30/04/2017
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Résultats de la recherche : métropolite Vladimir de Kiev

Décès du métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine

80657.bCe matin, le métropolite Vladimir (Sabodan) de Kiev et de toute l'Ukraine est décédé des suites d'une longue maladie à l'âge de 79 ans. Demain, son corps sera transféré à la cathédrale de la Dormition de la laure des Grottes à Kiev. De 1984 à 1990, il fut à la tête du diocèse de Chersonèse.

Source: Eglise orthodoxe ukrainienne

Le métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine : « le paradis sans Dieu s’est transformé en enfer pour le peuple » (au sujet du 80ème anniversaire de la famine en Ukraine)

Le métropolite de Kiev Vladimir s’est adressé aux fidèles à l’occasion du 80ème anniversaire de la famine en Ukraine par le message suivant :

« Chers frères et sœurs,

La chronique de l’existence de notre peuple garde la mémoire de nombreux événements historiques, tant ceux qui sont significatifs que ceux qui sont dramatiques. L’une des pires tragédies pour l’Ukraine fut la famine des années 1932-1933. Huit décennies se sont écoulées depuis lors, mais jusqu’à ce jour notre douleur ne faiblit pas, emplissant notre âme d’affliction et nous incitant à élever notre prière à Dieu pour les millions de victimes innocentes. Le Seigneur a remis en notre possession une terre fertile, généreuse et pleine de grâces, comme l’Eden (cf. Gen. 2,8). En accomplissant le commandement de la cultiver (cf. Gen. 2,15), le travailleur consciencieux et diligent a toujours reçu des récoltes abondantes, car le Seigneur, qui « fournit de la semence au semeur, et du pain pour sa nourriture », a multiplié les fruits de justice (cf. 2 Cor. 9,10) de tous ceux qui dans la paix, la concorde et la piété, on travaillé sur leurs champs. Or, notre contrée a été exposée à un terrible malheur lors du tumultueux XXème siècle : des millions de personnes ont connu la mort en martyrs du fait de la famine massive. Celle-ci ne résultait pas d’une épidémie ou des mauvaises récoltes. La famille était l’un des maillons de la chaîne répressive du pouvoir bolchevique, qui prit pour idéologie la construction d’un monde sur de nouveaux principes – sans Dieu et sans Ses lois morales. Déclarant le bien du monde comme but principal, implantant leur « paradis » sur terre, les ennemis de Dieu, au lieu de cela, ont semé sur celle-ci des ossements humains et l’ont abreuvée de fleuves de larmes. Le semis délétère a produit le fruit amer de la malédiction, car « celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption » (Gal. 6,8), dit le saint apôtre Paul. Le reniement de la morale chrétienne n’a apporté le bonheur à personne. Et cela est témoigné par l’histoire séculaire de notre patrie. Le paradis sans Dieu s’est transformé en enfer pour le peuple. Cette dure leçon de l’histoire de notre pays témoigne de la futilité de toutes les tentatives de construire un système étatique, politique et social sans les principes moraux légués par Dieu. Un tel système est voué à l’autodestruction. La période de la domination du régime athée répressif a été marquée par l’exploit du martyre et de la confession d’une quantité énorme de chrétiens orthodoxes. Ils ont péri par la faim, l’incarcération, la torture. Dans les années 1930, la majorité de l’épiscopat et du clergé de l’Église orthodoxe en Ukraine, ainsi qu’une multitude de laïcs – les meilleurs représentants du peuple – ont été exposés à l’extermination physique. L’Église avec ses millions de fidèles est montée sur le Golgotha, souffrant pour la vérité du Christ. Ces années sont devenus le vendredi saint pour notre peuple.

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Interview du nouvel assistant du métropolite Vladimir de Kiev, Mgr Paul de Vychgorod et Tchernobyl au sujet de la situation ecclésiale en Ukraine

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Le métropolite Paul de Vychgorod et Tchernobyl est vicaire de la Laure des Grottes de Kiev depuis dix-huit ans. Actuellement, il assiste le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine pour administrer le diocèse métropolitain de Kiev, et il est l’un des candidats au poste de dirigeant de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Nous ne publions ci-dessous que la première partie de l’interview du métropolite Paul à l’hebdomadaire ukrainien « Puls Nedeli » qui concerne la position de l’Église d’Ukraine à l’égard du Patriarcat de Moscou et de l’Église schismatique. Pour lire l’interview (format PDF), cliquez ICI !

Source et photographie : Pravoslavie.ru

Un représentant du patriarche oecuménique à la célébration de l’anniversaire du président ukrainien Victor Ianoukovitch et au 44e anniversaire de la consécration épiscopale du métropolite Vladimir de Kiev

Le 9 juillet, Mgr Athénagoras de Sinope a participé à la célébration de l'anniversaire du président ukrainien Victor Ianoukovitch en tant que représentant du patriarche œcuménique Bartholomée. Il a lu un message du patriarche au président et lui a remis en cadeau une icône. Le matin du même jour, Mgr
IMG_1297_JPG_450x450_q100 Athénagoras a participé à la divine liturgie, célébrée sur la place en face de la laure des Grottes de Kiev, pour le 44e anniversaire de la consécration épiscopale du métropolite Vladimir de Kiev qui présidait la liturgie. A la fin de celle-ci, Mgr Athénagoras a transmis au métropolite Vladimir les salutations du patriarche œcuménique (photographie ci-contre).

Albums de photographies: 1, 2 (source de la photographie ci-contre)

Les évêques ukrainiens proposent la candidature du métropolite Vladimir de Kiev au siège patriarcal russe

Les évêques ukrainiens proposent la candidature au siège patriarcal russe du métropolite Vladimir (Sabodan), actuel primat de l'Église ukrainienne (autonome au sein du Patriarcat de Moscou). L'élection aura lieu à la fin du mois de janvier. Né en 1935, Mgr Vladimir a été candidat pour le siège patriarcal en 1990.

Source: Église russe

La nuit du 25 décembre, la liturgie de Noël a été célébrée selon le nouveau calendrier dans le musée dédié au métropolite Vladimir à Kiev

Musée dédié au métropolite Vladimir auprès de la cathédrale de la Transfiguration à Kiev

La nuit du 25 décembre, la liturgie a été célébrée dans le musée dédié au métropolite Vladimir auprès de la cathédrale de la Transfiguration à Kiev. La liturgie, célébrée avec la bénédiction du métropolite de Peryaslav-Khmelnitsky Alexandre, était présidée par l’archevêque Valéry Kravets, assisté de l’archiprêtre Georges Kovalenko, président du Département culturel de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du père Alexis Struve, clerc de l’Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale (Patriarcat de Constantinople), des pères André Doudtchenko et Serge Berejnoï. Avant la liturgie, le père Valéry a lu l’acathiste à St Spiridon de Trimythonte [que l’on célèbre le 25 décembre, selon l’ancien calendrier]. Le chœur, sous la direction d’Alexandre Tarasenko, a chanté pendant la liturgie les hymnes de la Nativité du Christ et de saint Spiridon, ainsi que des « kolyadki » [chansons de Noël populaires]. Les deux Évangiles étaient lus : celui de la Nativité et celui de saint Spiridon. À l’issue de l’office le père Valéry a souhaité que la lumière du Sauveur qui est né apporte la paix à l’Ukraine et au monde entier, à chaque famille et à tous les hommes. Le père Alexis Struve, qui vit et célèbre en France, travaille en tant que consultant auprès de l’ambassade de France en Ukraine, a exprimé ses remerciements pour la joie de la communion eucharistique en cette sainte nuit. « En cette nuit est née une tradition [i.e. de fêter Noël selon le nouveau calendrier, ndt] et s’est a pris forme une idée qui peut aider à tous les chrétiens d’Ukraine à fêter Noël avec les chrétiens du monde », a déclaré le père Georges Kovalenko sur Facebook.

métropolite de Kiev Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine

Pour sa part, le métropolite de Kiev Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, lors de l’assemblée du clergé du diocèse de Kiev, le 28 décembre, a adressé des remontrances au métropolite Alexandre concernant un certain nombre de ses agissements. De son côté, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, questionné par un site orthodoxe, le 28 décembre, au sujet de la célébration de Noël selon le nouveau calendrier en tant que mode de rapprochement avec le reste du mode chrétien, a donné la réponse suivante : « C’est déjà devenu une triste tradition, à la veille des fêtes de Noël, que certains commencent ici à agiter le peuple avec de telles idées. Cela est d’autant plus triste et étrange, lorsque ces idées, qui sèment la discorde dans la communauté de l’Église, sont promues par des gens de rang sacerdotal. Ceux qui, en vertu de leur vocation pastorale et de leur responsabilité particulière devant l’Église, doivent préserver saintement la tradition et les règles de celle-ci, son ordo liturgique, veiller à la continuité des traditions et préserver de toutes façons l’unité, la paix et le calme dans la vie interne de l’Église, apportent maintenant la discorde et la mésentente. Au lieu de se soumettre à la raison conciliaire de l’Église, ils se permettent de leur propre chef de changer la structure de vie établie de l’Église, d’abroger les anciens usages et d’en introduire de nouveaux. Un homme qui a reçu le rang sacerdotal, qui a fait le serment d’être en tout obéissant à la hiérarchie, s’accapare soudainement, unilatéralement, le pouvoir qui ne lui appartient pas. Il me semble qu’il y a là non seulement un problème canonique et spirituel, mais aussi psychologique (…) Chaque Église locale a défini pour elle-même son calendrier et les particularités de certaines traditions. Pour notre Église, le système chronologique est fixé selon le calendrier julien. On peut voir aussi en cela un effet particulier de la Providence divine. Le métropolite Antoine (Vadkovsky, +1912) disait : « Le calendrier julien et son application dans la pratique ecclésiale constitue dans tous les cas un ancrage fiable qui retient les orthodoxes contre leur absorption finale par le monde hétérodoxe, il est comme un étendard sous lequel les enfants de l’orthodoxie se rassemblent » (…) Pour ce qui concerne le fait d’atteindre l’unité chrétienne, il s’agit d’ici d’une inversion sournoise des concepts. On nous propose de sacrifier des principes de vie interne de l’Église pour quelques principes humanistes flous. Certaines personnes aiment « surfer » sur ce thème, sans être capables de trouver une langue commune avec leurs propres frères dans la foi, et malgré cela tentent de résoudre des problèmes de portée universelle… Apprenons d’abord l’obéissance à la mère Église, l’humilité et l’amour fraternel, apprenons à placer comme pierre d’angle de notre propre vie et de notre ministère non notre égoïsme et notre jactance, mais le principe de la catholicité et de l’obéissance, puis ensuite, sous une forme recevable, nous soulèverons les question qui ont une importance pour toute l’Église. Or, la compétence pour ces questions ne peut en aucun cas se limiter au « cercle d’initiative paroissiale ».

