque, notre père théophore ; par le jeûne, les veilles et la prière, tu as reçu des dons célestes ; tu guéris les malades et les âmes de ceux qui accourent vers toi avec foi. Gloire à Celui qui t’a donné la force, gloire à Celui qui t’a couronné, gloire à Celui qui par toi accomplit pour tous des guérisons.

Kondakion de saint Cyriaque, ton 8
En ton honneur, comme invincible et puissant protecteur, * la sainte Laure qui te vénère chaque jour * fête aujourd’hui ton souvenir annuel. * Par le crédit que tu possèdes auprès du Seigneur * garde-nous des ennemis qui fondent sur nous, * afin que nous puissions te chanter: Bienheureux Père, réjouis-toi.

Évangile du jour
(Mc VI, 30-45)

Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit: Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d’allants et de venants, et ils n’avaient même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l’écart dans un lieu désert. Beaucoup de gens les virent s’en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient. Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était déjà avancée, ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée; renvoie-les, afin qu’ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s’acheter de quoi manger. Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger? Et il leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s’en assurèrent, et répondirent: Cinq, et deux poissons. Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte, et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante. Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule.

19 août (ancien calendrier)/1er septembre (nouveau)

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saints André le stratilate et ses 2593 compagnons, martyrs au Mont-Taurus (IV) ; saints Timothée et Agapios et sainte Thècle, martyrs à Gaza (vers 305) ; saint Pitirim, évêque de Perm (1456) ; saint Nicolas (Lebedev), prêtre et confesseur (1933).

VIE DE ST ANDRÉ LE STRATILATE et de ses 2 593 compagnons

Saint André le Stratilate

Saint André était tribun dans l’armée impériale cantonnée sur les frontières orientales de l’Empire, au temps de l’empereur Maximien Galère (vers 305) ; et bien qu’il n’eût pas encore reçu le saint baptême, il brillait, telle une rose au milieu des épines, tant par sa piété que par sa vaillance. Le général en chef Antiochos, qui était réputé pour sa cruauté envers les chrétiens, devant faire face à une soudaine incursion des Perses, se souvint du valeureux André et l’envoya à la tête d’une cohorte. Au moment d’engager le combat, André exhorta ses hommes à se confier dans le Christ, qui a créé le ciel et la terre et a réduit à néant le pouvoir des faux dieux. Invoquant donc d’une seule voix le Nom du Christ, ils renversèrent les phalanges des ennemis et les repoussèrent hors des frontières. Après cette victoire inespérée tous ses hommes décidèrent de se convertir, mais ils furent dénoncés comme chrétiens auprès d’Antiochos qui, au lieu de leur décerner de justes récompenses, les convoqua à son tribunal. Étranger à tout sentiment de reconnaissance et brûlant de colère, il lut les édits impériaux et leur rappela le nom des notables chrétiens qu’il avait préalablement fait périr. André lui répondit que ces martyrs avaient en fait remporté la victoire sur lui et que les tourments qu’on leur avait infligés deviendraient pour eux des trophées dans le Royaume du Christ. Usant d’une cruelle ironie, Antiochos déclara qu’il convenait qu’on procure du repos à un homme tel que lui, qui avait fait preuve d’une si grande bravoure dans le combat, et il ordonna d’étendre le saint sur un lit de bronze incandescent. L’ardeur de la foi et de la charité, qui brûlaient dans le cœur du valeureux martyr, le laissèrent insensible aux brûlures, et il trouva sur cette couche un vrai repos. On se saisit ensuite de certains des soldats qui s’étaient illustrés avec lui dans la bataille pour leur clouer les mains sur des poutres. Ils subirent ce supplice avec le sourire, se réjouissant de participer à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, avant même d’avoir été baptisés.

