23/06/2017
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Résultats de la recherche : maternité

Déclaration de la commission patriarcale de l’Église orthodoxe russe pour les questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance au sujet d’un récent document de l’UNICEF

En novembre 2014, l’UNICEF (fonds de l’ONU pour l’enfance) a publié un document exposant sa position, intitulé « L’élimination de la discrimination des enfants et des parents basée sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre » (UNICEF. Position Paper No. 9, November 2014 – Eliminating Discrimination Against Children and Parents Based on Sexual Orientation and/or Gender Identity). Dans ce document, l’UNICEF, en partie, donne ses définitions du concept de « l’orientation sexuelle » et de « l’identité du genre », condamne les lois de différents pays dans lesquels la conduite homosexuelle et la propagande de l’homosexualité constituent un délit, appelle au changement des normes sociales, et exprime aussi son soutien officiel à la reconnaissance législative des unions de même sexe, motivant sa préoccupation par les droits des enfants. À l’occasion de la publication du document concerné, la Commission patriarcale pour les questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance de l’Église orthodoxe russe déclare ce qui suit :

1. La Commission est profondément préoccupée par le fait que le Fonds de l’enfance de l’ONU utilise ses moyens, son statut et ses ressources, mis à sa disposition par différents pays, pour soutenir des phénomènes et des approches qui non seulement sont dépourvues de fondements juridiques solides sur le plan international, mais qui contredisent aussi la culture traditionnelle de la majorité des peuples, ainsi que les normes de la morale naturelle et religieuse. De tels actes portent atteinte à la communauté internationale et viennent saper la légitimité morale de l’UNICEF et des autres institutions de l’ONU.

2. La famille est fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme, dont l’un des buts les plus importants est la mise au monde et l’éducation des enfants. C’est précisément pourquoi la famille est reconnue par la Déclaration universelle des droits de l’homme et par d’autres documents très importants du droit international, en tant que « cellule naturelle et fondamentale de la société » [cf art. 16 (alinéa 3) de la Déclaration universelle des droits de l’homme, art. 23 (alinéa 1) du Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, art. 10 (alinéa 1) du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels]. Le mariage entre l’homme et la femme et la famille naturelle qui en résulte sont indispensables à la continuation de l’existence du genre humain et de chaque peuple, sans eux est impossible la véritable dignité et la liberté humaines. Les tentatives de changer les définitions de la famille ou du mariage, en y incluant les unions de même sexe, portent une lourde atteinte à la société et violent les droits fondamentaux et la dignité de l’homme. Les lois incarnant de telles tentatives dans la vie, ne sont rien d’autres qu’une forme d’iniquité.

3. De telles tentatives portent un coup particulier aux enfants. Le fonds des enfants de l’ONU devrait savoir que les enfants naissent de l’union de l’homme et de la femme, et non des unions de même sexe. La mise au monde et l’éducation dans la famille répond aux meilleurs intérêts de chaque enfant. Dans la famille, il connaît ses père et mère, qui l’entourent d’amour et d’attention. Confier les enfants à l’éducation par des couples de même sexe constitue une violation lourde des droits et des intérêts légitimes de l’enfant. Ainsi, en appelant à la légalisation des unions de même sexe en relation avec l’éducation des enfants, l’UNICEF, à l’encontre de son mandat, ne contribue pas à la défense des droits des enfants, mais à leur transgression même.

4. La commission rappelle que les termes « orientation sexuelle » et « identité de genre », utilisés dans le texte du document, ne sont pas reconnu au niveau international et ne sont définis dans aucun accord international fondamental à caractère global. Comme le remarquent à juste titre les auteurs mêmes du document, il n’existe pas actuellement de traités internationaux contraignants, qui impliquent la « discrimination » pour « orientation sexuelle » ou « identité de genre ». L’introduction de ces catégories artificielles dans les listes existantes des bases interdites de discrimination, réalisée par certains instituts internationaux, est arbitraire et injustifiée.

5. La commission patriarcale pour les questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance espère que les autorités gouvernementales de la Fédération de Russie et des autres pays membres de l’ONU attireront l’attention sur le caractère inadmissible de l’utilisation des moyens dont dispose l’UNICEF, du comité de l’ONU pour les droits de l’enfants et des autres instituts internationaux dans le but de légitimer l’immoralité des approches et des conceptions et de violer les droits de l’homme reconnus par tous au niveau international, dont les droits des enfants. La Commission appelle tous les chrétiens orthodoxes et autres gens de bonne volonté, y compris les personnalités politiques et publiques, ainsi que les représentations des ONG à tous les niveaux, à s’opposer, de toutes les façons légales, à cet emploi abusif des ressources des structures internationales.

Source

Grâce au centre ecclésiastique de défense de la maternité d’Ekaterinbourg, plus de 400 enfants ont vu le jour

Au centre de défense de la maternité d’Ekaterinbourg « Kolybel » (« Le berceau »), on estime que grâce à son activité, depuis 2002 jusqu’aujourd’hui, 400 vies humaines ont pu être sauvées. Durant l’année passée, 35 enfants sont nés chez les pensionnaires du centre. Dans ce centre sont aidées les femmes enceintes se trouvant dans des conditions de vie difficiles. En règle générale, les femmes viennent à envisager l’avortement lorsqu’elles se trouvent dans des circonstances de vie difficiles : absence de famille, de logement, crainte de perdre son travail, difficultés financières, réactions hostiles de la parenté. Dans tous les cas, les collaborateurs de « Kolybel » trouvent une approche personnalisée. Leur but principal est de préserver la vie de l’enfant à naître. 

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Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Ouverture d’un site internet de l’Église orthodoxe russe dédié aux questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance

pk-logo-whileUn site officiel a été ouvert sur internet par la commission patriarcale chargée des questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance. Ce site, dont l’adresse est http://pk-semya.ru/ comprend les sections information, « petite église », défis actuels, manifestations, analyses, etc. Le site comporte une liste de numéros de téléphone que l’on peut appeler dans diverses situations difficiles, une base de donnée concernant des questions au sujet de la famille, auxquelles répondent des prêtres faisant autorité, une audiothèque, une vidéothèque et une bibliothèque au sujet des mêmes questions. Dans une adresse vidéo aux visiteurs du site, le président de la commission patriarcale, l’archiprêtre Dimitri Smirnov a souligné : « Je veux féliciter ceux qui, dans notre patrie, éprouvent de la sympathie pour la renaissance des familles nombreuses russes ; nous ouvrons le nouveau site internet de la commission patriarcale pour les questions de défense de la maternité et de l’enfance. Dans le monde actuel, il est impossible de promouvoir des idées sans les technologies contemporaines, et nous nous sommes préoccupés de créer un tel instrument, dans l’esprit du temps… Nous nous efforcerons de contribuer à la diffusion de l’information et de l’amélioration de la culture juridique dans le domaine des relations familiales, ainsi que de la maternité et de l’enfance ». « Et nous le ferons naturellement par la prédication tous azimuts du point de vue chrétien sur la famille, la maternité et l’enfance, qui est perdu en grande partie » a ajouté l’archiprêtre. L’allocution, en vidéo, est accompagnée d’instructions visuelles présentant la structure, toutes les sections et les possibilités du site. Ladite commission patriarcale a été créée par décision du Saint-Synode à la fin de 2011 dans le but de l’élaboration et de la réalisation d’un système de mesures destinées à surmonter la crise des valeurs familiales dans la société et au soutien ecclésial de la famille.

Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

9 juin (ancien calendrier) / 22 juin (nouveau)

9 juin (ancien calendrier) / 22 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Cyrille, archevêque d’Alexandrie (444) ; saints Prime et Félicien, martyrs à Rome (vers 297) ; saint Vincent, diacre, martyr à Agen (IIIème s.) ; sainte Thècle, Marthe, Marie, Mariamne et Ennathe, martyres en Perse (346) ; saint Cyrille, abbé du Lac Blanc (1427) ; saint Alexandre, abbé de Kouchta (1439) ; saint juste Alexis (Metchev) de Moscou (1923).