Sources : 1, 2 et 3

Lettre ouverte du métropolite Vladimir, supérieur de la laure de Potchaïev, au sujet de la tentative du « Patriarcat de Kiev » de s’emparer de la Laure des Grottes de Kiev

Comme nous l’avons mentionné ici la mairie de Kiev récolte des signatures pour transférer la propriété de la laure des Grottes de Kiev, qui dépend actuellement de l’Église orthodoxe canonique en Ukraine, à une entité schismatique dite « Patriarcat de Kiev ». Le métropolite Vladimir, supérieur de la laure de Potchaïev, a publié une lettre ouverte, que nous reproduisons ci-après :

« Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, notre peuple ukrainien passe par une période très complexe de son histoire. Des hommes continuent à mourir dans ce pays, des enfants restent orphelins, une grande quantité de nos concitoyens sont restés sans toit. L’effusion de sang n’a pas cessé jusqu’à maintenant dans l’est de l’Ukraine. Néanmoins, on a l’impression qu’ici aussi, dans les parties centrale et occidentale de notre patrie très éprouvée, l’instabilité, la discorde sur la base religieuse, est nécessaire à certains. On sait que l’on peut, par des négociations et certains compromis, mettre un terme aux actions militaires motivées par des facteurs politiques. Mais, lorsque le frère se dresse contre son frère en raison de convictions religieuses, il est extrêmement difficile de mettre fin à la haine. Elle peut durer pendant des générations, et elle reste présente à jamais dans la mémoire populaire. Aujourd’hui, si l’on regarde tout ce qui se produit au Moyen Orient, si l’on se souvient des événements qui ont eu lieu il n’y a pas si longtemps en Serbie et au Kosovo, nous pouvons affirmer avec certitude qu’il n’y a rien de plus terrible que la guerre religieuse ou interconfessionnelle. L’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, à la paix et l’intégrité territoriale de notre État. Nous souhaitons à tous ceux qui vivent en Ukraine et dans le monde, la paix et la prospérité. Aucun représentant de l’Église orthodoxe d’Ukraine n’est jamais entré dans l’église d’une autre confession pour s’en emparer. Nous savons que, comme l’a dit saint Jean Chrysostome, « il faut convaincre non par la force des armes, mais par celle des mots ». Aussi, les actes de certains représentants individuels de certaines confessions religieuses, qui se conduisent de la façon la plus agressive à l’égard de notre Église, nous paraissent étranges et incompréhensibles. S’appelant chrétiens, ils n’hésitent pas à piller et à s’emparer de ce qui appartient à autrui. Qui plus est, ils emploient la force à l’égard des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine et répandent le mensonge. Il est clair que tout cela n’a rien de commun avec le Christ, car le « père du mensonge est le diable » (Jn 8,44). S’il n’était question précédemment que d’églises isolées [dont ils se sont emparés par la force, ndt], ces gens parlent aujourd’hui du saint des saints de notre peuple – la laure des Grottes de Kiev. Ils ont déjà commencé la récolte des signatures pour retirer celle-ci à l’Église canonique et la donner aux schismatiques. Je répète à nouveau que de telles « initiatives » sont des provocations dans le but d’inciter à la haine interconfessionnelle. De tels événements ont toujours des conséquences affligeantes. Par ailleurs, transmettre le berceau du monachisme orthodoxe de la Rous’ – la laure des Grottes de Kiev – aux schismatiques, cela signifie la fermer au reste du monde orthodoxe. Tout le monde sait très bien aujourd’hui qu’aucune Église orthodoxe du monde ne reconnaît la soi-disant « Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ». C’est-à-dire qu’aucune Église orthodoxe ne reconnaît cette dernière comme dépositaire de la grâce et canonique. Cela signifie que les gens qui se trouvent derrière ces « signatures » veulent détacher l’Ukraine du monde civilisé et agissent de telle façon que les représentants des autres Églises orthodoxes ne viendront plus ici, et que notre État acquerra la triste gloire d’être persécuteur des chrétiens. Un véritable patriote ne fera jamais cela ! Rappelons que le saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, a choisi la foi orthodoxe afin d’introduire le jeune État kievien dans la communauté des peuples européens. Il s’appuya sur le caractère universel de l’orthodoxie, sur son origine non de ce monde et sur la vérité divine. Le prince voulait que la Rous’ de Kiev cessât d’être retranchée du monde entier, qu’elle ne soit pas marginale et sauvage. C’est précisément pourquoi il arrêta son choix déterminant sur la foi qui unirait son État avec les autres parties du monde développé. Aujourd’hui, ceux qui réclament que l’on cède la laure des Grottes de Kiev aux schismatiques, souhaitent précipiter notre Ukraine dans une guerre civile, l’arracher à la communauté des Églises orthodoxes et la transformer en un pays sauvage et non civilisé. Faire cela veut dire aller contre son histoire, contre son peuple, contre son État. Aussi, je vous appelle tous, chers frères et sœurs, à renforcer vos prières afin que le Seigneur ne permette pas cette iniquité. Quant aux hommes d’État qui sont soucieux de leur pays, je les appelle à ne pas admettre de telles provocations, dirigées sur l’augmentation des agressions et la montée de l’hostilité dans notre société.
Que la bénédiction divine soit avec vous tous !
+ Vladimir, métropolite de Potchaïev, vicaire de la laure de la sainte Dormition de Potchaïev

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Un musée à la mémoire du métropolite Vladimir (Sabodan) a été ouvert à Kiev

À l’occasion du 80ème anniversaire du jour de la naissance du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir (Sabodan), le 23 novembre 2015, a eu lieu à Kiev l’inauguration solennelle d’un musée mémorial qui lui est dédié. L’exposition, située dans les locaux du clocher de la cathédrale de la Transfiguration du Sauveur à Kiev, a été bénie par le métropolite de Kiev Onuphre le 14 octobre. Les métropolites de Sarnensk et de Polésie Anatole, de Vinnitsa et de Bar Syméon, de Krivoï Rog et Nikopol Éphrem, de Pereyaslav-Khmelnitsky et Vichnevsk Alexandre, étaient présents à l’inauguration. Les anciens présidents ukrainiens Léonide Kravtchouk, Léonide Koutchma et Victor Iouchtchenko, et d’autres personnalités ont visité l’exposition. Chaque ancien président a évoqué le rôle historique de l’activité du métropolite Vladimir et a partagé ses souvenirs des rencontres personnelles et des instructions spirituelles du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Des offices de requiem à l’occasion du 80ème anniversaire du jour de naissance du métropolite Vladimir ont été célébrés dans les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le métropolite de Kiev Vladimir (Sabodan) naquit le 23 novembre 1935 dans le village de Markovtsy, dans la région de Khmenitsky. En 1992, il fut élu primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Il est décédé le 5 juillet 2014.

Source

La liturgie funèbre et les funérailles du métropolite de Kiev Vladimir ont eu lieu le 7 juillet

Le 7 juillet, jour de la nativité de saint Jean Baptiste, ont eu lieu, sur la place de la cathédrale de la Dormition de la laure des Grottes de Kiev, la cérémonie d’adieux au métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir, avec la liturgie funèbre. L’office concélébré par tout l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine et les évêques des Églises orthodoxes locales qui sont venus aux obsèques du métropolite Vladimir, était présidé par le locum tenens du siège métropolitain de Kiev, le métropolite de Tchernovtsy et de Bucovine Onuphre. À l’issue de la liturgie sur la place située devant la cathédrale de la Dormition a été célébré l’office des funérailles du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Les chefs des délégations des Églises locales orthodoxes ont lu les messages de condoléances envoyés par leurs primats. Après les funérailles, le cercueil  a été transporté en procession au cimetière de la communauté monastique de la laure des Grottes de Kiev, près de l’église de la Nativité de la Mère de Dieu dans les grottes lointaines. L’inhumation a eu lieu près du clocher de l’église.

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Le métropolite de Kiev Vladimir a rappelé au clergé l’interdiction de la propagande politique dans les églises

À la veille des élections au parlement ukrainien, qui auront lieu le 28 octobre, le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir a publié une directive interdisant la propagande politique dans les églises et les monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Suite aux appels des fidèles et des médias, nous rappelons aux évêques-vicaires, aux vicaires et supérieurs des monastères, aux recteurs des paroisses et à tous les clercs du diocèse métropolitain de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine que la propagande politique et la distribution de la littérature à caractère politique dans les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine n’est pas permise » est-il dit dans le document publié sur le site officiel de ladite Église.

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Mgr Vladimir, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, a accepté l’invitation à visiter Constantinople

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe ukrainienne, lors de sa réunion du 23 septembre, a approuvé la décision de la visite de son primat à Constantinople nous apprend le site Internet officiel de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. « Accepter avec un sentiment de sincère gratitude à accepter l’invitation à visiter le patriarche œcuménique», – c’est la décision qui est enregistrée dans le compte-rendu numéro 67. La date de la visite sera décidée en commun avec le Patriarcat de Constantinople. Le patriarche Bartholomée Ier a invité officiellement Mgr Vladimir, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, au début du mois de septembre. « Nous serons très heureux si vous nous donniez une occasion de vous recevoir à Constantinople, pour vous rendre une toute petite parcelle de cette grande hospitalité que nous avons ressentie de votre part », a écrit le patriarche Bartholomée dans la lettre d’invitation.

Source: Orthodoxy.org.ua

L’Église orthodoxe d’Ukraine s’est accrue de presque 500 paroisses depuis l’élection du métropolite de Kiev Onuphre

Depuis que Mgr Onuphre a été élu métropolite de Kiev, l’Église orthodoxe d’Ukraine s’est accrue de 484 paroisses. C’est ce qu’a annoncé le chancelier de cette Église, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’intronisation de S.B. le métropolite Onuphre : « Depuis l’élection, il y a deux ans, du métropolite Onuphre, lequel est le 123ème primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, celle-ci a connu une croissance tant quantitative que qualitative. Le nombre de nos paroisses a augmenté de 484 ». Le métropolite Antoine a ajouté que le Primat avait effectué 43 visites archipastorales dans les diocèses, consacré 23 églises dans différents endroits du pays. En outre, 13 nouveaux saints ont été canonisés au cours de la même période. « Ces statistiques témoignent que l’Église croît, qu’elle renaît », a fait remarquer le métropolite Antoine. Celui-ci a rappelé que la période susmentionnée coïncidait avec une profonde crise économique et politique, ainsi qu’avec les affrontements armés dans l’Est du pays, d’où l’appel essentiel du métropolite Onuphre durant toute cette période à la prière pour la paix en Ukraine. « Notre Église, comme le dit S.B. le métropolite Onuphre, ne divise pas les Ukrainiens entre les « siens » et les « autres », entre ceux « qui ont raison » et ceux « qui ont tort ». Nous sommes tous les citoyens de l’Ukraine une, nous sommes tous différents, mais nous sommes tous les enfants de Dieu » a déclaré le métropolite Antoine. Le 17 août 2016, l’Église orthodoxe d’Ukraine commémore la deuxième année de l’intronisation du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Celui-ci, alors métropolite de Tchernovtsy et de Bucovine, a été élu locum tenens de la cathèdre métropolitaine de Kiev le 24 février 2014 en raison de la maladie du primat, le métropolite Vladimir (Sabodan, +2014). Le 13 août de la même année, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine a élu le métropolite Onuphre primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. L’intronisation a eu lieu à la Laure des Grottes de Kiev le 17 août 2014.

Source

Liturgie en plein air devant la laure des Grottes de Kiev le jour de la fête de saint Vladimir

399f67d1a60c28aedf5457f23448f1f0a0969ae0Le 28 juillet, fête de saint Vladimir, le métropolite de Kiev Onuphre, a célébré la divine liturgie devant la laure des Grottes de Kiev, assisté de l’archevêque de Temelssos Job et de l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que d’un certain nombre de clercs, dont l’archimandrite Gabriel, du monastère athonite de Docheiariou. En raison des innombrables fidèles, l’office a été célébré en plein air. Au cours de celui-ci le grand ascète Jean de Sviatogorsk, qui a joué un rôle important dans le renouveau spirituel de l’Ukraine au XVIIème siècle, a été canonisé. On peut visionner ici la liturgie et ici l’office d’intercession qui a eu lieu sur la « Vladimirskaïa Gorka » la veille.

Source (celle de la photographie): News.vk.com

Plus de 80.000 fidèles ont participé à la procession pan-ukrainienne dans les rues centrales de Kiev

IMG_2804-1024x683Selon les évaluations minimales, de 80.000 à 100.000 fidèles ont participé à la procession pan-ukrainienne dans les rues centrales de Kiev, le 27 juillet 2016. À l’issue de l’office d’intercession sur la « Vladimirskaya Gorka », le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe, avec l’épiscopat et le clergé a présidé la procession des milliers de fidèles avec les icônes et les reliques miraculeuses de la laure des Grottes de Kiev. Rappelons que la veille, les participants à la procession pan-ukrainienne pour la paix, venus de l’ouest et de l’est du pays, étaient arrivés à Kiev. Des dizaines de milliers de fidèles ont parcouru des centaines de kilomètres. Les pèlerins sont partis le 3 juillet de la laure de Sviatogorsk, dans l’Est, et le 9 juillet de la laure de Potchaïev, dans l’Ouest. Le 27 juillet, les différentes processions se sont jointes sur la place de l’Europe à Kiev et ont terminé leur marche à la laure de Kiev. Sur la place Vladimirskaïa Gorka, des habitants de Kiev et des fidèles de tous les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine se sont joints à la procession. Celle-ci s’étendait sur une longueur de trois kilomètres, et une largeur de vingt mètres. La surface totale était donc d’au moins 60.000 m2. Par conséquent, selon les évaluations minimales, de 80.000 à 100.000 personnes ont participé à la procession. Au cours de celle-ci le métropolite Onuphre avec tout le clergé et le peuple a célébré, rue Grouchevsky,  un office de requiem pour le repos de l’âme de tous ceux qui sont morts à cet endroit lors des événements tragiques de février 2014. La procession pan-ukrainienne pour la paix était accompagnée des icônes miraculeuses, dont les principales étaient celle de la Mère de Dieu de Sviatogorsk pour l’est de l’Ukraine et celle de Potchaïev, pour l’ouest. On peut visionner ici une vidéo de la procession.