Comme ils restaient inébranlables dans leur résolution, Antiochos les fit jeter en prison et écrivit à l’empereur, lui demandant s’il convenait d’exécuter un officier de cette valeur, avec le risque de provoquer une mutinerie dans l’armée et la révolte du peuple qui le considérait comme un héros. Maximien lui répondit de se débarrasser de lui secrètement, au moyen d’une ruse, et de ne laisser en aucune façon la nouvelle religion pénétrer dans l’armée. Antiochos libéra donc André et ses compagnons et feignit de les laisser aller où bon leur semblerait. Le saint martyr, averti par Dieu de ce stratagème, se rendit à Tarse avec ses hommes et demanda à l’évêque Pierre de leur conférer le saint baptême. Quand il apprit leur départ, Antiochos écrivit au gouverneur militaire de Cilicie, Séleuchos, de les arrêter au plus vite et de les mettre à mort s’ils opposaient la moindre résistance. Séleuchos, qui était lui aussi un persécuteur fanatique, se précipita à Tarse avec un important détachement. André et ses compagnons, qui venaient juste d’être baptisés, traversèrent le mont Taurus pour échapper aux poursuites, et se dirigèrent vers Mélitène en Arménie. Séleuchos n’abandonna pas ses recherches, et grâce à la trahison d’un certain Martin, il les rattrapa dans un défilé du massif du Taurus. Comme les soldats se préparaient à se lancer sur eux, saint André exhorta ses compagnons à lever leurs mains pour la prière plutôt qu’à brandir le glaive et, tombant à genoux, il intercéda longuement pour ses ennemis et pour le salut du monde. Dès qu’il acheva sa prière, les soldats se précipitèrent sur eux et les massacrèrent comme des brebis innocentes qui n’opposèrent aucune résistance. Conformément au vœu exprimé par saint André, une source aux vertus thérapeutiques jaillit à l’endroit même où il versa son sang. Pierre de Tarse et Nonnes, évêque de Bérée, qui avaient assisté de loin à leur martyre avec d’autres clercs, vinrent ensuite prendre soin de leurs précieuses reliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire de saint André le Stratilate, ton 5
Laissant la gloire des honneurs terrestres, tu héritas le royaume des cieux; * et sous les flots du sang que tu versas * tu as orné ta couronne immortelle de joyaux très précieux; * au Christ tu amenas une armée de martyrs; * avec les Anges dans la lumière sans couchant * tu as trouvé le Soleil sans déclin, le Christ; * sans cesse avec tes compagnons, saint André, supplie-le * pour qu’à nos âmes il accorde le salut.

Kondakion de saint André le Stratilate, ton 2
En prière constante devant le Seigneur, * comme un astre précédant le Soleil, * tu contemples, selon ton désir, le céleste trésor * dans l’ineffable joie dont ton âme est comblée; * et tu chantes dans les siècles sans fin * pour le Roi immortel que louent sans cesse les Anges dans le ciel. * André, vénérable chef d’armée, * avec eux ne cesse pas de prier pour nous tous.

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

Évangile du jour
(Matth. XXIV, 13-28)
Le Seigneur dit : celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention! – alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes; que celui qui sera sur le toit ne descende pas pour prendre ce qui est dans sa maison; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat. Car alors, la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. Si quelqu’un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Voici, je vous l’ai annoncé d’avance. Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n’y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas. Car, comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles.

29 mars (ancien calendrier)/11 avril (nouveau)

29 mars (ancien calendrier)/11 avril (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Marc évêque d’Aréthuse en Syrie et saint Cyrille, diacre à Héliopolis, et leurs compagnons, martyrs (vers 364) ; saint Jean l’ermite (IVème s.) ; saint Diadoque, évêque de Photicée (Vème s.) ; )  saint Firmin, évêque de Viviers (VIème s.) ; saints Aule, Eumaque et Longin, évêques de Viviers (VIIème s.) ; saint Eustathe, évêque en Bithynie, confesseur (IXème s.) ; saints Marc et Jonas de Pskov (1480) ; saint Michel (Viktorov), confesseur, prêtre (1933).