VIE DE ST CYRILLE D’ALEXANDRIE
Après saint Athanase, qui fut le défenseur irréductible de l’homoousios (« consubstantiel »), l’Église d’Alexandrie fut pour l’univers le phare de l’orthodoxie grâce à saint Cyrille, le champion du Théotokos (« Mère de Dieu »), la pierre de touche du dogme de l’Incarnation. Né entre 375 et 380, il fut placé très tôt sous la protection de son oncle Théophile, l’archevêque d’Alexandrie, qui lui assura une formation complète dans la rhétorique et la philosophie, mais surtout dans l’Écriture sainte, qu’il connaissait presque par cœur et dont il savait admirablement user. Vers l’âge de dix-huit ans, il fut envoyé par son oncle au désert de Nitrie, afin d’y compléter sa formation théologique par la science ascétique . De retour à Alexandrie au bout de cinq années (vers 399), il mit sa vaste culture au service de l’Église. Théophile lui confia la charge d’enseignement de l’Écriture sainte et l’intégra dans les rangs du clergé, en le préparant pour la succession. Ayant accompagné le bouillant prélat à Constantinople, il assista au conciliabule du Chêne (403), au cours duquel saint Jean Chrysostome fut injustement condamné. Par la suite, il refusa longtemps d’inscrire le nom de ce dernier dans les diptyques — probablement d’avantage par attachement à la mémoire de son oncle que par une opposition doctrinale au saint hiérarque —, et ce ne fut que sur les instances de saint Isidore de Péluse [4 fév.] et, dit-on, après une vision de la Mère de Dieu ayant à ses côtés saint Jean Chrysostome, qu’il consentit à le réintroduire, et devint même un fervent propagateur de son culte (417). À la mort de Théophile (412), il fut aussitôt consacré archevêque d’Alexandrie, malgré l’opposition violente des partisans de l’archidiacre Timothée. De caractère énergique et doté d’un zèle ardent pour la défense de la vérité, saint Cyrille entreprit de consolider l’unité de son Église, qui se trouvait alors en plein épanouissement, mais qui restait menacée par divers éléments de divisions. Prêchant à son peuple l’amour de la vraie foi, préservée par les saints Pères au prix de tant de luttes contre les hérétiques, il prit des mesures d’autorité contre les schismatiques novatiens, qui attiraient beaucoup d’orthodoxes à leur parti, du fait de leur austérité et de leur rigueur morale. Il fit fermer leurs églises et interdit à leur évêque de remplir ses fonctions. Pour lutter contre les résidus de paganisme et contre les superstitions qui restaient tenaces au sein du peuple, il fit transférer les reliques des saints Cyr et Jean [28 juin], d’Alexandrie au sanctuaire païen à Ménouthis, près de Canope, célèbre par ses oracles inspirés du démon, et prit lui-même la tête de la procession qui dura une semaine entière (414).
Pour chrétienne qu’elle fût, la ville d’Alexandrie comportait encore une importante colonie juive, qui en troublait souvent la paix par des émeutes et des agressions contre les chrétiens. Suite à l’un de ces incidents, l’évêque convoqua les chefs juifs et les réprimanda avec menaces. Pour se venger, ceux-ci, faisant croire à un incendie dans l’église de Saint-Alexandre, ameutèrent de nuit les chrétiens et en massacrèrent un grand nombre. Devant l’inertie du préfet Oreste qui, craignant la puissance grandissante de l’évêque dans les affaires civiles, était plutôt favorable aux Juifs, saint Cyrille les fit tous expulser de la ville et transforma les synagogues en églises. C’est ainsi que la colonie juive d’Alexandrie, fameuse depuis le temps d’Alexandre le Grand, prit fin. Mais ces événements envenimèrent les relations de l’archevêque avec le préfet. Un groupe de cinq cents moines de Nitrie, dévoués à Cyrille, se postèrent un jour sur le passage du magistrat et le traitèrent de païen, et l’un d’eux, Ammonios, saisissant une pierre, la lui jeta à la tête. Il fut aussitôt arrêté et torturé avec une telle violence qu’il en mourut. De nouveaux désordres entraînèrent également le meurtre ignoble d’Hypatie, femme vertueuse, de haute autorité en matière de philosophie et que le monde entier vénérait, par un groupe incontrôlé de chrétiens fanatiques qui, la soupçonnant de s’entremettre entre l’évêque et le préfet Oreste, voulaient empêcher leur réconciliation. Au milieu de ces troubles sanglants, saint Cyrille lutta pour faire respecter la justice et il parvint finalement à assurer l’autorité de l’Église dans tous les domaines de la vie de la cité.
Héritier de la fameuse École d’Alexandrie, et ayant probablement eu des contacts avec Didyme l’Aveugle dans sa jeunesse, le saint évêque consacrait une grande part de son temps à la rédaction d’ouvrages exégétiques, commentant de manière systématique, sur le mode allégorique et moral, tous les détails de l’Ancien Testament, dans lesquels il discernait le « Mystère du Christ manifesté en énigmes ». C’est cette vision du Christ Un, terme de la Loi et des Prophètes, qui commandera toute sa vie, et que la Providence allait bientôt requérir de lui qu’il l’appliquât tant sur le plan théologique que sur celui de l’activité ecclésiastique. En 428, on appela d’Antioche à Constantinople, pour l’élever au siège patriarcal, le prêtre Nestorius, réputé pour son éloquence et pour la vie austère dont il faisait profession. Cette élection fut saluée avec grande joie non seulement par le peuple de la capitale, qui espérait recevoir en lui un nouveau Chrysostome, mais aussi par l’épiscopat universel, Cyrille y compris. Cependant, dès son ordination, Nestorius leva son masque de piété et montra un zèle intempestif pour lutter contre les hérétiques, se déclarant prêt à bouleverser toutes les villes pour les en chasser. Il se rendit bientôt odieux par ses violences et son orgueil, et commença à faire d’imprudentes déclarations au sujet de l’Incarnation. Poussant dans ses dernières conséquences la tradition théologique de l’École d’Antioche — qui se plaisait à distinguer dans les actes du Seigneur ceux qui relevaient de sa nature divine de ceux qui appartenaient à sa nature humaine —, Nestorius entreprenait de donner une explication abstraite et rationaliste de l’Incarnation, sans toutefois disposer des concepts adéquats pour expliquer le mode de l’union des natures. Introduisant une dualité de sujets entre le Verbe de Dieu et le Christ, « homme assumé », il prétendait que l’on devait attribuer soit à l’un soit à l’autre les caractères de la nature divine et de la nature humaine. Il en était amené par conséquent à considérer que le Verbe n’avait pris l’humanité que comme une tente, comme un instrument, et que la Vierge Marie n’était pas la « Mère de Dieu » (Théotokos) — terme que la tradition de l’Église avait depuis longtemps consacré —, mais seulement la « Mère du Christ » (Christotokos). Proclamant que l’on ne peut dire que « Dieu soit né de la Vierge, mais seulement qu’Il s’est uni à celui qui est né et qui est mort », il ne voyait au fond dans le Christ qu’un homme exemplaire, théophore, « divinisé » de manière éminente par ses vertus, dans lequel Dieu habitait de manière semblable à celle dont il inspirait les prophètes et les saints, mais en aucune manière le Dieu-Homme qui est pour les hommes la source du Salut, de la vie et de la grâce de la sanctification. Sans jamais parler lui-même de deux « personnes » dans le Christ, il ne cessait de s’attaquer au Théotokos, et l’un de ses disciples, l’évêque Dorothée, proclama même un jour dans un sermon, en présence de Nestorius : « Si quelqu’un dit que Marie est Théotokos, qu’il soit anathème ! » Cela revenait à anathématiser tous les Pères théophores qui avaient usé de ce terme et les évêques du monde entier qui confessaient la maternité divine. Informé de cette hérésie naissante, saint Cyrille exposa solennellement, dans son homélie pascale de l’année suivante (429), que la Vierge a bel et bien enfanté le Fils de Dieu fait homme et qu’elle doit donc être appelée avec raison Théotokos. Il écrivit à Nestorius une lettre de remontrance fraternelle, pour lui demander d’accepter ce terme, sur lequel repose tout le dogme de notre Salut en Christ. Puis, devant le refus hautain et dédaigneux de Nestorius qui, retournant les accusations contre l’archevêque d’Alexandrie, répandait des calomnies à son égard et prétendait le faire traduire en justice, Cyrille se résolut à prendre les armes pour la défense de la vérité et se déclara « prêt à tout souffrir, jusqu’à la mort, plutôt que d’abandonner la foi » . Il adressa à l’empereur Théodose II, à sa femme et à ses sœurs un traité Sur la vraie foi, et fit parvenir au pape de Rome, Célestin [8 avr.], un dossier sur les erreurs de Nestorius. Le pape réunit un concile à Rome, qui les condamna, et il chargea l’archevêque d’Alexandrie de faire exécuter la sentence prononcée contre l’hérétique s’il refusait de se rétracter dans les dix jours (430). Entre-temps saint Cyrille avait réuni un synode des évêques d’Égypte, qui rédigea un exposé de la doctrine christologique, suivi des douze Anathématismes des propositions de Nestorius, que Cyrille avait adressés à l’hérétique dans sa troisième lettre. Dans ces écrits polémiques contre Nestorius, fidèle à l’enseignement de l’Écriture sainte sur le Verbe fait chair (Jn 1,14) et aux Pères du Concile de Nicée, qui avaient confessé que le même Fils de Dieu, demeurant dans le sein du Père, s’est fait homme, est mort et est ressuscité, saint Cyrille soulignait l’unité du mystère du Christ. Il s’attache à montrer que dès le premier moment de sa conception, le Seigneur a uni définitivement la nature humaine et la nature divine ; et il contemple dans cette mystérieuse « union » (hénôsis) — et non point « conjonction » (synapheia) comme le prétendait Nestorius — l’échange des propriétés naturelles et l’unité d’agir du Sauve,ur qui a ouvert à l’homme la possibilité d’une véritable participation à Dieu, de sa divinisation, dont la Mère de Dieu est le prototype et le modèle . Le Seigneur ayant ainsi inauguré un nouveau mode d’existence, divino-humain, en son Corps : l’Église, c’est de Sa chair, devenue vraiment « chair du Verbe », que nous recevons la vie. Le « Christ Un » de saint Cyrille est donc celui de l’Eucharistie et de l’expérience spirituelle, qu’au prix de longues et pénibles controverses l’Église allait définir dans les générations suivantes. Pendant ce temps Nestorius, appuyé sur l’autorité impériale et par ses amis à la cour, tentait d’imposer ses idées dans la capitale par des menaces, par la corruption, des excommunications et des persécutions envers quiconque osait lui résister. La situation devint telle que le clergé orthodoxe supplia Théodose de réunir un concile œcuménique pour mettre fin au « scandale universel » de l’évêque de Constantinople. Mais par un tour habile ce fut l’hérétique qui obtint du souverain la convocation du Concile, à Éphèse pour la Pentecôte de l’année suivante (431), afin de juger saint Cyrille sur ses Anathématismes, taxés d’hérésie. Cyrille et Nestorius étant parvenus à Éphèse à la tête de suites imposantes, on attendit la venue de l’archevêque Jean d’Antioche et des évêques orientaux, que Nestorius avait acquis à sa cause, non pas sur le rejet du Théotokos, mais en leur envoyant les Anathématismes de Cyrille, qu’ils ne pouvaient lire, tirés de leur contexte, que comme une restauration de l’hérésie apollinariste . Comme Jean et sa suite tardaient, on décida finalement d’ouvrir sans eux la première session, le 22 juin 431. Saint Cyrille la présidait, au titre de remplaçant du pape de Rome, dont les légats avaient eux aussi tardé. Après avoir fait lire le Symbole de Nicée, la lettre de Cyrille à Nestorius et la réponse de ce dernier, les quelques deux cents Pères présents proclamèrent la légitimité du Théotokos et déposèrent Nestorius, qui avait refusé à trois reprises de se présenter. Au sortir de l’église, ils furent accueillis par les ovations d’une foule de fidèles attachés à la vénération de la Mère de Dieu, les femmes brûlant de l’encens sur leur passage.
Dès leur arrivée à Éphèse, cinq jours plus tard, Jean d’Antioche et les siens, offensés de ce qu’on ne les avait pas attendus, se réunirent en concile, au nombre de quarante-trois évêques, et accusant Cyrille d’avoir renouvelé l’hérésie d’Apollinaire, ils prononcèrent sa déposition, sans autre forme de procès, ainsi que celle de Mémnon d’Éphèse. Le Concile Œcuménique se trouva ainsi transformé en une lutte violente et passionnée entre deux partis qui essayaient de s’attirer la protection de l’empereur. Éloigné et mal informé, Théodose, après de vaines tentatives de réconciliation, fit arrêter Cyrille et Mémnon, tout en déclarant Nestorius hérétique, et il ordonna de dissoudre l’assemblée. Le seul résultat du Concile était d’avoir proclamé le bien-fondé du terme Théotokos et d’avoir procédé à la déposition de Nestorius, qui fut renvoyé dans son monastère d’Antioche, puis exilé en Lybie (435), où il mourut lamentablement.
On se trouvait néanmoins devant une nouvelle et cruelle division. Au moment où l’Empire, menacé par les barbares, avait besoin de la plus grande cohésion, on ne voyait alors, sous prétexte d’attachement à la vérité, que querelles, anathèmes mutuels et désordres, qui exposaient la sainteté de l’Église à la raillerie de ses ennemis. Pendant les laborieuses tractations qui suivirent, saint Cyrille, qui avait regagné Alexandrie où le peuple l’avait accueilli triomphalement, manifesta non seulement son orthodoxie, mais aussi son humilité et l’abondance de sa vertu. Renonçant à demander justice des mauvais traitements qu’il avait endurés à Éphèse pendant son emprisonnement, il donna aux Orientaux des explications sur les Anathématismes, qui les avaient si fort touchés, précisant qu’ils ne visaient que les dogmes hérétiques de Nestorius, et il se déclara prêt à les corriger, à condition que Jean et son parti consentent à la condamnation de Nestorius. On parvint finalement à un accord, et les Orientaux envoyèrent à Cyrille une confession de foi, que celui-ci accueillit par une lettre aux accents de jubilation. Dans un esprit de paix, mais sans abandonner sa thèse fondamentale, il faisait de justes concessions à la terminologie traditionnelle d’Antioche, et souscrivait à la distinction qui y était faite des deux natures unies, sans confusion ni mélange, dans l’unique Personne de Jésus-Christ . Cet Acte d’Union (avril 433), quoiqu’il ne fût pas une décision du Concile, est pourtant considéré comme la profession de foi du Troisième Concile Œcuménique et la règle de l’Orthodoxie. Il réfutait à l’avance les propositions hérétiques d’Euthychès et des monophysites, qui se réclameront des écrits de saint Cyrille pour soutenir que la nature humaine du Christ a été comme « absorbée » par la divinité ; et le Concile de Chalcédoine (451) ne fera qu’en reprendre et en préciser les termes essentiels . Une paix fragile étant rétablie, saint Cyrille passa les dernières années de son épiscopat à confirmer l’unité de l’Église et à modérer les excès de ses partisans trop zélés, qui l’accusaient d’avoir trahi leur cause par l’union avec les Orientaux. Aguerri par l’expérience des affaires ecclésiastiques et des passions humaines, il se montra en ces circonstances un modèle de modération et de condescendance pastorale. C’est ainsi qu’il réfuta les écrits de Théodore de Mopsueste, le grand théologien de l’École d’Antioche, qui était mort dans la paix de l’Église (+ 428), mais refusa d’exiger sa condamnation , pour ne pas provoquer à nouveau la sensibilité des Orientaux et mettre en danger l’unité de l’Église. Ayant accompli l’œuvre que Dieu lui avait confiée pour l’édification de Son Église, saint Cyrille s’endormit en paix, le 27 juin 444 , pour rejoindre le chœur des saints Pères et siéger, avec saint Jean Chrysostome, aux côtés de la Mère de Dieu. Il fut aussitôt vénéré comme saint et loué comme le « luminaire de l’univers », « le défenseur invincible de l’Orthodoxie » et le « Sceau des Pères » .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de St Cyrille, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * très-sage Cyrille, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de St Cyrille, ton 6
Tu fis jaillir des sources du Sauveur * l’océan des enseignements théologiques * pour balayer les hérésies * et garder en la tempête ton troupeau sain et sauf, * vénérable Cyrille, Père bienheureux, * docteur universel nous révélant les mystères de Dieu.