Source (dont photographie): News.Church.ua

Message du métropolite de Kiev Onuphre à l’occasion de la procession pan-ukrainienne

« Très révérends archipasteurs et pasteurs,
Révérends moines et moniales, chers frères et sœurs,

Dans la vie de chaque chrétien surgissent des moments durant lesquels il doit se rappeler qu’il n’est pas simplement un homme croyant, mais une part de l’Église orthodoxe – le corps du Christ. Et le destin de l’Église et du pays dépendent de chacun de nous. L’histoire pluriséculaire de notre terre compte un grand nombre de pages tragiques. Nos compatriotes ont dû subir une multitude d’épreuves, et le plus grand malheur a toujours été la guerre. Et dans les temps les plus difficiles, les hommes se sont unis dans la prière commune à Dieu et la très sainte Mère de Dieu pour demander leur aide. Et nous savons combien de fois, alors qu’il semblait que tout espoir de salut s’était éteint, la Mère de Dieu a préservé nos villes et nos villages de la ruine. La force de la prière de nos compatriotes a maintes fois protégé notre Église également, ainsi que notre terre. Maintenant, c’est de nous qu’une telle prière est nécessaire. Avec grande affliction dans le cœur, nous vivons actuellement une nouvelle tragédie – le conflit armé se poursuit dans l’Est de l’Ukraine, le sang innocent de nos compatriotes est versé. La chose la plus grande que peut accomplir notre Église est d’appeler à la paix et de renforcer les prières afin que soit accordée la paix à notre terre ukrainienne, ce que nous faisons depuis le début des hostilités. Mais, malgré la mission pacificatrice de notre Église, on s’efforce de la rendre détestable aux yeux de la population ukrainienne. Aujourd’hui, sur ce territoire de l’Ukraine qui est en paix, s’enflamme la guerre interconfessionnelle, différentes provocations ont lieu, dirigées contre le clergé et les fidèles en particulier et contre l’Église orthodoxe d’Ukraine dans sa globalité. En même temps, des cas fréquents nous sont connus, lorsque la force réunie de la prière des fidèles a accompli des miracles. Aussi, avec notre bénédiction, une procession pan-ukrainienne organisée par les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine aura lieu, avec la prière pour l’Ukraine, et qui commencera le 9 juillet dans l’Ouest de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Potchaïev, et le 3 juillet dans l’Est de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Sviatogorsk. Le 27 juillet, la veille de la fête du Baptême de la Russie de Kiev et de la mémoire du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, ces processions se rejoindront à Kiev au parc Vladimirskaya Gorka et se dirigeront ensemble à la Laure des Grottes de Kiev, où seront célébrés les offices solennels. Les processions seront accompagnées par les icônes miraculeuses de la Mère de Dieu de Potchaïev et de Sviatogorsk et d’autres saintes icônes et reliques. Cette procession qui commencera simultanément depuis l’ouest et l’est, traversera tout notre État. Elle unira l’Ukraine, car l’Église orthodoxe a toujours été et est une telle force qui réunit tous les hommes de notre pays. La procession n’est pas simplement notre labeur spirituel. C’est l’action consciente, volontaire de chaque âme chrétienne qui suit les commandements évangéliques en actes. Aussi, regarder simplement la procession est insuffisant. C’est le temps de manifester sa conscience chrétienne. Que celui qui peut faire cette procession pendant un long laps de temps, qu’il le fasse. Qui peut le faire seulement dans sa localité, qu’il le fasse. Nourrir les pèlerins, cela constitue également votre participation dans cette grande œuvre. Lorsque le Seigneur a demandé le repentir aux habitants de Ninive, ceux-ci lui ont obéi et ont détourné leur cœur du mal et de la violence. Ils ont renoncé à la nourriture et à l’eau, et pour cet exploit, le Seigneur a eu pitié d’eux. Nous croyons que la Mère de Dieu qui, tant de fois a défendu notre terre, se trouve aujourd’hui aussi, en larmes, près du trône de Son fils et prie pour nous. Nous devons aussi, en rejetant la colère, la haine, la méchanceté, et en nous armant de l’amour et du pardon, renforcer notre labeur de prière : afin que cessent de couler les larmes des mères, afin que les enfants ne restent pas orphelins, que le femmes ne deviennent pas veuves, afin que la jeunesse ne devienne pas invalide, afin que nos villes et villages ne soient pas détruits, et les maisons, désertées. C’est précisément le but de la procession pan-ukrainienne, la marche de la paix, de l’amour et de la prière pour l’Ukraine. J’implore la bénédiction de Dieu sur tous les participants de la Procession, et je leur souhaite l’aide du Tout-Puissant dans cette œuvre agréable à Dieu, + Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine ».

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Voyage en Grèce du métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine

Le primat de l’Église orthodoxe ukrainienne, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, a effectué un voyage en Grèce. Pendant son séjour dans ce pays, Sa Béatitude était accompagné du métropolite Métrophane de Lougansk et d’Altchevsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe ukrainienne, et du vice-président de ce département, l’archiprêtre Nicolas Danilevitch. Le 15 mars 2016, le primat de l’Église orthodoxe ukrainienne a assisté à une réception en l’honneur de la fête du Triomphe de l’orthodoxie, qui avait lieu à l’ambassade d’Ukraine en République de Grèce. Pendant la réception, le métropolite Onuphre a présenté ses félicitations à l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, Jérôme II. Le vice-ministre des Affaires étrangères de Grèce, Yannis Amanatidis, des représentants de l’Église orthodoxe de Grèce et des membres de l’Église orthodoxe ukrainienne, ainsi que des représentants du monde de l’enseignement et de la culture, participaient à l’évènement. Vladimir Chkourov, ambassadeur d’Ukraine en République grecque, a exprimé sa gratitude au Primat de l’Église orthodoxe de Grèce pour son aide dans la réhabilitation de la santé d’enfants ukrainiens en Grèce. Le diplomate a déclaré qu’il était heureux de saluer la délégation de l’Église orthodoxe ukrainienne conduite par son Primat. De son côté, l’archevêque Jérôme a exprimé son soutien et présenté ses meilleurs vœux au métropolite Onuphre et à tout le peuple ukrainien. Ensuite, il a été question du développement de la collaboration humanitaire entre l’Ukraine et la Grèce. Durant la suite de leur séjour, les membres de la délégation ukrainienne et leur Primat ont effectué le 16 mars un pèlerinage à l’île d’Égine sur le tombeau de saint Nectaire d’Égine, l’un des saints grecs contemporains les plus vénérés. Après avoir vénéré les reliques de saint Nectaire, le métropolite Onuphre a prié pour la paix en Ukraine. Le même jour, à l’aéroport d’Athènes, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine s’est entretenu avec les hiérarques de l’Église orthodoxe de Grèce, le métropolite Paul de Glyph et le métropolite Nicolas du Mésogée et de la Lauréotique. A la fin de l’entretien, le primat de l’Église orthodoxe ukrainienne s’est envolé pour Kiev.

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Interview du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque au site orthodoxe russe Pravoslavie.ru

Lors des festivités du millénaire du trépas du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, des représentants de toutes les Églises locales sont venus à Moscou. Parmi eux, Mgr Amphiloque, métropolite du Monténégro et du Littoral, qui a accordé une interview au site Pravoslavie.ru au sujet du destin de l’orthodoxie et de la place de l’Église dans le monde contemporain.

Cher Monseigneur, nous sommes heureux de vous saluer à nouveau à Moscou. Quelle est, selon vous, la signification, aujourd’hui, de ce jubilé et de l’œuvre de saint Vladimir ?

– Saint Vladimir de Kiev et de toute la Russie est devenu le continuateur de l’œuvre du saint empereur Constantin le Grand égal-aux-apôtres, laquelle a été commencée durant la seconde moitié du IVème siècle et a continué par le baptême du peuple russe et des autres peuples slaves. L’empereur Constantin a donné la liberté à l’Église, ainsi que la possibilité d’entrer dans toutes les couches de la population de l’Empire romain d’Orient de l’époque. Quant à saint Vladimir, il a joué un rôle clef dans la propagation de l’influence chrétienne sur les larges espaces de l’Est de l’Europe. On peut dire avec certitude que ces deux personnalités ont une signification énorme dans l’histoire du Christianisme, particulièrement dans l’histoire de l’Église de l’Orient orthodoxe. Saint Vladimir est assez bien connu chez les Serbes. C’est à peu près à la même époque que vécut notre saint martyr, le prince Jean-Vladimir, ayant pour nous la même importance que le prince Vladimir pour les peuples de Russie. Tous deux étaient de saints gouvernants, l’un de la Russie de Kiev, et l’autre de Dioclée et de Zeta – l’État serbe du Moyen Âge. C’est pourquoi, dans la piété populaire, il existe une certaine confusion entre ces deux Vladimir, et il est très significatif que l’on fête simultanément le millénaire de l’un et de l’autre.

Comment votre diocèse, particulièrement lié au nom de S. Jean-Vladimir, fêtera son jubilé ?

– Nous terminons la construction de la grande cathédrale Saint-Jean-Vladimir dans la ville de Bar qu’il gouvernait ; l’État du saint prince s’étendait à une grande partie du Monténégro et de l’Albanie actuels. Dans cette cathédrale est installée une crypte dédiée au saint prince Alexandre de la Neva. Non loin de là, près du massif montagneux de Roumia, est situé un monastère dédié à saint Serge de Radonej. Et cela, selon nous, a aussi un sens particulier : l’unité de nos saints est particulièrement importante aujourd’hui sur la frontière entre l’Orient et l’Occident, là où s’affrontent tous les courants du monde actuel. Nous prévoyons d’organiser, en septembre-octobre, la dédicace solennelle de la cathédrale Saint-Jean-Vladimir. Les représentants des Églises locales et notre patriarche Irénée seront invités. Le jubilé de saint Vladimir – le baptiste de la Russie – a une immense signification pour l’affermissement de l’unité orthodoxe, l’éveil de la conscience de soi de l’Église orthodoxe universelle, la prise de conscience de sa signification pendant les siècles passés et de sa mission dans le monde contemporain. Et c’est la même signification que revêt le millénaire de saint Jean-Vladimir, en premier lieu pour nous, orthodoxes serbes, et plus largement, pour toute l’Église orthodoxe.

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Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « La question des schismes internes en Ukraine n’est pas incluse dans l’ordre du jour du concile panorthodoxe »

Le début de l’année 2015 a été marqué par une tentative d’union des deux structures schismatiques ukrainiennes – « Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine » et « Église orthodoxe d’Ukraine-Patriarcat de Kiev ». Malgré le fait que des représentants du Patriarcat de Constantinople ont participé assez activement à ce processus, la situation, pour certaines raisons, est restée dans l’impasse. Dans une interview exclusive au site « O Cerkvi » (« Sur l’Église »), le métropolite de Borispol et Brovary Antoine s’est exprimé sur le caractère spécifique des relations interconfessionnelles en Ukraine, sur le rôle des représentants d’autres Églises locales du monde dans ces processus et sur le Concile panorthodoxe de 2016.

Monseigneur ! Ces derniers temps, dans la société ukrainienne, on parle beaucoup de la nécessité de dialogue entre l’Église orthodoxe d’Ukraine et le soi-disant « Patriarcat de Kiev ». Ce dialogue est-il mené maintenant ?

– En février 2014, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a créé une commission à laquelle a été confié, entre autres, le dialogue avec « l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev ». Des consultations préparatoires ont alors eu lieu avec les représentants du « Patriarcat de Kiev », les perspectives possibles d’un dialogue ont été esquissées. Cependant, malheureusement, des tentatives ont été entreprises, peu après, de s’emparer de paroisses de notre Église pour le compte du « Patriarcat de Kiev ». Cela a détérioré profondément nos relations avec les représentants de « l’Église orthodoxe – Patriarcat de Kiev ». Aussi, le dialogue n’a pas même commencé. Récemment, le primat de notre Église, S.B. le métropolite Onuphre a souligné dans une interview, que nous sommes ouverts au dialogue. Mais ce doit être un dialogue honnête et ouvert, qui exclut la violence et la langue des ultimatums.

Récemment a eu lieu une tentative de « l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine » et de « l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev ». Quelle est l’attitude de l’Église orthodoxe d’Ukraine envers ce processus ?

– Les négociations sur une possible réunion de « l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine » et de « l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev », constituent leurs affaires internes. Nous n’intervenons aucunement dans ce processus.

Pourquoi, selon vous, cette union ne s’est-elle pas produite ? En effet, les deux entités sont des confessions relativement semblables dans leur rhétorique et leurs vues politiques.

