27/03/2017
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Décès du métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine

80657.bCe matin, le métropolite Vladimir (Sabodan) de Kiev et de toute l'Ukraine est décédé des suites d'une longue maladie à l'âge de 79 ans. Demain, son corps sera transféré à la cathédrale de la Dormition de la laure des Grottes à Kiev. De 1984 à 1990, il fut à la tête du diocèse de Chersonèse.

Source: Eglise orthodoxe ukrainienne

Le métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine : « le paradis sans Dieu s’est transformé en enfer pour le peuple » (au sujet du 80ème anniversaire de la famine en Ukraine)

Le métropolite de Kiev Vladimir s’est adressé aux fidèles à l’occasion du 80ème anniversaire de la famine en Ukraine par le message suivant :

« Chers frères et sœurs,

La chronique de l’existence de notre peuple garde la mémoire de nombreux événements historiques, tant ceux qui sont significatifs que ceux qui sont dramatiques. L’une des pires tragédies pour l’Ukraine fut la famine des années 1932-1933. Huit décennies se sont écoulées depuis lors, mais jusqu’à ce jour notre douleur ne faiblit pas, emplissant notre âme d’affliction et nous incitant à élever notre prière à Dieu pour les millions de victimes innocentes. Le Seigneur a remis en notre possession une terre fertile, généreuse et pleine de grâces, comme l’Eden (cf. Gen. 2,8). En accomplissant le commandement de la cultiver (cf. Gen. 2,15), le travailleur consciencieux et diligent a toujours reçu des récoltes abondantes, car le Seigneur, qui « fournit de la semence au semeur, et du pain pour sa nourriture », a multiplié les fruits de justice (cf. 2 Cor. 9,10) de tous ceux qui dans la paix, la concorde et la piété, on travaillé sur leurs champs. Or, notre contrée a été exposée à un terrible malheur lors du tumultueux XXème siècle : des millions de personnes ont connu la mort en martyrs du fait de la famine massive. Celle-ci ne résultait pas d’une épidémie ou des mauvaises récoltes. La famille était l’un des maillons de la chaîne répressive du pouvoir bolchevique, qui prit pour idéologie la construction d’un monde sur de nouveaux principes – sans Dieu et sans Ses lois morales. Déclarant le bien du monde comme but principal, implantant leur « paradis » sur terre, les ennemis de Dieu, au lieu de cela, ont semé sur celle-ci des ossements humains et l’ont abreuvée de fleuves de larmes. Le semis délétère a produit le fruit amer de la malédiction, car « celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption » (Gal. 6,8), dit le saint apôtre Paul. Le reniement de la morale chrétienne n’a apporté le bonheur à personne. Et cela est témoigné par l’histoire séculaire de notre patrie. Le paradis sans Dieu s’est transformé en enfer pour le peuple. Cette dure leçon de l’histoire de notre pays témoigne de la futilité de toutes les tentatives de construire un système étatique, politique et social sans les principes moraux légués par Dieu. Un tel système est voué à l’autodestruction. La période de la domination du régime athée répressif a été marquée par l’exploit du martyre et de la confession d’une quantité énorme de chrétiens orthodoxes. Ils ont péri par la faim, l’incarcération, la torture. Dans les années 1930, la majorité de l’épiscopat et du clergé de l’Église orthodoxe en Ukraine, ainsi qu’une multitude de laïcs – les meilleurs représentants du peuple – ont été exposés à l’extermination physique. L’Église avec ses millions de fidèles est montée sur le Golgotha, souffrant pour la vérité du Christ. Ces années sont devenus le vendredi saint pour notre peuple.

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Interview du nouvel assistant du métropolite Vladimir de Kiev, Mgr Paul de Vychgorod et Tchernobyl au sujet de la situation ecclésiale en Ukraine

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Le métropolite Paul de Vychgorod et Tchernobyl est vicaire de la Laure des Grottes de Kiev depuis dix-huit ans. Actuellement, il assiste le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine pour administrer le diocèse métropolitain de Kiev, et il est l’un des candidats au poste de dirigeant de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Nous ne publions ci-dessous que la première partie de l’interview du métropolite Paul à l’hebdomadaire ukrainien « Puls Nedeli » qui concerne la position de l’Église d’Ukraine à l’égard du Patriarcat de Moscou et de l’Église schismatique. Pour lire l’interview (format PDF), cliquez ICI !

Source et photographie : Pravoslavie.ru

Un représentant du patriarche oecuménique à la célébration de l’anniversaire du président ukrainien Victor Ianoukovitch et au 44e anniversaire de la consécration épiscopale du métropolite Vladimir de Kiev

Le 9 juillet, Mgr Athénagoras de Sinope a participé à la célébration de l'anniversaire du président ukrainien Victor Ianoukovitch en tant que représentant du patriarche œcuménique Bartholomée. Il a lu un message du patriarche au président et lui a remis en cadeau une icône. Le matin du même jour, Mgr
IMG_1297_JPG_450x450_q100 Athénagoras a participé à la divine liturgie, célébrée sur la place en face de la laure des Grottes de Kiev, pour le 44e anniversaire de la consécration épiscopale du métropolite Vladimir de Kiev qui présidait la liturgie. A la fin de celle-ci, Mgr Athénagoras a transmis au métropolite Vladimir les salutations du patriarche œcuménique (photographie ci-contre).

Albums de photographies: 1, 2 (source de la photographie ci-contre)

Les évêques ukrainiens proposent la candidature du métropolite Vladimir de Kiev au siège patriarcal russe

Les évêques ukrainiens proposent la candidature au siège patriarcal russe du métropolite Vladimir (Sabodan), actuel primat de l'Église ukrainienne (autonome au sein du Patriarcat de Moscou). L'élection aura lieu à la fin du mois de janvier. Né en 1935, Mgr Vladimir a été candidat pour le siège patriarcal en 1990.

Source: Église russe

La nuit du 25 décembre, la liturgie de Noël a été célébrée selon le nouveau calendrier dans le musée dédié au métropolite Vladimir à Kiev

Musée dédié au métropolite Vladimir auprès de la cathédrale de la Transfiguration à Kiev

La nuit du 25 décembre, la liturgie a été célébrée dans le musée dédié au métropolite Vladimir auprès de la cathédrale de la Transfiguration à Kiev. La liturgie, célébrée avec la bénédiction du métropolite de Peryaslav-Khmelnitsky Alexandre, était présidée par l’archevêque Valéry Kravets, assisté de l’archiprêtre Georges Kovalenko, président du Département culturel de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du père Alexis Struve, clerc de l’Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale (Patriarcat de Constantinople), des pères André Doudtchenko et Serge Berejnoï. Avant la liturgie, le père Valéry a lu l’acathiste à St Spiridon de Trimythonte [que l’on célèbre le 25 décembre, selon l’ancien calendrier]. Le chœur, sous la direction d’Alexandre Tarasenko, a chanté pendant la liturgie les hymnes de la Nativité du Christ et de saint Spiridon, ainsi que des « kolyadki » [chansons de Noël populaires]. Les deux Évangiles étaient lus : celui de la Nativité et celui de saint Spiridon. À l’issue de l’office le père Valéry a souhaité que la lumière du Sauveur qui est né apporte la paix à l’Ukraine et au monde entier, à chaque famille et à tous les hommes. Le père Alexis Struve, qui vit et célèbre en France, travaille en tant que consultant auprès de l’ambassade de France en Ukraine, a exprimé ses remerciements pour la joie de la communion eucharistique en cette sainte nuit. « En cette nuit est née une tradition [i.e. de fêter Noël selon le nouveau calendrier, ndt] et s’est a pris forme une idée qui peut aider à tous les chrétiens d’Ukraine à fêter Noël avec les chrétiens du monde », a déclaré le père Georges Kovalenko sur Facebook.

métropolite de Kiev Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine

Pour sa part, le métropolite de Kiev Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, lors de l’assemblée du clergé du diocèse de Kiev, le 28 décembre, a adressé des remontrances au métropolite Alexandre concernant un certain nombre de ses agissements. De son côté, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, questionné par un site orthodoxe, le 28 décembre, au sujet de la célébration de Noël selon le nouveau calendrier en tant que mode de rapprochement avec le reste du mode chrétien, a donné la réponse suivante : « C’est déjà devenu une triste tradition, à la veille des fêtes de Noël, que certains commencent ici à agiter le peuple avec de telles idées. Cela est d’autant plus triste et étrange, lorsque ces idées, qui sèment la discorde dans la communauté de l’Église, sont promues par des gens de rang sacerdotal. Ceux qui, en vertu de leur vocation pastorale et de leur responsabilité particulière devant l’Église, doivent préserver saintement la tradition et les règles de celle-ci, son ordo liturgique, veiller à la continuité des traditions et préserver de toutes façons l’unité, la paix et le calme dans la vie interne de l’Église, apportent maintenant la discorde et la mésentente. Au lieu de se soumettre à la raison conciliaire de l’Église, ils se permettent de leur propre chef de changer la structure de vie établie de l’Église, d’abroger les anciens usages et d’en introduire de nouveaux. Un homme qui a reçu le rang sacerdotal, qui a fait le serment d’être en tout obéissant à la hiérarchie, s’accapare soudainement, unilatéralement, le pouvoir qui ne lui appartient pas. Il me semble qu’il y a là non seulement un problème canonique et spirituel, mais aussi psychologique (…) Chaque Église locale a défini pour elle-même son calendrier et les particularités de certaines traditions. Pour notre Église, le système chronologique est fixé selon le calendrier julien. On peut voir aussi en cela un effet particulier de la Providence divine. Le métropolite Antoine (Vadkovsky, +1912) disait : « Le calendrier julien et son application dans la pratique ecclésiale constitue dans tous les cas un ancrage fiable qui retient les orthodoxes contre leur absorption finale par le monde hétérodoxe, il est comme un étendard sous lequel les enfants de l’orthodoxie se rassemblent » (…) Pour ce qui concerne le fait d’atteindre l’unité chrétienne, il s’agit d’ici d’une inversion sournoise des concepts. On nous propose de sacrifier des principes de vie interne de l’Église pour quelques principes humanistes flous. Certaines personnes aiment « surfer » sur ce thème, sans être capables de trouver une langue commune avec leurs propres frères dans la foi, et malgré cela tentent de résoudre des problèmes de portée universelle… Apprenons d’abord l’obéissance à la mère Église, l’humilité et l’amour fraternel, apprenons à placer comme pierre d’angle de notre propre vie et de notre ministère non notre égoïsme et notre jactance, mais le principe de la catholicité et de l’obéissance, puis ensuite, sous une forme recevable, nous soulèverons les question qui ont une importance pour toute l’Église. Or, la compétence pour ces questions ne peut en aucun cas se limiter au « cercle d’initiative paroissiale ».

Sources : 1, 2 et 3

Lettre ouverte du métropolite Vladimir, supérieur de la laure de Potchaïev, au sujet de la tentative du « Patriarcat de Kiev » de s’emparer de la Laure des Grottes de Kiev

Comme nous l’avons mentionné ici la mairie de Kiev récolte des signatures pour transférer la propriété de la laure des Grottes de Kiev, qui dépend actuellement de l’Église orthodoxe canonique en Ukraine, à une entité schismatique dite « Patriarcat de Kiev ». Le métropolite Vladimir, supérieur de la laure de Potchaïev, a publié une lettre ouverte, que nous reproduisons ci-après :

« Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, notre peuple ukrainien passe par une période très complexe de son histoire. Des hommes continuent à mourir dans ce pays, des enfants restent orphelins, une grande quantité de nos concitoyens sont restés sans toit. L’effusion de sang n’a pas cessé jusqu’à maintenant dans l’est de l’Ukraine. Néanmoins, on a l’impression qu’ici aussi, dans les parties centrale et occidentale de notre patrie très éprouvée, l’instabilité, la discorde sur la base religieuse, est nécessaire à certains. On sait que l’on peut, par des négociations et certains compromis, mettre un terme aux actions militaires motivées par des facteurs politiques. Mais, lorsque le frère se dresse contre son frère en raison de convictions religieuses, il est extrêmement difficile de mettre fin à la haine. Elle peut durer pendant des générations, et elle reste présente à jamais dans la mémoire populaire. Aujourd’hui, si l’on regarde tout ce qui se produit au Moyen Orient, si l’on se souvient des événements qui ont eu lieu il n’y a pas si longtemps en Serbie et au Kosovo, nous pouvons affirmer avec certitude qu’il n’y a rien de plus terrible que la guerre religieuse ou interconfessionnelle. L’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, à la paix et l’intégrité territoriale de notre État. Nous souhaitons à tous ceux qui vivent en Ukraine et dans le monde, la paix et la prospérité. Aucun représentant de l’Église orthodoxe d’Ukraine n’est jamais entré dans l’église d’une autre confession pour s’en emparer. Nous savons que, comme l’a dit saint Jean Chrysostome, « il faut convaincre non par la force des armes, mais par celle des mots ». Aussi, les actes de certains représentants individuels de certaines confessions religieuses, qui se conduisent de la façon la plus agressive à l’égard de notre Église, nous paraissent étranges et incompréhensibles. S’appelant chrétiens, ils n’hésitent pas à piller et à s’emparer de ce qui appartient à autrui. Qui plus est, ils emploient la force à l’égard des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine et répandent le mensonge. Il est clair que tout cela n’a rien de commun avec le Christ, car le « père du mensonge est le diable » (Jn 8,44). S’il n’était question précédemment que d’églises isolées [dont ils se sont emparés par la force, ndt], ces gens parlent aujourd’hui du saint des saints de notre peuple – la laure des Grottes de Kiev. Ils ont déjà commencé la récolte des signatures pour retirer celle-ci à l’Église canonique et la donner aux schismatiques. Je répète à nouveau que de telles « initiatives » sont des provocations dans le but d’inciter à la haine interconfessionnelle. De tels événements ont toujours des conséquences affligeantes. Par ailleurs, transmettre le berceau du monachisme orthodoxe de la Rous’ – la laure des Grottes de Kiev – aux schismatiques, cela signifie la fermer au reste du monde orthodoxe. Tout le monde sait très bien aujourd’hui qu’aucune Église orthodoxe du monde ne reconnaît la soi-disant « Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ». C’est-à-dire qu’aucune Église orthodoxe ne reconnaît cette dernière comme dépositaire de la grâce et canonique. Cela signifie que les gens qui se trouvent derrière ces « signatures » veulent détacher l’Ukraine du monde civilisé et agissent de telle façon que les représentants des autres Églises orthodoxes ne viendront plus ici, et que notre État acquerra la triste gloire d’être persécuteur des chrétiens. Un véritable patriote ne fera jamais cela ! Rappelons que le saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, a choisi la foi orthodoxe afin d’introduire le jeune État kievien dans la communauté des peuples européens. Il s’appuya sur le caractère universel de l’orthodoxie, sur son origine non de ce monde et sur la vérité divine. Le prince voulait que la Rous’ de Kiev cessât d’être retranchée du monde entier, qu’elle ne soit pas marginale et sauvage. C’est précisément pourquoi il arrêta son choix déterminant sur la foi qui unirait son État avec les autres parties du monde développé. Aujourd’hui, ceux qui réclament que l’on cède la laure des Grottes de Kiev aux schismatiques, souhaitent précipiter notre Ukraine dans une guerre civile, l’arracher à la communauté des Églises orthodoxes et la transformer en un pays sauvage et non civilisé. Faire cela veut dire aller contre son histoire, contre son peuple, contre son État. Aussi, je vous appelle tous, chers frères et sœurs, à renforcer vos prières afin que le Seigneur ne permette pas cette iniquité. Quant aux hommes d’État qui sont soucieux de leur pays, je les appelle à ne pas admettre de telles provocations, dirigées sur l’augmentation des agressions et la montée de l’hostilité dans notre société.
Que la bénédiction divine soit avec vous tous !
+ Vladimir, métropolite de Potchaïev, vicaire de la laure de la sainte Dormition de Potchaïev

Source

La liturgie funèbre et les funérailles du métropolite de Kiev Vladimir ont eu lieu le 7 juillet

Le 7 juillet, jour de la nativité de saint Jean Baptiste, ont eu lieu, sur la place de la cathédrale de la Dormition de la laure des Grottes de Kiev, la cérémonie d’adieux au métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir, avec la liturgie funèbre. L’office concélébré par tout l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine et les évêques des Églises orthodoxes locales qui sont venus aux obsèques du métropolite Vladimir, était présidé par le locum tenens du siège métropolitain de Kiev, le métropolite de Tchernovtsy et de Bucovine Onuphre. À l’issue de la liturgie sur la place située devant la cathédrale de la Dormition a été célébré l’office des funérailles du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Les chefs des délégations des Églises locales orthodoxes ont lu les messages de condoléances envoyés par leurs primats. Après les funérailles, le cercueil  a été transporté en procession au cimetière de la communauté monastique de la laure des Grottes de Kiev, près de l’église de la Nativité de la Mère de Dieu dans les grottes lointaines. L’inhumation a eu lieu près du clocher de l’église.

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Le métropolite de Kiev Vladimir a rappelé au clergé l’interdiction de la propagande politique dans les églises

À la veille des élections au parlement ukrainien, qui auront lieu le 28 octobre, le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir a publié une directive interdisant la propagande politique dans les églises et les monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Suite aux appels des fidèles et des médias, nous rappelons aux évêques-vicaires, aux vicaires et supérieurs des monastères, aux recteurs des paroisses et à tous les clercs du diocèse métropolitain de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine que la propagande politique et la distribution de la littérature à caractère politique dans les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine n’est pas permise » est-il dit dans le document publié sur le site officiel de ladite Église.

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Mgr Vladimir, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, a accepté l’invitation à visiter Constantinople

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe ukrainienne, lors de sa réunion du 23 septembre, a approuvé la décision de la visite de son primat à Constantinople nous apprend le site Internet officiel de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. « Accepter avec un sentiment de sincère gratitude à accepter l’invitation à visiter le patriarche œcuménique», – c’est la décision qui est enregistrée dans le compte-rendu numéro 67. La date de la visite sera décidée en commun avec le Patriarcat de Constantinople. Le patriarche Bartholomée Ier a invité officiellement Mgr Vladimir, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, au début du mois de septembre. « Nous serons très heureux si vous nous donniez une occasion de vous recevoir à Constantinople, pour vous rendre une toute petite parcelle de cette grande hospitalité que nous avons ressentie de votre part », a écrit le patriarche Bartholomée dans la lettre d’invitation.

Source: Orthodoxy.org.ua

« Il est temps pour nous de comprendre le sens de notre propre histoire ». Interview de l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel (Église orthodoxe russe hors-frontières)

Dans une interview accordée à la fin du mois de décembre 2016, l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel (Chemodakov) a exprimé son opinion sur le mode de fonctionnement des Synodes du Patriarcat de Moscou et de l’Église hors-frontières, le Concile de Crète, la situation ecclésiale en Russie, la crise ukrainienne, les schismes qui se sont produits dans l’Église hors-frontières au Canada, et enfin la signification de la révolution bolchevique. Nous publions ci-après la traduction intégrale de cette interview.