SAINT MARC ÉVÊQUE D’ARÉTHUSE

Notre saint Père Marc fut consacré évêque de la ville d’Aréthuse (auj. Er Restan), en Syrie, sous le règne de saint Constantin le Grand. Poussé par un zèle divin, il s’illustra alors dans la lutte contre l’idolâtrie et démolit de ses propres mains un temple païen, construisant à sa place une église. Pendant les années troublées qui suivirent le Concile de Nicée, il se laissa entraîner dans les rangs des évêques semi-ariens qui, sans renier la divinité du Verbe, n’admettaient pas l’introduction du terme « consubstantiel » (homoousios) dans le Symbole de foi. Il assista aux conciles de Sardique (343) et de Sirmium (351), et rédigea même un formulaire de foi, qui cherchait à concilier les partis opposés, afin de restaurer l’unité de l’Église (359). Mais il réalisa bientôt son erreur et rejoignit sans ambiguïté les rangs des orthodoxes, peu de temps avant que Julien l’Apostat prenne le pouvoir et commence sa politique de restauration violente du paganisme (361). En apprenant ce retournement de la situation les païens d’Aréthuse, qui gardaient une rancune tenace à l’égard de l’évêque, tentèrent de s’emparer de lui. Sans reconnaissance pour Marc, qui lui avait jadis sauvé la vie au moment de l’assassinat de ses parents, Julien avait accordé toute sa bienveillance aux idolâtres dans cette affaire, et il les laissa perquisitionner dans toute la région à la recherche de l’évêque qui avait fui pour ne pas s’exposer sans nécessité à la persécution. Mais quand il apprit qu’on avait arrêté à sa place d’autres chrétiens et qu’on les soumettait à la torture, il alla se livrer de lui-même aux païens. Dès qu’ils le virent, ceux-ci se jetèrent sauvagement sur le vieillard, sans égard pour ses cheveux blancs, et, le dénudant, ils le couvrirent de coups. Puis ils le jetèrent dans un égout infect et le livrèrent à des enfants qui le percèrent de leurs poinçons à écrire. Par la suite on lui enduisit le corps de saumure et de miel et, l’enfermant dans une corbeille qu’on suspendit en plein air, on l’exposa à l’ardeur du soleil et aux dards des guêpes et des abeilles. Malgré ces tourments, Marc restait inflexible dans sa confession de foi et refusait tout compromis avec les païens qui voulaient lui arracher au moins la promesse de rebâtir à ses frais le temple qu’il avait détruit. Le saint refusa de leur accorder quoi que ce soit, disant qu’une simple obole serait, dans ce cas, équivalente au reniement de la foi tout entière. Et il se moquait de leur bassesse et de leurs soucis terrestres, alors qu’il se trouvait, lui, élevé au ciel par les tourments qu’ils lui infligeaient. Vaincus, finalement les païens le relâchèrent et un certain nombre d’entre eux, édifié par son endurance et par ses discours, se convertit au Christ. Saint Marc mourut en paix en 364, et remporta le trophée des confesseurs du Christ. À la même époque, Cyrille, diacre à Héliopolis de Phénicie, qui avait lui aussi détruit de nombreuses idoles au temps de saint Constantin, fut arrêté par les païens. Ils lui ouvrirent le ventre, dispersèrent ses entrailles sur le sol et mangèrent son foie cru. Les coupables de cette infamie furent par la suite l’objet de la vengeance divine : les uns perdirent toutes leurs dents, les autres eurent la langue atteinte de putréfaction et d’autres perdirent la vue. À Ascalon et Gaza, villes de Palestine, où l’idolâtrie était tenace, les idolâtres s’emparèrent de clercs et de femmes consacrées à Dieu. Ils leur arrachèrent les entrailles et remplirent leur ventre d’orge, puis ils les livrèrent en pâture aux porcs. À Sébaste, ils ouvrirent la châsse contenant les reliques du saint Précurseur Jean le Baptiste et les jetèrent au feu, puis ils dispersèrent les cendres à tout vent. Malgré toutes ces atrocités, les païens ne parvinrent pas à restaurer le culte des idoles et, dans sa grande majorité, le peuple restait indifférent à leurs tentatives, à tel point que, quand Julien voulut organiser une grande fête à Antioche en l’honneur d’Apollon, il eut la surprise de se retrouver seul avec ses courtisans dans le temple vide, pendant qu’en ville on se moquait de lui.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Marc, évêque d’Aréthuse et des autres martyrs, ton 8
Ayant mortifié par le renoncement / l’ardeur et l’élan de leurs passions, / les Martyrs du Christ ont reçu le pouvoir / de chasser toute langueur et toute maladie / et de faire des miracles, vivant après leur mort. / Ô merveille étonnante! De simples ossements / deviennent une source de guérison. / Glorifions l’unique sagesse du Dieu créateur.

LECTURE DES PROVERBES (XIV, 27 – XV, 4)
Les commandements du Seigneur sont une source de vie ; ils nous font détourner des pièges de la mort.
La gloire d’un roi est dans la multitude de la nation ;
son affliction, dans le petit nombre de ses sujets. L’homme patient est un vrai sage ; l’impatient, un insensé. L’homme qui a bon cœur est le médecin de l’âme ; un cœur trop sensible est un ver qui ronge les os. Tromper l’indigent, c’est irriter son Créateur ; celui qui honore Dieu a compassion du pauvre. L’impie sera rejeté à cause de sa malice ; l’homme ferme en sa propre sainteté est vraiment juste. Dans le bon cœur d’un homme on trouve la sagesse ; on ne la trouvera pas dans le cœur de l’insensé.
La justice élève une nation ; les péchés amoindrissent un peuple.
Le serviteur prudent est agréable au prince, et par sa dextérité il évite la disgrâce.
La colère perd même les sages :
une réponse soumise détourne la fureur ; un mot odieux l’excite.
La langue des sages sait ce qui est bon, et la bouche des insensés est messagère du mal.
En tout lieu, les yeux du Seigneur observent et les méchants et les bons. Une langue sensée est l’arbre de vie ;
celui qui la conservera telle sera plein d’esprit.