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Interview du métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, accordée à « l’Union des journalistes orthodoxes » au sujet de la guerre au Donbass

Monseigneur Onuphre, une pression sans précédent est exercée actuellement sur l’Église orthodoxe d’Ukraine. Contrairement aux autres Églises, vous ne soutenez pas l’opération « anti-terroriste » dans l’est de l’Ukraine. Pour cette raison, en partie, les médias déversent sans retenue des flots d’immondices contre vous et l’Église orthodoxe d’Ukraine, avec pour but de semer la discorde entre l’Église et la société ukrainienne. La partie adverse a su utiliser tout cela sous des slogans spécieux sur l’amour envers le pays. En Ukraine, elle s’empare massivement d’églises en province, on est même arrivé à ce que des appels à soustraire la laure des Grottes de Kiev, ou encore la laure de Potchaïev, à l’Église orthodoxe d’Ukraine, pour les transmettre à des Églises plus « patriotiques » soient formulés depuis la tribune du Parlement ukrainien ! Néanmoins, vous restez sur une position assez difficile pour ce qui concerne la question du conflit militaire au Donbass. Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi ne vous engagez-vous pas sur la voie du compris avec le pouvoir, en prenant en compte qu’aujourd’hui l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve dans une situation complexe ?

– Pour répondre à cette question, il faut d’abord faire un détour par l’histoire. Lorsque notre Sauveur, le Fils de Dieu, est venu sur terre et a pris notre nature humaine, le peuple juif attendait de Lui qu’Il serait cette personnalité, ce héros qui organiserait ou bâtirait, ou rétablirait le royaume d’Israël. Mais cela ne s’est pas produit. Et lorsque l’on questionnait le Christ à ce sujet, Il répondait que le Royaume qu’Il prêchait n’était pas de ce monde. Le Sauveur a accompli beaucoup de miracles. Entre autres, lorsqu’Il a ressuscité le juste Lazare, nombreux ont été ceux qui ont cru en Lui. C’est alors que s’est réuni le sanhédrin, les grand-prêtres, les pharisiens. Ils ont décidé que si les gens continuaient à suivre Jésus, les Romains viendraient tous les détruire. C’est-à-dire qu’ils considéraient que les miracles du Seigneur n’étaient pas des actes patriotiques. Et lorsqu’ils jugèrent le Sauveur, ils l’accusèrent d’être l’ennemi de César, l’empereur romain. On peut résumer ce qui a été dit ainsi : on a accusé notre Sauveur de ne pas être patriote, de ne pas soutenir les idées politiques dominantes à cette époque où Il vivait. Mais qui peut dire qu’il en est ainsi ? Le Sauveur est venu recevoir tous les hommes, les délivrer du péché. Mais on Lui a collé une telle étiquette [c’est-à-dire de « non patriote »]. Pour ce qui nous concerne, nous sommes l’Église du Christ. Nous sommes l’Église canonique qui est fondée sur les enseignements que le Christ et les apôtres nous ont donnés. Et de tout temps de l’existence de notre Église, nous avons toujours été accusés de ne pas être patriotes. Bien que je ne voie pas et n’est jamais vu plus de patriotes que dans notre Église.

Excusez-moi, en quoi ce patriotisme s’exprime-t-il ?
– Le patriotisme s’exprime ainsi : si je suis patriote, je veux le bien de mon pays, je veux le bien du peuple entier. Comment recevoir ce bien ? Qui accorde ce bien ? C’est le Seigneur ! C’est Lui qui accorde le bien, ce n’est pas nous ! Et il en est ainsi avec chacun : si je sers Dieu fidèlement, si j’accomplis les règles divines, les canons, les commandements, je suis patriote, le meilleur patriote, parce que par moi, pécheur, qui m’efforce d’accomplir ces commandements, descend la bénédiction de Dieu sur tout notre pays, notre peuple. Si je ne le fais pas, je vis alors contre les lois divines, et je pourrais me rompre la poitrine en me frappant avec le poing en affirmant que je suis un grand patriote, tout en nuisant à moi-même, à mon peuple et mon pays. Parce que la grâce de Dieu n’est pas distribuée sur terre par un canal qui vit dans le péché. Ainsi, notre Église a été et est toujours patriote, mais notre patriotisme est exprimé en appelant les hommes à vivre avec Dieu, à être en paix avec Lui. Et c’est en cela que nous trouvons le bonheur et c’est par cela que nous implorons la grâce de Dieu sur notre terre, sur notre peuple. Si maintenant nous parlons concrètement de la guerre qui fait rage dans l’Est du pays, je voudrais mettre l’accent sur l’essence de cette guerre. Il s’agit d’une guerre civile. J’en parle, non par des informations de deuxième main, mais par ce que je sais personnellement, par les évêques qui servent là-bas, par mes connaissances. Par exemple, le père de famille sert dans la Garde nationale, tandis que le fils se trouve du côté des rebelles. Chez de nombreux amis, un frère se trouve d’un côté, tandis que l’autre se trouve de l’autre. Beaucoup de mes amis qui vivent à Kiev et sont originaires de Donetsk disent que leurs amis se sont retrouvés de l’autre côté. Ceux qui vivent ici, sont d’un côté, ceux qui sont restés, sont de l’autre. Bien sûr, lorsque se produit un conflit armé, comme par exemple, la guerre civile après la révolution de 1917, des meurtriers, des pillards et d’autres types de criminels et tout ce que vous voulez, apparaissent. Il en est ainsi dans la guerre fratricide actuelle, avec sa violence. Mais cette situation est créée non par ceux qui s’affrontent, mais par ceux qui sont la cause de cette guerre. C’est une guerre fratricide. Aussi, l’Église, de même qu’après la révolution de 1917, appelle maintenant à la réconciliation mutuelle, au pardon mutuel. C’est ainsi que nous pourrons garder l’intégrité de notre État, l’Ukraine. C’est ainsi que nous donnerons la possibilité à notre peuple de se développer, d’améliorer d’une certaine façon la situation matérielle. Ce ne sera pas sur la base de la guerre et du sang, raison pour laquelle l’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner, de cesser de s’entretuer. C’est la position de notre Église, non pas à partir de ce jour, mais depuis 1917. Au demeurant, elle a adopté cette position en d’autres temps également. C’était le cas lors des guerres où nos princes se révoltèrent sous le saint prince Vladimir et tuaient les frères, comme le fit Sviatopolk [l’assassin des saints Boris et Gleb, ndt] et ensuite d’autres. C’est la raison pour laquelle on persécutait les moines, les évêques, c’est la raison pour laquelle on nous haïssait, mais on comprenait ensuite que nous avions raison, et les parties en conflit se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra aussi dans la situation actuelle.

Voulez-vous dire que lors de la guerre civile, après 1917, l’Église n’a soutenu aucun des deux côtés ?
– Aucun et ce malgré le fait que le pouvoir (soviétique) avait besoin du soutien de l’Église. Il y eut alors des prêtres, des évêques qui sont passés du côté du pouvoir, ce sont les fameux « rénovateurs » [c’est-à-dire « l’Église » schismatique dite « rénovée », ndt]. Ceux-ci ont commencé à proposer leurs services [au régime soviétique, ndt], disant qu’ils feraient ce qu’on leur demandera, etc. Et ils ont tous disparu, ils étaient haïs par ceux-là mêmes qui les utilisaient, parce que personne n’aime les traitres. Et aujourd’hui, nous avons, dans certains endroits, des évêques et des prêtres « politisés » qui veulent aussi nager dans le courant de la ligne politique. Et ils applaudissent à tout, mais ce n’est pas honnête, ce n’est pas juste !

– Cela se produit-il aussi dans l’Église orthodoxe d’Ukraine ?
– Je pense qu’il y a de telles personnes chez nous également. Et ce n’est pas correct, c’est malhonnête. Pour de telles actions, il faut répondre, il faut répondre au Seigneur. Comment puis-je consoler une mère qui vient chez moi ? Il y a beaucoup de mères qui viennent, dont les fils ont été tués pendant la guerre, soit dans l’armée ukrainienne, soit de l’autre côté. Et nous ne pouvons, je ne peux pas prouver quelque chose à une telle mère ou la consoler, vous savez… je n’ai pas d’argument qui puisse l’apaiser. Lui dire que son fils est mort pour une raison ou une autre, qu’il est mort pour l’intégrité de l’Ukraine là-bas, au cours de la guerre. Je ne peux pas : elle n’a besoin de rien de pareil – c’est son fils qu’il lui faut. Nous vivons au milieu de gens habituels, simples. Je respecte le pouvoir, j’aime le pouvoir. Il est établi par Dieu. Mais Dieu établit le pouvoir afin qu’il accomplisse la volonté de Dieu. Afin qu’il confirme et bâtisse la paix, et non la guerre. Donc j’aime et respecte le pouvoir, mais je demande qu’il fasse tout ce qui est possible pour faire cesser la guerre. Je m’engage dans le compromis et je fais des concessions que lorsque cela ne contredit pas la Loi divine. Mais j’accepte le compris et fais des concessions là où je le peux. Mais pour ce qui concerne les canons, et la vie de l’Église est dirigée par eux dans notre pays depuis plus de mille ans, et dans l’histoire plus de deux mille ans, l’Église n’a jamais cédé et ne cédera jamais. Si j’agis ainsi, si je m’engage sur la voie du compromis, je cesse d’être dans l’Église. L’Église continuera d’être, mais c’est moi qui sera hors de celle-ci et cela je ne le veux pas, je veux être dans l’Église.

Encore une question qui me trouble personnellement et, je le sais, beaucoup d’autres personnes aussi. Pourquoi Dieu permet-Il la guerre ? Il est dit dans l’Évangile que tout se produit selon la volonté de Dieu, sans laquelle même un cheveu ne tombe de la tête. Il en résulte que Dieu regarde l’homme, Il regarde tout ce qui se produit, et ce depuis le ciel, au-dessus de nous. Il voit comme un projectile tombe sur une maison d’habitation et déchire un jeune enfant. Il est compliqué pour moi de comprendre et d’accepter cela.
– Il est dit dans le saint Évangile : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » sans la volonté de Dieu. Cela concerne les gens qui vivent selon la volonté de Dieu. Quant à ceux qui vivent sans elle, ils arrachent eux-mêmes les cheveux de leur tête. J’explique cela autrement : le péché a pour propriété de se répandre sur la descendance de l’homme qui pèche. La vertu a aussi pour propriété de se répandre sur la descendance de celui qui vit vertueusement. Et il est dit dans la sainte Écriture que si l’homme fait le bien, la bénédiction divine se répand sur des milliers de descendants de cet homme. S’il fait du mal, les conséquences du mal se répandent jusqu’à la troisième, la quatrième génération. C’est-à-dire que si je pèche, mon fils, mon petit-fils et mon arrière petit-fils peuvent en souffrir. Et pour la guerre, ce n’est pas Dieu qui en est coupable, mais l’homme. Celui-ci est doté par Dieu du libre arbitre. Et si les gens veulent faire la guerre, ils n’écoutent pas Dieu. Et pourquoi les enfants sont-ils tués ? Des suites de la guerre, d’un obus qui tombe, ce sont ceux qui font la guerre qui en sont responsables et non Dieu. Dieu ne veut pas que qui que ce soit périsse, que des enfants soient tués. Cela est permis par ceux qui pèchent.

Mais Il peut l’arrêter…
– Il peut l’arrêter, mais il se produit alors une atteinte à la liberté de l’homme. Ces gens deviennent alors comme des animaux, parce que la liberté de la volonté est une propriété de la ressemblance de Dieu qui se trouve en l’homme. Qu’est-ce que porter en soi la ressemblance ? Cela signifie être capable de jouir du bonheur, de la paix, de la joie. Si cette image ne se trouve pas dans l’homme, il ne peut éprouver cela et il devient comme un animal qui mange, qui dort, qui mange à nouveau, qui au bout de quelques années meurt et puis c’est la fin. Tandis que l’image de Dieu donne à l’homme la possibilité de jouir des biens que le Seigneur a en Lui et Il donne par cette image aux hommes la possibilité de rester ici et d’éprouver la continuation de cette jouissance dans l’éternité. Aussi Dieu, n’ôte pas à l’homme cette propriété. Il ne dit pas : vous voulez la guerre, alors je vous enlève le libre arbitre, et si vous ne la voulez pas, je le donne. Serait-ce équitable ? Même l’homme chez lequel Dieu aurait enlevé cette liberté, pourrait dire ensuite, lors du Jugement dernier : que fais-Tu, Seigneur, j’aurais pu ne pas aller à la guerre, je n’y serais pas allé et je n’aurais tué personne, mais Tu ne m’en as pas donné la possibilité. Or Dieu donne à l’homme la possibilité de réaliser cette image, Il veut que nous la réalisions selon Sa volonté, dans le bien et non le mal. Aussi, ce n’est pas Dieu qui est responsable de la guerre, mais les hommes. Et ce sont ceux qui font la guerre qui sont responsables de la mort des enfants, et non Dieu.