Évangile DU JOUR
(Matth. X, 23-31)
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël que le Fils de l’homme sera venu. Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison! Ne les craignez donc point; car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux.

9 juin

9 juin
Saint Cyrille, archevêque d’Alexandrie (444) ; saints Prime et Félicien, martyrs à Rome (vers 297) ; saint Vincent, diacre, martyr à Agen (IIIème s.) ; sainte Thècle, Marthe, Marie, Mariamne et Ennathe, martyres en Perse (346) ; saint Cyrille, abbé du Lac Blanc (1427) ; saint Alexandre, abbé de Kouchta (1439) ; saint juste Alexis (Metchev) de Moscou (1923).

VIE DE ST CYRILLE D’ALEXANDRIE
Après saint Athanase, qui fut le défenseur irréductible de l’homoousios (« consubstantiel »), l’Église d’Alexandrie fut pour l’univers le phare de l’orthodoxie grâce à saint Cyrille, le champion du Théotokos (« Mère de Dieu »), la pierre de touche du dogme de l’Incarnation. Né entre 375 et 380, il fut placé très tôt sous la protection de son oncle Théophile, l’archevêque d’Alexandrie, qui lui assura une formation complète dans la rhétorique et la philosophie, mais surtout dans l’Écriture sainte, qu’il connaissait presque par cœur et dont il savait admirablement user. Vers l’âge de dix-huit ans, il fut envoyé par son oncle au désert de Nitrie, afin d’y compléter sa formation théologique par la science ascétique . De retour à Alexandrie au bout de cinq années (vers 399), il mit sa vaste culture au service de l’Église. Théophile lui confia la charge d’enseignement de l’Écriture sainte et l’intégra dans les rangs du clergé, en le préparant pour la succession. Ayant accompagné le bouillant prélat à Constantinople, il assista au conciliabule du Chêne (403), au cours duquel saint Jean Chrysostome fut injustement condamné. Par la suite, il refusa longtemps d’inscrire le nom de ce dernier dans les diptyques — probablement d’avantage par attachement à la mémoire de son oncle que par une opposition doctrinale au saint hiérarque —, et ce ne fut que sur les instances de saint Isidore de Péluse [4 fév.] et, dit-on, après une vision de la Mère de Dieu ayant à ses côtés saint Jean Chrysostome, qu’il consentit à le réintroduire, et devint même un fervent propagateur de son culte (417). À la mort de Théophile (412), il fut aussitôt consacré archevêque d’Alexandrie, malgré l’opposition violente des partisans de l’archidiacre Timothée. De caractère énergique et doté d’un zèle ardent pour la défense de la vérité, saint Cyrille entreprit de consolider l’unité de son Église, qui se trouvait alors en plein épanouissement, mais qui restait menacée par divers éléments de divisions. Prêchant à son peuple l’amour de la vraie foi, préservée par les saints Pères au prix de tant de luttes contre les hérétiques, il prit des mesures d’autorité contre les schismatiques novatiens, qui attiraient beaucoup d’orthodoxes à leur parti, du fait de leur austérité et de leur rigueur morale. Il fit fermer leurs églises et interdit à leur évêque de remplir ses fonctions. Pour lutter contre les résidus de paganisme et contre les superstitions qui restaient tenaces au sein du peuple, il fit transférer les reliques des saints Cyr et Jean [28 juin], d’Alexandrie au sanctuaire païen à Ménouthis, près de Canope, célèbre par ses oracles inspirés du démon, et prit lui-même la tête de la procession qui dura une semaine entière (414).
Pour chrétienne qu’elle fût, la ville d’Alexandrie comportait encore une importante colonie juive, qui en troublait souvent la paix par des émeutes et des agressions contre les chrétiens. Suite à l’un de ces incidents, l’évêque convoqua les chefs juifs et les réprimanda avec menaces. Pour se venger, ceux-ci, faisant croire à un incendie dans l’église de Saint-Alexandre, ameutèrent de nuit les chrétiens et en massacrèrent un grand nombre. Devant l’inertie du préfet Oreste qui, craignant la puissance grandissante de l’évêque dans les affaires civiles, était plutôt favorable aux Juifs, saint Cyrille les fit tous expulser de la ville et transforma les synagogues en églises. C’est ainsi que la colonie juive d’Alexandrie, fameuse depuis le temps d’Alexandre le Grand, prit fin. Mais ces événements envenimèrent les relations de l’archevêque avec le préfet. Un groupe de cinq cents moines de Nitrie, dévoués à Cyrille, se postèrent un jour sur le passage du magistrat et le traitèrent de païen, et l’un d’eux, Ammonios, saisissant une pierre, la lui jeta à la tête. Il fut aussitôt arrêté et torturé avec une telle violence qu’il en mourut. De nouveaux désordres entraînèrent également le meurtre ignoble d’Hypatie, femme vertueuse, de haute autorité en matière de philosophie et que le monde entier vénérait, par un groupe incontrôlé de chrétiens fanatiques qui, la soupçonnant de s’entremettre entre l’évêque et le préfet Oreste, voulaient empêcher leur réconciliation. Au milieu de ces troubles sanglants, saint Cyrille lutta pour faire respecter la justice et il parvint finalement à assurer l’autorité de l’Église dans tous les domaines de la vie de la cité.
Héritier de la fameuse École d’Alexandrie, et ayant probablement eu des contacts avec Didyme l’Aveugle dans sa jeunesse, le saint évêque consacrait une grande part de son temps à la rédaction d’ouvrages exégétiques, commentant de manière systématique, sur le mode allégorique et moral, tous les détails de l’Ancien Testament, dans lesquels il discernait le « Mystère du Christ manifesté en énigmes ». C’est cette vision du Christ Un, terme de la Loi et des Prophètes, qui commandera toute sa vie, et que la Providence allait bientôt requérir de lui qu’il l’appliquât tant sur le plan théologique que sur celui de l’activité ecclésiastique. En 428, on appela d’Antioche à Constantinople, pour l’élever au siège patriarcal, le prêtre Nestorius, réputé pour son éloquence et pour la vie austère dont il faisait profession. Cette élection fut saluée avec grande joie non seulement par le peuple de la capitale, qui espérait recevoir en lui un nouveau Chrysostome, mais aussi par l’épiscopat universel, Cyrille y compris. Cependant, dès son ordination, Nestorius leva son masque de piété et montra un zèle intempestif pour lutter contre les hérétiques, se déclarant prêt à bouleverser toutes les villes pour les en chasser. Il se rendit bientôt odieux par ses violences et son orgueil, et commença à faire d’imprudentes déclarations au sujet de l’Incarnation. Poussant dans ses dernières conséquences la tradition théologique de l’École d’Antioche — qui se plaisait à distinguer dans les actes du Seigneur ceux qui relevaient de sa nature divine de ceux qui appartenaient à sa nature humaine —, Nestorius entreprenait de donner une explication abstraite et rationaliste de l’Incarnation, sans toutefois disposer des concepts adéquats pour expliquer le mode de l’union des natures. Introduisant une dualité de sujets entre le Verbe de Dieu et le Christ, « homme assumé », il prétendait que l’on devait attribuer soit à l’un soit à l’autre les caractères de la nature divine et de la nature humaine. Il en était amené par conséquent à considérer que le Verbe n’avait pris l’humanité que comme une tente, comme un instrument, et que la Vierge Marie n’était pas la « Mère de Dieu » (Théotokos) — terme que la tradition de l’Église avait depuis longtemps consacré —, mais seulement la « Mère du Christ » (Christotokos). Proclamant que l’on ne peut dire que « Dieu soit né de la Vierge, mais seulement qu’Il s’est uni à celui qui est né et qui est mort », il ne voyait au fond dans le Christ qu’un homme exemplaire, théophore, « divinisé » de manière éminente par ses vertus, dans lequel Dieu habitait de manière semblable à celle dont il inspirait les prophètes et les saints, mais en aucune manière le Dieu-Homme qui est pour les hommes la source du Salut, de la vie et de la grâce de la sanctification. Sans jamais parler lui-même de deux « personnes » dans le Christ, il ne cessait de s’attaquer au Théotokos, et l’un de ses disciples, l’évêque Dorothée, proclama même un jour dans un sermon, en présence de Nestorius : « Si quelqu’un dit que Marie est Théotokos, qu’il soit anathème ! » Cela revenait à anathématiser tous les Pères théophores qui avaient usé de ce terme et les évêques du monde entier qui confessaient la maternité divine. Informé de cette hérésie naissante, saint Cyrille exposa solennellement, dans son homélie pascale de l’année suivante (429), que la Vierge a bel et bien enfanté le Fils de Dieu fait homme et qu’elle doit donc être appelée avec raison Théotokos. Il écrivit à Nestorius une lettre de remontrance fraternelle, pour lui demander d’accepter ce terme, sur lequel repose tout le dogme de notre Salut en Christ. Puis, devant le refus hautain et dédaigneux de Nestorius qui, retournant les accusations contre l’archevêque d’Alexandrie, répandait des calomnies à son égard et prétendait le faire traduire en justice, Cyrille se résolut à prendre les armes pour la défense de la vérité et se déclara « prêt à tout souffrir, jusqu’à la mort, plutôt que d’abandonner la foi » . Il adressa à l’empereur Théodose II, à sa femme et à ses sœurs un traité Sur la vraie foi, et fit parvenir au pape de Rome, Célestin [8 avr.], un dossier sur les erreurs de Nestorius. Le pape réunit un concile à Rome, qui les condamna, et il chargea l’archevêque d’Alexandrie de faire exécuter la sentence prononcée contre l’hérétique s’il refusait de se rétracter dans les dix jours (430). Entre-temps saint Cyrille avait réuni un synode des évêques d’Égypte, qui rédigea un exposé de la doctrine christologique, suivi des douze Anathématismes des propositions de Nestorius, que Cyrille avait adressés à l’hérétique dans sa troisième lettre. Dans ces écrits polémiques contre Nestorius, fidèle à l’enseignement de l’Écriture sainte sur le Verbe fait chair (Jn 1,14) et aux Pères du Concile de Nicée, qui avaient confessé que le même Fils de Dieu, demeurant dans le sein du Père, s’est fait homme, est mort et est ressuscité, saint Cyrille soulignait l’unité du mystère du Christ. Il s’attache à montrer que dès le premier moment de sa conception, le Seigneur a uni définitivement la nature humaine et la nature divine ; et il contemple dans cette mystérieuse « union » (hénôsis) — et non point « conjonction » (synapheia) comme le prétendait Nestorius — l’échange des propriétés naturelles et l’unité d’agir du Sauve,ur qui a ouvert à l’homme la possibilité d’une véritable participation à Dieu, de sa divinisation, dont la Mère de Dieu est le prototype et le modèle . Le Seigneur ayant ainsi inauguré un nouveau mode d’existence, divino-humain, en son Corps : l’Église, c’est de Sa chair, devenue vraiment « chair du Verbe », que nous recevons la vie. Le « Christ Un » de saint Cyrille est donc celui de l’Eucharistie et de l’expérience spirituelle, qu’au prix de longues et pénibles controverses l’Église allait définir dans les générations suivantes. Pendant ce temps Nestorius, appuyé sur l’autorité impériale et par ses amis à la cour, tentait d’imposer ses idées dans la capitale par des menaces, par la corruption, des excommunications et des persécutions envers quiconque osait lui résister. La situation devint telle que le clergé orthodoxe supplia Théodose de réunir un concile œcuménique pour mettre fin au « scandale universel » de l’évêque de Constantinople. Mais par un tour habile ce fut l’hérétique qui obtint du souverain la convocation du Concile, à Éphèse pour la Pentecôte de l’année suivante (431), afin de juger saint Cyrille sur ses Anathématismes, taxés d’hérésie. Cyrille et Nestorius étant parvenus à Éphèse à la tête de suites imposantes, on attendit la venue de l’archevêque Jean d’Antioche et des évêques orientaux, que Nestorius avait acquis à sa cause, non pas sur le rejet du Théotokos, mais en leur envoyant les Anathématismes de Cyrille, qu’ils ne pouvaient lire, tirés de leur contexte, que comme une restauration de l’hérésie apollinariste . Comme Jean et sa suite tardaient, on décida finalement d’ouvrir sans eux la première session, le 22 juin 431. Saint Cyrille la présidait, au titre de remplaçant du pape de Rome, dont les légats avaient eux aussi tardé. Après avoir fait lire le Symbole de Nicée, la lettre de Cyrille à Nestorius et la réponse de ce dernier, les quelques deux cents Pères présents proclamèrent la légitimité du Théotokos et déposèrent Nestorius, qui avait refusé à trois reprises de se présenter. Au sortir de l’église, ils furent accueillis par les ovations d’une foule de fidèles attachés à la vénération de la Mère de Dieu, les femmes brûlant de l’encens sur leur passage.
Dès leur arrivée à Éphèse, cinq jours plus tard, Jean d’Antioche et les siens, offensés de ce qu’on ne les avait pas attendus, se réunirent en concile, au nombre de quarante-trois évêques, et accusant Cyrille d’avoir renouvelé l’hérésie d’Apollinaire, ils prononcèrent sa déposition, sans autre forme de procès, ainsi que celle de Mémnon d’Éphèse. Le Concile Œcuménique se trouva ainsi transformé en une lutte violente et passionnée entre deux partis qui essayaient de s’attirer la protection de l’empereur. Éloigné et mal informé, Théodose, après de vaines tentatives de réconciliation, fit arrêter Cyrille et Mémnon, tout en déclarant Nestorius hérétique, et il ordonna de dissoudre l’assemblée. Le seul résultat du Concile était d’avoir proclamé le bien-fondé du terme Théotokos et d’avoir procédé à la déposition de Nestorius, qui fut renvoyé dans son monastère d’Antioche, puis exilé en Lybie (435), où il mourut lamentablement.
On se trouvait néanmoins devant une nouvelle et cruelle division. Au moment où l’Empire, menacé par les barbares, avait besoin de la plus grande cohésion, on ne voyait alors, sous prétexte d’attachement à la vérité, que querelles, anathèmes mutuels et désordres, qui exposaient la sainteté de l’Église à la raillerie de ses ennemis. Pendant les laborieuses tractations qui suivirent, saint Cyrille, qui avait regagné Alexandrie où le peuple l’avait accueilli triomphalement, manifesta non seulement son orthodoxie, mais aussi son humilité et l’abondance de sa vertu. Renonçant à demander justice des mauvais traitements qu’il avait endurés à Éphèse pendant son emprisonnement, il donna aux Orientaux des explications sur les Anathématismes, qui les avaient si fort touchés, précisant qu’ils ne visaient que les dogmes hérétiques de Nestorius, et il se déclara prêt à les corriger, à condition que Jean et son parti consentent à la condamnation de Nestorius. On parvint finalement à un accord, et les Orientaux envoyèrent à Cyrille une confession de foi, que celui-ci accueillit par une lettre aux accents de jubilation. Dans un esprit de paix, mais sans abandonner sa thèse fondamentale, il faisait de justes concessions à la terminologie traditionnelle d’Antioche, et souscrivait à la distinction qui y était faite des deux natures unies, sans confusion ni mélange, dans l’unique Personne de Jésus-Christ . Cet Acte d’Union (avril 433), quoiqu’il ne fût pas une décision du Concile, est pourtant considéré comme la profession de foi du Troisième Concile Œcuménique et la règle de l’Orthodoxie. Il réfutait à l’avance les propositions hérétiques d’Euthychès et des monophysites, qui se réclameront des écrits de saint Cyrille pour soutenir que la nature humaine du Christ a été comme « absorbée » par la divinité ; et le Concile de Chalcédoine (451) ne fera qu’en reprendre et en préciser les termes essentiels . Une paix fragile étant rétablie, saint Cyrille passa les dernières années de son épiscopat à confirmer l’unité de l’Église et à modérer les excès de ses partisans trop zélés, qui l’accusaient d’avoir trahi leur cause par l’union avec les Orientaux. Aguerri par l’expérience des affaires ecclésiastiques et des passions humaines, il se montra en ces circonstances un modèle de modération et de condescendance pastorale. C’est ainsi qu’il réfuta les écrits de Théodore de Mopsueste, le grand théologien de l’École d’Antioche, qui était mort dans la paix de l’Église (+ 428), mais refusa d’exiger sa condamnation , pour ne pas provoquer à nouveau la sensibilité des Orientaux et mettre en danger l’unité de l’Église. Ayant accompli l’œuvre que Dieu lui avait confiée pour l’édification de Son Église, saint Cyrille s’endormit en paix, le 27 juin 444 , pour rejoindre le chœur des saints Pères et siéger, avec saint Jean Chrysostome, aux côtés de la Mère de Dieu. Il fut aussitôt vénéré comme saint et loué comme le « luminaire de l’univers », « le défenseur invincible de l’Orthodoxie » et le « Sceau des Pères » .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de St Cyrille, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * très-sage Cyrille, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de St Cyrille, ton 6
Tu fis jaillir des sources du Sauveur * l’océan des enseignements théologiques * pour balayer les hérésies * et garder en la tempête ton troupeau sain et sauf, * vénérable Cyrille, Père bienheureux, * docteur universel nous révélant les mystères de Dieu.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 33-41)
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu; ni par la terre, parce que c’est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin. Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.