– Votre Éminence, l’année présente marque pour vous le vingtième anniversaire de votre sacre épiscopal et le cinquante-cinquième anniversaire de votre naissance. Et vous êtes en outre membre du Synode des Évêques de l’Église orthodoxe russe depuis vingt ans. C’est une expérience significative du travail synodal. Or, cette année (2016), vous, qui êtes membres permanent du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, avez participé au Synode du Patriarcat de Moscou, auquel vous avez été appelé pour la session d’été. En quoi résident les similitudes et les différences de la procédure synodale à New York et à Moscou ?

– Au début de mon épiscopat, j’ai rejoint au Synode [de l’Église russe hors-frontières] ceux de nos évêques qui étaient nés encore en Russie impériale : je ne mentionnerai que l’archevêque Antoine de San Francisco et le métropolite Vital du Canada, tous deux d’éternelle mémoire. D’eux émanait un esprit russe particulier. J’ai ressenti celui-ci alors que j’étais encore enfant, en Australie, où un nombre important de Russes avaient émigré, et plus tard, lorsque j’étudiais au Séminaire de la Sainte-Trinité [à Jordanville, USA, ndt], où j’ai rencontré ces moines qui avaient commencé leur ministère ecclésial en Russie impériale et qui se rappelaient de celle-ci. Parmi ceux qui avaient cet esprit russe, il faut bien sûr mentionner aussi l’archevêque (le futur métropolite) Laure, qui était alors secrétaire du Synode, dont je fus rapidement nommé le remplaçant. Ainsi, par la miséricorde de Dieu, il y avait pour moi chez qui apprendre, j’ai eu la possibilité de puiser de l’expérience, dont celle du travail synodal. Si j’essaye de définir l’essence de cette expérience, je dirais qu’elle a pour fondement l’approche conciliaire : en d’autres termes, tout doit être décidé conciliairement. De mon expérience personnelle dans ce milieu, il ressort en premier ce qui suit : il faut absolument s’efforcer d’éviter les décisions hâtives. Il faut, avec tout le bon sens qui nous est donné, peser le « pour » et le « contre ». Il faut résoudre les questions qui surgissent, dans la prière, soigneusement, minutieusement, afin que l’on ait pas à regretter ensuite sa précipitation. Une telle approche est dictée par le fardeau de la haute responsabilité archipastorale. Ce fardeau, de toute évidence, a toujours été ressenti par nos remarquables hiérarques, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors des sessions de notre Synode. Ce faisant, ou plutôt, grâce à cela, ils étaient des exemples de modestie et d’accessibilité. J’ai remarqué une approche semblable au cours des sessions du Synode des évêques du Patriarcat de Moscou, qui se sont déroulées sous la direction réellement sage de S.S. le patriarche Cyrille, et auxquelles j’ai eu l’honneur de prendre part cet été. Les sessions ont commencé à Saint-Pétersbourg, la vie natale de ma famille du côté maternel, ce dont j’étais particulièrement heureux. Enfin, j’ai pu trouver notre maison natale, sur le boulevard Souvorov. Les sessions de Saint-Pétersbourg ont eu lieu dans le bâtiment historique du Saint-Synode, et nous avons été logés dans l’hôtel du monastère restauré de Novodievitchi.

– Vous avez mentionné une certaine similitude dans le travail des Synodes de l’Étranger et en Russie. Mais quelles sont les différences ?

– On ne peut comparer le volume du travail. [À Moscou] il est même impossible techniquement de discuter en une seule journée de la liste des questions entrant dans l’ordre du jour, sans parler de la prise de décision au cours de la discussion. Aussi, des propositions détaillées sont préparées avant les sessions, puis elles sont soumises à la discussion. À l’étranger, nous pouvons nous permettre de discuter des questions courantes, et tout cela dure un jour et demi en tout. Le principal est – je l’ai ressenti pendant les sessions – qu’elles se sont passées dans l’esprit d’amour fraternel.

– Votre participation à la session d’été du Synode a coïncidé avec un événement de la vie ecclésiale actuelle qui, s’il n’était pas le plus important, comme cela s’est avéré, a été indubitablement le plus discuté, à savoir la rencontre des Églises locales en Crète. Celle-ci a été appelée tantôt Concile panorthodoxe, tantôt consultation panorthodoxe, voire le Huitième Concile œcuménique. Toutes ces appellations se sont avérées prématurées. Que pourriez-vous dire à ce sujet ?

– Une discussion animée a eu lieu sur la participation au « Concile de Crète ». Au mois d’avril encore, semble-t-il, tous étaient convaincus que l’Église orthodoxe russe devait prendre part à cette rencontre. Des chambres avaient déjà été réservées dans les hôtels, les billets d’avions étaient achetés. Mais, naturellement, la participation de la délégation de l’Église russe supposait des conditions définies. Or, il est apparu, dans le processus de régularisation des points restés non résolus, que Constantinople ne donnait pas de réponse aux questions posées. Ce silence du Phanar a tout décidé. Au mois d’avril, je me trouvais à Jérusalem avec un groupe de pèlerins du Canada et des États-Unis. Le chancelier du Patriarcat de Moscou, le métropolite Barsanuphe, m’a téléphoné, pour savoir si je pouvais venir à la session extraordinaire du Saint-Synode, où il sera question de la rencontre de Crète. J’ai répondu que je n’avais pas la possibilité d’être présent à la session, mais en cas de vote, j’ai demandé que mon opinion soit prise en compte : s’abstenir de participer à cette rencontre. D’après les résultats du vote, il s’est avéré que le Saint-Synode était précisément parvenu à cette décision. En définitive, la discussion de la « question de Crète » par nos hiérarques du Saint-Synode avec à leur tête S.S. le patriarche est devenue, je ne crains pas de le dire, le triomphe de la communion et de la catholicité fraternelles.

– Vous êtes membres de la Commission synodale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières pour la canonisation des néomartyrs de Russie. Des sessions communes de l’Église hors-frontières et du Patriarcat de Moscou ont eu lieu. Pourriez-vous dire ce qui est discuté maintenant à ces sessions ?

– Des rencontres communes ont commencé en 2014. La seconde a eu lieu sous la présidence de S.S. le patriarche. Notre œuvre principale est la mise en ordre de la liste des Néomartyrs et Confesseurs de Russie. Actuellement, la liste de Russie et celle de l’étranger ne coïncident pas entièrement, et nous voudrions, naturellement, qu’elle soit unique. Il est question de l’élaboration d’un principe d’approche des documents, dont en partie, les protocoles d’interrogatoires de ceux qui ont souffert pour la foi en Christ. Les persécuteurs s’efforçaient de justifier les persécutions auxquelles étaient exposés les croyants. Ensuite, il faut prendre en compte que dans les protocoles des interrogatoires et les autres documents semblables ont pu être altérées, non seulement les causes, pour lesquelles les martyrs de la foi étaient arrêtés, mais aussi la figure morale et spirituelle des condamnés. Ce sont des circonstances qui, comme je le présume, doivent absolument être prises en compte.

– Vous avez effectué un pèlerinage en Russie avant les événements de 1991 déjà. Et vous avez accompagné dans ce pèlerinage le métropolite Laure d’éternelle mémoire. Il en a résulté que vous avez pu observer la renaissance de l’Église russe. Pourriez-vous faire en quelque sorte une comparaison : que s’est-il produit à cette époque dans la Russie ecclésiale, et comment la situation se présente-t-elle aujourd’hui ?

– Je suis allé pour la première fois en pèlerinage aux saints lieux de la Patrie en 1988, l’année du millénaire du baptême de la Russie, avec un petit groupe de nos pèlerins de New York. Nous sommes allés à Moscou, à Kiev et à Saint-Pétersbourg. Quant à mon second pèlerinage dans la Patrie, il a eu lieu au mois d’août 1993. Et j’ai accompagné l’archevêque de Syracuse et du monastère de la Sainte-Trinité Laure, d’éternelle mémoire, avec mon camarade d’études au séminaire, maintenant archiprêtre, le père Paul Ivanov. Nous avons visité Moscou, parcouru « l’Anneau d’or », nous sommes allés à Novgorod, Pskov, Gous-Khroustalny, Belgorod. Nous avons vu la Russie ecclésiale, telle qu’elle était alors. J’ajoute que S.E. Mgr Laure est parti en pèlerinage, pour ainsi dire, « incognito » : il ne portait qu’une croix pectorale, sans encolpion. L’arrière-plan des événements de cette époque, pour moi, descendant d’émigrés de la « première vague », n’était pas toujours clair, mais j’avais vu que, au cours des cinq dernières années passées, beaucoup de choses avaient changé dans l’Église russe : elle renaissait, elle se remettait sur pied, et les événements tragiques qui avaient eu lieu sur notre terre avaient ramené l’homme russe dans l’enceinte de l’Église. Telle est la volonté de Dieu nous concernant, et la renaissance de l’Église n’était pas fonction de la croissance du nombre des paroissiens. Cette croissance est le résultat du fait que le peuple russe revient à ses racines orthodoxes, sur lesquelles a crû notre civilisation russe. Si l’on considère les données statistiques, le pourcentage n’a pas encore atteint le niveau que nous espérons, mais c’est seulement le début du chemin. Aujourd’hui, la tâche principale de l’Église est l’ecclésialisation de notre peuple. En même temps, en Occident, les églises vides en raison de l’absence des paroissiens sont transformées en « condominiums », en clubs et en restaurant, tandis qu’en Russie, grâce à Dieu, dans la seule ville de Moscou il est prévu de construire 200 nouvelles églises. Mais le diable ne dort pas. Ce n’est pas en vain que les forces démoniaques s’attaquent avec une telle violence obstinée sur la Russie d’aujourd’hui. Notre Patrie est accusée de tous les crimes possibles et imaginables, on fait tout pour que soit semée dans les cœurs des hommes en Occident la haine de la Russie. Mais cela n’est pas nouveau : la floraison de la Russie orthodoxe était haïe par les forces du mal il y a des centaines d’années déjà. C’est précisément ce que nous observons aujourd’hui également. C’est pourquoi il est si important pour le peuple russe de réfléchir sur le sens du sort de la Russie au XXème s. Or, hélas, peu de gens en Russie savent quelque chose sur l’état des esprits avant les troubles de 1917, sur l’essence des persécutions de l’Église dans les années vingt. Si les gens en savaient plus sur les hauts faits des néomartyrs de Russie, ils seraient abasourdis. Et ils aspireraient à recréer la Russie historique. Les résultats des événements de 1991 ont provoqué une illusion assez répandue, selon laquelle quelque variante du rétablissement de l’URSS serait un bien. Alors que pour nous, comme idéal, nous devons aspirer précisément à la renaissance de l’État orthodoxe russe. Mais notre peuple est-il prêt à cela ?… Et le fait que ce qui s’est produit en 1917 s’est prolongé ensuite durant plus de sept décennies, a été vraiment permis par Dieu, ce dont en 1905 déjà avait parlé St Jean de Constadt : « S’il n’y a pas de repentir dans le peuple russe, la fin du monde sera proche. Dieu lui enlèvera le pieux tsar et enverra un fléau en la personne de gouvernants impies, violents, autoproclamés, qui innonderont toute la terre de sang et de larmes ». Dieu soit loué que la renaissance de la Russie ait commencé. À ce sujet, je suis allé cette année dans la maison où vécut le saint pasteur de Cronstadt, je me suis assis devant sa table… On sent une grâce particulière dans cette maison.

– Vous avez mentionné votre séjour à Jérusalem en automne. Au même moment se trouvait en Terre Sainte le métropolite de Kiev Onuphre, que l’on connaît bien et que l’on aime dans l’Église russe hors-frontières. L’Église orthodoxe, sur les anciennes terres de Kiev passe par des moments difficiles. Comme caractériseriez-vous la situation ?

– Ce n’est pas la première fois que je rencontre Mgr Onuphre en Terre Sainte. Cette fois, j’ai eu le bonheur de concélébrer avec Sa Béatitude le métropolite de Kiev à la Liturgie et ce au Saint-Sépulcre. Mgr Onuphre est un authentique archipasteur et moine, et pour cette raison, il est humble et accessible. La Terre d’Ukraine souffre, et notre Église, l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, porte ces souffrances. Dans ces circonstances, la tâche qui a été confiée à S.B. Mgr Onuphre est, comme on l’exprime dans le langage ecclésiastique, le port de la croix. Pour ce qui concerne les événements tragiques sur ces terres, qui durent depuis l’automne-hiver 2013, je voudrais rappeler à ceux qui calomnient la Russie, en affirmant que celle-ci a été quasiment l’initiatrice de l’effusion de sang : pendant toute la crise ukrainienne, les mesures prises par la Russie n’ont été que réactives, ce qu’a dit à maintes reprises le président Poutine. Aussi, nombreux sont les citoyens russes qui considèrent que ces réactions sont insuffisantes, trop modérées. Et posons-nous la question : que se serait-il passé si, non pas à Kiev, mais à Washington, devant la Maison Blanche, s’était assemblée une foule bruyante, munie de cocktails Molotov, voire même d’armes à feu, et avait essayé de renverser le président élu à la majorité des voix ? Tout homme sensé connaît très bien la réponse à cette question ; la foule aurait été sans tarder dispersée par les forces armées. Il va de soi qu’aucun changement de pouvoir ne se serait alors produit.

– Il y a huit ans, l’Assemblée des évêques de l’Église russe hors-frontières vous a nommé au siège épiscopal de Montréal et du Canada. Actuellement, le diocèse du Canada, qui fut naguère l’un des plus féconds de l’Église russe hors frontières, n’est pas encore entièrement remis des conséquences des schismes et troubles ecclésiastiques de 2001, qui ont déposé leur empreinte sur tout le cours des affaires diocésaines. Maintenant, Dieu soit loué, la situation est autre : le nombre des paroisses augmente, un grand nombre de fidèles et de clercs qui avaient été troublés par les organisateurs du schisme, sont revenus dans l’enceinte de l’Église. Quels sont vos plans, et peut-être vos espérances, en tant qu’archevêque diocésain ?

– La chaire épiscopale de Montréal a été établie sous l’archevêque Joasaph (Skorodoumov) d’éternelle mémoire. En 1929, l’archimandrite Joasaph est venu de Serbie à Montréal, où il fut recteur de la paroisse et bénéficia du respect tant du clergé que des fidèles. Le 12 octobre 1930, à Belgrade, eut lieu son sacre épiscopal, présidé par S.B. le métropolite Antoine (Khrapovitzky), « l’abba » de l’Église russe hors-frontières. L’évêque Joasaph a été nommé évêque de Montréal. Historiquement, le diocèse canadien s’est développé d’Ouest en Est : cela était lié à l’établissement des émigrés orthodoxes qui arrivaient au Canada. Lorsque fut établi un diocèse indépendant d’Edmonton et du Canada occidental, c’est là que fut nommé l’évêque Joasaph. L’évêque voyageait constamment dans tous les confins de ce Canada immense : soit en train, soit en bateau, parfois même à pied. Au cours d’une vingtaine d’année, il construisait, baptisait, mariait, organisait des offices, dirigeait et prêchait. Il est vrai que notre diocèse a subi des dégâts importants du fait des schismes de 2001. Mais, Dieu merci, les choses se sont rétablies graduellement. Le principal est qu’il est maintenant évident que « les zélateurs irraisonnés » qui nous faisaient craindre une chute rapide et inévitable dans les abîmes de l’œcuménisme, et sous ce motif ont créé un épiscopat non canonique – ces « zélateurs » ont fait une grande erreur. Tous ont pu se convaincre durant ces dernières années que nous-même, l’Église orthodoxe russe hors-frontières, n’avons pas « chuté », et l’Église russe dans la Patrie s’est renforcée dans la fidélité aux canons des saints Pères. Mentionnons ne serait-ce qu’une fois encore la position ferme de S.S. le patriarche au sujet de la rencontre de Crète. Je m’adresse à ceux qui ont quitté alors l’enceinte de l’Église : réfléchissez, frères et sœurs ! Il est temps pour nous de comprendre, orthodoxes russes, dans la Patrie et dans la diaspora, que l’unité est particulièrement indispensable. Vous êtes tous témoins du fait que le groupe qui s’appelle « véritable Église hors-frontières » s’est déjà divisé. À sa place se sont substitués cinq, voire six groupes, qui se font la guerre, et cette fragmentation continue jusqu’à maintenant, ce que peut-être certains d’entre vous ignorent. À ceux qui sont partis de chez nous, alors qu’ils ont le rang sacerdotal, il est nécessaire de réfléchir. Nous savons que, selon les saints canons, on ne peut se séparer de son évêque qu’en raison d’une hérésie condamnée par les saints Conciles ou les Pères, lorsque l’évêque prêche publiquement une hérésie, et l’enseigne ouvertement à l’église. Mais qui oserait soutenir que le métropolite Laure d’éternelle mémoire, qui, en sa qualité de primat de l’Église orthodoxe russe à l’étranger a rétabli la communion avec l’Église patriarcale dans la Patrie, prêchait une hérésie ? Et peut-on en accuser nos présents hiérarques ? Nous nous tenons fermement à nos fondements, qui ont été définis par S.B. le métropolite Antoine, à savoir depuis le début des années vingt du siècle passé. Si quelqu’un se veut patriote russe, il ne peut en aucun cas être séparé de l’Église russe, il ne peut rester dans le schisme. De tous temps, le sort des schismes a toujours été le même : tôt ou tard, ils sombrent dans l’oubli et ceux qui y sont « piégés » risquent leur salut. Le phénomène même du schisme ne sert que ceux qui haïssent la Russie. Dans notre diocèse, par la grâce de Dieu, de nouvelles paroisses continuent à s’ouvrir. Ainsi, en 2015, lors du millénaire du bienheureux trépas du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, est apparue à Saskatoon (province du Saskatchewan) la première paroisse de l’Église orthodoxe russe qui, dans l’histoire du Canada, porte le nom du baptiste de la Russie. À Calgary (Alberta) a été instituée une nouvelle paroisse, dédiée à saint Jean Chrysostome. J’ajouterai que les nouvelles paroisses dans notre diocèse sont fondées par de nouvelle générations de Russes qui se sont installés pour diverses raisons au Canada.

– Parmi les « nouveautés » qui ont vu le jour dans le diocèse par vos soins, il convient de mentionner les pèlerinages réguliers aux Lieux Saints. Auriez-vous l’intention d’élargir et de compléter les circuits des pèlerinages ?

– Nous accomplissons sans faute tous les deux ans des pèlerinages et ce depuis 2008. Ce printemps, nous sommes allés en Terre Sainte, pour la quatrième fois déjà. Il est important que chaque orthodoxe, au moins une fois dans sa vie, ait la possibilité de visiter les lieux où notre Seigneur Jésus-Christ a accompli Sa mission terrestre. Nos pèlerinages, habituellement, s’achèvent le jour de l’Ascension au monastère du Mont des Oliviers, en l’église dédiée à cette fête. Ce monastère a été créé par les soins de l’archimandrite Antonin (Kapoustine) qui, par la volonté de Dieu, est devenu de facto le fondateur de la présence ecclésiale russe en Terre Sainte. En août 2017, ce sera le deuxième centenaire de sa naissance. Une partie des monastères russes, fondés par le père Antonin en Terre Sainte, a été préservée par les soins de l’Église russe hors-frontières. Si nous n’avions pas ces monastères, il serait plus difficile d’organiser les pèlerinages. Nous espérons que l’année se trouvant entre deux pèlerinages en Terre Sainte, nous partirons vénérer les saints lieux de Russie. Nous pensons que nous aurons aussi l’occasion de séjourner dans les saints lieux de Rome, Bari, auprès des reliques de saint Nicolas, et sur l’île de Corfou chez saint Spiridon de Trimythonte. Naturellement, nous l’annoncerons à nos fidèles en temps utile.