Probablement ce sont ceux qui se trouvent des deux côtés sur la ligne de front qui sont dans la situation la plus difficile. Que pouvez-vous leur souhaiter, que pouvez-vous leur dire ?
– Je veux leur dire qu’ils ne sont pas les plus pécheurs, comme le pensent certains, parce qu’ils souffrent de la guerre. Je parle des gens simples, qui n’ont aucune relation avec la guerre, mais non de ceux qui la font, je parle des civils. Ils ne sont pas les plus pécheurs. Comme le Seigneur a dit jadis au sujet de la tour qui est tombée sur les hommes et les tua : ces hommes n’étaient pas les plus pécheurs, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous également. Et par eux, le Seigneur nous montre que si nous ne vivons pas selon la volonté de Dieu, la même chose nous attend. « L’épée vous exterminera », telle est la parole biblique. Lorsque les Juifs vivaient avec Dieu, il y avait le bien-être, la terre donnait des fruits, les enfants de développaient, il y avait tout, c’était le bonheur. Ils commencèrent à délaisser Dieu, ce fut la famine, la guerre, le glaive. Il les écrase, et ils se repentent à nouveau et ils vivent bien. Et cela s’est répété de nombreuses fois et se répète avec nous sur une échelle mondiale. Nous ne vivons avec Dieu, nous faisons la guerre à nous-mêmes, nous en sommes coupables. Nous nous repentons, nous revenons vers Dieu et tout s’arrête, de nouveau ce sera une vie bonne, belle, paisible. Et à tous ces gens qui souffrent, je souhaite la bénédiction divine afin qu’ils prennent courage. Et le Seigneur ne les abandonnera pas. Le principal est qu’ils vivent avec Dieu, le Seigneur ne se détournera pas d’eux. Ils endureront tout.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine a commenté le refus de « l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine » de se réunir avec le « Patriarcat de Kiev »

Le chef du département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’évêque d’Irpensk Clément, a commenté la décision de « l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine » de refuser les conditions que lui imposait « l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev » pour se réunir à elle. Ces deux dernières entités sont schismatiques et non reconnues par l’ensemble des Églises orthodoxes. « Pendant 23 ans, personne n’a empêché ‘l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine’ et ‘l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev’ de s’unir, et si elles ne l’ont pas fait durant les deux décennies passées, il aurait été étonnant que cela se produise maintenant. La raison pour laquelle l’accord a échoué, selon ce que l’on sait de source officielle, émane des ultimatum du Patriarcat de Kiev et des craintes du patriarche Philarète de perdre son rang de primat suite à l’élection du leader de la nouvelle entité ecclésiastique unie, qui aurait eu lieu. ‘L’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine’ a toujours été intéressée à obtenir un statut canonique. Étant donné que le Patriarcat de Constantinople n’a pas promis que la nouvelle union ecclésiastique serait reconnue par l’orthodoxie mondiale, rien dans le statut des deux entités en question lors de leur union ne changerait » a fait remarquer l’évêque Clément. « En outre, comme ‘l’Église orthodoxe autocéphale’ l’a déclaré, les structures gouvernementales ukrainiennes ont exercé sur elle des pressions afin que l’union des deux organisations ecclésiastiques se produise. Or, comme on le sait, plus la pression extérieure est forte, plus l’opposition à celle-ci se manifeste », a ajouté l’évêque. Celui-ci a rappelé également que l’Église orthodoxe d’Ukraine est ouverte au dialogue avec les différentes branches de l’orthodoxie en Ukraine, sur la base des canons et des règles ecclésiales de l’orthodoxie mondiale. « L’Église orthodoxe d’Ukraine, cela est entendu, n’est en rien concernée par les négociations entre ‘l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine’ et ‘l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev » a ajouté l’évêque Clément. « L’Église orthodoxe d’Ukraine tant en la personne du défunt métropolite Vladimir que de l’actuel primat le métropolite Onuphre, a déclaré à plusieurs reprises qu’elle était ouverte au dialogue entre les toutes les branches de l’Église orthodoxe en Ukraine sur la base des canons et des règles ecclésiales qui existent dans l’orthodoxie mondiale » a conclu le chef du département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le 9 juillet, l’Assemblée des évêques de « l’Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine » a décliné toutes les propositions de « l’Église orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Kiev » concernant leur réunion en une seule Église.

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À l’occasion du millénaire du trépas du grand-prince Vladimir égal-aux-apôtres, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a rédigé un message au peuple ukrainien, au sujet de la guerre et de la résolution du problème ecclésial dans le pays

« En 2015 est commémoré le millénaire du trépas du saint grand-prince et égal-aux-apôtres Vladimir. À cette occasion, des solennités auront lieu en Ukraine, tant au niveau ecclésial que gouvernemental. Celles-ci sont appelées à témoigner de la signification de l’héritage du saint gouvernant pour nous, ses descendants, auxquels il a été donné de vivre au turbulent XXème siècle. En 988, le prince Vladimir a fait un choix décisif en faveur du christianisme oriental. Il a adopté lui-même la foi du Christ et a initié le baptême de ses compatriotes. Le baptême a non seulement changé de façon fondamentale la vision du monde du prince Vladimir et sa vie personnelle, mais a eu une influence cruciale sur la vie de toute l’ancienne société russe. C’est précisément du temps du saint prince Vladimir que naquit la culture chrétienne orthodoxe originale et nationale qui, au cours des siècles, a défini la voie historique du peuple ukrainien. 

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Au nom des membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine,
+ Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

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Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Nous n’avons pas le droit de justifier la guerre par des slogans religieux »

Le métropolite de Kiev Onuphre s’est adressé par un message aux archipasteurs, pasteurs et à tous les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine (autonome au sein du Patriarcat de Moscou).

« Cette année, l’Église orthodoxe commémore le millénaire du martyre des saints princes Boris et Gleb. Pourquoi vénère-t-on ces saints ? En quoi s’est manifesté de façon aussi claire et évidente leur amour envers Dieu et le prochain, et aussi envers leur Patrie ? La réponse est simple : dans le souhait de préserver la paix et l’amour fraternel sur la terre natale, et ce même au prix de leur propre vie. Après le trépas du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, la Rous’ de Kiev pouvait s’enfoncer dans des troubles longs et sanglants. Pour cela, il aurait suffi que les saints princes Boris et Gleb manifestent leurs droits au trône princier, rassemblent une troupe de princes et commencent une lutte armée avec les autres frères pour prendre le pouvoir. Toutefois, ils ont choisi une autre voie : la voie bénie des pacificateurs, qui ont donné leur vie afin de sauver celle des autres et préserver leur Patrie, de la garder des destructions, des luttes intestines et de la haine mutuelle. Aujourd’hui, le malheur a de nouveau atteint notre maison. Les affrontements armés se poursuivent dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Une guerre inouïe de l’information se poursuit. La propagande détruit les relations fraternelles entre les peuples et détruit même la parenté de sang. Où chercher le salut ? Comment surmonter les difficultés et la discorde, alors que les semences de la haine et des luttes intestines répandues en abondance entre les frères ont produit leurs pousses sanglantes ? Le sang versé sur notre terre durant cette dernière année crie vers le ciel. Seul le Seigneur très-miséricordieux est en mesure de délivrer de tout malheur ceux qui Lui sont fidèles. Seul « Notre Dieu est refuge et force, notre secours dans les tribulations qui nous ont violemment assaillis » (Ps. 45,2). « Tournez-vous vers moi – dit le Seigneur – et vous serez sauvés » (Is. 45,22). Délaissant la méchanceté et la haine, que chacun aime son prochain. « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice… » (Is. 1, 16-17). En ces temps difficiles, je m’adresse à tous mes frères dans la foi par un appel à toujours se rappeler de la responsabilité devant l’avenir de notre sainte Église et notre Patrie – l’Ukraine. Nous devons faire tout le possible afin que cesse la guerre et que s’établisse la paix tant attendue dans notre État. Tous les appels à l’agression armée et à la haine sont inadmissibles de la part du clergé. En aucun cas, nous n’avons le droit de justifier la guerre par des slogans religieux. J’appelle les orthodoxes qui se trouvent aujourd’hui de différents côtés du conflit armé, à voir dans les autres des frères, et à s’engager sur la voie de la réconciliation. Au milieu de la flamme ardente des passions de ce monde, l’Église est appelée à être le lieu où règne la paix, la charité, la pénitence et le pardon pour tous. Nous frémissons d’horreur et de douleur lorsque nous voyons les souffrances du peuple de Dieu. La mort abrupte efface toutes les différences entre les vivants. Dans les tombes, il n’y a ni hommes de droite, ni hommes de gauche. Dans les tombes reposent aujourd’hui les enfants de notre Église, tant dans l’est, que dans le centre, ou dans l’ouest de l’Ukraine. Si nous n’arrêtons pas la guerre dans nos cœurs, elle éclatera à l’extérieur. En ces jours, le Seigneur nous donne la possibilité d’éprouver notre foi et notre attachement à l’enseignement du Christ. Je suis convaincu que ce n’est que dans le service de la paix et de l’amour qui pardonne tout, que nous trouverons la force pour la renaissance rapide de notre Patrie sous la protection de la sainte Église orthodoxe. J’appelle tous les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine à la prière renforcée à notre Seigneur Jésus-Christ, Sa très Pure Mère, aux saints Boris et Gleb et à tous les saints qui ont brillé sur notre terre. Demandons à Dieu afin qu’Il nous raisonne et qu’Il fasse croître l’amour dans nos cœurs. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec nous tous ! »

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Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine : « La création d’une seule Église orthodoxe locale en Ukraine est un projet politique »

Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine (Église orthodoxe d’Ukraine) a donné une interview le 26 novembre au site internet « Orthodoxie en Ukraine », que nous publions ci-dessous.

– Monseigneur, ce n’est pas la première année au cours de laquelle, dans la société ukrainienne, des discussions au lieu au sujet de la création d’une seule Église orthodoxe locale. Quelle est votre attitude envers ce « projet » ?

– C’est à très juste titre que vous avez qualifié cette idée de « projet ». Depuis l’apparition de cette idée, elle a toujours été reçue, précisément, comme un « projet ». Au demeurant, un projet politique. Si je ne fais pas erreur, dès la fin des années 1990, les politiciens ukrainiens ont parlé pour la première fois de la nécessité de créer une Église locale unique. Selon moi, cette formulation constitue le clair reflet d’une pensée purement politique. On peut douter qu’une telle formulation corresponde à la conscience de l’Église. De notre point de vue, une Église locale en Ukraine existe depuis longtemps, plus de mille ans. Il est absolument évident que la métropole de Kiev, qui existait depuis l’adoption du christianisme par l’ancienne Russie, était déjà une Église locale.

– Mais la métropole n’était pas indépendante…

– C’est précisément là la question. L’Église locale, ce n’est pas obligatoirement une Église complètement indépendante. On confond souvent chez nous deux concepts : Église locale et Église autocéphale. Naturellement, toute Église autocéphale est locale, mais toutes les Églises locales ne sont pas autocéphales.

– Cependant, la majorité de nos compatriotes considèrent que « autocéphale » et « local » sont une seule et même chose. Pouvez-vous expliquer en quoi réside la différence ?

– « Église autocéphale » est un concept qui littéralement signifie Église d’un lieu défini, d’un territoire défini. Dans le sens strict, on peut appeler Église locale toute unité ecclésiale territoriale présidée par un évêque. Par exemple, chaque diocèse de l’Église orthodoxe d’Ukraine est l’Église locale d’un territoire défini, c’est-à-dire d’une région ou partie de région définie de l’Ukraine. C’était précisément la pensée traditionnelle des Pères de l’Église.

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Le métropolite de Kiev Onuphre : « Le temps est venu de montrer dans quelle mesure nous sommes chrétiens »

Le site internet « Pravoslavie i mir » (« Orthodoxie et monde ») a publié l’interview suivante que lui a accordé le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre.

Monseigneur, au mois d’août passé, vous avez été élu primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Qu’est-ce qui vous parait le plus dur dans ce ministère ?

– Lorsque l’assemblée des évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine m’a élu sur l’ancienne cathèdre métropolitaine de Kiev, j’ai avant tout ressenti ma faiblesse, mon indignité. C’est pourquoi je me suis adressé immédiatement à mes confrères archipasteurs pour leur demander de me soutenir dans ce ministère. Vraiment, le primat doit se faire tout à tous. En fait, le primat doit renoncer intégralement à toutes les choses possibles, à ce que l’on appelle aujourd’hui « la vie privée ». Il doit être un homme de l’Église, qui vit dans l’Église et pour l’Église. Mais l’Église, c’est le peuple de Dieu, qui nous apporte ses joies et ses peines, qui demande les prières, le soutien, la défense et l’aide. C’est une croix qui est posée sur les épaules du primat. Et certainement, aucune force humaine n’est suffisante pour porter cette croix. Mais je crois que le Seigneur qui donne cette croix, donnera aussi Son aide pleine de grâce pour le service de l’Église.