Des milliers de familles et d’enfants ont reçu de l’aide de l’Église orthodoxe en Russie et en Roumanie en 2016

Lors de la célébration de la Journée de la protection de l’enfance, les Églises orthodoxes russe et roumaine ont fait un rapport sur l’assistance offerte par leurs centres humanitaires durant l’an passé. Depuis le 1er juin 2016, l’Église orthodoxe russe a ouvert 55 nouveaux centres d’assistance. La construction des nouveaux centres a été rendue possible par la levée de fonds dans toute l’Église russe annoncée l’an passé par le patriarche Cyrille à la veille de cette Journée. Dans l’homélie qu’il prononça alors, le patriarche Cyrille appela les fidèles à apporter leur assistance : « Afin d’aider les femmes se trouvant dans des circonstances difficiles, et d’ouvrir de nouveaux centres sociaux, en ce jour de la Résurrection, je vous appelle à répondre à ma demande et à offrir ce que vous pouvez pour cet effort au niveau de toute l’Église. Les dons seront envoyés sur le compte du Département synodal des œuvres caritatives et des services sociaux, qui assumera la responsabilité de distribuer les fonds et d’organiser les centres d’aide humanitaire ». Les collectes auprès des paroissiens de l’Église orthodoxe russe ont atteint 39 millions de roubles. Les fonds ont été distribués par le Département sur la base de concours de projets, ce qui a mené à l’ouverture de 55 centres d’aide humanitaire. En trois mois de fonctionnement, 2.817 familles ont été aidées dans 589 localités. Il y a actuellement 100 centres de cette sorte en Russie, de même que 49 foyers pour les femmes enceintes ou avec enfants, lesquels sont organisés avec la participation de l’Église. « Un minimum de treize nouveaux centres seront ouverts à la fin de l’année. Probablement, il y en aura encore plus », a déclaré la directrice du Département synodal pour la protection de la famille, de la maternité et de l’enfance, Maria Stoudenikina. « Les diocèses ont répondu activement à l’appel à participer au concours et à créer des centres d’aide humanitaire. Notre expérience montre que les femmes qui sont tombées dans le désespoir et sont sur le point d’avorter, décident souvent de garder le bébé lorsqu’elles reçoivent de l’aide ». Au cours de la même période, en Roumanie, environ 30.000 enfants ont reçu de l’aide de centres similaires, selon le rapport de l’Agence d’information Basilica. « La préoccupation pour ces dons de Dieu pour la famille chrétienne », comme le patriarche Daniel a désigné les enfants, « est reflétée dans les projets sociaux et caritatifs de notre Église pour eux ». Sur 718 institutions sociales qui existent au Patriarcat de Roumanie, les institutions suivantes sont dédiées strictement aux enfants : 93 centres de jour, 36 centres de type familial, 40 jardins d’enfants à nature sociale et pour les heures extra-scolaires, 14 camps pour enfants, 47 centres d’éducation. Il y a cependant d’autres types d’institutions sociales de l’Église qui fournissent des services pour différentes catégories d’âges, dont la jeunesse : 159 cantines et boulangeries sociales, 38 institutions offrant des services médicaux et des médicaments, 22 bureaux d’assistance sociale et centres communautaires, 21 centres de secours pour les victimes de violences domestiques. « Les foyers pour orphelins ou les centres de jour pour les enfants gérés par l’Église ont pour lumière directrice l’amour miséricordieux que le Christ a montré aux enfants et aux jeunes, lorsqu’Il a guéri la fille malade de la Cananéenne », a souligné le patriarche Daniel.

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27 décembre

27 décembre
Dimanche après la Nativité ; Mémoire de saint Joseph le Fiancé, du saint prophète et roi David, et de saint Jacques, le frère du Seigneur ; saint Étienne (ou Stéphane), premier diacre et premier martyr (vers 34) ; saint Théodore « le marqué », confesseur, frère de saint Théophane l’hymnographe (vers 840) ; saint Théodore, archevêque de Constantinople (vers 686) ; saints néo-martyrs de Russie : Tikhon, archevêque de Voronège (1919), Antonina (Brianskikh) (1937).