– Votre Éminence, il ne reste quelques jours jusqu’à l’année 2017. Cette année sera étroitement liée dans la conscience russe avec des dates tragiques : lе coup d’État de février 1917, l’abdication de l’Empereur Nicolas II, le saint tsar-martyr. Et suite à tout cela, la révolution d’octobre… Ces dernières années, nous observons qu’un certain nombre de Russes sont enclins à ne pas faire cas de ces événements sinistres et sanguinaires qui, d’une façon ou une autre, ont été le résultat du gouvernement des bolcheviques. En réponse à la mention de ce fait historique incontestable, on entend souvent : sous ce gouvernement, sous le pouvoir soviétique, sous Staline, en fait sous sa direction, nous sommes parvenus à la plus grande victoire sur la partie de l’Europe envahie par l’Allemagne ! Ne dénigrez pas notre victoire ! Quelle est votre attitude à une telle approche de l’histoire russe du milieu du XXème siècle ?

– Je le dis tout de suite : « sous le régime soviétique », ne veut dire en aucun cas « grâce » à lui. Ce n’était pas la volonté divine que la Russie périsse, et c’est pourquoi la victoire nous a été donnée sur les adversaires. La victoire est advenue indépendamment des gouvernants athées, on peut même dire, malgré eux. Mais voyons les choses dans l’ordre. Lors de la dernière séance de décembre du Synode des évêques de l’Église hors-frontières qui, comme le veut notre usage, a été fixée au 10 décembre, c’est-à-dire le jour de la découverte de l’icône de la Mère de Dieu de Koursk, qui est appelée chez nous « l’hodigitria » de la Russie de l’étranger, nous avons discuté la façon de commémorer cette année tragique. Mais avant, je me permettrai d’exprimer mon opinion personnelle. J’ai dit plus d’une fois qu’il fallait que notre peuple connaisse le mieux possible sa propre histoire. C’est alors, en partie, que changera son attitude envers les symboles de la révolution destructrice, qui sont précisément les symboles de la défaite, les symboles des troubles fratricides. Au nombre de ces symboles soviétiques, il faut ranger aussi les appellations « révolutionnnaires » de nombreuses villes russes, notamment de la ville natale de ma famille, Viatka, qui jusqu’à maintenant s’appelle Kirov [révolutionnaire soviétique, ndt]. Or les habitants de Viatka se sont prononcés contre le retour au nom historique de leur ville… Rappelons-le : Lénine et Staline sont coupables des massacres de millions de leurs compatriotes, parmi eux la Famille Impériale, et les saints néomartyrs de Russie, qui ont été tués sauvagement. Notre peuple doit prendre conscience de ces horreurs. Cela demande notre reconnaissance et la glorification des hauts faits des néomartyrs. En Allemagne, on a pris assez rapidement conscience des atrocités d’Hitler. Pourquoi, en Russie, n’est-on pas pleinement conscient de la tragédie de la révolution, et ne condamne-t-on pas les bourreaux qui l’ont engendrée et qui ont été engendrés par elle ? Le corps non inhumé de Lénine, qui, toujours est-il, demeure dans le centre même de la capitale russe, est peut-être le symbole principal de la défaite russe, de la ruine de la Russie historique. Pouvons-nous imaginer que se dresse un monument sur la tombe d’Hitler, celui qui amené l’Allemagne à une défaite écrasante, qui en a fait « un objet d’opprobre pour ses voisins » pour des siècles – et que les Allemands en regardant ce monument le considèrent comme un symbole de victoire ? En 2017, tout ce qui est possible doit être fait afin que le corps de Lénine soit enfin enlevé de la Place rouge. Il est temps pour nous d’apprendre à comprendre le sens de notre propre histoire. En février 2017, le Synode des évêques de l’Église hors-frontières s’adressera par un message spécial à l’occasion du centenaire des troubles russes du XXème siècle. Toutefois, nous célébrerons bientôt une date joyeuse. Au début de l’été 2017 aura lieu à Munich l’Assemblée régulière des évêques de l’Église russe hors-frontières, à l’issue de laquelle, ceux-ci se rendront à Moscou pour célébrer le dixième anniversaire du rétablissement de l’unité de l’Église orthodoxe russe. Ces solennités seront présidées par S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Il est possible que cette commémoration coïncide avec la fête de tous les saints de Russie, la fête de la victoire spirituelle russe.

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Un comité d’organisation est constitué pour les manifestations du centenaire de la persécution contre l’Église orthodoxe russe

Le 1er février 2017, dans les appartements patriarcaux de la cathédrale du Christ-Sauveur a Moscou a eu lieu la session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe sous la présidence du patriarche Cyrille. Les membres permanents du Saint-Synode sont : le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre, le métropolite de Kroutitsa et de Kolomna Juvénal, le métropolite de Chișinău et de toute la Moldavie Vladimir, le métropolite d’Astana et du Kazakhstan Alexandre, chef du district métropolitain de la République du Kazakhstan ; le métropolite de Tachkent et d’Ouzbékistan Vincent, chef du district métropolitain d’Asie Centrale ; le métropolite de Saint-Pétersbourg et de Ladoga Barsanuphe, chancelier du Patriarcat de Moscou ; le métropolite de Minsk et de Zaslavl Paul, exarque patriarcal de toute la Biélorussie ; le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président des Relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Ont été invités à participer à la session d’hiver (septembre-février) du Saint-Synode : le métropolite de Tchernovitsy et de Bucovine Mélèce, le métropolite de Penzensk et de Nijnelomovsk Séraphim, l’archevêque de Souroge Elisée, l’archevêque de Salekhardsk et Novy-Ourengoï Nicolas, l’évêque de Douchanbé et du Tadjikistan Pitirim. Les membres du Synode ont pris la décision de constituer un comité d’organisation du programme des manifestations ecclésiales à l’occasion du centième anniversaire du début de l’époque des persécutions contre l’Église orthodoxe russe. Sont entrés dans le Comité d’organisation : le métropolite de Kroutitsa et de Kolomna Juvénal, président, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kalouga et de Borovsk Clément, président du conseil des éditions de l’Église orthodoxe russe ; le métropolite de Rostov et de Novotcherkassk Mercure, président du département synodal de l’instruction religieuse et de la catéchèse ; l’archevêque de Vereïsk Eugène, président du comité éducatif de l’Église orthodoxe russe ; l’archevêque de Peterhof Ambroise, recteur de l’Académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg ; l’archevêque de Solnetchnogorsk Serge, dirigeant du secrétariat administratif du Patriarcat de Moscou, secrétaire ; l’évêque de Kaskelensk Gennade, chancelier du Synode du district métropolitain de la République du Kazakhstan ; l’évêque de Voskresensk Sabbas, premier vicaire du chancelier du Patriarcat de Moscou ; l’évêque de Douchanbé et du Tadjikistan Pitirim ; l’évêque de Sloutsk et de Soligorsk Antoine ; l’évêque de Soroca Jean, vicaire du diocèse de Chisinau ; l’évêque d’Egorievsk Tikhon, président du Conseil patriarcat pour la culture ; l’évêque de Bogorodsk Antoine, dirigeant de l’Administration du Patriarcat de Moscou pour les institutions de l’étranger ; l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du département des relations ecclésiastiques extérieures ; l’archimandrite Philarète (Boulekov), vice-président du Département des relations ecclésiastiques extérieures ; l’archiprêtre Vladimir Vorobiev, recteur de l’Université orthodoxe Saint-Tykhon, l’archiprêtre Cyrille Kaleda, président de la Commission pour les recherches concernant les hauts faits des Néomartyrs et confesseurs et l’immortalisation de la mémoire des clercs défunts de la ville de Moscou ; l’archiprêtre Maxime Maximov, membre de la commission synodale de la canonisation des saints ; l’higoumène Damascène (Orlovsky), secrétaire responsable du conseil ecclésial et social auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie pour la perpétuation de la mémoire des néomartyrs et confesseurs de l’Église russe : l’archiprêtre Vladimir Siloviev, rédacteur principal des Éditions du Patriarcat de Moscou ; l’archiprêtre Pierre Kholodny, clerc du diocèse d’Amérique occidentale de l’Église russe hors-frontières ; V.R. Legoïda, président du Département synodal pour les relations de l’Église avec la société et les médias ; E.A. Parkhaïev, directeur des ateliers d’art liturgique « Sofrino ».

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P. Christophe Levalois : « La vitalité orthodoxe ne peut qu’être stimulante pour l’Occident »

Le web magazine PHILITT, consacré à la philosophie, à la littérature et au cinéma, s’est entretenu avec le P. Christophe Levalois sur le rapport de l’orthodoxie à l’Occident, quelques jours après l’inauguration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris.

christophe_levalois

p. Christophe Levalois

PHILITT : L’Eglise orthodoxe, plus particulièrement l’Eglise orthodoxe russe s’est récemment retrouvée au centre de polémiques diplomatiques avec la France. Est-ce pour vous le symptôme d’une tension plus profonde, spirituelle, culturelle, et non pas seulement politique, entre Orient et Occident ?

Christophe Levalois : Oui, d’une tension profonde et ancienne, mais surtout d’une incompréhension. À part des spécialistes, des chercheurs remarquables et quelques personnes, en France l’Orient est peu connu, c’est également vrai pour l’Europe orientale. Cela s’explique notamment par le fait que l’enseignement scolaire n’offre qu’une place très limitée aux cultures orientales et à leur histoire. C’est également vrai pour la Russie. Certains n’hésitent pas à faire remonter cette situation à Charlemagne ! Même si Anne de Kiev fut reine de France au XIe siècle. La recréation d’un empire en Occident (conçu comme étant la résurgence de l’Empire romain, l’empereur portait le titre d’empereur des Romains) a suscité une opposition à l’Empire romain d’Orient (un intitulé que nous préférons à Empire byzantin, une création occidentale du XVIe siècle). Déjà, peu d’années auparavant, au concile de Francfort, en 794, sous l’impulsion de Charlemagne qui n’était pas encore empereur, le deuxième concile de Nicée, en 787, fut condamné. L’opposition était là principalement théologique, mais la rivalité politique n’est pas à exclure.

Cet éloignement est en fait un lent processus qui a duré tout le Moyen Âge, du début à sa fin. Le théologien catholique Yves Congar, dans un ouvrage passionnant sur cette question, paru en 1954, Neuf cents ans après – Notes sur le « Schisme oriental » (Chevetogne), évoque cet « estrangement », cette ignorance réciproque qui progresse lentement au fil du temps, pour toute une série de raisons, dont on peut relever les étapes, les périodes de confrontation, d’éloignement, ou, au contraire, les moments où des efforts sont faits pour renouer le dialogue. Nul doute que la tension que vous évoquez, l’incompréhension et la distance que l’on peut observer, ont là leurs racines.

Malgré le sac de Constantinople en 1204 et la volonté occidentale d’implanter par la force un empire latin à Constantinople (qui existe de 1204 à 1261), le dialogue, bien que difficile, parfois suspendu, n’était pas encore rompu. Par contre, la chute de Constantinople, en 1453, consacre définitivement une rupture entre l’Occident et l’Orient chrétien. Dans les années qui suivent, la Russie, État indépendant, alors que la plupart des pays de tradition orthodoxe sont sous la domination de l’Empire ottoman, a voulu reprendre le flambeau de l’orthodoxie (troisième Rome) et de cet héritage oriental. Ce faisant, elle a aussi reçu et repris cet « estrangement ». Par la suite, elle fut regardée à la fois comme une puissance redoutable, mais aux marges de l’Europe, y compris culturellement, en dépit des efforts de ses élites pour s’occidentaliser. La concurrence religieuse entre catholicisme et orthodoxie s’est transportée en Europe de l’Est et a aussi laissé des blessures, comme en témoigne aujourd’hui encore en Ukraine et en Roumanie la question uniate [les Églises uniates étaient des Églises de la communion orthodoxe, désormais ralliées à l’autorité du pape de Rome, ndlr]. La IIIe République s’est rapprochée de la Russie à la fin du XIXe siècle pour former après la Triple entente contre l’Allemagne, mais l’installation du communisme dans ce qui est devenu l’URSS a ravivé pour le moins la méfiance et un clivage considérable, sinon une coupure. Actuellement, on peut constater que des positions et réflexes acquis durant l’entre-deux-guerres et lors de la Guerre froide demeurent.

Le résultat aujourd’hui est que les Russes connaissent mieux la culture française que les Français la culture russe. Cette situation est vraiment regrettable, car non seulement, nous mettons des distances avec des populations qui ont un préjugé très favorable vis-à-vis de nous, notamment en raison de notre héritage historique et culturel, mais aussi parce que nous sommes complémentaires, on le voit dans nos approches intellectuelles, la rigueur française d’un côté, l’ampleur et l’illimité russes de l’autre, qui produisent une fascination réciproque pouvant être fructueuse pour chacun.

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le christianisme oriental — malgré les persécutions récentes — semble s’être régénéré au sortir de la Guerre froide tandis qu’en Occident, la pratique a décliné durant les dernières décennies. Voyez-vous dans la vitalité spirituelle orientale un espoir pour l’Occident ?

Cela fait penser à la phrase de Léon Bloy en 1916 (dans Au Seuil de l’Apocalypse), « J’attends les Cosaques et le Saint-Esprit » ! Ce qu’il faut comprendre concernant cette vitalité, en effet remarquable, c’est que malgré les terribles et régulières persécutions — le mois dernier le métropolite d’Oufa en Russie a estimé que les martyrs pour la foi s’élèvent à 500 000 rien que pour l’URSS — le christianisme a résisté. Il y a d’une part une sorte de rattrapage, car l’Église était très sévèrement corsetée. Aussi, sa croissance durant ces 25 dernières années est phénoménale. Le Patriarcat de Moscou comptait 7 000 églises en 1991, elles sont maintenant environ 35 000, avec, il faut le remarquer, une partie importante, environ la moitié, en dehors du territoire de la Russie, notamment en Ukraine et en Biélorussie. En Roumanie, ce fut aussi le cas. Sait-on que les Roumains sont l’un des peuples les plus pieux d’Europe aujourd’hui avec 85% de la population qui se rattache à l’Eglise orthodoxe ? À ce pourcentage, il faut ajouter celui des autres confessions, au moins 10% ! Ou encore, autre exemple peu connu, l’Albanie où l’Église orthodoxe renaît de ses cendres et rassemble 11% de la population (certains pourcentages montent jusqu’à 20%).

D’autre part, en Russie, l’Église orthodoxe est la seule institution historique qui a traversé la tourmente soviétique. Désireux de renouer avec leur histoire, les Russes trouvent dans l’Église un lien organique vivant avec celle-ci. Enfin, pour l’État et le pays en reconstruction, l’Église est une institution solide, bien organisée, très présente, sur laquelle les pouvoirs publics peuvent compter. En effet, cette vitalité ne peut qu’être stimulante pour l’Occident. L’Église catholique ne s’y est pas trompée. Elle multiplie les collaborations avec les Églises orthodoxes, y compris dans les domaines culturel et artistique. Cette synergie s’exprime aussi vis-à-vis des organisations internationales comme les instances européennes où catholiques et orthodoxes tâchent de défendre des valeurs communes. Religieusement et spirituellement, les contacts sont aussi très stimulants. Ainsi, les catholiques, depuis déjà un bon nombre d’années, ont découvert l’icône. Les chants orthodoxes ont aussi inspiré des communautés catholiques.

La présence orthodoxe en France n’est pas nouvelle, on pense notamment aux migrations russes de 1917. Mais celle-ci est toujours restée discrète. Est-ce le symptôme d’une incompatibilité réelle ou supposée entre deux cultures, ou une volonté de préserver un particularisme ?

La présence de l’orthodoxie en France remonte au XIXe siècle. Il est vrai qu’il s’agissait alors de communautés étrangères : russe, à Paris, la cathédrale Saint-Alexandre Nevsky est consacrée en 1861, et sur la côte d’azur, roumaine, à Paris, l’église des Saints-Archanges dans le Ve arrondissement est consacrée en 1892, grecque, à Marseille depuis la première moitié de ce siècle. Ce furent des communautés d’exilés et à part quelques personnes, elles se voyaient comme telles. Elles ne se sentaient pas une vocation à essaimer et à diffuser leur foi dans la société française. Donc, en effet, cela tenait plus de la préservation du particularisme avec le désir pour ses membres de conserver un rattachement à une communauté malmenée par l’histoire. Cependant, une orthodoxie francophone s’est développée au XXe siècle (la première paroisse francophone date de 1928), d’une part avec les générations suivantes, qui se sont pleinement intégrées à la société française, d’autre part avec des convertis.

Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet

Y a-t-il en Orient un regard particulier sur les orthodoxes occidentaux ? Existe-t-il, malgré la communion, une fracture, et peut-être un malaise d’être à la fois orthodoxe et occidental ?

Je ne crois pas. C’est même le contraire. En France, ce que l’on a appelé l’École de Paris, notamment autour de l’Institut Saint-Serge, fondé en 1925, a joué un rôle très important, à l’échelle internationale, dans la continuation d’une dynamique, née en Russie au XIXe siècle, qui a redécouvert les fondements de la foi orthodoxe, l’héritage théologique des Pères de l’Eglise et la tradition hésychaste, c’est-à-dire mystique. De nombreux responsables d’églises en Orient sont passés par Paris et y ont beaucoup appris. Des auteurs orthodoxes ayant vécu en France ont toujours une grande influence dans toute l’orthodoxie, et par-delà, c’est le cas de Serge Boulgakov, de Vladimir Lossky, de Paul Evdokimov, d’Alexandre Schmemann, de Jean Meyendorff, d’Olivier Clément, et aujourd’hui de Jean-Claude Larchet, pour ne prendre que quelques exemples. Il est vrai qu’il existe aussi, parfois, une défiance vis-à-vis de l’Occident et de la société occidentale, voire une hostilité, qui se traduit entre autres par une méfiance dans les relations œcuméniques, mais pas à l’encontre des orthodoxes en Occident.

Nous avons évoqué la question de l’influence de l’Orient sur l’Occident. À l’inverse, qu’est-ce que le catholicisme et le protestantisme — en ce qu’ils sont de véritables marqueurs de l’esprit ouest-européen — peuvent apporter à l’orthodoxie ?

Les catholiques et les protestants apportent aux orthodoxes leur expérience de la société occidentale que les pays d’Europe de l’Est découvrent sous toutes ses facettes. D’autre part, les Églises orthodoxes à l’époque communiste n’avaient pas en charge les problèmes sociaux et les grandes questions sociétales, comme les questions de bioéthique, ce qui est le cas aujourd’hui. Les travaux et les réflexions, ou encore les démarches pastorales, des catholiques et des protestants sur tous ces sujets sont très utiles pour elles.