Aujourd’hui dans les régions de Donetsk et de Lougansk se poursuit cette situation extrêmement difficile. Comment voyez-vous l’apport de l’Église dans l’œuvre de pacification ?

– Aujourd’hui, le Seigneur nous donne à tous la possibilité unique de montrer dans quelle mesure nous sommes chrétiens. Rappelons-nous le récit du Sauveur sur le Jugement dernier. Sur ce que nous demandera le Seigneur, lorsque nous paraîtrons devant le Tribunal. Il nous demandera si nous avons nourri l’affamé, si nous avons donné à boire à celui qui avait soif, si nous avons visité les prisonniers, accueilli l’étranger. Aujourd’hui, suite au conflit armé dans notre pays, des milliers de gens se sont retrouvés sans toit, sans moyens de subsistance, sans le minimum de nourriture. Et nous, en tant que chrétiens, devons venir en aide à ces personnes. Ceux qui parmi nous, par la miséricorde de Dieu, sont aisés, doivent partager avec les nécessiteux. C’est là notre devoir principal. Il y a devant nous une voie ardue vers la réconciliation nationale. L’Église doit aussi prendre part, le plus activement possible, à celle-ci. Nous devons apporter à la société ukrainienne la parole du Christ, la parole du pardon universel. Ce n’est que dans ce cas, si notre peuple parvient à poser comme pierre angulaire les valeurs morales chrétiennes, qu’il pourra surmonter ces lourdes épreuves.

Il y a de nombreuses informations au sujet des prêtres qui ont été tués, est-ce que l’Église s’apprête à aider leurs familles, veuves, orphelins ?

– Aujourd’hui, nous savons avec certitude que trois prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne ont péri dans la zone des affrontements dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Ce sont le clerc du diocèse de Lougansk, le prêtre Vladimir Kresliansky, le clerc du diocèse du Nord-Donetsk, le prêtre Georges Nikichov et le clerc du diocèse de Gorlovka, l’archiprêtre Paul Joutchenko. Ce sont des martyrs. Que le Seigneur donne le repos à leurs âmes dans la demeure des justes ! L’Église orthodoxe d’Ukraine, avec les autres Églises et organisations religieuses, accorde une aide caritative à tous ceux qui ont été atteints par les affrontements. Nous exprimons notre sincère gratitude au clergé et aux fidèles qui font beaucoup d’effort pour répondre aux besoins des personnes déplacées, qui fournissent de l’aide en médicaments aux militaires blessés, et qui soutiennent matériellement les membres des familles des défunts. Les personnes déplacées, qui ont quitté leurs foyers et sont parties des zones des affrontements armés ont particulièrement besoin de notre aide.

Et quelle est votre attitude envers les prêtres qui quittent le lieu de leur ministère dans les régions déchirées par la guerre ? À quel point cela est-il justifié ?

– Conformément aux canons de l’Église orthodoxe, le prêtre ne peut quitter le lieu de son ministère qu’avec la bénédiction de son évêque diocésain. Aussi, malgré la situation extrêmement difficile dans les régions de Donetsk et de Lougansk, les prêtres doivent rester avec leur troupeau. L’ordination du prêtre est semblable au mariage. Les fidèles sont confiés au prêtre comme l’épouse, dont on doit s’occuper, que l’on doit protéger de toutes façons et défendre. Aussi, le prêtre ne peut quitter le lieu de son ministère que dans un cas extrême. Mais, je le souligne encore une fois, seul l’évêque diocésain a le droit de prendre une telle décision. Si, dans les conditions des hostilités, lorsqu’il n’y a pas de possibilité d’entrer en contact avec l’évêque, le prêtre est forcé de quitter sa paroisse, sauvant la vie de sa famille, de ses proches et le cas échéant de ses fidèles, il doit, dès que la possibilité se présente, communiquer ce qui s’est passé à l’évêque diocésain.

Le prêtre peut-il, dans ses prédications, appeler les fidèles à se ranger de tel ou tel côté dans l’affrontement politique ?

– Le Saint-Synode de notre Église a souligné à plusieurs reprises que l’ambon ne peut en aucun cas devenir un lieu de propagande politique. Il y a, dans l’Église, des gens de différentes convictions politiques, et le prêtre, qui transforme la prédication en discours politique, introduit la division dans son troupeau. La tâche du pasteur consiste à unir les gens et les amener au Christ. Aussi, toute politique doit être repoussée hors des murs de l’église.

Comment nous, laïcs et prêtres russes, pouvons aider nos frères en Ukraine ? Quel est notre devoir envers vous, de votre point de vue ?

– Le devoir de chaque chrétien est la prière. Aussi, nous demandons d’élever des prières pour l’Ukraine, pour son peuple, pour notre Église. Dans la prière est renfermée une grande force. Et si l’on élève vers Dieu une prière sincère, ardente, nous croyons qu’Il changera Sa colère en miséricorde et enverra la paix à notre peuple.

On parle beaucoup de la composante nationaliste dans ce conflit. Vous avez servi durant de nombreuses années en Ukraine occidentale, vous connaissez bien la situation à Kiev et dans l’Est. À quel point le nationalisme est-il en général propre aux Ukrainiens ?

– Le patriotisme est propre aux Ukrainiens, comme probablement à tout autre peuple. Il s’agit de l’amour envers sa Patrie, sa terre, sa culture. Le patriotisme, c’est un sentiment naturel qui est béni par l’Église. Chaque chrétien doit œuvrer pour le bien de sa patrie terrestre, défendre sa terre, préserver et accroître sa culture nationale. L’Église a toujours accepté et béni la culture nationale, bien plus, elle l’a utilisée dans sa prédication. Nous pouvons observer des traits particuliers dans les différentes Églises locales. C’est le fuit de l’interaction de l’Église avec les cultures nationales. Cependant, le patriotisme, comme chaque sentiment humain, peut être exposé à des altérations pécheresses. Le nationalisme radical, c’est précisément l’altération pécheresse du patriotisme. Où passe ici la limite ? Si l’amour envers son peuple se conjugue dans l’homme avec la haine envers les autres peuples, s’il exalte son propre peuple en considérant les autres peuples comme inférieurs, si l’homme, à Dieu ne plaise, se prononce pour l’anéantissement physique des autres peuples et prêche l’idée de la domination mondiale de sa propre nation, cela signifie que son patriotisme s’est transformé en nationalisme radical, voire même en nazisme. L’Église, non seulement ne soutient pas les altérations pécheresses du sentiment patriotique, mais elle les condamne explicitement. Il est clair que la maladie du nationalisme, tout comme le patriotisme sain, sont propres à tous les peuples. Le principal est que le peuple sache surmonter cette maladie. Nous vivons dans un monde déchu et nous sommes tous exposés au péché. La tâche de l’Église est de lutter contre le péché, corriger les sentiments humains naturels de leurs altérations pécheresses, et non d’entonner les fausses dithyrambes de quelque nation.

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Interview du métropolite de Volokolamsk Hilarion au sujet de la dimension religieuse du conflit ukrainien

Le 13 septembre, l’invité de l’émission « L’Église et le monde » qui est animée par le métropolite de Volokolamsk Hilarion sur la chaîne TV russe « Vesti 24 », était le rédacteur en chef du site internet « Religion et médias », Alexandre Chipkov.