SAINT JOSEPH LE FIANCÉ, SAINT PROPHÈTE DAVID ET SAINT JACQUES

David, le roi-prophète, était le dernier des huit fils de Jessé, qui demeurait à Bethléem vers l’an 1000 avant notre Seigneur . Jeune berger à la chevelure rousse, au beau regard et à la tournure svelte et agile, il se distinguait par sa piété, sa sagesse, son humilité et sa grande douceur, que ne contredisait pas sa bravoure dans les combats. Suite à la désobéissance du roi Saül, Dieu se détourna de ce dernier et envoya le Prophète Samuel pour oindre en secret l’humble David, comme roi d’Israël, en lui promettant sa bienveillance sur lui et sur sa descendance pour toujours. Dès lors, l’esprit de Dieu s’écarta de Saül, le livrant périodiquement à de violentes crises de délire, et vint reposer sur le jeune pâtre. Appelé au chevet du roi, il calmait ses terreurs par les douces mélodies qu’il lui chantait au son de sa lyre, et il gagna ainsi sa faveur. Lorsque les Philistins déclarèrent la guerre à Israël, David s’avança seul, sans équipement de guerre, accompagné par la raillerie des uns et par la stupeur des autres, pour relever le défi lancé par le géant Goliath et se mesurer en combat singulier avec celui qui avait la réputation d’être invincible. Courant vers son adversaire, en ne se confiant en rien d’autre que dans le Nom du Seigneur, il l’abattit de la première pierre qu’il lui jeta au front au moyen de sa fronde. Devenu officier à la suite de ce succès, il remportait victoire sur victoire et acquit une telle renommée dans le peuple que le roi, saisi d’une furieuse jalousie, chercha à plusieurs reprises à faire disparaître celui-là même qu’il avait pourtant fait son favori et à qui il avait accordé sa fille en mariage. Il l’envoyait dans les campagnes les plus risquées, pour qu’il mourût au combat, mais chaque fois David revenait vainqueur, couvert d’un surcroît de gloire, ce qui augmentait d’autant la haine de Saül. Grâce à l’assistance de Jonathan, le fils de Saül, qui l’aimait comme son propre frère, David put échapper aux entreprises meurtrières du roi et s’enfuit de la cour. Ne pouvant trouver refuge chez les Philistins, il commença à mener une vie errante à la tête d’une troupe d’environ six cents hommes, membres de sa famille et gens opprimés par le tyran. Partout où ils allaient, ils étaient poursuivis par Saül et ses soldats, qui mettaient à mort quiconque venait en aide aux fugitifs ; mais Dieu intervenait à chaque fois pour les secourir. À deux reprises, David se trouva dans la possibilité d’abattre son ennemi, mais il l’épargna par grandeur d’âme et par respect pour celui qu’il considérait humblement comme l’oint du Seigneur et comme le souverain légitime.
Craignant de nouveaux emportements de Saül, David et sa troupe trouvèrent finalement asile à Gad, chez le roi des Philistins Akish, et menèrent la guerre contre les tribus nomades de la contrée. Quand une nouvelle guerre éclata entre les Philistins et Israël, on l’écarta du conflit et il partit lutter contre les Amalécites. À son retour, après la grande défaite d’Israël à Gelboé, David se lamenta à grands cris sur la mort de son cher ami Jonathan et pleura sincèrement la perte de Saül, composant en leur honneur une émouvante élégie. Sur ordre de Dieu, il monta alors à Hébron et fut reconnu comme roi par la tribu de Juda, alors qu’Ishbaal, fils de Saül, était institué souverain des autres tribus par Abner, le chef de l’armée. Une guerre intestine éclata entre les deux royaumes et, au bout de sept ans, le royaume du Nord s’étant soumis, David put être reconnu comme roi unique sur tout le peuple d’Israël et installa sa capitale à Jérusalem, qu’il avait gagnée sur les Jébuséens.
Après de nouvelles victoires sur les Philistins et autres tribus païennes, l’élu de Dieu étendit les limites de son royaume de l’Euphrate (Est) à la Méditerranée (Ouest) et du Liban (Nord) au désert d’Arabie (Sud). Puis, dans un grand concert de musique, de chants de joie et d’hymnes d’action de grâces, il fit transporter l’Arche d’Alliance à Jérusalem, devenue dès lors non seulement la capitale du royaume terrestre d’Israël, mais aussi le centre spirituel du peuple élu, la ville sainte où Dieu fait reposer sa gloire, l’image et la figure prophétique de la Jérusalem céleste qui descendra des cieux à la fin des temps (Ap 21). David avait fait serment au Seigneur de ne pas s’accorder de repos tant qu’il n’aurait pas trouvé un lieu de séjour et un tabernacle pour le Dieu de Jacob (Ps 131, 5). Aussi, voyant dans cette procession la réalisation de son vœu, il fut saisi d’une telle joie que, comme en extase, il prit la tête du cortège en chantant et en dansant de toutes ses forces, sans en éprouver de honte. Par la suite, il organisa avec soin le déroulement des sacrifices et des cérémonies liturgiques, pour que tout s’accomplisse avec ordre et dignité, et il répartit les rôles respectifs des prêtres et des lévites consacrés au service du Seigneur. Le roi lui-même, inspiré par l’Esprit Saint, composa un grand nombre de psaumes pour louer Dieu et servir dans le culte. Ces psaumes de David, qui constituent la base de notre Psautier, expriment en des accents inimitables toutes les attitudes de l’homme devant Dieu et offrent de ce fait la matière première de la prière de l’Église, tant privée que publique.
Modèle de vertu dans ses actions et de sagesse dans ses paroles, David fut le plus glorieux des rois d’Israël et figura par avance le Messie, Jésus-Christ, nommé justement le fils de David — c’est-à-dire issu de sa lignée selon la chair — qui viendra réaliser par sa Résurrection les promesses faites par Dieu au roi-prophète (Act 13, 32). C’est ainsi que le nom même de David est devenu synonyme du Sauveur attendu pour instaurer sur la terre un royaume spirituel qui n’est pas de ce monde (Jn 18, 36) : Moi dit le Seigneur, je serai pour eux un Dieu et mon serviteur David sera prince au milieu d’eux (Éz 34, 23).
Malgré cette élection divine et toutes ses vertus, le roi David ne parvint pas pourtant au plein accomplissement de son désir : l’édification du Temple, où la gloire de Dieu puisse demeurer pour toujours sur la terre, car une telle œuvre sainte devait être accomplie par quelqu’un qui n’eût pas souillé ses mains en versant le sang et en combattant à la guerre. Ce sublime honneur fut réservé à son fils Salomon, le sage d’entre les sages, qui hérita du royaume pacifié par son père et put consacrer tous ses efforts à la construction de la maison de Dieu. Quant à David, il ne put que préparer et rassembler tous les matériaux nécessaires.
Comblé de faveurs, David n’avait pas cependant la perfection de son descendant, Jésus. Étant homme, il était soumis aux passions et tomba dans le péché. Quoiqu’il eût déjà vingt épouses, sa convoitise n’en était pas pour autant assouvie. Apercevant un jour la belle Bethsabée, il s’éprit d’elle à tel point qu’il n’hésita pas à envoyer son mari, Urie le Hittite, à une mort certaine en donnant l’ordre de le placer en première ligne lors du siège de Rabba, afin de se débarrasser de lui. Une fois le deuil légal accompli, il épousa Bethsabée et obtint d’elle un fils, qui mourut peu de temps après, frappé par la colère divine. Dieu, qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (Éz 33, 11), n’abandonna pas son élu dans le gouffre de la perdition, et Il lui envoya le prophète Nathan qui, par un habile détour, fit réaliser au roi l’horreur de son péché. Aveuglé par son désir coupable, il avait été conduit jusqu’au meurtre ; mais dès que sa conscience fut réveillée par la réprimande du prophète, il reconnut avec humilité son péché devant Dieu et montra un si parfait repentir que le psaume qu’il entonna alors : Aie pitié de moi ô Dieu dans ta grande miséricorde, en ton immense compassion efface mon iniquité… (Ps 50) est devenu pour tous les pécheurs le modèle de la prière qu’ils doivent élever vers le Seigneur pour implorer son pardon. Exaucé par Dieu, il obtint un nouveau fils de Bethsabée, Salomon, mais il eut à souffrir vers la fin de sa vie de la révolte de son autre fils, Absalon, qui essaya de s’emparer du pouvoir et contraignit le roi à prendre la fuite, comme au temps de sa jeunesse. Finalement le rebelle mourut au combat, tué par Joab, le général de David ; mais, au lieu de se réjouir de cette victoire, le roi, dont le cœur ignorait la rancune, s’effondra en larmes, en se lamentant sur la mort de celui qu’il n’avait jamais cessé de considérer comme son fils.
Après avoir rétabli la paix entre les tribus d’Israël et de Juda qui se disputaient ses faveurs, David fit sacrer Salomon comme successeur, lui recommandant de garder la piété et d’achever la construction du Temple. Puis, rendant grâce à Dieu pour toutes les actions d’éclat qu’Il avait réalisées par sa main, il exhorta l’assemblée du peuple à louer le Nom du Seigneur, et il s’endormit en paix dans sa cité de Jérusalem, âgé de soixante-dix ans. Il avait régné quarante ans : sept ans à Hébron sur Juda et trente-trois ans à Jérusalem sur les douze tribus d’Israël.

JOSEPH, qui fut assez saint et juste pour devenir le témoin et le serviteur du grand mystère de l’Incarnation, était de la tribu royale de Juda et de la maison de David. Fils de Jacob (Mt 1, 16) et gendre d’Élie , il exerçait la modeste profession de charpentier à Nazareth et avait obtenu d’un premier mariage quatre fils : Jacques, José, Jude et Simon (ou Syméon), et trois filles : Esther, Marthe et Salomé, femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques et Jean . Devenu veuf et ayant atteint le seuil de la vieillesse, il fut choisi sur un signe divin par le grand prêtre pour devenir le protecteur et le gardien de la virginité de la Toute-Sainte, au sortir du Temple où elle avait demeuré jusqu’à l’âge de douze ans, et parut ainsi aux yeux de tous comme son époux légitime.
Or, pendant le temps de leurs fiançailles, la Sainte Vierge conçut par l’opération du Saint-Esprit, et quand elle revint à Nazareth après son séjour de trois mois auprès d’Élisabeth, les premiers signes de la maternité se révélèrent en elle, laissant le juste et pieux Joseph dans une anxiété inexprimable : comment la Vierge consacrée au Seigneur pouvait-elle être coupable de secrètes relations ? Sa rigueur morale exigeait qu’il la répudiât, mais, homme juste et compatissant, il ne voulait pas livrer la jeune fille à l’opprobre publique ; aussi, se réfugiant dans la prière, forma-t-il le dessein de la renvoyer en secret. Mais un ange du Seigneur lui apparut alors en songe, le rassura en lui apprenant que cette conception était l’œuvre du Saint-Esprit et lui prescrivit de devenir le père adoptif de l’enfant, chargé de sa protection et de son éducation.
Joseph prit Marie chez lui, on célébra les noces ; mais le Juste garda secret le grand mystère auquel il avait été initié, jusqu’au moment où ils durent partir pour se faire recenser à Bethléem. Joseph fut un des premiers témoins de la merveille des merveilles : la naissance du Dieu incarné et il reçut le privilège, réservé au père, de donner à l’enfant son nom : JESUS. Après la visite des Mages et des Bergers, l’ange du Seigneur le visita de nouveau pendant son sommeil, lui recommandant de prendre sur l’heure Marie et l’Enfant, et de fuir en Égypte pour échapper aux desseins meurtriers d’Hérode. De retour à Nazareth, une fois le danger écarté, il reprit sa profession de charpentier et l’enseigna, ainsi que tout son savoir sur les préceptes de la Loi, à Jésus, le Verbe Créateur et Législateur, qui s’était fait faible et ignorant pour nous relever et nous initier à la vraie connaissance.
Les années de l’enfance de notre Seigneur se passèrent ainsi dans l’effacement, la paix, le recueillement, le travail quotidien et l’obéissance à ses parents terrestres, sous la protection de Joseph, le silencieux gardien des mystères, et de la Mère de Dieu qui gardait et méditait pour nous en son cœur les merveilles de l’Incarnation de Dieu. Parvenu au seuil de la vie publique du Seigneur Jésus, Joseph, ayant accompli sa mission dans l’humilité et le dévouement, remit son âme à Dieu en présence de Jésus et de Marie. D’après la légende, il aurait alors prononcé ces paroles : « Les douleurs et les craintes de la mort m’environnent, mais mon âme a retrouvé le calme dès que j’ai entendu ta voix, Jésus mon défenseur, Jésus mon sauveur, Jésus mon refuge, Jésus dont le Nom est doux à ma bouche et au cœur de tous ceux qui t’aiment » .