L’Occident et l’Orient européen, incluant la Russie, sont-ils confrontés au même défi spirituel ? Le nihilisme, l’athéisme et un certain laïcisme menacent-ils également l’Orient ?

Oui, bien sûr. C’est le cas en Russie et plus généralement en Europe de l’Est. La modernité occidentale s’étend partout, mais les Églises orthodoxes ont souvent des positions plus fortes que les différentes églises en Occident. Elles sont bien plus écoutées dans la société, également par les responsables politiques et les pouvoirs publics. Néanmoins, il est difficile de prévoir l’évolution à moyen terme. Les critiques, parfois vives, à l’encontre des églises existent également. La modernité avec ses mirages consuméristes et ses asservissements, avec la fragmentation individualiste et ses désespérances, gagne du terrain tout en trouvant sur sa route des résistances vigoureuses.

Source ; Crédits photo Коля Саныч

Le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore II : « Dans les affaires ecclésiastiques, il n’y a pas de place pour la politique »

Les politiciens ne doivent pas se mêler des affaires ecclésiastiques, il est indispensable d’observer le principe de l’unité ecclésiale, a déclaré le pape et patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique Théodore II, dans une interview à l’agence russe RIA Novosti, alors qu’il commentait les tentatives de créer en Ukraine une Église ukrainienne indépendante. « Je connais très bien l’Ukraine, tant les évêques que les fidèles, et j’ai une très bonne représentation des stimuli qui dirigent les gens qui tentent aujourd’hui de semer la discorde en Ukraine. Dès le début, alors que venait de surgir le problème du schisme ecclésial, le patriarcat d’Alexandrie et moi-même en tant que son représentant avons adopté la position selon laquelle l’Église d’Ukraine constitue une part indissociable de l’Église orthodoxe russe. Et lorsque j’ai célébré la divine Liturgie en la Laure des Grottes de Kiev, j’ai déclaré que pour l’Église d’Alexandrie, le primat canonique de l’Église canonique d’Ukraine était le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir (Slobodan, +2014, ndt). Ensuite, lorsque les schismatiques ont tenté sans invitation, par la violence, de pénétrer dans l’église de la Sainte-Trinité à Odessa, qui était alors metochion de l’Église d’Alexandrie, je suis allé devant la porte et je leur ai dit : c’est hors de question. L’Église ancienne d’Alexandrie formule ainsi sa position : nous nous tenons devant Dieu avec l’Église orthodoxe russe et nous appelons à ce que l’Église orthodoxe soit une et indivisée, comme cela a toujours été. Dans les affaires ecclésiales, il n’y a pas de place pour la politique. Celle-ci va et vient, tandis que l’Église reste dans les siècles », a déclaré le primat de l’Église d’Alexandrie.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne les pressions qu’elle subit de la part des autorités civiles ukrainiennes

En raison des informations publiées par la presse au sujet des progrès de l’enquête pénale diligentée par le Ministère public ukrainien sur la coercition soi-disant exercée sur le défunt Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite Vladimir (Sabodan), afin qu’il se retire, le Département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a procédé à une mise au point. Comme il est mentionné dans celle-ci, au cours des dernières deux années, l’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, les organes responsables de l’État à divulguer les dossiers concernant les délits manifestes commis à l’endroit des fidèles et de la liberté de conscience. Or, tous ces appels sont restés lettres mortes, l’attention requise ne leur a pas été prêtée. C’est ainsi que, jusqu’à maintenant, le cas de l’assassinat du prêtre Romain Nikolaïev n’a pas été résolu, que sont absentes les informations sur les résultats des enquêtes sur l’affaire de la mort de la moniale Alevtina (Kravtchouk), que la société n’a pas été informée sur les circonstances de l’enlèvement de la mère higoumène et d’une moniale de l’un des monastères de Kiev en 2013, qu’il n’y a aucun détail sur les coups et blessures portés aux paroissiens du village d’Ekaterinovka de la région de Ternopol par les radicaux nationalistes, avec pour conséquence que 15 personnes soient hospitalisées. « Des dizaines de cas d’incursions et de prises par la force de lieux de culte, n’ont pas été empêchés ni fait l’objet d’investigations, les enquêtes nécessaires n’ont pas été diligentées pour trouver ceux qui ont mis le feu à onze églises orthodoxes de Kiev. Aucun cas d’incitation à la haine religieuse et aux appels à l’agression contre les fidèles de la part de certains politiciens et responsables lors de la procession pan-ukrainienne n’a fait l’objet de l’ouverture d’un dossier », est-il dit dans le document. Sur un fond d’inaction manifeste des structures du pouvoir concernant les délits contre la vie, la santé et l’observation du droit à la liberté de conscience des fidèles qui sont citoyens de l’Ukraine, l’initiative du procureur d’enquêter sur les circonstances entourant les dernières années du métropolite Vladimir (Sabodan) à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine, provoque une profonde inquiétude de l’Église. Ni le métropolite de Kiev, ni ceux à qui a été déléguée la représentation des intérêts de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organes de l’État ne se sont officiellement prononcés sur les conditions pour y procéder. « Les circonstances de ces actes d’instruction, qui ont « fuité » dans les médias, donnent des raisons de parler de tentatives d’altérer la représentation que l’on peut avoir de l’activité de S.B. le métropolite Vladimir au poste de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine au moyen de spéculations au sujet de l’état physique du défunt métropolite, de calomnies et de commérages manifestes », est-il dit dans la mise au point. Les auteurs du document rappellent que le retrait des fonctions d’administration de l’Église de S.B. le métropolite Vladimir a eu lieu le 24 février 2014 sur décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, prise sur la base du rapport du métropolite de Pereïaslav-Khmenitsky et Vichneva Alexandre (Drabinko), responsable du traitement médical du métropolite Vladimir. Selon le témoignage de Mgr Alexandre, il n’y avait pas de possibilité de rétablissement du primat, raison pour laquelle le Synode a élu un locum tenens de la cathèdre de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « En outre, les multiples convocations pour interrogatoire par le ministère public d’évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont devenues des précédents regrettables dans l’histoire récente des relations entre l’État et l’Église. Prenant en compte le manque évident de fondement d’une procédure pénale concernant les circonstances de l’accomplissement par S.B. le défunt métropolite Vladimir de son ministère primatial, mais aussi des nombreuses déclarations de certains politiciens ukrainiens appelant à la cessation de l’existence en Ukraine de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il y a des raisons sérieuses d’affirmer que des pressions sont exercées sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine par les structures de l’État », est-il dit en conclusion dans le document.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne les pressions qu’elle subit de la part des autorités civiles ukrainiennes

En raison des informations publiées par la presse au sujet des progrès de l’enquête pénale diligentée par le Ministère public ukrainien sur la coercition soi-disant exercée sur le défunt Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite Vladimir (Sabodan), afin qu’il se retire, le Département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a procédé à une mise au point. Comme il est mentionné dans celle-ci, au cours des dernières deux années, l’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, les organes responsables de l’État à divulguer les dossiers concernant les délits manifestes commis à l’endroit des fidèles et de la liberté de conscience. Or, tous ces appels sont restés lettres mortes, l’attention requise ne leur a pas été prêtée. C’est ainsi que, jusqu’à maintenant, le cas de l’assassinat du prêtre Romain Nikolaïev n’a pas été résolu, que sont absentes les informations sur les résultats des enquêtes sur l’affaire de la mort de la moniale Alevtina (Kravtchouk), que la société n’a pas été informée sur les circonstances de l’enlèvement de la mère higoumène et d’une moniale de l’un des monastères de Kiev en 2013, qu’il n’y a aucun détail sur les coups et blessures portés aux paroissiens du village d’Ekaterinovka de la région de Ternopol par les radicaux nationalistes, avec pour conséquence que 15 personnes soient hospitalisées. « Des dizaines de cas d’incursions et de prises par la force de lieux de culte, n’ont pas été empêchés ni fait l’objet d’investigations, les enquêtes nécessaires n’ont pas été diligentées pour trouver ceux qui ont mis le feu à onze églises orthodoxes de Kiev. Aucun cas d’incitation à la haine religieuse et aux appels à l’agression contre les fidèles de la part de certains politiciens et responsables lors de la procession pan-ukrainienne n’a fait l’objet de l’ouverture d’un dossier », est-il dit dans le document. Sur un fond d’inaction manifeste des structures du pouvoir concernant les délits contre la vie, la santé et l’observation du droit à la liberté de conscience des fidèles qui sont citoyens de l’Ukraine, l’initiative du procureur d’enquêter sur les circonstances entourant les dernières années du métropolite Vladimir (Sabodan) à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine, provoque une profonde inquiétude de l’Église. Ni le métropolite de Kiev, ni ceux à qui a été déléguée la représentation des intérêts de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organes de l’État ne se sont officiellement prononcés sur les conditions pour y procéder. « Les circonstances de ces actes d’instruction, qui ont « fuité » dans les médias, donnent des raisons de parler de tentatives d’altérer la représentation que l’on peut avoir de l’activité de S.B. le métropolite Vladimir au poste de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine au moyen de spéculations au sujet de l’état physique du défunt métropolite, de calomnies et de commérages manifestes », est-il dit dans la mise au point. Les auteurs du document rappellent que le retrait des fonctions d’administration de l’Église de S.B. le métropolite Vladimir a eu lieu le 24 février 2014 sur décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, prise sur la base du rapport du métropolite de Pereïaslav-Khmenitsky et Vichneva Alexandre (Drabinko), responsable du traitement médical du métropolite Vladimir. Selon le témoignage de Mgr Alexandre, il n’y avait pas de possibilité de rétablissement du primat, raison pour laquelle le Synode a élu un locum tenens de la cathèdre de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « En outre, les multiples convocations pour interrogatoire par le ministère public d’évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont devenues des précédents regrettables dans l’histoire récente des relations entre l’État et l’Église. Prenant en compte le manque évident de fondement d’une procédure pénale concernant les circonstances de l’accomplissement par S.B. le défunt métropolite Vladimir de son ministère primatial, mais aussi des nombreuses déclarations de certains politiciens ukrainiens appelant à la cessation de l’existence en Ukraine de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il y a des raisons sérieuses d’affirmer que des pressions sont exercées sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine par les structures de l’État », est-il dit en conclusion dans le document.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine s’est accrue de presque 500 paroisses depuis l’élection du métropolite de Kiev Onuphre

Depuis que Mgr Onuphre a été élu métropolite de Kiev, l’Église orthodoxe d’Ukraine s’est accrue de 484 paroisses. C’est ce qu’a annoncé le chancelier de cette Église, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’intronisation de S.B. le métropolite Onuphre : « Depuis l’élection, il y a deux ans, du métropolite Onuphre, lequel est le 123ème primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, celle-ci a connu une croissance tant quantitative que qualitative. Le nombre de nos paroisses a augmenté de 484 ». Le métropolite Antoine a ajouté que le Primat avait effectué 43 visites archipastorales dans les diocèses, consacré 23 églises dans différents endroits du pays. En outre, 13 nouveaux saints ont été canonisés au cours de la même période. « Ces statistiques témoignent que l’Église croît, qu’elle renaît », a fait remarquer le métropolite Antoine. Celui-ci a rappelé que la période susmentionnée coïncidait avec une profonde crise économique et politique, ainsi qu’avec les affrontements armés dans l’Est du pays, d’où l’appel essentiel du métropolite Onuphre durant toute cette période à la prière pour la paix en Ukraine. « Notre Église, comme le dit S.B. le métropolite Onuphre, ne divise pas les Ukrainiens entre les « siens » et les « autres », entre ceux « qui ont raison » et ceux « qui ont tort ». Nous sommes tous les citoyens de l’Ukraine une, nous sommes tous différents, mais nous sommes tous les enfants de Dieu » a déclaré le métropolite Antoine. Le 17 août 2016, l’Église orthodoxe d’Ukraine commémore la deuxième année de l’intronisation du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Celui-ci, alors métropolite de Tchernovtsy et de Bucovine, a été élu locum tenens de la cathèdre métropolitaine de Kiev le 24 février 2014 en raison de la maladie du primat, le métropolite Vladimir (Sabodan, +2014). Le 13 août de la même année, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine a élu le métropolite Onuphre primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. L’intronisation a eu lieu à la Laure des Grottes de Kiev le 17 août 2014.

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L’archevêque Job de Telmessos déclare dans une interview que le Patriarcat de Constantinople n’a pas l’intention de créer son propre exarchat en Ukraine 

Lors des solennités à Kiev consacrées au Baptême de la Russie kiévienne, le président ukrainien Porochenko a invité le patriarche œcuménique Bartholomée. Celui-ci a envoyé pour participer aux célébrations son représentant, l’archevêque de Telmessos Job (Getcha). Après cette visite, de nombreuses interprétations des paroles et déclarations de Mgr Job ont été publiées, dont celles qui ont été prononcées par celui-ci pendant la cérémonie officielle à la « Vladimirskaïa Gorka », à Kiev. Or, ces interprétations sont diamétralement opposées, selon les vues et les convictions de ceux qui les font. Afin d’éviter tout malentendu concernant tant la visite de l’archevêque Job à Kiev, que la politique du Patriarche œcuménique à l’égard de la question ecclésiale ukrainienne, le site orthodoxe ukrainien pravlife.org s’est adressé directement à l’archevêque Job afin d’obtenir les éclaircissements nécessaires.

Monseigneur, vous étiez représentant du patriarche de Constantinople lors des solennités du Jour du Baptême de la Rous’ à Kiev. Pourquoi le patriarche Bartholomée n’a-t-il pu venir ? Quels souhaits Sa Sainteté a-t-elle transmis aux Ukrainiens ? De quoi a-t-il été question au cours de votre rencontre avec le Président ukrainien ? Avez-vous rencontré le chef du « Patriarcat de Kiev » ?

– Le patriarche œcuménique a reçu l’invitation du Président ukrainien mais, malheureusement, eu égard au fait qu’il reçoit de nombreuses invitations et que le programme de ses visites est assez dense, il ne peut répondre positivement à toutes. Néanmoins, dans de tels cas, le patriarche, courtoisement, envoie toujours son représentant. Cette fois, en cette qualité, c’est moi qui suis venu à Kiev pour les festivités. Le patriarche a demandé de transmettre à tous les Ukrainiens qu’il était spirituellement avec eux, parce que l’Église de Constantinople est l’Église-Mère pour l’Église de Kiev. En tant que père spirituel du peuple ukrainien, sa prière et ses souhaits est la paix dans le pays et l’unité dans l’Église. Ce sont précisément ces souhaits que j’ai transmis de sa part au Président ukrainien et à S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Avec la bénédiction du patriarche, c’est précisément eux que je devais rencontrer, et mon séjour était convenu avec les organes de l’État et l’Église canonique.

Suivez-vous les événements dans notre pays ? Nous avons tous vu l’agression contre la Procession pan-ukrainienne pour la paix. Comment pensez-vous, pourquoi une certaine partie de la société n’accepte-t-elle pas l’initiative pacificatrice de l’Église ?

– Oui, bien sûr, nous suivons constamment les événements en Ukraine. Il faut dire que toutes les questions sont très politisées. En réalité, dans la question du schisme ecclésial en Ukraine, ce sont précisément les motifs politiques qui jouent un grand rôle. De nombreuses forces marginales, tant pro-russes que pro-ukrainiennes, voulaient utiliser la Procession pour leur propagande ultra-nationaliste. L’État craignait que des provocations puissent avoir lieu. Mais, Dieu soit loué, toutes les mesures possibles ont été prises afin de ne pas permettre quelque chose de tel, et la Procession pour la paix s’est déroulée paisiblement, sans aucuns incidents !

Quel est votre point de vue, des changements juridictionnels pourraient-ils régler les problèmes du schisme ecclésial en Ukraine ? Comment l’Église de Constantinople voit-elle son aide pour le retour de l’unité ecclésiale en Ukraine ?

– Le but principal du Patriarcat œcuménique est l’unité de l’Église orthodoxe en Ukraine. Tous, tant les Ukrainiens que tous les chrétiens orthodoxes dans le monde entier, en ont assez du schisme. Le Patriarcat œcuménique ne prévoit pas de créer une juridiction parallèle en Ukraine, parce qu’une telle situation non canonique ne ferait qu’approfondir le problème. Le Patriarcat œcuménique est prêt à aider à résoudre le schisme ecclésial comme récemment cela a été le cas dans l’Église de Bulgarie et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie.

Qu’est ce que tous les orthodoxes en Ukraine doivent nécessairement faire pour atteindre l’unité ?

– Premièrement, il faut rejeter son égoïsme et fuir l’égocentrisme. Récemment, lors du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète, S.B. l’archevêque d’Albanie Anastase a souligné que la source de tous les problèmes dans l’Église est l’égocentrisme. Deuxièmement, il faut par principe observer les saints canons de l’Église orthodoxe qui existent précisément afin de préserver l’unité de l’Église. Troisièmement, il faut prier plus, afin que nous changions intérieurement et qu’ainsi nous puissions coopérer à l’unité. Et enfin, comme de véritables pacificateurs, nous devons être des hommes de dialogue, prêts à entendre les souhaits du prochain et chercher une issue à cette situation.

Que souhaiteriez-vous à tous les Ukrainiens orthodoxes ?

– Je pense que la plus grande fête en Ukraine aura lieu lorsque la paix viendra dans l’État et l’unité dans l’Église orthodoxe. Je vous assure qu’afin de partager la joie d’une telle fête, le Patriarche œcuménique trouvera toujours le temps, et moi-même avec lui !

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Liturgie en plein air devant la laure des Grottes de Kiev le jour de la fête de saint Vladimir

399f67d1a60c28aedf5457f23448f1f0a0969ae0Le 28 juillet, fête de saint Vladimir, le métropolite de Kiev Onuphre, a célébré la divine liturgie devant la laure des Grottes de Kiev, assisté de l’archevêque de Temelssos Job et de l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que d’un certain nombre de clercs, dont l’archimandrite Gabriel, du monastère athonite de Docheiariou. En raison des innombrables fidèles, l’office a été célébré en plein air. Au cours de celui-ci le grand ascète Jean de Sviatogorsk, qui a joué un rôle important dans le renouveau spirituel de l’Ukraine au XVIIème siècle, a été canonisé. On peut visionner ici la liturgie et ici l’office d’intercession qui a eu lieu sur la « Vladimirskaïa Gorka » la veille.