9 octobre

9 octobre
Jour de jeûne (dispense d’huile et de vin)

Saint Jacques, fils d’Alphée, apôtre (I) ; saint Abraham et son neveu Lot (vers 1700 av. J.-C.) ; saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs (250), saints martyrs Juventin et Maxime (361), saint Andronique et son épouse sainte Athanasie, ermites en Égypte (V), sainte Poplia (ou Publia), diaconnesse à Antioche (IV), saint Pierre le Galate, moine au Mont-Olympe (IX), saint Étienne l’aveugle, prince de Serbie (1476), saints néo-martyrs de Russie : Constantin (Soukhov) et Pierre (Viatkine), prêtres (1918), Constantin (Axenov), prêtre (1937).

SAINT JACQUES, FILS D’ALPHÉE

Saint Jacques, fils d’Alphée, était, selon certains, le frère de l’Évangéliste Matthieu le publicain. Il faisait partie du chœur des Apôtres, et proclama lui aussi la Bonne Nouvelle aux païens. Son zèle pour Dieu était si ardent que, sans crainte des représailles, il jetait à terre les autels des idoles. Mû par la grâce du Saint-Esprit, il chassait les esprits malins, guérissait les malades et fit un grand nombre d’autres miracles. Sa prédication avait un tel effet sur les âmes que ceux qui, venant du paganisme, s’étaient convertis grâce à sa prédication, prirent l’habitude de lui donner le surnom de « Germe divin ». Après avoir évangélisé la région de Gaza, puis Éleuthéropolis, saint Jacques parcourut le monde pour faire partager à tous son amour du Christ. Finalement, il fut arrêté, à Ostracine, ville égyptienne, par des Juifs, qui lui procurèrent l’occasion de suivre, jusque dans la mort, l’exemple du Seigneur en le suspendant à une croix, sur laquelle il rendit aussitôt son âme à Dieu.

SAINT DENIS DE PARIS

saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs

Saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs

Selon la tradition rapportée par saint Grégoire de Tours, saint Denis était un des sept évêques envoyés par le pape de Rome en Gaule sous le règne de Dèce (vers 250), afin d’y poursuivre l’évangélisation qui n’avait été jusque-là que partielle. Saint Gatien fut nommé évêque de Tours [18 déc.], saint Trophime d’Arles [29 déc.], saint Paul de Narbonne [22 mars], saint Saturnin de Toulouse [29 nov.], saint Austremoine d’Arvernes [ler nov.], saint Martial de Limoges [30 juin], et saint Denis se vit attribuer la petite ville de Lutèce (Paris). Cette ville était la plus éloignée et, de plus, située dans une région où régnaient les cultes païens les plus grossiers. En s’acheminant vers son diocèse, accompagné de Rustique et d’Éleuthère, saint Denis manifestait la vérité de la foi chrétienne en opérant des miracles éclatants partout où il passait. Il convertissait ainsi les païens, et les persuadait de renverser leurs idoles et de détruire leurs temples. Parvenu à Lutèce, il s’installa un peu en dehors de la ville, dans une demeure cédée par un noble converti, afin que les chrétiens pussent s’y réunir en secret (Montmorency).