Le métropolite Hilarion : Bonjour, chers frères et sœurs, vous regardez l’émission « L’Église et le monde ». Aujourd’hui nous parlerons de la dimension religieuse du conflit ukrainien. Mon invité est le rédacteur en chef du site internet « Religion et médias », Alexandre Chipkov. Bonjour Alexandre Vladimirovitch !
A. Chipkov : Bonjour, Monseigneur. Au mois d’août de cette année ont été publiés, de mon point de vue, deux très curieux documents, deux lettres. La première est celle du patriarche Cyrille adressée au patriarche œcuménique sur les événements en Ukraine. Et quelques jours plus tard, ce fut la réaction à cette lettre de la part de l’archevêque Sviatoslav (Chevtchouk), le chef de l’Église gréco-catholique [uniate, ndt] en Ukraine. Étant donné que nos téléspectateurs, certainement, n’ont pas lu cette lettre. Je voudrais, avec votre accord, énumérer les thèses exprimées dans ces lettres. Dans celle du patriarche Cyrille au patriarche œcuménique, il est dit que la situation de nos fidèles en Ukraine est très complexe, que les uniates ont appelé à la saisie des lieux saints orthodoxes ; leurs interventions sur la place de Maïdan y sont évoquées, lesquelles pouvaient provoquer des sentiments de haine envers l’Église orthodoxe. Le patriarche Cyrille souligne dans sa lettre que malgré la situation compliquée, l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou accomplit le maximum d’efforts afin de rester hors de la politique. Il mentionne en outre des exemples concrets, assez terribles, d’assassinat de prêtres orthodoxes en Ukraine orientale, de harcèlements, de sévices et de toutes sortes d’humiliations, etc. Il est question dans la lettre que l’Église orthodoxe russe fournit une aide humanitaire et exprime sa crainte que, si les persécuteurs de l’Église prennent le pouvoir en Ukraine, les persécutions contre les orthodoxes peuvent se renforcer. Et dans la fin de la lettre, il est demandé au Patriarche œcuménique d’élever sa voix et ses prières pour défendre les orthodoxes en Ukraine. Voici donc ce dont il s’agit dans cette lettre pastorale.
Le métropolite Hilarion : Je voudrais préciser que cette lettre n’est pas seulement adressée au patriarche œcuménique, mais aux chefs de toutes les Églises [orthodoxes] locales. De telles lettres sont souvent envoyées, à fin d’information, étant donné que les chefs desdites Églises ont des contacts entre eux, exposant notamment et mutuellement les événements les plus importants et tragiques se produisant dans la vie de leurs Églises. Naturellement, la lettre du patriarche a été provoquée par la circonstance que le conflit revêt sans aucun doute une certaine dimension religieuse. Nous savons que l’Ukraine est un pays multiconfessionnel où les gens, dans diverses régions, confessent différentes théories politiques, les uns sont attirés par l’Ouest, d’autres par l’Est. Mais tout ce tableau varié des points de vue et orientations politiques est complété par le fait qu’en Ukraine, au cours de quelques siècles, existent différentes confessions chrétiennes, et à ce titre les gréco-catholiques jouent un rôle important dans l’ouest de l’Ukraine. L’histoire de la coexistence des gréco-catholiques et des orthodoxes sur le territoire de l’Ukraine actuelle, en son temps sur le territoire de la principauté polono-lituanienne, est une histoire tragique, parce que l’union a été créée comme un planc spécial de l’Église catholique pour convertir les orthodoxes au catholicisme. L’idée était de permettre aux orthodoxes de garder leurs rites, moyennant quoi ils devaient accepter dans leur intégralité les dogmes de l’Église catholique et se soumettre au pouvoir du pape. Là, où cela ne s’était pas produit, les gréco-catholiques recouraient à l’aide du pouvoir civil. C’est précisément à l’aide de celui-ci que se produirent les persécutions contre les orthodoxes. Il en était ainsi après 1596, alors que l’union de Brest-Litovsk était signée, et au début des années 1990, lorsque les uniates se sont emparés des églises orthodoxes, disposant du soutien des autorités ukrainiennes de l’époque. Et bien sûr, cette dimension est présente dans le conflit actuel. Ce n’est pas un hasard peut-être si l’archevêque gréco-catholique s’est fait le premier l’écho à cette lettre, parce qu’il a eu le sentiment que les gréco-catholiques ont une relation directe à tout ce qui se produit actuellement en Ukraine.
A. Chipkov : La question est que cette lettre du chef de l’Église gréco-catholique en Ukraine, Sviatoslav (Chevtchouk), n’est pas une lettre pastorale. Honnêtement, lorsque je l’ai lue attentivement, ma première pensée était de l’analyser avec mes étudiants politologues, parce qu’elle est composée d’après des schémas de propagande politique. Par exemple, elle comporte un axe particulier, autour duquel est construite tout entière. Cet axe est le Boeing malaysien, qui a été abattu sur le territoire de l’Ukraine. Cette histoire se répète trois fois : au début, au milieu et à la fin, la lettre s’achevant par des déclarations de propagande, insinuant que le Boeing avait été abattu par le côté russe. Aussi, cette lettre n’est pas pastorale, mais politique. Il y est dit aussi que les communautés religieuses en Crimée sont exposées à une violence ouverte. Où ? De quelles communautés s’agit-il ? Il n’y a aucun exemple, aucune preuve, mais seulement des accusations non fondées. D’où est venue cette politisation ? Où se trouvent ses racines ? Pourquoi précisément les uniates ? Peut-être est-ce le fait de quelques différences de valeurs entre les uniates et les orthodoxes ? Comment pensez-vous ?
Le métropolite Hilarion : Je pense que l’union dès le début était un plan politique. Ce n’est pas un hasard sir les leaders gréco-catholiques ont toujours été des gens politisés, occupant certaines positions politiques. Ce n’est pas un hasard si le nationalisme en Ukraine occidentale était directement lié avec l’activité des uniates. De même, les leaders uniates ont collaboré avec les nazis du temps de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont tous les maillons d’une seule chaîne et cela est lié au fait que, malheureusement, l’Église catholique dans ses relations avec nous, se présente en quelque sorte comme un « Janus aux deux visages ». D’une part, il y a l’Église catholique civilisée, qui dans la personne du pape et du Vatican mène aujourd’hui le dialogue avec nous. On ne peut qualifier ce dialogue d’infructueux, car il a remporté certains succès. En effet, si l’on parle du dialogue théologique avec l’Église catholique, on peut justement dire que sa principale réussite fut l’adoption, en 1993 – alors que les excès uniates battaient leur plein en Ukraine occidentale – d’un document signé à Balamand par les deux parties, catholiques et orthodoxe,  dans lequel l’uniatisme est condamné comme une méthode inacceptable pour atteindre l’unité. C’est-à-dire, qu’en fait, les catholiques ont alors reconnu officiellement que l’idée même de l’uniatisme était une erreur qui n’a pas mené au rapprochement entre orthodoxes et catholiques. Suite à cela, d’autres démarches devaient être entreprises également dans le cadre du dialogue officiel entre orthodoxes et catholiques. C’est ainsi qu’un document était préparé au sujet des « conséquences pastorales et canoniques de l’uniatisme », qui avait pour but de créer une sorte de code de conduite des orthodoxes et des gréco-catholiques dans les territoires où ils coexistent. Mais ce document n’a jamais pu être signé. J’étais alors membre de cette commission en l’an 2000, alors qu’à Baltimore une réunion avait lieu et que l’on devait procéder à la signature dudit document. Mais les catholiques refusèrent de le signer et le dialogue fut interrompu pendant six ans, puis reprit ensuite, mais déjà à un autre sujet. Néanmoins, la question de l’uniatisme continue à être très aiguë, car elle survient toujours à nouveau. Et ce que nous voyons – dont de telles déclarations politisées des leaders gréco-catholiques – c’est seulement la pointe de l’iceberg. Réellement, cet iceberg a ses fondements, à savoir une orientation politisée depuis le début, qui a été donnée à l’uniatisme en raison d’une étroite relations entre les leaders uniates et le pouvoir civil.
A. Chipkov : J’ai lu quelque part que le chef des gréco-catholiques, Sviatoslav (Chevtchouk) est un homme du pape François, ce qui a précisément permis son accession à cette cathèdre. Ou bien ce sont des bruits sans fondement ?
Le métropolite Hilarion : Je ne voudrais pas m’introduire dans les configurations internes de l’Église catholique. Mais il y a une espèce d’embarras que nous éprouvons chaque fois que nous commençons à parler des problèmes liés aux gréco-catholiques. On nous dit que l’on ne peut agir sur eux en raison de leur statut autonome. Or, toutes leurs nominations sont confirmées par le Vatican ; tant la nomination de leur archevêque-majeur, que celle de tous les autres évêques catholiques, de même que la création de nouveaux diocèses, tout cela le pape le confirme par sa signature. Aussi, lorsque l’on nous dit (j’en ai parlé plus d’une fois avec mes collègues du Vatican), que nous ne pouvons pas exercer notre influence, la question se pose : alors qui peut le faire ? Ce n’est pas notre plan commun d’union. C’est le vôtre, qui en son temps, était dirigé à la conversion des orthodoxes au catholicisme. Si ce plan, constamment, à chaque étape nouvelle de développement de la situation fonctionne comme il le fait, cela signifie qu’il y a quelque chose de faux dans le plan même. Peut-être, il nous faut discuter avec vous maintenant, lors du dialogue théologique, non pas des questions théoriques comme celles du  primat et de la catholicité dans l’Église, mais revenir sur la question de l’uniatisme, afin de comprendre pourquoi cette blessure saigne tout le temps, pourquoi nous ne pouvons pas l’arrêter et la guérir.
A. Chipkov : Ne vous semble-t-il pas que le but des gréco-catholiques en Ukraine est de remplacer la véritable orthodoxie par un succédané ? Il s’avère que tout en attaquant l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’orthodoxie canonique, ils soutiennent en même temps les schismatiques, la structure de Philarète.
Le métropolite Hilarion : Dans la lettre que vous avez citée, le Patriarcat de Moscou est accusé se conduire irrespectueusement à l’égard de la « très sainte Église orthodoxe du Patriarcat de Kiev ». Et ce bien que nous ayons un accord mutuel déjà ancien avec l’Église catholique, à savoir que nous ne reconnaissons pas, d’un côté comme de l’autre, les structures schismatiques. Il en ressort qu’ils ne veulent pas respecter cet accord. 
A. Chipkov : C’est-à-dire que tout comme nous-mêmes ne reconnaissons pas les structures schismatiques de l’Église catholique-romaine, ils ne doivent pas reconnaître ceux qui se sont détachés de l’orthodoxie ?
Le métropolite Hilarion : Oui.
A. Chipkov : les gréco-catholiques sont étroitement liés aux organisations nationalistes. C’est une chose que d’avoir de quelconques convictions, fussent-elles nationalistes – ils sont malgré tout les descendants de Bandera – mais c’en est une autre d’avoir des liens avec des organisations concrètes. En effet, tôt ou tard, il faudra répondre juridiquement de ces liens. Le fait qu’il s’agit d’une guerre ethnique est déjà reconnu par tous, même par l’Occident. Mais à quel point peut-on appeler cette guerre « religieuse » ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas que c’est une guerre religieuse ou, comme on l’a écrit récemment dans un journal « une guerre des édifices religieux », en se basant sur le fait que les églises aussi deviennent l’objet de destructions. Des bombes tombent sur les églises, les gens meurent, des prêtres, des paroissiens. Tout ceci, effectivement, est une immense tragédie. Mais ce n’est pas une guerre religieuse, bien qu’elle comporte une dimension religieuse – ces groupes religieux qui se trouvent derrière des forces politiques concrètes et poursuivent des buts politiques définis. Plus d’une fois, nous avons attiré l’attention sur le fait que dans le conflit actuel en Ukraine, il n’y a qu’une seule Église ne prenant aucune position politique – c’est l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou. Elle unit les gens qui partagent des points de vue politiques différents et elle ne divise pas les fidèles entre les bons et les mauvais, ceux qui ont raison et ceux qui ne l’ont pas. Tandis que les gréco-catholiques ont pris une position politique très nette et se sont associés avec l’une des forces qui se sont opposées les unes aux autres dans le conflit actuel. Le soi-disant « Patriarcat de Kiev » a fait la même chose. De la bouche de son leader résonnent des déclarations extrêmement politisées, destinées à fomenter des discordes entre les gens. Seule l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique est apte à unir les hommes. La tâche de l’Église consiste à unir ceux-ci, et non pas à les diviser selon l’appartenance politique. Le plus important est l’unité spirituelle qui est préservée, et je le crois, le sera à jamais, entre les peuples russe et ukrainien. Parce que nos peuples ont été baptisés sur les mêmes fonts baptismaux par le grand-prince Vladimir égal-aux-apôtres, lequel a légué à la Rous’ de cheminer sur la voie de l’orthodoxie orientale. C’est précisément cette unité qui dure depuis plus de mille ans, que nous continuerons à défendre et pour laquelle nous lutterons, malgré toutes les circonstances politiques de notre temps, malgré tous les efforts tant des schismatiques que des leaders politiques pour démembrer cet espace spirituel unique, que nous appelons la sainte Russie.

Source : Mospat.ru

Interview du métropolite Onuphre (Ukraine) au « Journal du Patriarcat de Moscou »

161293.bDans une interview exclusive au Journal du Patriarcat de Moscou, le métropolite Onuphre (photographie ci-contre), locum tenens du siège métropolitain de Kiev, a répondu aux questions concernant l’état de santé du métropolite de Kiev Vladimir, la situation en Ukraine, les perspectives de dialogue avec les deux groupes orthodoxes schismatiques ukrainiens. Le métropolite évoque également la question des relations de la Russie et de l’Ukraine

– Monseigneur, avant tout, dites-nous comment se sent le métropolite Vladimir ? Quel est l’état de sa santé ?

– Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite Vladimir, se trouve actuellement à l’hôpital, où il reçoit une assistance médicale spécialisée. Nous lui rendons régulièrement visite. Il a sa conscience, il dispose de tout son esprit. Cependant, sa faiblesse physique extrême a un impact sur son élocution. Médicalement parlant, son état est grave, mais stable. Nous prions pour notre métropolite, et nous croyons que le Seigneur l’aidera.

– Quelle est, à votre avis, la mission de l’Église dans cette situation complexe qui s’est créée aujourd’hui en Ukraine ?

– La mission de l’Église, indépendamment du lieu où elle se trouve et des territoires sur lesquels s’étend sa responsabilité canonique, est immuable dans tous les temps. C’est la mission du salut de l’âme humaine. En même temps, il existe également des circonstances humaines, que l’Église ne peut ignorer. Et là, notre tâche consiste à enseigner le bien et appeler à la paix. Nous devons aider tous les hommes à comprendre qu’il faut résoudre tous les problèmes de façon pacifique, qu’il ne faut pas offenser le prochain, lever la main les uns sur les autres et, d’autant plus, tuer.

– Néanmoins, malgré le fait que la mission de l’Église est éternelle et immuable, la situation politique, d’une façon ou d’une autre, agit sur les événements en son sein. Comment le chrétien, vivant la vie ecclésiale, peut garder la paix dans son âme alors qu’autour de lui bouillonnent les passions politiques ?

– La situation politique agit non pas autant sur l’Église en tant que telle, que sur une certaine partie du peuple ecclésial, n’épargnant pas non plus le clergé. Et dans ce sens, la situation politique, hélas, est capable d’apporter la confusion dans l’âme de l’homme, de l’inciter à oublier le but fondamental de la vie du chrétien, repousser à l’arrière-plan cette mission éternelle, dont nous parlons. Ce qui se produit maintenant, c’est une épreuve pour notre amour envers Dieu et le prochain. Et que le Seigneur nous donne d’endurer celle-ci dignement. Même dans les conditions de l’instabilité politique, nous ne devons pas nous abaisser au niveau politique. Aussi, lorsque l’Église devient une partie du système politique, fusionne avec lui, sa vie s’achève avec l’effondrement du système politique, dont elle sert les intérêts. Quant aux régimes politiques, quels qu’ils soient, ils sont la création des mains des hommes, ils sont de courte durée. Afin de garder la paix dans l’âme, il faut prier plus. Si le chrétien garde son lien avec Dieu, il trouve l’issue juste à toute situation politique. Si ce lien est perdu, et si l’homme se détache par cela même de la Source de la raison et du sens commun, alors les changements politiques peuvent le briser et le détruire.

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Interview du métropolite Onuphre (Ukraine) au « Journal du Patriarcat de Moscou »

161293.bDans une interview exclusive au Journal du Patriarcat de Moscou, le métropolite Onuphre (photographie ci-contre), locum tenens du siège métropolitain de Kiev, a répondu aux questions concernant l’état de santé du métropolite de Kiev Vladimir, la situation en Ukraine, les perspectives de dialogue avec les deux groupes orthodoxes schismatiques ukrainiens. Le métropolite évoque également la question des relations de la Russie et de l’Ukraine

– Monseigneur, avant tout, dites-nous comment se sent le métropolite Vladimir ? Quel est l’état de sa santé ?

– Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite Vladimir, se trouve actuellement à l’hôpital, où il reçoit une assistance médicale spécialisée. Nous lui rendons régulièrement visite. Il a sa conscience, il dispose de tout son esprit. Cependant, sa faiblesse physique extrême a un impact sur son élocution. Médicalement parlant, son état est grave, mais stable. Nous prions pour notre métropolite, et nous croyons que le Seigneur l’aidera.

– Quelle est, à votre avis, la mission de l’Église dans cette situation complexe qui s’est créée aujourd’hui en Ukraine ?