Source (celle de la photographie): News.vk.com

Plus de 80.000 fidèles ont participé à la procession pan-ukrainienne dans les rues centrales de Kiev

IMG_2804-1024x683Selon les évaluations minimales, de 80.000 à 100.000 fidèles ont participé à la procession pan-ukrainienne dans les rues centrales de Kiev, le 27 juillet 2016. À l’issue de l’office d’intercession sur la « Vladimirskaya Gorka », le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe, avec l’épiscopat et le clergé a présidé la procession des milliers de fidèles avec les icônes et les reliques miraculeuses de la laure des Grottes de Kiev. Rappelons que la veille, les participants à la procession pan-ukrainienne pour la paix, venus de l’ouest et de l’est du pays, étaient arrivés à Kiev. Des dizaines de milliers de fidèles ont parcouru des centaines de kilomètres. Les pèlerins sont partis le 3 juillet de la laure de Sviatogorsk, dans l’Est, et le 9 juillet de la laure de Potchaïev, dans l’Ouest. Le 27 juillet, les différentes processions se sont jointes sur la place de l’Europe à Kiev et ont terminé leur marche à la laure de Kiev. Sur la place Vladimirskaïa Gorka, des habitants de Kiev et des fidèles de tous les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine se sont joints à la procession. Celle-ci s’étendait sur une longueur de trois kilomètres, et une largeur de vingt mètres. La surface totale était donc d’au moins 60.000 m2. Par conséquent, selon les évaluations minimales, de 80.000 à 100.000 personnes ont participé à la procession. Au cours de celle-ci le métropolite Onuphre avec tout le clergé et le peuple a célébré, rue Grouchevsky,  un office de requiem pour le repos de l’âme de tous ceux qui sont morts à cet endroit lors des événements tragiques de février 2014. La procession pan-ukrainienne pour la paix était accompagnée des icônes miraculeuses, dont les principales étaient celle de la Mère de Dieu de Sviatogorsk pour l’est de l’Ukraine et celle de Potchaïev, pour l’ouest. On peut visionner ici une vidéo de la procession.

Source (dont photographie): News.Church.ua

À la Laure de Potchaïev, des milliers de fidèles ont rejoint la procession pan-ukrainienne « pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine »

Dans la matinée du 9 juin, immédiatement après l’office d’intercession en la cathédrale de la Dormition, la procession pan-ukrainienne est partie de la Laure de Potchaïev. La marche pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine est présidée par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Potchaïev Vladimir, supérieur de la Laure, l’évêque de Shuya Séraphim, recteur du séminaire de Potchaïev. La procession pan-ukrainienne pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine se déroule du 3 au 27 juillet avec la bénédiction du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Le clergé, les moines et des milliers de pèlerins marchent et prient pour la paix et le calme dans l’État ukrainien. Pendant la marche sont lus des acathistes au Seigneur Jésus-Christ, à la Très sainte Mère de Dieu et aux saints. Accompagnés par l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Potchaïev, les marcheurs suivent l’itinéraire suivant : Potchaïev – Kremenets – Mejretchié – Slavouta – Cheptekovka – Polonnoyé – Romanov – Tchoudnov – Korostychev – Stavichtché – Sitniaki – Makarov – Kolonchtchina – Dmitrovka – Kiev (église Saint-Théodose-de-Tchernigov) – Kiev (Vladimirskaïa Gorka). Le premier jour, les fidèles font une marche de 17 kilomètres et s’arrêtent au monastère de la Théophanie à Kremenets. Il y a six jours, la procession a démarré dans l’Est du pays. Le 3 juillet, les fidèles, qui sont partis de la Laure de la Dormition à Sviatogorsk, ont déjà traversé la région de Donetsk et continuent leur route pour Kharkov, dans la direction de la capitale de l’Ukraine. Le 27 juillet, jour du Baptême de la Russie, les deux processions se rejoindront à la Laure des Grottes de Kiev. La procession pan-ukrainienne se terminera par un office d’intercession au parc Vladimirskaïa Gorka à Kiev.

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Message du métropolite de Kiev Onuphre à l’occasion de la procession pan-ukrainienne

« Très révérends archipasteurs et pasteurs,
Révérends moines et moniales, chers frères et sœurs,

Dans la vie de chaque chrétien surgissent des moments durant lesquels il doit se rappeler qu’il n’est pas simplement un homme croyant, mais une part de l’Église orthodoxe – le corps du Christ. Et le destin de l’Église et du pays dépendent de chacun de nous. L’histoire pluriséculaire de notre terre compte un grand nombre de pages tragiques. Nos compatriotes ont dû subir une multitude d’épreuves, et le plus grand malheur a toujours été la guerre. Et dans les temps les plus difficiles, les hommes se sont unis dans la prière commune à Dieu et la très sainte Mère de Dieu pour demander leur aide. Et nous savons combien de fois, alors qu’il semblait que tout espoir de salut s’était éteint, la Mère de Dieu a préservé nos villes et nos villages de la ruine. La force de la prière de nos compatriotes a maintes fois protégé notre Église également, ainsi que notre terre. Maintenant, c’est de nous qu’une telle prière est nécessaire. Avec grande affliction dans le cœur, nous vivons actuellement une nouvelle tragédie – le conflit armé se poursuit dans l’Est de l’Ukraine, le sang innocent de nos compatriotes est versé. La chose la plus grande que peut accomplir notre Église est d’appeler à la paix et de renforcer les prières afin que soit accordée la paix à notre terre ukrainienne, ce que nous faisons depuis le début des hostilités. Mais, malgré la mission pacificatrice de notre Église, on s’efforce de la rendre détestable aux yeux de la population ukrainienne. Aujourd’hui, sur ce territoire de l’Ukraine qui est en paix, s’enflamme la guerre interconfessionnelle, différentes provocations ont lieu, dirigées contre le clergé et les fidèles en particulier et contre l’Église orthodoxe d’Ukraine dans sa globalité. En même temps, des cas fréquents nous sont connus, lorsque la force réunie de la prière des fidèles a accompli des miracles. Aussi, avec notre bénédiction, une procession pan-ukrainienne organisée par les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine aura lieu, avec la prière pour l’Ukraine, et qui commencera le 9 juillet dans l’Ouest de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Potchaïev, et le 3 juillet dans l’Est de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Sviatogorsk. Le 27 juillet, la veille de la fête du Baptême de la Russie de Kiev et de la mémoire du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, ces processions se rejoindront à Kiev au parc Vladimirskaya Gorka et se dirigeront ensemble à la Laure des Grottes de Kiev, où seront célébrés les offices solennels. Les processions seront accompagnées par les icônes miraculeuses de la Mère de Dieu de Potchaïev et de Sviatogorsk et d’autres saintes icônes et reliques. Cette procession qui commencera simultanément depuis l’ouest et l’est, traversera tout notre État. Elle unira l’Ukraine, car l’Église orthodoxe a toujours été et est une telle force qui réunit tous les hommes de notre pays. La procession n’est pas simplement notre labeur spirituel. C’est l’action consciente, volontaire de chaque âme chrétienne qui suit les commandements évangéliques en actes. Aussi, regarder simplement la procession est insuffisant. C’est le temps de manifester sa conscience chrétienne. Que celui qui peut faire cette procession pendant un long laps de temps, qu’il le fasse. Qui peut le faire seulement dans sa localité, qu’il le fasse. Nourrir les pèlerins, cela constitue également votre participation dans cette grande œuvre. Lorsque le Seigneur a demandé le repentir aux habitants de Ninive, ceux-ci lui ont obéi et ont détourné leur cœur du mal et de la violence. Ils ont renoncé à la nourriture et à l’eau, et pour cet exploit, le Seigneur a eu pitié d’eux. Nous croyons que la Mère de Dieu qui, tant de fois a défendu notre terre, se trouve aujourd’hui aussi, en larmes, près du trône de Son fils et prie pour nous. Nous devons aussi, en rejetant la colère, la haine, la méchanceté, et en nous armant de l’amour et du pardon, renforcer notre labeur de prière : afin que cessent de couler les larmes des mères, afin que les enfants ne restent pas orphelins, que le femmes ne deviennent pas veuves, afin que la jeunesse ne devienne pas invalide, afin que nos villes et villages ne soient pas détruits, et les maisons, désertées. C’est précisément le but de la procession pan-ukrainienne, la marche de la paix, de l’amour et de la prière pour l’Ukraine. J’implore la bénédiction de Dieu sur tous les participants de la Procession, et je leur souhaite l’aide du Tout-Puissant dans cette œuvre agréable à Dieu, + Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine ».

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Liste des participants de l’Église orthodoxe russe au Concile panorthodoxe

Lors de sa dernière session, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a publié la liste de sa délégation au Concile panorthodoxe, qui se tiendra en Crète du 18 au 27 juin. Outre le patriarche de Moscou Cyrille, les participants seront les suivants :

1. S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre
2. Le métropolite de Kroutitsa et de Kolomna Juvénal
3. Le métropolite de Chișinău et de toute la Moldavie Vladimir
4. Le métropolite d’Astana et du Kazakhstan Alexandre
5. Le métropolite de Tachkent et d’Ouzbekistan Vincent
6. Le métropolite de Saint-Pétersbourg et de Lagoda Barsanuphe
7. Le métropolite de Minsk et Zaslava Paul, exarque patriarcal pour toute la Biélorussie
8. Le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou
9. Le métropolite d’Odessa et d’Izmaïlsk Agathange
10. Le métropolite de Riga et de toute la Lettonie Alexandre
11. Le métropolite de Novossibirsk et de Berdsk Tikhon
12. Le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge
13. Le métropolite d’Ekaterinbourg et Verkhotourié Cyrille
14. Le métropolite de Rostov et Novotcherkassk Mercure
15. Le métropolite de Lougansk et Altchev Mitrophane, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine
16. Le métropolite de Nijegorod et Arzamas Georges
17. Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine
18. L’archevêque de Berlin, d’Allemagne et Grande-Bretagne Marc (Église orthodoxe russe hors-frontières)
19. L’archevêque de Vilnius et de Lituanie Innocent
20. L’archevêque de Novogrouda et Slonim Gourias
21. L’archevêque de Sendaï Séraphim (Église autonome du Japon)
22. L’archevêque de Magadan et Sinegorié Jean
23. L’évêque de Narva et Pritchouda Lazare
24. L’évêque de Bogorodsk Antoine

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Session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe à Saint-Pétersbourg

234330.pLe 16 avril, dans l’édifice historique du Saint-Synode (i.e. de la « période synodale » de l’Église orthodoxe russe, entre le XVIIIème et début du XXème s.) a commencé la session ordinaire du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe. Avant le début des travaux, le patriarche de Moscou Cyrille s’est adressé aux participants à ladite session : « Je salue tous les membres du Saint-Synode à l’occasion de sa session ordinaire dans l’édifice historique du Saint-Synode [de la période dite « synodale »] de notre Église. C’est précisément dans cette salle qu’étaient élus nos prédécesseurs sur les chaires épiscopales, c’est ici qu’ont été prises pendant deux-cents ans les décisions les plus importantes concernant la vie de l’Église orthodoxe russe. Par la grâce de Dieu, cet édifice renaît, les locaux sont mis à notre disposition pour les travaux du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe. Aussi, nous nous réunissons chaque fois avec un sentiment particulier dans cette salle historique, en nous rappelant les hauts faits de nos prédécesseurs et ayant conscience de la pleine responsabilité envers ce dont nous devons nous occuper, à savoir la prise de décisions importantes concernant la vie de notre peuple pieux et de l’Église orthodoxe russe. Je salue chaleureusement S.B. le métropolite Onuphre. Je voudrais particulièrement saluer notre hôte, le métropolite Barsanuphe. Étant donné que vous, Monseigneur, fêtez le 25ème anniversaire de votre sacre épiscopal, je voudrais vous offrir un saint encolpion réalisé en votre honneur, ainsi qu’un message de félicitations. Que Dieu vous aide !

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Source (dont photographie): Pravoslavie.ru

Voyage en Grèce du métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine

Le primat de l’Église orthodoxe ukrainienne, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, a effectué un voyage en Grèce. Pendant son séjour dans ce pays, Sa Béatitude était accompagné du métropolite Métrophane de Lougansk et d’Altchevsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe ukrainienne, et du vice-président de ce département, l’archiprêtre Nicolas Danilevitch. Le 15 mars 2016, le primat de l’Église orthodoxe ukrainienne a assisté à une réception en l’honneur de la fête du Triomphe de l’orthodoxie, qui avait lieu à l’ambassade d’Ukraine en République de Grèce. Pendant la réception, le métropolite Onuphre a présenté ses félicitations à l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, Jérôme II. Le vice-ministre des Affaires étrangères de Grèce, Yannis Amanatidis, des représentants de l’Église orthodoxe de Grèce et des membres de l’Église orthodoxe ukrainienne, ainsi que des représentants du monde de l’enseignement et de la culture, participaient à l’évènement. Vladimir Chkourov, ambassadeur d’Ukraine en République grecque, a exprimé sa gratitude au Primat de l’Église orthodoxe de Grèce pour son aide dans la réhabilitation de la santé d’enfants ukrainiens en Grèce. Le diplomate a déclaré qu’il était heureux de saluer la délégation de l’Église orthodoxe ukrainienne conduite par son Primat. De son côté, l’archevêque Jérôme a exprimé son soutien et présenté ses meilleurs vœux au métropolite Onuphre et à tout le peuple ukrainien. Ensuite, il a été question du développement de la collaboration humanitaire entre l’Ukraine et la Grèce. Durant la suite de leur séjour, les membres de la délégation ukrainienne et leur Primat ont effectué le 16 mars un pèlerinage à l’île d’Égine sur le tombeau de saint Nectaire d’Égine, l’un des saints grecs contemporains les plus vénérés. Après avoir vénéré les reliques de saint Nectaire, le métropolite Onuphre a prié pour la paix en Ukraine. Le même jour, à l’aéroport d’Athènes, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine s’est entretenu avec les hiérarques de l’Église orthodoxe de Grèce, le métropolite Paul de Glyph et le métropolite Nicolas du Mésogée et de la Lauréotique. A la fin de l’entretien, le primat de l’Église orthodoxe ukrainienne s’est envolé pour Kiev.

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Moscou, ouverture du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe – 2 février

“Le Concile épiscopal détient le pouvoir suprême, au sein de l’Eglise orthodoxe russe, sur les questions doctrinales, canoniques, liturgiques, pastorales, administratives et autres, concernant la vie de l’Eglise, tant intérieure qu’extérieure” (Statuts, chap. 3, par 1)”, rappelle le site officiel de l’Eglise orthodoxe russe. Le Concile épiscopal est convoqué au moins une fois tous les quatre ans par le patriarche et le Saint-Synode. Sous le patriarcat de Sa Sainteté le patriarche Cyrille, le Concile épiscopal s’est réuni deux fois, en 2011 (2-4 février) et en 2013 (2-5 février).
Le Concile de 2011 a permis d’élaborer des textes applicables à toute l’Eglise, consacrés au service social public, à la mission auprès des minorités autochtones etc. L’un des documents essentiels incluait des mesures de conservation de la mémoire des néo-martyrs. Le Concile de 2013 a arrêté la procédure d’élection du Patriarche par le Concile local, a précisé les pleins pouvoirs des Conciles locaux et patriarcal, formulé un jugement sur les problèmes de justice des mineurs, a exprimé la position de l’Eglise orthodoxe russe sur les problèmes actuels de l’écologie, ainsi que concernant le développement des technologies d’enregistrement et de traitement des données individuelles.

Le 2 février 2016, le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe a débuté ses travaux à la salle des conciles de l’église cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Des hiérarques du Patriarcat de Moscou venant de Russie, d’Ukraine, Moldavie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizie, Lituanie, Lettonie, Tadjikistan, Ouzbékistan, Estonie, ainsi que des pays étrangers où existent des diocèses de l’Eglise orthodoxe russe sont arrivés à Moscou pour y participer.

En tout, 354 prélats venant de 293 diocèses de l’Église orthodoxe russe sont invités à prendre part au Concile.

La réunion a été précédée de la divine liturgie, célébrée à l’église du Christ Sauveur par l’archiprêtre Mikhaïl Riazantsev et le clergé de Moscou. Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et les hiérarques venus participer au concile assistaient à l’office.

Conformément aux Statuts de l’Église orthodoxe russe, le Concile est présidé par le patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Le présidium se compose des membres permanents du Saint Synode : Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, le métropolite Juvénal de Kroutitsy et de Kolomna, le métropolite Vladimir de Kichinev et de toute la Moldavie, le métropolite Alexandre d’Astana et de tout le Kazakhstan, chef de la région métropolitaine de la République de Kazakhstan, le métropolite Vincent de Tachkent et d’Ouzbékistan, chef de la région métropolitaine d’Asie centrale, le métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga, chancelier du Patriarcat de Moscou, le métropolite Paul de Minsk, exarque de toute la Biélorussie, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

Font également partie du présidium les hiérarques invités à participer à la session d’hiver du Saint Synode : le métropolite Isidore de Smolensk et de Roslavl, l’archevêque Jean de Magadan et de Sinegorsk, l’évêque Marcel de Beltsy et de Felecht, l’évêque Barlaam de Makhatchkala et de Grozny.

Par ailleurs, conformément à une décision du Saint Synode en date du 24 décembre 2015 (minute 96), compte tenu de l’importance de la participation à la direction des travaux du Concile épiscopal des primats des sujets autonomes et auto-administrés du Patriarcat de Moscou, ont été inclus au présidium : le métropolite Hilarion d’Amérique de l’Est et de New York et le métropolite Alexandre de Riga et de toute la Lettonie.

Un office d’intercession a été célébré avant l’assemblée plénière. Sa Sainteté le patriarche Cyrille a lu une prière, demandant à Dieu de bénir les travaux du Concile.

S’adressant à l’assemblée dans un bref discours d’ouverture, le primat de l’Église russe a constaté que le présent Concile épiscopal était convoqué avec un an d’avance sur les délais prévus par les Statuts de l’Église orthodoxe russe. Ceci s’explique par la préparation intensive au Concile panorthodoxe.

« Le Concile épiscopal de 2013 a souligné que cette préparation devait supposer une large discussion des décrets à adopter. Elle implique aussi un souci particulier de la préservation de la pureté de la doctrine orthodoxe. C’est pourquoi le Saint Synode a estimé qu’il était temps d’entreprendre une discussion sérieuse sur les questions que pose le processus préconciliaire » a poursuivi le patriarche Cyrille.
Par ailleurs, nous nous pencherons aujourd’hui sur la délicate question des « restes d’Ekaterinbourg » et discuterons de l’application de différentes décisions prises par le précédent Concile » a prévenu le primat.

L’assemblée a adopté le règlement, le programme et l’ordre du jour, approuvé la composition des commissions des mandats, de rédaction et des comptes.

Le métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga, chancelier du Patriarcat de Moscou, a été élu secrétaire du Concile épiscopal. Le métropolite Innocent de Vilnius et de Lituanie est nommé à la tête de la commission des mandats ; la commission de rédaction est présidée par le métropolite Paul de Minsk et de Zaslavl, exarque de toute la Biélorussie ; le métropolite Serge de Ternopol et de Kremenets est élu président de la commission des comptes.

Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a ensuite présenté un rapport sur la vie de l’Église russe.

Source Pravoslavie.ru et Mospat.ru

Déclaration du service de communication du DREE suite à l’adoption d’une « Conception œcuménique » par le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne

Le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne a adopté une « Conception œcuménique de l’EGCU, qui entre en vigueur le 23 février 2016.

L’aspect positif de cette conception est de reconnaître les résultats du dialogue orthodoxe-catholique, en particulier les positions du document de la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique romaine « L’uniatisme, méthode d’union du passé et la recherche actuelle de la pleine communion » (Balamand, 1993), qui condamne les tentatives effectuées par Rome dans l’histoire de soumettre les chrétiens d’Orient au moyen de l’uniatisme, par exemple par l’union de Brest de 1596. Le nouveau document de l’EGCU reconnaît clairement que « Le trône apostolique romain percevait la réunion de Brest plutôt dans des catégories de soumission que de communion », et donne une appréciation négative du phénomène de l’uniatisme comme moyen de réunion des Eglises sur des bases théologiques erronées.