Lors du passage en Gaule de l’empereur romain, les lois ordonnant la persécution des disciples du Christ furent mises violemment en vigueur, et les fidèles, pourchassés de toutes parts, étaient maltraités et mis à mort par d’horribles tortures (vers 275). Denis, malgré son grand âge, et sans crainte du danger, allait visiter les condamnés pour les encourager à maintenir fermement la confession de la foi. Dénoncé, il fut arrêté ainsi que ses deux disciples, Rustique et Éleuthère, et soumis à des tortures inhumaines. Attaché à une croix, il continuait à prêcher à la foule le grand mystère de la Passion du Christ et du salut du monde. De retour dans son cachot, le saint évêque célébra une dernière fois les saints Mystères devant ses compagnons de supplice, au sein d’une lumière divine. Denis eut finalement la tête tranchée, avec un grand nombre d’autres martyrs, sur la colline appelée aujourd’hui Montmartre. On raconte qu’après son exécution, il resta debout, prit sa tête entre ses mains et parcourut plusieurs kilomètres, jusqu’au lieu qui devint plus tard la basilique (puis la ville) de Saint-Denis. C’est dans la crypte de cette église que les rois de France se firent enterrer jusqu’à la Révolution.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Jacques, ton 3
Saint apôtre Jacques, fils d’Alphée, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Jacques, ton 2
Comme un astre brillant sur l’entière création * acclamons dans nos hymnes l’apôtre divin, * saint Jacques, le témoin oculaire du Christ, * et célébrons sa fête en ce jour, * car il intercède sans cesse pour nous tous.

Évangile du jour
(Lc X,16-21)

Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

29 septembre

29 septembre

Saint Cyriaque l’anachorète, abbé en Palestine (556) ; saints martyrs Dadas, Gobdahala et Kasdios de Perse (IV) ; sainte martyre Goudelia de Perse (IV) ; saint Théophane le miséricordieux, de Gaza ; saint Cyprien d’Oustioug (1276) ; saint hiéromartyr Jean, archevêque de Riga (1934).

VIE DE SAINT CYRIAQUE L’ANACHORETE

Saint Cyriaque et saint Nil du Sinaï, fresque du monastère Saint-Paul, Mont-Athos, 1552