Saint JACQUES le Juste, fils de Joseph et frère de Jésus, est commémoré séparément le 23 octobre. Il est associé aujourd’hui à David, l’illustre ancêtre du Christ, et à Joseph, son père adoptif, pour compléter le tableau de sa parenté, en évoquant aussi sa descendance spirituelle, car saint Jacques devint le premier évêque de Jérusalem, la mère des Églises .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Tropaire de saint Joseph, ton 2
Annonce, Joseph, les merveilles à David l’ancêtre de Dieu : tu as vu la Vierge enfanter ; tu as glorifié avec les bergers ; tu as adoré avec les mages ; tu as été averti par l’Ange. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Joseph, saint Jacques et du saint prophète David, ton 3
Le saint roi David est comblé d’allégresse en ce jour et Joseph offre sa louange avec Jacques; ayant reçu la couronne par la parenté avec le Christ, ils se réjouissent et chantent Celui qui sur terre est né ineffablement et s’écrient : Sauve, Miséricordieux, ceux qui célèbrent Ton nom.

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.
Évangile du jour
(Mt II,13-23)
Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: J’ai appelé mon fils hors d’Égypte. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus. Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël. Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s’y rendre; et, divinement averti en songe, il se retira dans le territoire de la Galilée, et vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen.

« Il est nécessaire de produire tous les efforts pour renforcer le mode de vie familial dans la société russe » a déclaré Anne Kouznetsov, déléguée aux droits de l’enfant auprès du président de la Fédération de Russie

Produire tous les efforts pour populariser dans la société russe la vie familiale, soutenir la famille et faire renaître les traditions spirituelles et morales dans les relations familiales et l’éducation des enfants, c’est ce à quoi a appelé mardi dernier la nouvelle déléguée aux droits de l’enfant auprès du président de la Fédération de Russie, Anne Kouznetsov, femme de prêtre et mère de six enfants. « Il est aujourd’hui nécessaire de produire tous les efforts pour le renforcement du mode de vie familial dans la société russe, pour la stabilité sociale de chaque famille, la renaissance et la préservation des traditions spirituelles et morales dans les relations familiales et l’éducation des enfants, car l’enfant ne peut être réellement heureux que dans une famille grande et forte », a-t-elle déclaré dans son message aux participants du VIème Congrès du service social ecclésial, qui a lieu à Moscou. La déléguée aux droits des enfants a mentionné que l’Église orthodoxe russe apporte une contribution inestimable dans l’aide aux orphelins et aux familles qui se trouvent dans une situation difficile. « Le plus important est que le service plein d’abnégation de l’Église aux gens qui tombent dans le malheur, devienne un exemple pour toute la société. Ses bénévoles, sont des héros contemporains qui par leur labeur et leur foi donnent de l’espoir aux couches les plus vulnérables de la population, et parfois leur dernier espoir », a-t-elle précisé. Anne Kouznetsov a ajouté également qu’un tel travail bénévole est entrepris par la majorité des Institutions chargées des enfants dans le pays, et ce n’est pas un hasard – l’Église avait pris toute une série de décisions destinées à la stimulation du travail ecclésial commun d’aide aux enfants et orphelins et au soutien des foyers dépendant de l’Église. L’amélioration du système ecclésiastique d’aide aux nécessiteux a été mentionné également par le patriarche de Moscou Cyrille dans son message : « De nouveaux projets se font jour, des initiatives demandées par la société prennent forme, l’attention nécessaire est donnée à la préparation professionnelle et à la coordination de l’activité des travailleurs sociaux, ce à quoi contribue, dans une mesure significative, le Département de bienfaisance et de service sociale de l’Église ». Le 4 octobre s’est ouvert à Moscou le VIème congrès ecclésiastique de service social. Y participent les chefs et les collaborateurs des départements sociaux diocésains, les dirigeantes des sororités, les dirigeants des institutions caritatives ecclésiastiques venus de toute la Russie et également d’autres pays. Au cours du congrès sont discutées les questions d’aide aux femmes en situation difficile, les avortements prophylactiques, le soutien à la famille, la maternité et l’enfance, l’organisation d’aide aux personnes âgées et d’autres questions actuelles du service social ecclésiastique.

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L’Église orthodoxe russe a récolté 38 millions de Roubles pour la prévention des avortements

Le Département synodal des œuvres caritatives du Patriarcat de Moscou a achevé les inscriptions au concours destiné à la création de nouveaux centres ecclésiastiques d’aide humanitaire en Russie, qui sont appelés à aider les femmes sur le point d’avorter. Des fonds pour créer les nouveaux centres d’aide humanitaire ont été recueillis avec la bénédiction du patriarche Cyrille dans toutes les églises russes la veille du jour de la protection des enfants. En annonçant la récolte de fonds dans toute l’Église russe, le patriarche Cyrille a déclaré qu’il était convaincu que « l’une des mesures les plus importantes pour faire diminuer le nombre des avortements est de prendre en charge de façon globale et en temps utile les femmes se trouvant dans des situations de vie difficile. L’Église prend une part très importante dans la résolution de cette question, mettant en place des foyers spéciaux et des centres humanitaires, où les femmes enceintes ou encore les femmes avec des enfants peuvent s’adresser, notamment pour y recevoir un soutien matériel » est-il dit dans le message du patriarche de Moscou Cyrille, qui a été lu dans les églises russes le 29 mai dernier. En tout, 38 millions de Roubles (environ 500.000 Euros) ont été récoltés. Afin de répartir ces fonds, le Département des œuvres caritatives a procédé à un concours, au titre duquel 61 candidatures ont été reçues de différents diocèses sur le territoire de la Russie. Celles-ci sont venues tant des grandes villes, comme par exemple Khabarovsk, Ekaterinbourg, Volgograd, Omsk, ou de plus petites comme Severobaïkalsk dans la République bouriate, Biisk dans l’Altaï, Siansk dans la région d’Irkoutsk, Orsk dans la région d’Orenbourg, Gatchina dans la région de Leningrad, et Pereslavl-Zalesski dans la région de Iaroslavl. Au cours des cinq dernières années ont été ouvertes en Russie, avec la participation de l’Église, 45 nouveaux foyers pour les femmes en situation de crise, de Kaliningrad jusqu’à Petropavlovsk en Kamtchatka. Actuellement, il y a plus de 60 centres d’aide humanitaire gérés par l’Église, dans lesquels les nécessiteux peuvent recevoir gratuitement des vêtements, des produits d’hygiène, des poussettes, des berceaux et autres. Il y a en outre des dizaines de centres ecclésiastiques pour la défense de la maternité et, dans plusieurs régions, est organisé le travail, avec la participation de l’Église, de consultations pré-abortives données dans les maternités par des psychologues et des travailleurs sociaux. Selon les statistiques, l’aide sous forme de vêtements et de produits alimentaires permet souvent de prévenir les avortements ou le refus de l’enfant. On estime que 1552 femmes, dans 23 villes, ont renoncé à l’avortement grâce à l’aide matérielle qui leur était accordée.

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Le patriarche de Moscou Cyrille a signé la pétition demandant l’interdiction des avortements en Russie

Après avoir célébré la Liturgie en l’église Saint-Michel-Archange au village de Belousovo, le patriarche de Moscou Cyrille a signé la pétition au cours de sa rencontre avec les participants du mouvement social panrusse « Pour la vie » et du mouvement « Bénévoles orthodoxes ». « Nous, citoyens de la Fédération russe, nous prononçons pour la cessation de la pratique existant dans notre pays de meurtre légal des enfants avant leur naissance et nous exigeons des modifications à la législation ayant pour but la reconnaissance du statut d’existence humaine à l’enfant conçu, dont la vie, la santé et le bien-être doivent être défendus par la loi », est-il dit dans la pétition dont le texte a été coordonné avec la commission patriarcale pour les questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance. Les auteurs se prononcent également pour l’interdiction des interruptions chirurgicales et médicales de grossesse, des contraceptifs à effet abortif, des technologies de procréation assistée, « dont l’élément inhérent est l’avilissement de la dignité humaine et le meurtre des enfants se trouvant dans les étapes initiales du développement de l’embryon ». Les pétitionnaires se prononcent pour l’attribution d’aide matérielle, à un niveau non inférieur au minimum vital, financée par le budget fédéral aux femmes enceintes et aux familles ayant des enfants. « S.S. le patriarche Cyrille a remercié les participants de l’action pour leur travail et les a bénis », est-il dit dans le communiqué. Actuellement, dans de nombreuses églises de Russie, sur l’initiative du mouvement « Pour la vie », a lieu la récolte de signatures pour une défense légale de la vie humaine dès le moment de la conception. Les initiateurs de l’action prévoient de récolter un million de signatures. Jusqu’à maintenant, la pétition a recueilli 300.000 signatures. En juin de cette année, le Conseil inter-religieux de Russie, dont font partie les leaders et représentants des communautés religieuses traditionnelles de Russie, ont appelé à exclure l’avortement du système d’assurance sociale obligatoire. Le patriarche Cyrille s’était précédemment adressé aux législateurs avec une demande analogue.