Cette déclaration des hiérarques gréco-catholiques aurait pu être un facteur très prometteur dans la perspective des relations entre l’EGCU et l’Eglise orthodoxe, tout spécialement en Ukraine, si elle ne s’accompagnait pas de toute une série d’affirmations historiquement irrecevables.

Ainsi, la « Conception œcuménique » affirme que « L’EGCU s’est formée à la suite de la séparation de l’Eglise de Moscou de la métropole de Kiev au XV – XVI siècles… Dans les conditions d’une crise intérieure, de l’affaiblissement du centre patriarcal de Constantinople et des défis posés par la réforme protestante et le catholicisme post-tridentin, la hiérarchie de l’Eglise de Kiev a pris la décision de rétablir la communion eucharistique avec l’évêque de Rome ».

Or, il est bien connu que l’Union de Florence de 1439, acceptée par Constantinople, n’a reçu aucun soutien de la Rus’. C’est précisément pour cette raison que le métropolite Isidore de Kiev a été obligé de s’enfuir en Occident. L’EGCU n’est apparue en réalité qu’à la fin du XVI siècle à la suite d’une intrigue politique. A l’origine conçue comme un compromis politique, l’union de Brest a été répandue par la force par les autorités de la République des Deux Nations, rencontrant une puissante opposition de la part des croyants orthodoxes.

Ayant formellement condamné l’union comme méthode de réunion des Eglises, la direction de l’EGCU s’efforce en même temps de lui donner une auréole, recourant à cet effet à des distorsions de la vérité historique. L’identification de l’EGCU à la métropole de Kiev, sans cesse reprise dans la « Conception œcuménique », ne peut être qualifiée autrement que de grossière fraude. La direction gréco-catholique essaie ainsi de présenter l’EGCU comme la seule héritière légitime de l’antique métropole de Kiev et, en même temps, d’établir une division artificielle entre Kiev et Moscou. Ceci se manifeste clairement dans l’affirmation suivante : « A compter de la fin du XVIII siècle, sur les territoires revenus à l’Empire russe, puis à l’URSS, il a été procédé à une éradication délibérée de l’Eglise de Kiev par la réunification forcée de ses fidèles à l’orthodoxie russe. L’EGCU condamne résolument ses pratiques de « l’uniatisme orthodoxe » et d’autres qui lui sont semblables. »

La thèse d’une éradication délibérée par la Russie de « l’Eglise de Kiev » est parfaitement absurde, puisque l’Eglise de Kiev fait partie intégrante de l’Eglise orthodoxe russe. La direction de l’Empire russe ne s’est pas donné pour objectif la destruction de l’Eglise gréco-catholique. En même temps, dans la mesure où sur les territoires traditionnellement orthodoxes d’Autriche-Hongrie et de Pologne, l’uniatisme était implantée par les autorités catholiques en ayant recours à la force, après la réunion de ces territoires à la Russie, une grande partie du peuple et du clergé a tout naturellement souhaité revenir à l’Orthodoxie, ce dont témoigne, par exemple, le Concile de Polotsk en 1839.

Certes, les autorités russes d’alors, favorisant ce processus, ont pu laisser passer des abus. S’il convient de condamner toute manifestation de violence dans les questions de foi, il est inacceptable de recourir à des substitutions de concepts comme se le permettent les auteurs de la « Conception œcuménique », dénonçant le sincère désir de revenir de l’union à l’Eglise orthodoxe comme de « l’uniatisme orthodoxe ».

Regrettant que les relations de l’EGCU et de l’Eglise orthodoxe russe soient assombries par un lourd passé historique, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui encore, les auteurs du document se réfèrent pourtant uniquement aux évènements de 1839, 1871 et 1946, lorsque les gréco-catholiques ont été réunis à l’Eglise orthodoxe. Ils s’abstiennent de faire mention des persécutions orchestrées par la République des Deux Nations contre les orthodoxes refusant d’accepter l’union, ou les cruautés des gréco-catholiques de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne en Ukraine occidentale et en Biélorussie pendant la Seconde guerre mondiale. Avec cette approche de l’histoire, une seule des parties est présentée comme victime, comme Eglise-martyre.

Bien que le document affirme que « l’EGCU exprime sa volonté de chercher avec les frères orthodoxes des chemins de règlement des incompréhensions historiques », ses dirigeants, en contradiction avec cette thèse, continuent à insister sur la reconnaissance du statut patriarcal de l’EGCU. Pourtant, la question d’un patriarcat gréco-catholique en Ukraine, annoncé unilatéralement en 2002, est l’un des principaux obstacles au dialogue entre orthodoxes et gréco-catholiques. Comme on sait, la hiérarchie des Eglises orthodoxes locales a exprimé à Rome son opinion défavorable sur la reconnaissance de l’EGCU comme patriarcat, montrant quelles seraient les conséquences négatives qu’entraînerait cette reconnaissance pour la situation religieuse en Ukraine et le dialogue orthodoxe-catholique en général. Continuer à insister sur le soutien des « tentatives séculaires » de l’EGCU à « achever le processus de formation de sa structure jusqu’au niveau patriarcal » signifie bloquer dès le départ tout progrès dans le règlement des problèmes entre orthodoxes et gréco-catholiques.

Un autre obstacle au dialogue est la reconnaissance par l’EGCU des « églises orthodoxes en Ukraine » comme s’il n’existait pas qu’une seule Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, reconnue par l’ensemble du monde orthodoxe. « La conception œcuménique » laisse entendre que pour les dirigeants de l’EGCU, l’Eglise orthodoxe ukrainienne et les communautés schismatiques ont un statut identique « d’héritiers de l’Eglise de Kiev issue du baptême de Vladimir ».

Cette approche trouve son expression dans la pratique, lorsque les hiérarques de l’EGCU se permettent de participer à des offices communs avec des schismatiques, reconnaissant ainsi publiquement la validité de leurs sacrements (notamment du baptême et du sacerdoce), invitant des représentants du clergé schismatique dans leurs établissements d’enseignement, selon eux « pour une meilleure connaissance de l’Orthodoxie ». Ils effectuent avec ce clergé des visites communes à l’étranger où ils prononcent des déclarations à caractère politique. Ce soutien des gréco-catholiques aux schismatiques porte atteinte à l’unité chrétienne alors même que les Eglises orthodoxe et catholique recherchent de nouvelles voies de coopération.

La hiérarchie de l’Eglise russe a souvent attiré l’attention des dirigeants de l’EGCU sur la nécessité de respecter la structure canonique de l’Eglise orthodoxe, comme l’une des principales conditions au développement des relations entre les Eglises. Cependant, dans la pratique, les rapports étroits entre les hiérarques gréco-catholiques et les schismatiques, ainsi que les positions, maintenant fixées dans un document officiel, témoignent de ce que la direction de l’EGCU a l’intention de continuer à ignorer l’opinion des orthodoxes. Il reste à se demander comment, suivant une telle approche, les dirigeants de l’EGCU croient possible de parvenir à une quelconque avancée dans le dialogue avec l’Orthodoxie canonique.

Une autre affirmation suscite aussi l’étonnement : les auteurs du document assurent que dans les années 1990, « l’EGCU a établi un dialogue fructueux, bien qu’informel et non officiel avec les évêques et les théologiens de l’Eglise de Constantinople… dont l’objet était d’étudier comment rétablir la pleine communion avec l’Eglise mère de Constantinople. » Faisant partie de l’Eglise catholique et confessant la doctrine catholique, l’EGCU ne peut entreprendre par elle-même aucun dialogue pour la restauration de sa pleine communion avec l’Eglise de Constantinople en dehors du dialogue qui s’effectue dans le cadre de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique romaine. C’est la Commission mixte qui a les pleins pouvoirs pour discuter des problèmes théologiques existant entre orthodoxes et catholiques et chercher les moyens de les résoudre. Par ailleurs, le dialogue bilatéral entre l’EGCU et les représentants du Patriarcat de Constantinople, contournant l’Eglise orthodoxe ukrainienne, ne peut susciter que la méfiance et approfondir les contradictions qui exigent depuis déjà longtemps d’être résolues.

« La Conception œcuménique » de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne est un document contradictoire, posant de nombreuses questions aux orthodoxes. Déclarant leur volonté de développer le dialogue avec l’Eglise orthodoxe, les dirigeants de l’EGCU ne se montrent pas prêts à une analyse sérieuse du passé historique ni à une évaluation responsable de la situation ecclésiale en Ukraine actuellement. Le document montre que l’EGCU attend de l’Eglise orthodoxe qu’elle vienne elle-même à sa rencontre, tandis que l’Eglise gréco-catholique ne croit pas nécessaire d’entreprendre quoi que ce soit pour une vraie résolution des problèmes existants.

Malheureusement, les actions de l’EGCU en Ukraine aujourd’hui non seulement ne favorisent pas le rapprochement entre orthodoxes et catholiques, mais aggravent les divisions déjà existantes, encourageant le schisme et continuant à porter le trouble dans les esprits des gens. Ainsi se manifeste la nature de l’uniatisme qui, depuis ses origines, dit la déclaration de Balamand, « a créé une situation qui est devenue source de conflit et de souffrances d’abord pour les orthodoxes, mais aussi pour les catholiques ».

Le patriarche de Moscou Cyrille a célébré les vigiles du dimanche en la cathédrale orthodoxe russe de Genève

Le soir du 23 janvier, le patriarche de Moscou Cyrille a célébré les vigiles en l’église de l’Exaltation de la Croix à Genève, cathédrale du diocèse d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières. Ont concélébré avec le patriarche Cyrille : le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre ; le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou : l’archevêque de Genève et d’Europe occidentale Michel ; l’évêque de Solnetchnogorsk Serge, dirigeant du secrétariat administratif du Patriarcat de Moscou ; l’archiprêtre Paul Tzvetkoff, doyen du clergé de la cathédrale, l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou ; l’archiprêtre Michel Gundiaiev, représentant du Patriarcat de Moscou auprès du COE et des organisations internationales à Genève ; le prêtre Alexandre Volkov, dirigeant du service de presse du patriarche de Moscou et de toute la Russie, et le clergé de la cathédrale de l’Exaltation de la Croix. Pendant les matines, le patriarche a procédé à l’onction des fidèles. L’archevêque Michel, saluant le patriarche Cyrille à la fin des vigiles a mentionné qu’il s’agissait là du premier office du primat de l’Église orthodoxe russe en la cathédrale de l’Exaltation de la Croix. En mémoire de cet événement, l’archevêque a offert à Sa Sainteté une icône de saint Jean, archevêque de Changhaî et San Francisco, thaumaturge. Le patriarche Cyrille s’est adressé aux participants à l’office par une courte allocution et a offert un encolpion, élaboré à l’occasion du millénaire du trépas du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres. Le primat de l’Église orthodoxe russe a offert une icône de saint Serge de Radonège à la cathédrale de Genève. Tous les fidèles ayant assisté à l’office ont reçu l’icône du Sauveur « non faite de main d’homme » avec bénédiction patriarcale. Ensuite, dans le sous-sol de l’église, le patriarche a prit part au dîner organisé en son honneur par la paroisse.

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Compte-rendu de l’allocution du patriarche de Moscou Cyrille à la synaxe des primats de l’Église orthodoxe à Genève-Chambésy

Le service de presse du patriarche de Moscou a publié le compte-rendu suivant de l’allocution du patriarche de Moscou Cyrille à la synaxe des primats de l’Église orthodoxe à Genève-Chambésy .

Le 22 janvier, le patriarche de Moscou Cyrille s’est adressé aux participants à la synaxe des primats de l’Église orthodoxe à Genève-Chambésy. Au début de son allocution, le primat de l’Église orthodoxe russe a mentionné que chaque rencontre des primats des Églises orthodoxes constitue un événement qui revêt une signification particulière. « C’est la possibilité d’échanger des opinions, de discuter des problèmes qui nous préoccupent, de prendre des décisions concertées sur les questions d’importance pour toute l’orthodoxie. Mais avant tout, c’est la possibilité de ressentir à nouveau notre unité, lorsque nous communions ensemble à un seul Calice, ayant conscience que nous tous sommes un seul corps en Christ », a déclaré le patriarche, exprimant également sa reconnaissance au patriarche de Constantinople Bartholomée, qui a agi en tant qu’initiateur et organisateur de la présente rencontre. Ensuite, le patriarche Cyrille a soulevé les différents aspects de la préparation du Concile panorthodoxe. « En nous réunissant ensemble, nous avons pleinement et clairement conscience que notre Église est une et catholique, que la préservation et le renforcement de son unité constitue un souci de première importance, qui est à la base de tout notre ministère. Le saint et grand Concile est appelé à être le témoignage visible, clair et convaincant de l’unité de l’Église orthodoxe, et nous comprenons tous que le Concile ne peut être tel que s’il reflète l’unanimité authentique des Églises orthodoxes locales. Afin d’atteindre une telle unanimité, il nous faut tous travailler de façon renforcée pendant la période préconciliaire », a souligné le patriarche. Dans ce contexte, le primat a constaté avec satisfaction que « la préoccupation causée par l’absence de reconnaissance panorthodoxe de S.B. le métropolite Rostislav, primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, exprimée à plusieurs reprises tant par le Patriarcat de Moscou, que par d’autres Églises, a été écoutée. Aussi, Sa Béatitude est présente aujourd’hui parmi nous, recevant maintenant la due reconnaissance de toutes les Églises locales ». Abordant les problèmes faisant obstacles à l’unanimité intégrale parmi les Églises orthodoxes locales, le patriarche Cyrille a exprimé ses regrets au sujet de l’interruption de la communion entre les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Son rétablissement, selon la conviction du patriarche de Moscou, constitue une tâche essentielle de nos jours, alors que le monde entier suit avec angoisse les événements au Moyen Orient, car « c’est précisément des communautés religieuses de cette région que les hommes attendent en premier lieu un exemple de cohésion, d’aptitude à surmonter les différends ». Au cours de son allocution, le patriarche Cyrille a donné un éclairage détaillé sur la situation ecclésiale en Ukraine. « Aujourd’hui, plus de 30 églises de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont été saisies par la violence [par les schismatiques, ndt], pas moins d’une dizaine sont menacées d’attaques de la part des schismatiques et nationalistes, qui font passer ces faits pour un soi-disant passage volontaire des fidèles à l’ainsi nommé « Patriarcat de Kiev », a souligné le primat, qui a ajouté : « En fait, il s’agit là de véritables raids, d’attaques menées par des bandits pour s’emparer des églises. Ces attaques sont accomplies par des groupes de personnes n’ayant rien à faire avec les communautés paroissiales. Ensuite, à l’aide des autorités, elles falsifient des documents légaux, s’emparent de l’église avec les forces paramilitaires nationalistes, et jettent dehors la communauté paroissiale avec son prêtre ! » Le primat de l’Église orthodoxe russe a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des actions de certains hiérarques du Patriarcat de Constantinople qui, lorsqu’ils visitent l’Ukraine, expriment leur soutien aux schismatiques, soi-disant au nom de Sa Sainteté le patriarche de Constantinople et, ce faisant, sèment le trouble parmi les fidèles et le clergé ukrainien. On ne pourrait s’imaginer, a continué le patriarche Cyrille, qu’en Suisse, en Grèce ou un autre pays européen, des représentants d’une autre confession puissent venir dans une église orthodoxe et « prendre la décision » que ce sont eux qui, désormais, utiliseraient cette église. « Or, en Ukraine, cela est maintenant une réalité. Les communautés de l’Église canonique chassées de leurs lieux de culte gagnent tous leurs procès en justice, mais les schismatiques et leurs milices de malfaiteurs armés ignorent les décisions des tribunaux », a souligné avec tristesse le primat. Comme exemple criant de la haine des nationalistes envers les fidèles de l’Église canonique en Ukraine, le patriarche Cyrille a mentionné la situation dans le village de Ptitchya, dans le district de Rovno, soulignant que les sectateurs du schisme « sèment le mal, provoquent consciemment des conflits inter-religieux, divisent la société ukrainienne ». « Tout récemment, l’un de leurs partisans a déclaré publiquement : si le métropolite Onuphre [primat de l’Église canonique, ndt] appartient jusqu’à maintenant à l’Église canonique, c’est pour l’unique raison que l’on n’a pas trouvé un instrument de torture adéquat – un fer à repasser ou un fer à souder. Il est terrible d’imaginer ce qui se passerait si ces bandits recevaient une légalisation canonique et se fondaient dans notre milieu ! » a déclaré le patriarche Cyrille. Celui-ci a exprimé sa reconnaissance aux Églises locales sœurs – notamment aux Églises d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Serbie, de Bulgarie et de Pologne – pour leurs prières et leur soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine. « S.S. le patriarche de Serbie Irénée m’a écrit à juste titre, au sujet des schismatiques ukrainiens : ces gens n’appartiennent que nominalement à l’orthodoxie et « leur mépris des normes de la morale chrétienne, leur inclination à la haine, au mensonge et à verser le sang constitue un témoignage vivant de cela », a communiqué le patriarche Cyrille, qui a poursuivi : « Pour de tels gens, il n’y a qu’une voie menant à l’Église, c’est la pénitence. On nous demande pourquoi nous ne voulons pas nous unir à eux. Or, ils exigent de nous de commencer le dialogue pratiquement sur un pied d’égalité. Mais quel peut être l’accord entre le Christ et Bélial ? » « Le peuple orthodoxe d’Ukraine, tout comme auparavant, soutient l’Église canonique » a témoigné le patriarche, qui a évoqué les dizaines de milliers de fidèles qui s’étaient rassemblés et priaient lors de la procession à Kiev, le jour de la fête du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres. Je crois dans l’avenir de l’Église orthodoxe d’Ukraine : ses fidèles sont unis dans leur condamnation du schisme, et la violence ainsi que le mal les renforcent dans leur exploit d’amour et de foi ». Ensuite, le patriarche Cyrille a mentionné que le processus de préparation du Concile panorthodoxe, ces derniers temps, s’est notablement activé. Le patriarche s’est arrêté sur les causes de la non exécution d’un certain nombre de mandats confiés par la précédente synaxe des primats, dans le cadre de l’activité de la Commission spéciale inter-orthodoxe et de la Vème Conférence préconciliaire panorthodoxe. Entre autres, le primat a souligné l’importance de prendre en compte les positions de toutes les Églises locales, qui accomplissent leur mission dans diverses conditions. À ce sujet ont été mentionnées des suggestions qui, jusqu’à présent, sont restées sans suite, lesquelles, durant les deux dernières années, ont été portées à l’ordre du jour pour le Concile panorthodoxe de la part de plusieurs Églises locales, dont celles d’Antioche, de Russie, de Géorgie, de Serbie et de Bulgarie. En outre, le primat de l’Église orthodoxe russe a exprimé sa conviction qu’il était indispensable de réexaminer le projet du document sur « la question du calendrier », soulignant que le thème « de la fixation d’une date de Pâques plus exacte » n’est absolument pas actuelle pour l’Église orthodoxe et ne peut que semer le trouble parmi de nombreux fidèles. Non moins préoccupant est, selon les paroles du patriarche, le projet du document « sur les empêchements au mariage », dans lequel n’est contenue qu’une sèche énumération des empêchements canoniques, tandis que la position de l’Église concernant l’institution de la famille dans le monde contemporain n’est nullement reflétée. Le primat de l’Église orthodoxe russe a nommé le thème de « l’autocéphalie et le mode de sa proclamation » comme étant l’une des directions très importante des travaux, proposant de confirmer lors du Concile l’accord de principe déjà atteint au cours des sessions de la commission préparatoire inter-orthodoxe, à savoir que l’institution de nouvelles Églises autocéphales doit être accomplie sur une échelle panorthodoxe, nécessitant de parvenir à un consensus de toutes les Églises locales orthodoxes dans chaque cas distinct. La nécessité a également été soulignée d’une étude préliminaire approfondie du document conciliaire sur le thème de la « diaspora orthodoxe ». La question du lieu du déroulement du Concile, abordée dans le discours du patriarche Cyrille, et qui avait été déjà soulevé dans la lettre au patriarche de Serbie Irénée [au patriarche Bartholomée], a fait l’objet d’une discussion longue et approfondie. « Comme nous le voyons, de nombreuses questions doivent encore être résolues par nous, ensemble, afin de rendre possible la convocation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. J’en suis convaincu : la cause réelle pour laquelle une convergence n’a pas été atteinte, jusqu’à présent, sur de nombreux documents, ne provient pas de l’existence d’opinions opposées dans les différentes Églises, mais dans l’inefficacité de la méthodologie du Concile », a souligné le patriarche Cyrille. À ce sujet, le primat a partagé l’expérience de l’activité de la « Conférence inter-conciliaire » de l’Église orthodoxe russe, sous la forme d’une discussion ouverte, qui permet à tout membre intéressé de l’Église d’exprimer sa position. « Je pense que c’est précisément ainsi, de façon ouverte, que doit se dérouler la préparation du Concile, si nous sommes vraiment intéressés à son déroulement réussi », a dit le primat, soulignant l’importance de la publication des projets de documents conciliaires et de remédier ainsi au déficit d’informations fiables, qui provoque des soupçons chez beaucoup de fidèles. « Je suis convaincu que la publication, qui a mûri depuis longtemps, des projets des documents conciliaires et la possibilité de libre discussion à leur sujet, non seulement ne fera pas obstacle au déroulement du Concile, mais nous montrera à nous-mêmes et au monde entier le caractère authentiquement conciliaire de notre Église, ce qui aidera au renforcement de l’unité panorthodoxe », a déclaré le patriarche Cyrille, appelant tous les participants à prier le Seigneur pour qu’Il envoie Son aide lors des travaux communs pour le bien de l’Église et pour la résolution des difficultés qui surgissent sur la voie de la réalisation du Concile panorthodoxe.