– La mission de l’Église, indépendamment du lieu où elle se trouve et des territoires sur lesquels s’étend sa responsabilité canonique, est immuable dans tous les temps. C’est la mission du salut de l’âme humaine. En même temps, il existe également des circonstances humaines, que l’Église ne peut ignorer. Et là, notre tâche consiste à enseigner le bien et appeler à la paix. Nous devons aider tous les hommes à comprendre qu’il faut résoudre tous les problèmes de façon pacifique, qu’il ne faut pas offenser le prochain, lever la main les uns sur les autres et, d’autant plus, tuer.

– Néanmoins, malgré le fait que la mission de l’Église est éternelle et immuable, la situation politique, d’une façon ou d’une autre, agit sur les événements en son sein. Comment le chrétien, vivant la vie ecclésiale, peut garder la paix dans son âme alors qu’autour de lui bouillonnent les passions politiques ?

– La situation politique agit non pas autant sur l’Église en tant que telle, que sur une certaine partie du peuple ecclésial, n’épargnant pas non plus le clergé. Et dans ce sens, la situation politique, hélas, est capable d’apporter la confusion dans l’âme de l’homme, de l’inciter à oublier le but fondamental de la vie du chrétien, repousser à l’arrière-plan cette mission éternelle, dont nous parlons. Ce qui se produit maintenant, c’est une épreuve pour notre amour envers Dieu et le prochain. Et que le Seigneur nous donne d’endurer celle-ci dignement. Même dans les conditions de l’instabilité politique, nous ne devons pas nous abaisser au niveau politique. Aussi, lorsque l’Église devient une partie du système politique, fusionne avec lui, sa vie s’achève avec l’effondrement du système politique, dont elle sert les intérêts. Quant aux régimes politiques, quels qu’ils soient, ils sont la création des mains des hommes, ils sont de courte durée. Afin de garder la paix dans l’âme, il faut prier plus. Si le chrétien garde son lien avec Dieu, il trouve l’issue juste à toute situation politique. Si ce lien est perdu, et si l’homme se détache par cela même de la Source de la raison et du sens commun, alors les changements politiques peuvent le briser et le détruire.

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Déclaration du métropolite Hilarion, primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières au sujet de la poursuite des désordres en Ukraine

« Observant avec affliction et grande préoccupation les désordres et le bouleversement politique en Ukraine, nous demandons aux fidèles de l’Église russe à l’Étranger de renforcer leurs prières pour la paix et la restauration de la légalité parmi nos frères et sœurs dans ce pays. En cette époque décisive, lorsque le peuple ukrainien cherche et tente de définir son identité nationale, nous prions ardemment afin que, comme pierre angulaire de son identité, il place la foi orthodoxe qui a dirigé ses pères pendant plus de mille ans. Nous tous, fidèles de l’Église russe à l’étranger vivant en Amérique, nous avons, indépendamment de notre appartenance ethnique, un lien profond avec Kiev grâce à notre illuminateur, le grand-prince Vladimir. Sa décision de baptiser les Kiéviens a amené la fondation de la sainte Russie, qui a enfanté la grande multitude d’ascètes et de saints, dont saint Germain d’Alaska, lequel a suivi les pas de saint Vladimir en apportant la lumière du Christ en Amérique du Nord. Aussi, rappelons-nous toujours de ce lien, comprenons que c’est seulement avec le Christ que tout peuple peut trouver la paix et la prospérité. L’effusion de sang et les catastrophes du XXème siècle doivent nous servir de rappel sur ce qui se produit lorsque les gens cessent d’espérer dans le Christ et commencent à inventer leur propre voie. Pour cela, il faut se souvenir des paroles remarquables du grand ascète et guide spirituel du VIème siècle, le saint Abba Dorothée : « Je ne connais pas de chute qui soit arrivée pour une autre raison que celle-là. Vois-tu quelqu’un tomber ? Sache qu’il s’est dirigé lui-même. Rien n’est plus grave que de se diriger soi-même, rien n’est plus fatal ».
Le métropolite Hilarion a recommandé aux recteurs des églises et aux higoumènes des monastères du diocèse d’Amérique orientale de continuer jusqu’à nouvel ordre à élever des prières spéciales pour la paix en Ukraine, bénies et confirmées par le patriarche Cyrille de Moscou."

Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Le métropolite Onuphre, locum tenens du siège métropolitain de Kiev : « L’Église doit suivre le Christ et non les politiciens »

161293.bLe site Pravmir.ru a regroupé et publié plusieurs interviews accordées par le métropolite Onuphre (photographie ci-contre), avant les récents événements en Ukraine et sa nomination en tant que locum tenens du siège métropolitain de Kiev. Nous les publions in-extenso ci-dessous.

– Cette année, quinze années se seront écoulées depuis l’Assemblée épiscopale de Kharkov. Vous étiez l’un de ceux qui ont adopté une position rigide envers Philarète [le primat de l’Église schismatique ukrainienne, ndt] et ceux qui étaient avec lui. Maintenant, alors que tant de temps s’est passé, comment estimez-vous ces événements, vos propres actes ? Qu’est-ce qui vous a alors renforcé dans vos convictions ?

– L’époque était complexe, certains s’employaient très activement à impliquer l’Église dans les labyrinthes des réseaux politiques. Quant à moi, bien sûr, je comprenais et savais que l’Église ne peut emboîter le pas aux politiciens. Je voyais de façon précise et définie que c’était là une tentative d’annihiler l’Église, bien que personne ne puisse l’anéantir. Mais ceux qui combattaient l’Église de cette façon, pensaient qu’ils la transformeraient en club politique, qu’elle les applaudirait et se laisserait mener par le bout du nez. Non seulement moi-même, mais beaucoup, presque tous les évêques, lorsqu’arriva le moment critique – être ou ne pas être l’Église canonique en Ukraine – ont fait front. C’était un moment auquel on ne pouvait se taire, être passif. Dieu a agi ainsi par notre intermédiaire. C’est alors que se réalisèrent à nouveau les paroles prophétiques du Sauveur, selon lesquelles les « portes de l’Enfer ne prévaudront pas » contre l’Église. Et si ce n’était pas nous, d’autres auraient agi. De toute façon, l’Église canonique a survécu. Nous avons agi selon l’injonction de Dieu, et le Seigneur nous a donné une telle raison et un tel zèle, que nous nous sommes réunis à Kharkov et avons condamné Philarète [métropolite ayant causé le schisme dans l’Église orthodoxe d’Ukraine et déposé ensuite par les autorités ecclésiales canoniques, ndt]. Nous avons fait ce qui était nécessaire selon les règles et les canons de l’Église, nous avons élu un nouveau primat [le métropolite de Kiev Vladimir].

– Combien y a-t-il maintenant d’églises dans le diocèse de Tchernovtsy, accaparées par Philarète ?

– Dans notre diocèse, il y a deux « diocèses », deux « évêques » de Philarète. Pour autant que je sache, il y a environ 45 paroisses dans chacun d’entre eux. Il y a quelques villages qui sont passés entièrement du côté de Philarète, mais en définitive très peu. Dans certains villages, il y a une division : il y a à la fois nos propres églises, et celles de Philarète. Il y a des villages, où il n’y a que l’église de Philarète, mais les fidèles vont dans d’autres endroits, dans les villes, afin d’aller dans l’église canonique et se confesser, communier.

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Le métropolite de Tchernovitsy et de Bucovine Onuphre est élu locum tenens du siège métropolitain de Kiev

161293.bLe 24 février a eu lieu à Kiev la session du synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Conformément aux statuts de ladite Église, le métropolite d’Odessa et d’Izmaïl Agathange, membre permanent du synode, le plus ancien selon la date du sacre épiscopal, a présidé la session. En raison de l’incapacité du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir, certifiée médicalement, d’accomplir les obligations de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ce dont se sont convaincus personnellement les membres du synode lors de leur visite auprès de Sa Béatitude à l’hôpital, le synode a décidé qu’il était nécessaire d’élire le locum tenens du siège métropolitain de Kiev. Conformément aux normes des statuts de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Tchernovitsy et de Bucovine Onuphre a été élu  à bulletin secret à la dignité de locum-tenens.

Biographie du métropolite de Tchernovitsy et de Bucovine Onuphre

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Ukraine: le métropolite Paul, supérieur de la laure des Grottes de Kiev : « J’appelle à l’unité et au dialogue »

Kiev_2013En relation avec la situation complexe en Ukraine et les derniers événements retentissants, a eu lieu à Kiev, le 11 décembre, une table ronde nationale, dont l’objectif  était de d’explorer les voies pour parvenir à un compromis dans la situation donnée. Ladite réunion, au Palais national des arts « Ukraine », était placée sous la présidence de Léonide Kravtchouk, qui fut le premier président de l’Ukraine indépendante, avec la participation de l’ex-président Léonide Koutchma, des représentants des autorités ukrainiennes, des partis politiques, des représentants des religions et de la société, ainsi que des médias. Avec la bénédiction du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Vladimir, le métropolite de Vychgorod et Tchenobyl Paul, supérieur de la laure des Grottes de Kiev, a pris part à cette réunion. Évoquant la question du rétablissement de la stabilité politique en Ukraine, le métropolite Paul a appelé toutes les parties aux conflits à la réconciliation, la compréhension et au respect mutuels : « Actuellement, les représentants des forces politiques, s’accusant mutuellement, divisent la société ukrainienne. Mais un tel droit n’est donné à personne. Pour les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’État est indivisible. En traversant le pays de l’Ouest à l’Est, du Nord au Sud, nous savons que là vivent nos frères, avec lesquels nous partageons la même foi, la même Patrie. Le pire est la division, et c’est précisément ce que l’on implante artificiellement dans notre société. La cause en est la réalisation des ambitions politiques de certains individus. Nous sommes habitués d’accuser pour tous nos malheurs toutes les personnes possibles, à l’exception de nous-mêmes. Si l’on regarde l’histoire de l’Ukraine indépendante, il en ressort que Kravtchouk est responsable, puis Koutchma, Youchtchenko et maintenant Yanoukovitch. Que chacun d’entre nous examine d’abord sa conscience, qu’il regarde sa propre vie, et alors tout sera autrement. Il faut rechercher l’issue à cette situation tendue, qui a surgi en raison de l’incompréhension qui provient d’un malentendu entre les hommes et dans la société dans son intégralité, en se guidant sur les lois de l’État et les commandements du Christ. En premier lieu, il est indispensable d’observer les commandements divins, les accomplissant sans hypocrisie, afin de ne pas arriver à une situation où les gens disent avoir de l’amour les uns envers les autres, puis se jettent ensuite des pierres, se frappent avec des matraques, utilisent des gaz lacrymogènes. En réfléchissant sur les résultats de notre table ronde de ce jour, il est aussi indispensable de se rappeler que sans regarder son propre cœur, nous ne pouvons nous écouter les uns les autres, et nous ne changeons pas notre vie. Personne ne changera notre propre vie, si nous ne le faisons nous-mêmes. J’appelle encore et à nouveau toutes les parties à l’unité et au dialogue pacifique. Il ne faut pas de divisions. Le Seigneur a aménagé notre vie avec sagesse, de telle façon que le soleil brille pour tout le monde de la même façon : chrétiens, juifs, musulmans. Nous ne devons nous rappeler que, sur cette terre, nous ne sommes que des hôtes, et il faut que nous nous préparions quotidiennement à l’Éternité. Chers compatriotes, nous sommes tous les enfants d’un seul Dieu, et aucune ambition et différend politique ne doivent nous empêcher à nous écouter et à nous respecter mutuellement. Je veux encore rappeler que, malgré les troubles politiques, le carême de Noël continue en ces jours complexes. C’est le temps plein de grâce pour chaque homme – le temps pour se repentir et se corriger. Que le Très miséricordieux Seigneur nous accorde la sagesse et la pureté du cœur, qui sont la source de l’amour et de la compréhension mutuelle, afin que nous allions dignement à la rencontre de la lumineuse fête de la Nativité du Christ. Ce n’est que dans la foi, l’accomplissement des bonnes œuvres que nous pouvons atteindre l’unité, le bon sens et l’entente ».

Source (dont photographie de la réunion): Lavra.ua, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Une commission est créée à Kiev pour modifier et compléter les statuts de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, qui s’est réuni le 26 janvier,  a entériné la composition de la commission en charge de la préparation des modifications et compléments des statuts de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Cette décision a été prise lors de la séance du Saint-Synode, présidée par le métropolite Agathange d’Odessa et d’Izmaïl, l’évêque le plus ancien de Église d’Ukraine selon la date de sacre, qui remplace le métropolite de Kiev Vladimir, actuellement souffrant. La dernière rédaction des dits statuts remonte à 2007. Celle-ci n’avait pas changé les dispositions selon lesquelles l’Église d’Ukraine constituait une partie autonome de l’Église orthodoxe russe, et ce malgré les pressions du pouvoir civil alors en place pour la séparer de Moscou et en faire une Église autocéphale.

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Jovan Nikoloski