Saint Cyriaque (Kyriakos) naquit en 448, sous le règne de l’empereur Théodose le Jeune, à Corinthe. Il était le fils d’un prêtre de l’église de Corinthe, nommé Jean, et d’une pieuse femme, Eudoxie. À l’âge de dix-huit ans, il fut ordonné lecteur par Pierre, évêque de la ville, qui était aussi son oncle paternel. Le cœur brûlant d’un ardent désir de Dieu, le jeune homme s’enfuit secrètement pour Jérusalem. Arrivé dans la Ville sainte, il entendit parler des exploits de saint Euthyme et demanda à être reçu parmi ses disciples. Saint Euthyme le revêtit du saint Habit angélique, mais ne lui permit pas de rester dans sa laure, de peur de scandaliser les autres pères en raison de son jeune âge. Comme saint Théoctiste, auquel il confiait habituellement la formation de ses plus jeunes disciples, était parti vers la demeure des justes, il envoya Cyriaque au monastère de saint Gérasime, près du Jourdain. Le jeune moine s’y acquitta avec ardeur de la fonction de cuisinier et de toutes les autres tâches qu’on lui assignait. Observant scrupuleusement les règles de la vie communautaire, il menait pourtant l’ascèse d’un anachorète, ne se nourrissant que de pain et d’eau, une fois tous les deux jours après la neuvième heure (vers 15h), et s’adonnant avec un zèle croissant à la prière nocturne. Admirant ses rapides progrès, saint Gérasime le prit en affection et accepta de l’emmener avec lui dans le désert de Rouba, chaque année, depuis la clôture de la Théophanie jusqu’au dimanche des Palmes. C’est de là que Gérasime eut la révélation du départ pour le ciel de l’âme de saint Euthyme et qu’il partit avec Cyriaque pour ensevelir son corps (473).
La neuvième année du séjour de Cyriaque au monastère, saint Gérasime s’endormit en paix pour rejoindre le Seigneur (475). Désormais âgé de vingt-sept ans, Cyriaque put être reçu à la laure de saint Euthyme. Il y demeura dix ans dans la solitude, tout en favorisant la transformation de la laure en coenobium. C’est là qu’il fut aussi ordonné diacre. Mais la charité s’étant refroidie parmi les moines, des querelles continuelles surgirent entre son monastère et celui de saint Théoctiste, situé un peu plus bas. Fuyant le scandale et le trouble, Cyriaque partit s’installer dans la laure de saint Chariton à Souka. Il y resta trente-neuf ans, servant les frères, avec douceur et humilité, en de multiples tâches, telles celles de boulanger, d’infirmier, d’hôtelier et d’économe. Parvenu à l’âge de quarante ans, il fut ordonné prêtre et on lui confia la charge de skevophylax (sacristain) et celle de canonarque. Pendant toutes ces années, le bienheureux ne se mit pas une seule fois en colère et le soleil ne le vit jamais prendre sa nourriture.
Parvenu à l’âge de soixante-dix-sept ans, il se retira avec un seul disciple au désert de Natouphas, y souffrant toutes sortes de tourments pour l’amour du Christ et ne se nourrissant que d’oignons sauvages que Dieu, à sa prière, avait miraculeusement privés de leur amertume. La cinquième année de son séjour dans ce désert, l’homme de Dieu guérit le fils d’un paysan. Le bruit de ce miracle ne tarda pas à se répandre et, fuyant la bonne renommée, Cyriaque décida de quitter les lieux pour gagner le désert de Rouba, où il demeura cinq ans (530-535). Poursuivi derechef par sa réputation de thaumaturge, il se retira au désert profond de Soussakim, où personne n’avait jamais osé s’installer. Enfin seul avec Dieu seul, il demeura dans la contemplation des mystères divins pendant sept ans, jusqu’au moment où, une épidémie de peste s’étant déclarée, les moines de la laure de Souka vinrent trouver Cyriaque, et le supplièrent de revenir vivre auprès d’eux, afin de les protéger par ses prières.
Pendant son second séjour à la laure de Souka (542-547), le saint s’installa dans la grotte de saint Chariton, et lutta avec le glaive acéré de sa parole et de sa science spirituelle contre l’hérésie des origénistes, lesquels égaraient alors de nombreux moines de Palestine. La paix étant rétablie, saint Cyriaque, qui avait atteint l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, las des troubles que lui occasionnait la proximité des hommes, retourna dans sa retraite de Soussakim. Il y vécut encore huit années, en compagnie d’un lion apprivoisé qui gardait son jardinet des maraudeurs et des chèvres sauvages. L’endroit étant totalement aride, il arrosait ses quelques légumes avec de l’eau qui se rassemblait l’hiver dans le creux des rochers. Deux ans avant son départ pour le séjour des saints, les moines de la laure de Souka réussirent à le convaincre de venir achever son séjour terrestre dans la grotte de saint Chariton. Malgré son âge très avancé, saint Cyriaque y poursuivit ses combats ascétiques, et continua à recevoir ses visiteurs pour leur prodiguer ses enseignements. Lorsqu’il tomba malade, il convoqua les pères de la laure pour leur donner son ultime baiser de paix, puis il s’endormit paisiblement, en compagnie des anges et des saints, le 29 septembre 557, âgé de cent neuf ans.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyriaque, ton 1
Habitant du désert et ange dans le corps, tu fus thaumaturge, ô Cyriaque, notre père théophore ; par le jeûne, les veilles et la prière, tu as reçu des dons célestes ; tu guéris les malades et les âmes de ceux qui accourent vers toi avec foi. Gloire à Celui qui t’a donné la force, gloire à Celui qui t’a couronné, gloire à Celui qui par toi accomplit pour tous des guérisons.

Kondakion de saint Cyriaque, ton 8
En ton honneur, comme invincible et puissant protecteur, * la sainte Laure qui te vénère chaque jour * fête aujourd’hui ton souvenir annuel. * Par le crédit que tu possèdes auprès du Seigneur * garde-nous des ennemis qui fondent sur nous, * afin que nous puissions te chanter: Bienheureux Père, réjouis-toi.

Évangile du jour
(Lc III,23-IV,1)

Jésus avait environ trente ans lorsqu’il commença son ministère, étant, comme on le croyait, fils de Joseph, fils d’Héli, fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Jannaï, fils de Joseph, fils de Mattathias, fils d’Amos, fils de Nahum, fils d’Esli, fils de Naggaï, fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Sémeï, fils de Josech, fils de Joda, fils de Joanan, fils de Rhésa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri, fils de Melchi, fils d’Addi, fils de Kosam, fils d’Elmadam, fils d’Er, fils de Jésus, fils d’Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Siméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d’Éliakim, fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David, fils d’Isaï, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Salmon, fils de Naasson, fils d’Aminadab, fils d’Admin, fils d’Arni, fils d’Esrom, fils de Pharès, fils de Juda, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, fis de Thara, fils de Nachor, fils de Seruch, fils de Ragau, fils de Phalek, fils d’Éber, fils de Sala, fils de Kaïnam, fils d’Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech, fils de Mathusala, fils d’Énoch, fils de Jared, fils de Maléléel, fils de Kaïnan, fils d’Énos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu. Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours.

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Jovan Nikoloski