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Liste des participants à la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Genève-Chambésy et compte-rendu succinct de la première journée

Le service de presse du Patriarche de Moscou a publié la liste des participants à la synaxe des Église orthodoxes qui se tient actuellement à Genève-Chambésy, ainsi qu’un compte-rendu succinct de la première journée :

Le 22 janvier a commencé, au Centre orthodoxe du Patriarcat de Constantinople à Chambésy (Suisse), la Réunion des primats des Église orthodoxes locales. À la session, sous la présidence du patriarche de Constantinople Bartholomée, participent :
– Patriarcat de Constantinople : consultants du président : le métropolite de France Emmanuel et l’archimandrite Bartholomée (Samaras) ; l’archevêque d’Amérique Démétrios, l’archevêque de Telmessos Job
– Patriarcat d’Alexandrie : le patriarche d’Alexandrie Théodore II, le métropolite de Léontopolis Gabriel, le métropolite de Guinée Georges
– Patriarcat d’Antioche : le métropolite des Iles britanniques et d’Irlande Silouane, le métropolite d’Allemagne et d’Europe centrale Isaac, le prêtre Porphyre Gheorgi
– Patriarcat de Jérusalem : le patriarche de Jérusalem Théophile III, l’archevêque d’Anfidon Nectaire, l’archevêque Aristarchos de Constantina, secrétaire général du Patriarcat de Jérusalem, l’archidiacre Euloge, F. Yangou
– Patriarcat de Moscou : le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, et l’archiprêtre Nicolas Balachov
– Patriarcat de Géorgie : le catholicos-patriarche de toute la Géorgie Élie II ; métropolite de Zougdidi et Tsaich Gérasime, le métropolite André de Gori et Ateni André, le protopresbytre Georges Zviadadzé
– Patriarcat de Serbie : le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, le prêtre Vladimir Vranić

– Patriarcat de Roumanie : le patriarche de Roumanie Daniel, le métropolite d’Europe occidentale et méridionale Joseph, le métropolite de Târgoviște Niphone, l’archiprêtre Stéphane Ababei
– Patriarcat de Bulgarie : le patriarche de Bulgarie Néophyte, le métropolite de Varna et Veliki Preslav Jean, le métropolite de Nevrokopi Séraphim, l’archimandrite Gérasime, I. Dimitrov, F. Afanasov, D. Arnaudov

– Église de Chypre : l’archevêque de Chypre Chrysostome II, l’évêque de Karpasia Christophore, le diacre Cyprien Kountouris
– Église de Grèce : le métropolite d’Ilia Germain, le métropolite de Peristerion Chrysostome, le métropolite de Messinia Chrysostome
– Église d’Albanie : l’archevêque de Tirana et de toute l’Albanie Anastase, le métropolite de Gjirokastër Dimitri, le métropolite de Korçë Jean, le diacre Spyridon Topadza
– Église de Pologne : l’évêque de Siemiatycze Georges
– Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie : le métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie Rostislav, l’archevêque de Michalovce-Košice Georges, l’archevêque de Prague Michel, l’archimandrite Séraphim (Šemiatovski)

Le secrétariat est constitué du métropolite de Suisse Jérémie, de l’archidiacre Jean Chryssavghis, V. Phidas, et K. Delikostandis (Patriarcat de Constantinople).
Après la prière commune et le commencement des travaux de l’assemblée en l’église Saint-Paul, le patriarche de Constantinople Bartholomée a prononcé l’allocution d’ouverture. Ensuite, les autres primats et représentants des Églises orthodoxes locales ont adressé leurs salutations à l’assemblée. Le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, dans son allocution, a soulevé différents thèmes actuels concernant les relations inter-orthodoxes, et a abordé en détails les questions liées à la préparation du Concile panorthodoxe. À l’issue des allocutions des primats des Églises locales a eu lieu un échange d’opinions concernant les questions soulevées lors desdites interventions. Le patriarche de Constantinople Bartholomée a, entre autres, salué la présence à la réunion du métropolite de Kiev Onuphre que, selon les paroles de Sa Sainteté, toutes les Églises orthodoxes reconnaissent en tant que seul primat canonique de l’Église orthodoxe d’Ukraine. À la fin du premier jour des travaux de la réunion ont été créées les commissions pour l’établissement du règlement ainsi que pour la préparation du texte du document final de l’assemblée.

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Une conférence mixte de l’Église orthodoxe russe et de l’Église évangélique d’Allemagne sur le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale

Conformément à un décret du Saint Synode, une délégation du Patriarcat de Moscou a participé à la conférence mixte de l’Église orthodoxe russe et de l’église évangélique en Allemagne (EEA), qui se déroulait à Munich du 10 au 11 décembre, sur le thème du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La délégation était présidée par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Parmi ses membres figuraient notamment l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, l’archimandrite Philarète (Boulekov), vice-président du DREE, l’archiprêtre Vladimir Khoulap, vice-recteur de l’Académie de théologie de Saint-Pétersbourg, ainsi que de nombreuses personnalités des milieux ecclésiastique et académique. La délégation de l’église évangélique en Allemagne était présidée par son chef, l’évêque Heinrich Bedford-Strohm, et plusieurs pasteurs de cette église.

Métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou

Dans son allocution, le métropolite Hilarion a évoqué la mémoire des victimes de la dernière guerre, parmi lesquels des représentants de toutes les confessions et religions. Mgr Hilarion est revenu sur le patrimoine du pasteur protestant Dietrich Bonhöffer, tué par les fascistes. Il a également parlé du rôle de l’Église orthodoxe russe et de l’église évangélique en Allemagne dans l’œuvre de réconciliation des peuples de nos pays. Le président du DREE a constaté que les églises protestantes occidentales avaient adopté une approche libérale des valeurs morales chrétiennes, ce qui avait entraîné une interruption du dialogue théologique bilatéral entamé en 1959. En même temps, de nouveaux défis et de nouveaux objectifs sont apparus, qui exigent la collaboration des chrétiens de différents pays. Ainsi, à l’heure actuelle, les chrétiens n’ont pas seulement le devoir d’œuvrer à la réconciliation dans les nombreux conflits qui ont éclaté en différents points du globe, mais aussi celui de faire leur possible pour sauver les chrétiens et le christianisme lui-même au Proche Orient. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a conclu en souligné l’importance des projets communs dans le domaine de l’enseignement de la théologie.

L’évêque Heinrich Bedford-Strohm a parlé dans son discours d’introduction de l’importance d’une plus grande coopération entre l’Église orthodoxe russe et l’église évangélique en Allemagne, y compris dans le domaine de la défense du droit à exprimer son opinion et à être un membre à part entière de la société civile.

Sont ensuite intervenus l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, le provost Siegfried Kasparick, Dietrich Brauer, archevêque évangéliste luthérien en Russie, un représentant de l’Église catholique romaine et le consul général de la Fédération russe à Munich.

La première partie de la conférence était consacrée aux aspects bibliques et patristiques des thèmes et de la guerre et de la paix. Le professeur Christfried Böttrich, de l’Université de Greifswald, a présenté un exposé intitulé « Dieu de la paix : la guerre et la paix dans la tradition biblique » et le professeur Vladimir Bourega (Académie de théologie de Kiev) a parlé de la notion de paix et de guerre dans le Nouveau Testament et la tradition de l’Église. Les deux exposés, suivant des approches différentes, apportaient un éclairage sur la notion de guerre en s’appuyant sur les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

La seconde partie de la conférence était consacrée aux problèmes de la diaconie et de l’action sociale entreprise par l’Église. Deux exposés ont été présentés sur ce thème, éclairant l’action société et ses méthode dans l’Église orthodoxe russe ces 25 dernières années, et la diaconie en Allemagne et dans les pays où travaille l’organisation caritative allemande « Du pain pour la paix ». Celle-ci, a expliqué Cornelia Füllkrug-Weitzel, de Berlin, offre distribue de la nourriture et des médicaments, et réalise des programmes éducatifs, visant à éduquer les gens dans le respect des droits de l’homme et des valeurs élaborées par la société occidentale.

La troisième partie de la conférence concernait l’action des églises du point de vue de la société laïque. Le président de l’Union populaire d’Allemagne pour l’entretien des cimetières militaires a présenté un exposé sur ce sujet, affirmant que la conservation des tombes des soldats russes et allemands tombés pendant la guerre était l’une des tâches communes à la Russie et à l’Allemagne. Dans son exposé, le professeur Alexandre Rar a parlé de l’expérience de formation en Russie d’une société civile dans laquelle l’Église orthodoxe russe occuperait une place digne d’elle. La Russie, a-t-il précisé, ne considère pas l’expérience occidentale comme une réussite et cherche sa propre voie.

Les exposés ont été suivis de vives discussions, confirmant l’intérêt suscités par les thèmes présentés.

A la fin de la conférence, tous ses participants ont visité le musée-mémorial de Dachau, commémorant les victimes du camp de concentration à l’église de la Réconciliation protestante et à la chapelle-mémorial orthodoxe, dédiée à la résurrection du Christ, où un office a été célébré pour le repos de leurs âmes.

Un musée à la mémoire du métropolite Vladimir (Sabodan) a été ouvert à Kiev

À l’occasion du 80ème anniversaire du jour de la naissance du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir (Sabodan), le 23 novembre 2015, a eu lieu à Kiev l’inauguration solennelle d’un musée mémorial qui lui est dédié. L’exposition, située dans les locaux du clocher de la cathédrale de la Transfiguration du Sauveur à Kiev, a été bénie par le métropolite de Kiev Onuphre le 14 octobre. Les métropolites de Sarnensk et de Polésie Anatole, de Vinnitsa et de Bar Syméon, de Krivoï Rog et Nikopol Éphrem, de Pereyaslav-Khmelnitsky et Vichnevsk Alexandre, étaient présents à l’inauguration. Les anciens présidents ukrainiens Léonide Kravtchouk, Léonide Koutchma et Victor Iouchtchenko, et d’autres personnalités ont visité l’exposition. Chaque ancien président a évoqué le rôle historique de l’activité du métropolite Vladimir et a partagé ses souvenirs des rencontres personnelles et des instructions spirituelles du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Des offices de requiem à l’occasion du 80ème anniversaire du jour de naissance du métropolite Vladimir ont été célébrés dans les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le métropolite de Kiev Vladimir (Sabodan) naquit le 23 novembre 1935 dans le village de Markovtsy, dans la région de Khmenitsky. En 1992, il fut élu primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Il est décédé le 5 juillet 2014.

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Interview de l’archevêque de Beroun Joachim (Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie)

L’archevêque de Beroun Joachim évoque, dans cette interview au site Pravoslavie.ru l’organisation de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, ses difficultés, sa coopération avec les autres Églises orthodoxes, et le danger des schismes.

– Monseigneur, vous parlez magnifiquement russe, où l’avez-vous appris ?

– J’ai vécu sept ans à la laure de la Trinité Saint-Serge et, auparavant, je venais souvent à Kiev, voici comment j’ai appris la langue. Mais maintenant, je l’ai presque oubliée, parce qu’il y a déjà dix ans que je suis revenu en Tchéquie et j’ai peu de contacts en langue russe. Récemment, je suis venu à Kiev sur l’invitation de S.B. le métropolite Onuphre – nous entretenons des relations amicales depuis de nombreuses années et, bien sûr, cette invitation a été pour moi une grande joie. Mgr Onuphre est connu et aimé partout. C’est assurément une grande miséricorde de Dieu pour l’Ukraine que ce soit précisément lui qui préside cette Église.

– Comment l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie existe-t-elle dans des conditions de division de ce qui fut un seul pays et aussi avec deux langues ?

Archevêque de Beroun Joachim

– Avec les Slovaques, nous nous comprenons, les langues sont proches, à l’instar de l’ukrainien et du russe. Et lorsque la Tchécoslovaquie s’est désintégrée, on a dû convoquer une assemblée pan-ecclésiale et changer les statuts, afin que nous puissions vivre dans les conditions de deux États. Conformément aux statuts de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, sa juridiction s’étend à deux États indépendants : la Tchéquie et la Slovaquie. Son primat peut être élu comme archevêque de Prague ou comme archevêque de Prešov. Il en résulte que le titre complet du primat de notre Église est « archevêque de Prague, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie » ou « archevêque de Prešov, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie”. Le métropolite nous unit. Mais dans chaque État, pour ce qui concerne les relations avec le gouvernement, l’Église a son représentant : pour la Tchéquie, l’archevêque de Prague, pour la Slovaquie, l’archevêque de Prešov, et l’un des deux est le métropolite de toute notre Église. Il y a aujourd’hui quatre diocèses dans cette Église : ceux de Prague, Prešov, Olomouc-Brno et Michalovce. Les évêques diocésains et vicaires sont tous membres du Saint-Synode. Il y a environ 50.000 orthodoxes slovaques. En Tchéquie, il y a environ 20.000 orthodoxes tchèques, ainsi que 100.000 orthodoxes ukrainiens et russes. Et c’est aussi grâce à eux que nous vivons à un bon « niveau ecclésial ». Les Ukrainiens aident beaucoup la Tchéquie. Non seulement matériellement, mais ils enseignent aussi. Ces gens viennent d’Ukraine et nous apprennent comment vivre comme il le faut dans l’Église, parce qu’ils sont originaires d’un pays avec une culture orthodoxe plus traditionnelle. Notre Église est jeune, immature dans beaucoup de domaines de la vie ecclésiale : il n’y a pas de monastères anciens, il n’y a pas de pères spirituels, il n’y a pas de startsy. Aussi, il est très important pour nous que viennent ici des Russes et des Ukrainiens. On peut dire qu’ils constituent la majorité de nos paroissiens.

– On considère que la Tchéquie est l’un des pays les plus athées. Pourquoi ?

– C’est une question difficile. Les Tchèques ont reçu le christianisme à l’époque de l’œuvre missionnaire des saints égaux aux apôtres Cyrille et Méthode. Après la mort de saint Méthode, tous ses disciples ont été emprisonnés, puis chassés de Moravie. Beaucoup d’entre eux sont partis chez le Tsar Boris dans les Balkans. Les Tchèques et les Moraves se sont trouvés sous l’influence de la mission occidentale qu’ils n’ont pas reçue en fait dans leurs cœurs. Et aujourd’hui, leur majorité considère que le christianisme est le catholicisme-romain. C’est là le problème. Ils ne comprennent pas que jusque là leur foi était orthodoxe. Les Tchèques et les Moraves reçoivent la foi comme quelque chose à quoi ils ont été contraints. Je pense que c’est là la raison pour laquelle ils n’acceptent pas le christianisme. Notre devoir est de faire revenir les Tchèques à leurs racines, à la foi de leurs ancêtres. J’étais moi-même avant catholique-romain, de la même façon que la majorité des prêtres et des fidèles tchèques étaient auparavant athées, catholiques et protestants. Et lorsque nous commençons à lire, à rechercher la vérité, alors nous trouvons l’Orthodoxie.

– Monseigneur, comment êtes-vous venu à l’Orthodoxie ?

– Au temps de mes études au collège, je lisais Dostoïevski. Dans « Les frères Karamazov », j’était très intéressé par le staretz Zosime. J’ai commencé à lire sur la foi, Dieu, le monachisme et je suis devenu orthodoxe. J’étais alors âgé de 19 ans. Et durant mes études à l’université – j’ai étudié à la faculté de mathématiques et de biologie – j’ai commencé les cours par correspondance de l’Université orthodoxe. J’ai voyagé en Grèce, en Serbie, en Roumanie, et ai pu vénérer de grands lieux saints. Lors des cours de deuxième année, je suis allé en Russie pendant un mois et j’ai fait des pèlerinages dans les lieux saints du pays.

– Comment votre entourage, votre famille, ont-ils accueilli votre décision ?

– Au début, ce fut un choc pour mes parents. Chez nous, on considère l’Orthodoxie comme une religion russe. Mais ensuite, mon frère et mon père sont également devenus orthodoxes. Ma mère est demeurée protestante, mais respecte notre foi. Même lorsque j’étais novice à la Laure de la Trinité Saint-Serge, elle venait me rendre visite. Elle s’est immergée dans la source miraculeuse, mais a refusé de vénérer les icônes. Pour un Tchèque, naturellement, cela n’est pas habituel que d’être orthodoxe. Mais je pense, que si nous nous occupons de missions, le peuple comprendra, avec le temps, que l’Orthodoxie est la foi de nos ancêtres, la foi de l’ancienne Moravie, des saints égaux-aux-apôtres Cyrille et Méthode et de nombreux autres grands saints, glorifiés dans notre Terre.

– Parlez-nous un peu sur les saints qui sont vénérés en Tchéquie.

– Pour nous, tout comme pour les Russes et les Ukrainiens, les saints les plus proches sont Cyrille et Méthodes, nos docteurs slaves, ainsi que leurs saints disciples – les cinq disciples Gorazd, Clément, Nahum, Angélar, et Sabbas. Bien sûr, il y a aussi le saint prince Rostislav qui invita Cyrille et Méthode. Nous vénérons aussi saint Jean le Tchèque. Issu de l’aristocratie, d’origine croate et premier ermite tchèque. St Jean vivait en ermite dans une grotte située dans la forêt tchèque à 30 kilomètres de Prague. Il est intéressant de mentionner qu’il rencontra dans la forêt le prince Bořivoj Ier, époux de sainte Ludmila de Bohême. Dans la grotte, où saint Jean vivait dans l’ascèse, nous célébrons désormais chaque année la Liturgie. Cette grotte est très belle et se trouve sous une église catholique. Les catholiques nous la prêtent chaque année le jour de la mémoire du saint. Naturellement, il y a aussi saint Wenceslas, prince de la Terre tchèque et sainte Ludmila, sa grand-mère. Les reliques de saint Wenceslas reposent en la cathédrale catholique-romaine Saint-Vit. Son chef (comme celui de sainte Ludmila) est séparé du reste des reliques et es conservé dans la même église. Dans l’ancienne basilique de Saint-Georges, sont gardées les reliques de la sainte martyre et princesse Ludmila. À l’occasion de sa fête, nous chantons l’acathiste devant ses reliques, et ensuite, nous célébrons la Liturgie de la fête dans nos églises. À ce sujet, il y a à Prague en tout huit paroisses orthodoxes. Continuons notre liste par saint Procope de Sazava, le fondateur et l’higoumène du monastère de Sazava, qui voulait réintroduire la liturgie et les rites orientaux. Il y a encore le saint tchèque très vénéré, le hiéromartyr Gorazd, évêque de Tchéquie et de Moravie-Silésie. C’est un néomartyr du XXème s. Il était auparavant prêtre catholique, mais s’est converti à l’Orthodoxie et fut sacré évêque en Serbie. Devenu évêque orthodoxe, il était à la tête de notre diocèse autonome (nous étions alors sous la juridiction serbe, et ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que nous sommes passés sous la juridiction du Patriarcat de Moscou et nous avons reçu plus tard l’autocéphalie). Et, comme les Ukrainiens, nous vénérons saint Alexis le carpatho-russe et le hiéromartyr Maxime de Gorlitz.

– Et comment se porte la vie monastique ?

– C’est une question très difficile. Nous n’avons pas de pères spirituels et de startsy expérimentés, capables de créer un monastère. Et s’il n’y a pas de pères spirituels, les novices vont alors dans des monastères plus traditionnels, ils partent… À l’heure actuelle, les monastères suivants sont actifs : le monastère masculin de la Transfiguration du Seigneur à Těšov, où vivent trois moines ; le monastère féminin Saint-Wenceslas-et-sainte-Ludmila à Lodenica. Formellement, il y a d’autres monastères, mais sans communautés. Nous avons aussi nos moines sur le Mont Athos et en Grèce. Nous espérons que tout en vivant actuellement dans des monastères traditionnels sous une bonne direction spirituelle, ils reviendront dans quelques années et pourrons fonder un monastère chez nous.

– Et quelle est l’attitude de la jeunesse envers l’orthodoxie ?

– Je pense que nous avons une activité missionnaire très faible. En Tchéquie, actuellement, la majorité des orthodoxes sont ukrainiens et russes, et la part principale de notre énergie est absorbée dans le soin pastoral de ces paroissiens. Même à Prague, où il y a huit paroisses, nous ne célébrons et prêchons en tchèque que dans une seule église. Certains Tchèques comprennent le slavon d’Église, mais pour la plupart d’entre eux, il est étranger et incompréhensible. Lorsqu’un Tchèque entre dans une église où l’on célèbre en slavon et on prêche en russe, il pense, naturellement, que c’est une église russe, et il s’en va. Aussi, nous nous efforçons souvent d’alterner les ecténies : l’une en slavon et l’autre, en tchèque. Il nous faut encore beaucoup travailler dans le domaine missionnaire. Nous n’imprimons aussi que de peu de livres en langue tchèque. Je le dis ouvertement : le travail missionnaire est faible dans les Terres tchèques. En Slovaquie, la situation dans ce domaine est de beaucoup meilleure, parce qu’ils ont une faculté de théologie d’un niveau élevé, un séminaire, où il y a des professeurs expérimentés. L’édition y est également développée.

– Comment comptez-vous développer le travail missionnaire ?

– De toute évidence, il faut en premier lieu améliorer l’enseignement orthodoxe en République tchèque, développer la faculté de théologie avec un séminaire, où seraient éduqués nos prêtres, il faut une école orthodoxe. À l’université Charles de Prague, il y a une cathèdre d’Orthodoxie, mais sans séminaire. Le plus important pour nous est d’éduquer, développer le clergé orthodoxe. Et après, les clercs travailleront dans les paroisses. Il faut également développer les monastères qui, nous l’espérons, deviendront des écoles liturgiques et spirituelles. Nous prévoyons d’organiser une maison d’édition en Tchéquie, traduire et imprimer des livres. Actuellement, grâce au soutien de l’État, nous avons des moyens financiers, mais il manque de spécialistes qualifiés. Nous espérons nous développer dans cette direction. L’Église orthodoxe russe nous aide beaucoup, elle accueille nos étudiants tant dans l’école d’iconographie, de chant liturgique, que dans les facultés de théologie et les séminaires. Dans la seule Laure de la Trinité Saint-Serge, combien de nos gens ont étudié ! Gratuitement. Et pour nous cela constitue un grand soutien. Actuellement, nos jeunes étudient également à l’Académie ecclésiastique de Kiev. En parlant de la mission, il faut évoquer saint Gorazd. Il a fait beaucoup. À l’issue de la Première guerre mondiale, il a constitué chez nous l’Église orthodoxe. Après sa mort en martyr, en 1942, on n’a jamais eu un tel évêque missionnaire, on le ressent.

– Pouvez-vous nous donner plus de détails sur l’activité de ce saint hiéromartyr ?

– Le saint hiéromartyr Gorazd a construit et restauré des églises, et il était aidé en cela par le prêtre de Russie subcarpathique André Kolomatsky qui, précédemment, avait érigé un grand nombre d’églises dans cette région. St Gorazd avait traduit les offices en langue tchèque, expliquait, commentait l’Évangile et les saints Pères, enseignait à comprendre et à chanter la Liturgie, et grâce à cela, beaucoup de gens se sont convertis du catholicisme à l’orthodoxie. C’est un travail très difficile ! En vingt ans, il a réussi à faire ce que l’on a pas fait les 70 années suivantes. Nous ressentons que nous vivions grâce à ses labeurs.

– Y a-t-il certains projets communs avec l’Église d’Ukraine ?

– Je sais qu’il a une collaboration étroite entre les évêques slovaques et l’Église orthodoxe d’Ukraine. Ce sont les camps pour les jeunes orthodoxes, les échanges interuniversitaires : on vient d’Ukraine pour étudier à Prešov et le contraire. La situation en Tchéquie est plus compliquée, les distances sont plus lointaines des deux côtés. Aussi, il n’est pas facile d’établir une étroite collaboration. Mais nous sommes des peuples slaves, des Églises slaves, et nous devons nous soutenir ensemble. Dans notre collaboration fraternelle avec l’Église orthodoxe d’Ukraine, le soutien mutuel dans la lutte contre le schisme est important. Il est très important que le peuple ukrainien comprenne l’importance du schisme.

– En quoi voyez-vous le danger du schisme en particulier ?

– S’il y a un schisme, il n’y a plus de catholicité, il n’y a plus la bénédiction de Dieu. Cela, on le ressent fortement en Ukraine. Des problèmes semblables ont surgi chez nous, en Tchéquie, malheureusement. Il y a des clercs qui pensent à l’Église et qui sont capables de se sacrifier pour elle, pour la catholicité. Mais il y a aussi ceux qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes, et qui sacrifient l’Église pour leur propre confort. C’est le schisme. Bien sûr, dans le schisme, il n’y a aucune grâce, il n’y a que la politique et l’orgueil. Et nous, en Tchéquie, sommes très heureux du fait que l’Église d’Ukraine soit présidée par S.B. Mgr Onuphre. À notre époque, il est très important qu’à la tête d’une Église se trouve un saint homme. Et nous savons tout que le métropolite Onuphre est un homme de sainte vie. Et pour l’Ukraine, je le répète, c’est une grande grâce qu’il soit à la tête de l’Église. Cela témoigne du fait que cette Église a la grâce du Seigneur. Je demande que les Ukrainiens prient pour nous, pour la Tchéquie, pour que l’Église orthodoxe soit préservée des scandales et des épreuves. Le pire est le schisme interne. Si les ennemis sont extérieurs, il n’est pas difficile de lutter contre eux. Si l’Église est détruite par des ennemis de l’intérieur, cela est particulièrement dangereux : ils détruisent non seulement l’Église, mais aussi le peuple. Cela est évident en Ukraine. Comme l’a dit le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille : « Tout le malheur vient du schisme ». S’il n’y avait pas de schisme ecclésial, ces conflits n’auraient pas eu lieu. À Prague, il y a de nombreux Ukrainiens et Russes, mais, Dieu soit loué, ils sont tous ensemble comme une seule famille. On sent que ces gens se considèrent comme les héritiers de la Russie de Kiev, une partie d’un grand peuple.

– Ce que vous dites est juste. Il est important que ces paroles viennent de vous et soient entendues, parce que c’est un point de vue extérieur.

– Lorsque je participais aux solennités de saint Vladimir à Kiev, j’ai regardé à la télévision vos nouvelles, j’ai entendu la prédication d’un célèbre schismatique : il ne parlait que de politique. Était-ce une homélie festive ? Il n’y avait que de la politique, de l’orgueil, de la saleté… Et qu’a dit en ce jour le métropolite Onuphre ? Tous ont entendu sa prédication lors desdites solennités. C’est un saint homme qui déborde de pardon, d’amour et d’humilité. J’ai vécu en Russie sept ans comme étranger, mais je me sentais à la maison. Je n’ai jamais ressenti que je me trouvais dans un pays étranger. Peut-être parce qu’en Russie, il y a de nombreuses nations différentes et tous sont habitués à vivre ensemble et en bons termes. Aussi, si un Russe ou un Ukrainien considère les étrangers avec amour, pourquoi ne peuvent-il, entre eux, avoir une attitude mutuelle fraternelle ? Cela, je ne puis le comprendre. Et encore cette chose importante : depuis le début du conflit en Ukraine, il y a déjà plus d’un an, on lit une prière pour l’Ukraine dans toutes les églises de Tchéquie.

– Un très grand merci. Votre soutien est très important pour nous.

– Les solennités en l’honneur de saint Vladimir à Kiev ont montré l’unité des Églises canoniques, le triomphe de l’Orthodoxie, ce que ne peuvent faire les schismatiques. On peut observer cela lors de toutes nos fêtes communes. Cette année, à Kiev, ont été invités seulement les représentants des Églises orthodoxes slaves, et c’était une fête joyeuse et conciliaire. Qui concélèbre avec les schismatiques ? Seulement les schismatiques d’autres pays. Là, il n’y a pas de grâce, seulement l’orgueil. Cela ressort clairement de leurs discours et de leurs actes. Ils ne font preuve que de nationalisme. Le schisme est le péché le plus terrible. Et ce qui se passe en Ukraine est leur faute. Ils ont préparé le terrain pour ces troubles. Le défunt métropolite de Kiev Vladimir avait la possibilité de s’emparer de la cathédrale Saint-Vladimir [ entre les mains des schismatiques, ndt] et d’autres églises. Mais il a dit : « Non ! » Cet homme débordait d’amour et de pardon. Il voulait cheminer sur la voie de la souffrance et de l’amour, ce qu’il a fait. C’est la voie chrétienne.

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Le Vème Congrès pan-russe des médecins orthodoxes s’est déroulé à Saint-Pétersbourg

Du 1 au 3 octobre s’est déroulé à Saint-Pétersbourg, avec la bénédiction du patriarche de Moscou Cyrille, le Vème Congrès pan-russe des médecins orthodoxes, lequel a pour thème cette année « L’Église et les traditions de la médecine russe ». Aux travaux participent des membres du clergé, des représentants des départements régionaux de la Société des médecins orthodoxes de Russie, leurs collègues de Biélorussie, Ukraine et Kazakhstan, des collaborateurs des organismes de la santé publique, des étudiants des instituts supérieurs de médecine, les infirmières. Les organisateurs de la manifestation sont le Département synodal de bienfaisance et d’œuvres sociales, le diocèse de Saint-Pétersbourg, le conseil municipal de la ville, la Société des médecins orthodoxes de Russie et de Saint-Pétersbourg, le centre de recherches médicales Vladimir Almazov. Avant le début des travaux, les délégués du Congrès ont assisté à la sainte Liturgie célébrée par l’évêque d’Orekhovo-Zouïevsk Pantéléimon, président du Département synodal de la bienfaisance et des œuvres sociales du Patriarcat de Moscou. Inaugurant la session plénière du forum, l’évêque Pantéléimon a lu le message du patriarche de Moscou Cyrille aux participants du Congrès. « L’Église orthodoxe russe accorde une attention particulière aux questions de la préservation de la vie humaine, car la vie est un grand don de Dieu, que nous devons apprécier et préserver par tous les moyens… En se préoccupant de la santé des hommes, l’Église considère immuablement l’activité médicale avec un grand respect, car dans son fondement se trouve le ministère de l’amour, dirigé vers la prévention et le soulagement des souffrances humaines ». Le primat de l’Église orthodoxe russe a mentionné l’importance de la disposition intérieure du médecin, son souhait et sa résolution sincères d’accomplir consciencieusement son devoir, son empressement à dispenser toute l’aide nécessaire à celui qui en a besoin. « Aujourd’hui, il est important de développer la collaboration de l’Église avec les instituts d’État et les structures publiques, qui ont la responsabilité de la vie et de la santé de la population. Une telle collaboration mutuelle permettra la guérison tant spirituelle que corporelle de l’homme, ainsi que le développement réussi du système national de la santé », a souligné le patriarche. Dans son allocution, le métropolite de Saint-Pétersbourg et de Ladoga Barsanuphe a mentionné qu’il n’y a en réalité aucune opposition entre la science et la foi. « Malheureusement, l’erreur répandue selon laquelle il y a opposition entre la science et la foi n’est pas totalement dépassée. Or, cette erreur est réfutée par la vie même des grands savants qui, sans le dissimuler, se sont positionnés comme des gens profondément croyants, mais aussi par l’exemple de ceux qui participent aujourd’hui au Congrès ». « Conformément à la tradition de la théologie des saints Pères, l’image du Christ comme médecin qui guérit la nature humaine affectée par le péché, est l’une des expressions les plus exactes et profondes de Son œuvre messianique », a déclaré le métropolite de Minsk et de Zaslavsk Paul. « L’Évangile est une icône écrite du Christ » a affirmé pour sa part l’évêque d’Orekhovo-Zouïevsk Pantéléimon. L’icône, a-t-il dit est une entrée dans l’autre monde, le lien avec l’autre monde, avec Celui dirige la vie de ce monde et sans la volonté Duquel aucun événement ne se produit. L’Évangile nous aide à donner un sens et à comprendre la volonté de Dieu à notre sujet et celui du monde, à trouver un chemin, à trouver la Vérité et à apprendre à vivre pleinement le mode de vie prévu par le Créateur. Nous recevons le message de l’Évangile non pas seulement lorsque nous le lisons chez nous, mais lorsque nous l’écoutons lors de la sainte Liturgie. C’est un contact vivant avec le Christ, avec Celui qui nous aime plus que nous nous aimons nous-mêmes ». L’évêque Pantéléimon a ensuite abordé les paroles du Christ dans l’Évangile, où il est question de l’union de l’homme avec Dieu : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde… » Ces paroles du Christ, selon le hiérarque sont actuelles pour les médecins : ils veulent que le malade vive et que la vie en lui soit complète. Communier au Christ par l’Eucharistie est la communion à la joie et à la vie éternelle. Il existe un seul véritable médecin, Dieu qui guérit toute infirmité par les mains des médecins et leurs actions, a ajouté l’évêque Pantéléimon. « L’Évangile est la bonne nouvelle de la victoire sur la mort par la résurrection du Christ – et dans chaque véritable médecin est uni, d’une part, la non acceptation de la maladie et de la mort, et de l’autre, la compréhension du sens de la souffrance, de la mort de l’homme qui ne constitue pas la fin de la vie, mais le passage à une vie meilleure. Et la souffrance sert de purification à l’âme. Lorsque l’homme passe par la maladie et les afflictions, son âme se purifie et il acquiert la capacité d’aimer ». L’évêque Pantéléimon a rappelé l’exploit de médecins remarquables comme saint Luc Voïno-Iasenetsky. Leur trait distinctif était leur caractère désintéressé. Cette qualité se développe par la lecture de l’Évangile et la participation à la vie ecclésiale, a fait remarquer l’évêque. Les médecins font partie de ceux qui accomplissent directement le commandement du Christ donné lors de la Dernière Cène, le commandement de servir les hommes. Se rappeler que le Christ a lavé les pieds de Ses disciples est important pour le médecin. L’amour, la générosité et le soin des malades, ce sont les qualités traditionnelles et les qualités principales du médecin, a souligné l’évêque Pantéléimon. D’autres messages ont été adressés aux participants, notamment par le métropolite de Kiev Onuphre, le vice-gouverneur de Saint-Pétersbourg, Olga Kazansky, le dirigeant de l’agence fédérale médico-biologique de Russie, Vladimir Ouïba, et encore d’autres personnalités du monde médical. Le deuxième jour du Congrès, le 2 octobre, ont été lues des conférences sur les points ambigus de contact entre le point de vue orthodoxe et la science médicale, et la résolution du Congrès a été adoptée. Dans une interview, l’évêque Pantéléimon a déclaré que ce congrès constitue le témoignage que « les traditions de la médecine russe sont vivantes. Ce sont les plans que nous apprêtons à réaliser ». La Société des médecins orthodoxes de Russie « Saint-Luc (Voïno-Iasenetsky) » a été formée par les représentants de 49 diocèses de l’Église orthodoxe russe qui ont participé au Ier Congrès des médecins orthodoxes qui a eu lieu à Belgorod en 2007. Le but fondamental de la dite Société est l’amélioration de l’assistance médicale à la population de la Russie, fondée tant sur les remèdes spirituels que sur la dispensation aux membres des sociétés régionales d’aide professionnelle gratuite. La société des médecins orthodoxes de Saint-Pétersbourg « St Luc (Voïno-Iasenetsky) » a été organisée en 1999 et résultait de la collaboration des associations d’infirmières et aides soignantes, celles de la Protection-de-la-Mère de Dieu et de la sainte martyre Tatienne.

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Jovan Nikoloski