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À Moscou a été ouvert le festival « Pour la vie », pour la défense des valeurs familiales

Le VIIème festival « Pour la vie », forum international des technologies sociales pour la défense des valeurs familiales, a commencé à Moscou le 15 août. Plus de 500 représentants des organisations ecclésiastiques, sociales et publiques, venant de plus de 74 régions de Russie, mais aussi de Biélorussie, Ukraine, Lituanie et Serbie étaient inscrits pour participer au festival. Les participants au forum discutent de questions visant à surmonter la crise démographique au moyen de la renaissance de l’institution de la famille nombreuse, des méthodes de récoltes de fonds destinés aux projets des ONG et de la possibilité de coopération internationale dans le domaine de la défense de la vie des enfants avant la naissance. Le premier jour des travaux du forum, l’évêque d’Orekhovo-Zouïevo Pantéléimon a rencontré les participants. « La vie authentique n’est possible que dans le Christ », a rappelé l’évêque lors de l’ouverture du forum. « Sous le mot ‘vie’ différentes personnes comprennent différentes choses, mais nous tous devons nous rappeler les paroles de l’apôtre Paul : « Car pour moi, la vie est le Christ » (Phil. I, 21), a déclaré l’évêque Pantéléimon. Si l’on a une telle attitude envers la vie, si l’on comprend que la vie véritable, joyeuse, éternelle, victorieuse, n’est possible que dans le Christ, alors notre activité aura une base solide et donnera des résultats tangibles ». La tâche du travailleur social de l’Église ne consiste pas seulement à arrêter la terrible vague des avortements, mais aussi à changer la conscience des gens, a-t-il ajouté. « Notre tâche, est de nous affermir dans le Christ et d’aider en cela les autres personnes. L’âme de l’homme change lorsque celui-ci s’unit avec le Christ. Le sens de la vie humaine est dans Son imitation, dans le cheminement à Sa suite, aussi notre tâche est de témoigner du Christ, de la vérité ». Dans le monde contemporain, beaucoup de gens sont fatigués des paroles grandiloquentes et ont cessé de les croire, ils croient le témoignage personnel, l’exemple de l’autre homme, a fait remarqué l’archipasteur. « Les saints ont changé le monde non à l’aide de festivals, de manifestations, de la propagande, d’interventions à la télévision, mais par l’exploit du combat intérieur avec le diable, l’exploit de suivre le Christ » a souligné l’évêque. Sans cette plénitude intérieure, notre activité peut se traduire par du battage, du « remue-ménage », mais n’aboutir à rien. Il est important que chacun de nous se le rappelle : si son cœur n’est pas avec le Christ, si dans son âme ne vit pas le Christ, s’il ne partage pas cette vie avec ceux qui l’entourent, si ses enfants ne sont pas éduqués dans les traditions chrétiennes, si ses petits-enfants n’apprennent pas de lui comment doit être une véritable famille, si lorsqu’il parle des « valeurs familiales », il éduque ses enfants de telle façon qu’ils ne veulent pas avoir plus d’un ou deux enfants, alors il a perdu, il n’a rien gagné, alors toute sa vie n’aura mené à rien. Si nous nous prononçons pour la vie, nous devons témoigner par notre vie de ce que nous enseignons aux autres ». L’un des résultats principaux du festival « pour la vie » est l’aide pratique dans le travail social, a souligné le dirigeant du centre de défense de la maternité et des valeurs familiales de l’Église orthodoxe biélorusse, le prêtre Dimitri Gritsenko : « En nous enrichissant par l’expérience des autres, nous apportons dans nos diocèses, nos paroisses ces projets réussis, dont nous avons fait connaissance ici et nous les réalisons chez nous, sur place ». L’un des nouveaux projets ecclésiastiques est le centre d’aide aux femmes « Kolybelka » (« le berceau ») auprès de l’église de la Protection de la Mère de Dieu dans le village de Pokrovka, dans le district de Primorsky. « En 20 mois, par notre travail, 21 grossesses ont été sauvées, 11 enfants sont nés, 3 arrivent à terme » a déclaré la psychologue du cabinet de consultation pré-avortement », collaborateur du centre « Kolybelka », Alexandra Barachkov. Comme elle l’a mentionné, le travail continue au cours de toute la grossesse avec chaque femme qui a renoncé à l’avortement. « Toutes nos futures mamans se trouvent sous notre constante protection : nous sommes en constante liaison téléphonique avec elles, je suis prête à n’importe quel moment à me mettre au volant et à venir afin de communiquer face à face. Le soutien spirituel est dispensé par le recteur de notre église de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu, le prêtre Stéphane Tsourkan ». Les paroissiens de cette église, au moins trois fois par ans, organisent des actions sociales intitulées « Panier de la charité », « Fêtons Pâques par des bonnes œuvres », « Aide à préparer l’enfant pour l’école ». Les dons recueillis sont distribués dans les villages du district, pour un soutien ciblé des mères de familles, soit nombreuses soit à faibles revenus. « Réellement, la personnalisation de l’enfant signifie beaucoup pour la femme enceinte en état critique : lorsque dans le processus de discussion avec le spécialiste, l’enfant est présenté à la femme non comme un quelconque assemblage de cellules dans son organisme, mais précisément comme un enfant déjà vivant » déclare Olga Moroz, psychologue de l’organisation publique régionale de Mourmansk « Pour la défense de la vie », créé auprès du département social du diocèse de Mourmansk. La plupart du temps, lorsque les femmes se dirigent vers l’avortement, elles ont d’abord honte de leur décision et s’efforcent souvent d’invoquer les raisons acceptées par la société : une difficile situation sociale, des raisons médicales, et ce n’est qu’au cours du travail avec elles qu’il se dégage que la raison peut être toute différente – une forte pression des membres de la famille ou l’absence de disposition intérieure de devenir mère. Il arrive que le système de valeurs soit biaisé et qu’il repose non sur la maternité, mais sur la réussite professionnelle ou les relations avec le partenaire». L’organisation « pour la défense de la vie » est active à Mourmansk depuis 2010 ; une « hot line » est en fonction, des consultations anti-abortives sont effectuées, de l’aide matérielle est accordée. Au mois de juin 2016, l’organisation a réussi à sauver 312 vie enfantines.

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Réunion du Haut conseil de l’Église orthodoxe russe sous la présidence du patriarche Cyrille

Le Haut conseil de l’Église orthodoxe s’est réuni le 23 mars la salle du Haut conseil de la cathédrale du Christ Sauveur, sous la présidence du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie.

Ouvrant la séance, le patriarche a exprimé ses condoléances aux parents et aux proches des victimes des attentats terroristes survenus à Bruxelles, capitale de la Belgique.

S’adressant aux personnes présentes, le primat de l’Église orthodoxe russe a dit notamment :

« Nous savons par expérience ce qu’est le terrorisme, nous savons par expérience ce que sont les souffrances de ceux qu’on tue au nom d’une étrange compréhension de la lutte pour ses idéaux terrestres. Je pense qu’il nous faudra mener une réflexion très sérieuse, théologique, notamment, sur le phénomène du terrorisme.

Toutes les explications qui figurent aujourd’hui dans le discours politique sont superficielles. Je ne peux me défendre de penser que personne n’a véritablement réfléchi aux profondeurs ontologiques du problème. D’où vient ce radicalisme ? Qui l’alimente ? Quels facteurs extérieurs influencent l’apparition d’une motivation incitant à l’activité terroriste ?

Je pense que le terrorisme est inséparable du développement de la civilisation à l’étape actuel de l’avancement de l’histoire de l’humanité. Il y a quelque chose qui ne va pas, et le terrorisme en fait partie. C’est une terreur de n’envisager le terrorisme que comme un phénomène local, ou même global, mais lié uniquement à un espace idéologique réduit. Je pense qu’il est nécessaire de réfléchir à cet horrible phénomène d’un point de vue théologique et culturologique, afin d’en dégager, comme je l’ai dit, les causes ontologiques.

En même temps que nos condoléances, nous exprimons l’espoir que les autorités de Belgique, des pays d’Europe occidentale et de tous les pays où la menace terroriste est présente, agiront le plus énergiquement possible, en collaboration les uns avec les autres. Si le terrorisme est un phénomène global, il faut lui donner une réponse globale. Il faut coordonner nos actions. Beaucoup le disent, aujourd’hui, mais il n’existe malheureusement toujours pas de vraie coordination des actions de tous ceux qui sont appelés à lutter contre le terrorisme à l’échelle globale.

En ce qui concerne l’Église, nous devons poursuivre notre œuvre principale : prier, demander au Seigneur de pardonner nos péchés, invoquer Sa miséricorde, prier pour le soutien de tous ceux qui sont touchés par les blessures du terrorisme. En même temps, nous devons réfléchir très sérieusement. Puisque la réflexion de l’Église se fait toujours dans la prière, cela nous permet d’espérer que nous pourrons comprendre les vraies raisons de cet épouvantable phénomène et élaborer une réponse aux défis du terrorisme. Comme toujours, il y en aura qui seront d’accord avec cette réponse, et d’autres non, certains la salueront, d’autres ironiseront. Mais la réaction n’est pas de notre responsabilité. La responsabilité qui nous incombe est de réfléchir, de prier et de tout faire pour que le monde devienne meilleur. Car la sollicitude pour le monde qui nous entoure fait partie de notre sollicitude pour le salut du genre humain. »

Le primat de l’Église orthodoxe russe et les participants de la réunion ont honoré la mémoire des victimes des attentats par une minute de silence et de prière pour le repos de leur âme.

Ensuite le patriarche a présenté l’ordre du jour :

  • De l’application des décisions du Haut Conseil de l’Église orthodoxe russe et du Concile épiscopal
  • De l’activité des institutions synodales en 2015. Discussion des bilans annuels.

Le métropolite Mercure de Rostov et de Novotcherkassk a présenté un rapport sur la date et le thème des Conférences de Noël en 2017.

Le Haut Conseil de l’Église orthodoxe russe, présidé par le Patriarche, se compose comme suit :

  • Le métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga, chancelier du Patriarcat ;
  • Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures ;
  • Le métropolite Clément de Kalouga et de Borovsk, président du Conseil éditorial de l’Église orthodoxe russe ;
  • Le métropolite Jean de Belgorod, président du Département synodal des missions ;
  • Le métropolite Mercure de Rostov et de Novotcherkassk, président du Département de l’éducation religieuse et de la catéchèse ;
  • Le métropolite Marc de Riazan et de Mikhaïlovsk, président de la Direction des finances et de l’économie du Patriarcat de Moscou,
  • Le métropolite Cyrille de Stavropol et Nevinnomyssk, président du Comité synodal à la collaboration avec les cosaques ;
  • L’archevêque Eugène de Vereïa, président du Comité pédagogique près le Saint Synode ;
  • L’archevêque Théognoste de Serguiev-Possad, président du Département synodal aux affaires des monastères et du monachisme ;
  • L’évêque Serge de Solnetchnogorsk, directeur du secrétariat administratif du Patriarcat de Moscou,
  • L’évêque Irénarque de Krasnogorsk, président du Département synodal à l’aumônerie des prisons
  • L’évêque Ignace de Vyborg, président du Département synodal des affaires de la jeunesse ;
  • L’évêque Pantéléïmon d’Orekhovo-Zouïevo, président du Département synodal aux affaires caritatives et sociales ;
  • L’évêque Tikhon d’Egorievsk, secrétaire exécutif du Conseil patriarcal à la culture ;
  • L’évêque Antoine de Bogorodsk, président de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger ;
  • L’archiprêtre Serguiy Privalov, président intérimaire du Département synodal de la collaboration avec les forces armées et les institutions du maintien de l’ordre ;
  • L’archiprêtre Dimitri Smirnov, président de la Commission patriarcale aux affaires de la famille et pour la protection de la maternité et de l’enfance ;
  • Vladimir R. Legoïda, président du Département synodal aux relations de l’Église avec la société et les médias.

Ont été invités à prendre part à la réunion : l’évêque Savva de Voskressensk, premier vice-chancelier du Patriarcat de Moscou, l’archimandrite Savva (Toutounov), vice-chancelier du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Maxime Kozlov, premier vice-président du Comité pédagogique, le hiéromoine Onésime (Bamblevski), président du Département de l’enseignement religieux et de la catéchèse du diocèse de Moscou, l’higoumène Xénia (Tchernieva), chef du service juridique du Patriarcat de Moscou ; A. V. Chtchipkov, vice-président du Département synodal aux relations de l’’Église avec la société et les médias.

Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Déclaration commune

du pape François

et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

  1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

  1. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

  1. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).
  1. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».
  1. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn17, 21).
  1. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !
  1. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
  1. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
  1. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
  1. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

  1. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

  1. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).
  1. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).
  1. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
  1. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
  1. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
  1. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
  1. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).
  1. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
  1. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
  1. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu(cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

  1. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

  1. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez lalumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.
  1. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

  1. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
  1. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
  1. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
  1. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
  1. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

  1. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !
Kirill

Patriarche de Moscou

et de toutes la RussieFrançois

Évêque de Rome,

Pape de l’Eglise catholique

Remarques sur le texte préconciliaire intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » 

M. Dimitrios Tselengidis, professeur de dogmatique à la Faculté de théologie à l’Université Aristote de Thessalonique, a envoyé ses premières observations théologiques aux hiérarques orthodoxes de plusieurs Églises orthodoxes locales (dont celles de Grèce, Russie, Serbie, Géorgie, Bulgarie, Alexandrie et Antioche) concernant le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Nous reproduisons ci-dessous lesdites observations.
« Ce texte manifeste de façon récurrente l’inconséquence et la contradiction théologique. Ainsi, il proclame dans son article premier la conscience de soi qui est celle de l’Église orthodoxe, considérant celle-ci – et ce très justement – comme « L’Église une, sainte, catholique et apostolique ». Or, dans l’article 6, il y a contradiction avec la formulation de l’article premier susmentionné. Il mentionne en effet, de façon caractéristique, que « l’Église orthodoxe reconnaît l’existence historique d’autres églises et confessions chrétiennes ne se trouvant pas en communion avec elle ». C’est ici qu’une question fort à propos se pose : si l’Église est « Une », conformément à notre Credo et à la conscience de soi de l’Église orthodoxe (article I), comment peut-il être fait mention d’autres Églises chrétiennes ? Il est clair que ces autres Églises sont hétérodoxes. Les « Églises » hétérodoxes, au demeurant, ne peuvent nullement être appelées « Églises » par les Orthodoxes. En considérant les choses dans une perspective dogmatique, il n’est pas possible de parler d’une multiplicité « d’Églises » avec des dogmes différents et ce dans un grand nombre de thèmes théologiques. En conséquence, tant que ces « Églises » restent inflexibles dans les erreurs de leur foi, il n’est pas juste théologiquement de leur accorder une ecclésialité – et ce institutionnellement – hors de « l’Église une, sainte, catholique et apostolique ». Dans le même article (6), il y a une autre contradiction théologique sérieuse. Au commencement de l’article, il est dit ce qui suit : « D’après la nature ontologique de l’Église, son unité ne peut pas être compromise ». Or, à a fin du même article, il est écrit que, par sa participation dans le mouvement œcuménique, l’Église orthodoxe « a pour objectif d’aplanir la voie menant à l’unité ». Ici se pose la question : Étant donné que l’unité de l’Église est un fait reconnu, quel type d’unité des Églises est recherché dans le contexte du mouvement œcuménique ? Cela signifie-t-il, peut-être, le retour des chrétiens occidentaux à l’Église une et unique ? Une telle signification, cependant, ne transparaît ni dans la lettre, ni dans l’esprit du texte entier. Au contraire, en réalité, l’impression est donnée qu’il existe une division établie dans l’Église et que les perspectives des dialogues ont pour but l’unité déchirée de l’Église.

La confusion théologique est également causée par l’ambiguïté de l’article 20 qui dispose : « Les perspectives des dialogues théologiques de l’Église orthodoxe avec les autres Églises et confessions chrétiennes sont toujours déterminées sur la base des critères canoniques de la tradition ecclésiastique déjà constituée (canon des conciles œcuméniques : 7 du IIème et 95 du Quinisexte) ». Mais le 7ème canon du IIème concile œcuménique et le 95ème canon du concile Quinisexte concernent la reconnaissance du baptême d’hérétiques qui avaient manifesté leur intérêt à se réunir à l’Église orthodoxe. Or, il ressort de la lettre et de l’esprit du texte préconciliaire, considéré dans une perspective théologique, qu’il n’y est absolument pas question du retour des hétérodoxes à l’Église orthodoxe, la seule Église. Au contraire, dans le texte, le baptême des hétérodoxes est considéré comme accepté a priori – et ce sans décision panorthodoxe. En d’autres termes, le texte endosse « la théologie baptismale ». Simultanément, le texte ignore délibérément le fait historique que les hétérodoxes contemporains d’Occident (catholiques-romains et protestants) n’ont pas un seul, mais une série de dogmes qui diffèrent de l’Église orthodoxe (à côté du Filioque, de la grâce créée dans les sacrements, la primauté du pape, le rejet des icônes, le rejet des décisions des Conciles œcuméniques, etc.). L’article 21 soulève également des questions appropriées, lorsqu’il mentionne que « L’Église orthodoxe… évalue positivement les textes théologiques édités par la commission… [à savoir « Foi et Constitution] pour le rapprochement des Églises ». Il convient d’observer ici que ces documents [de la Commission] n’ont jamais été entérinés par les hiérarques des Églises orthodoxes locales. Enfin, l’article 22 donne l’impression que le futur grand et saint Concile juge à priori de l’infaillibilité de ses décisions, puisqu’il considère que « la préservation de la foi orthodoxe pure n’est sauvegardée que par le système conciliaire, qui, depuis toujours au sein de l’Eglise, constitue le juge désigné et ultime en matière de foi ». Dans cet article, le fait historique est ignoré que, dans l’Église orthodoxe, le critère final est toujours la conscience dogmatique vigilante du plérôme de l’Église qui, dans le passé, a validé ou considéré comme « brigandages » des conciles œcuméniques. Le système conciliaire en lui-même n’assure pas mécaniquement la justesse de la foi orthodoxe. Cela se produit seulement lorsque les évêques conciliaires ont le Saint-Esprit et la voie hypostatique – le Christ – qui agissent en eux et ainsi, comme « syn – odikoi » (i.e. faisant route ensemble) en actes « suivent les saints Pères ».
Évaluation générale du texte
Par tout ce qui est écrit et ce qui est clairement sous-entendu dans le texte susmentionné, il est manifeste que ses initiateurs et rédacteurs entreprennent une légitimation institutionnelle du syncrétisme-œcuménisme chrétien par la décision d’un Concile panorthodoxe. Or, cela serait catastrophique pour l’Église orthodoxe. Pour cette raison, je propose humblement le retrait total du texte.
Pour terminer, une observation théologique sur le texte «Le sacrement du mariage et ses empêchements ». Il est mentionné dans l’article  5a) : « Le mariage entre orthodoxes et non orthodoxes ne peut être béni selon l’acribie canonique (canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo). Toutefois, il peut être célébré par indulgence et amour de l’homme à la condition que les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Église orthodoxe ». Ici, la condition expresse que « les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Église orthodoxe » contredit la protection théologique du mariage comme sacrement de l’Église orthodoxe et ce parce que la maternité revient – en fonction du baptême des enfants dans l’Église orthodoxe – à légitimer la célébration du mariage mixte, laquelle est clairement interdit par un canon d’un Concile œcuménique (72è canon In Trullo). En d’autres termes, un concile non œcuménique, comme l’est le futur grand et saint Concile, relativise explicitement une décision d’un concile œcuménique. Cela est inacceptable. Et encore une autre question : si le mariage célébré ne donne pas d’enfants, est-ce que ce mariage est simplement légitimé par le fait de l’intention de l’épouse hétérodoxe d’intégrer ses enfants éventuels dans l’Église orthodoxe ?
Si l’on veut être conséquent théologiquement, l’article 5.1. doit être enlevé.
Dr Dimitrios Tselengidis

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L’archiprêtre Dimitri Smirnov : « Il faut attribuer au mariage religieux un statut légal »

« On doit attribuer un statut officiel aux mariages conclus par les organisations religieuses ». C’est ce que considère le chef de la Commission patriarcale pour les questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance, l’archiprêtre Dimitri Smirnov. « Jusqu’à la révolution, les fonctions de l’actuel ZAGS (bureau d’enregistrement des actes d’État civil en Russie) étaient accomplies précisément par l’Église. Aujourd’hui, l’enregistrement du mariage dans toutes les confessions traditionnelles de Russie a lieu après le rituel religieux, orthodoxe, musulman ou bouddhiste. Il faut penser à l’introduction d’une norme selon laquelle, après que l’organisation religieuse ait uni homme et femme, le mariage ecclésial soit assimilé au mariage civil » a déclaré l’archiprêtre Dimitri au journal « Rossiyskaïa gazieta ».

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Le patriarche de Moscou Cyrille propose d’exclure l’avortement du système de sécurité sociale et d’en interdire la publicité

Le patriarche de Moscou Cyrille a proposé d’exclure les opérations d’interruption de grossesse du système de l’assurance médicale obligatoire, et également de limiter ou d’interdire totalement la publicité et la propagande en faveur de celles-ci. « L’un des malheurs principaux de la Russie reste le nombre énorme des avortements » a déclaré jeudi, à la Douma, le primat de l’Église orthodoxe russe, à l’occasion des rencontres parlementaires de Noël. « Si l’on réussissait à réduire de moitié la quantité des avortements, nous aurions une croissance démographique stable et solide » a souligné le patriarche. Comme il l’a exprimé, surmonter « ce mal » nécessite des mesures complexes, qui doivent inclure 

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L’évêque Théodose de Ras et Prizren a accueilli au monastère de Gračanica (Kosovo) le Premier ministre serbe Alexandre Vučić

L’évêque Théodose de Ras et Prizren a accueilli au monastère de Gračanica (Kosovo) le Premier ministre serbe Alexandre Vučić, qui était accompagné par six ministres du gouvernement serbe. Lors de sa visite dans le Sud du Kosovo, le premier ministre a ouvert une maternité à Pasjane. Au monastère de Gračanica le premier ministre serbe a été accueilli par l’évêque Théodose de Ras-Prizren. Ensuite, il a inauguré le monument au roi Miloutine, devant l’école de Gračanica qui porte le nom du saint roi. Le Premier ministre a encouragé les Serbes du Sud du Kosovo en leur disant qu’en gardant leurs maisons et leurs biens ils sauveraient le Kosovo et la Métochie et que le gouvernement serbe investirait dans les municipalités serbes de la région. En même temps, le Premier ministre a appelé les Serbes à ne pas vendre leurs maisons et leurs biens et les a tous invités à faire de grandes œuvres « plutôt que de prononcer de grandes paroles ».

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L’allocution du métropolite Hilarion de Volokolamsk au synode extraordinaire des évêques catholiques sur « Les problèmes pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation »

Mgr Hilarion de Volokolamsk, a prononcé le 16 octobre dernier une allocution devant les participants du synode extraordinaire des évêques catholiques sur « Les problèmes pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation. Son intervention n’a pas été publiée par le Saint-Siège – contrairement aux interventions des autres délégués orthodoxes. Nous vous proposons ci-dessous la traduction française de son allocution.

« Votre Sainteté, Vos Béatitudes, Eminences et Excellences,
Permettez-moi avant tout de vous saluer au nom du primat de l’Église orthodoxe russe, Sa Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Le thème de la famille constitue aujourd’hui l’un des plus aigus et des plus vitaux. Il est l’indicateur de la situation morale de la société dans laquelle nous vivons. Nous observons avec anxiété comment, durant ces dernières années, à l’aide de la manipulation des concepts de liberté et de tolérance, se produit le démantèlement des valeurs de bases, enracinées dans les traditions religieuses. L’idée de relativisme moral est propagée de façon de plus en plus agressive, et s’étend également à l’institution de la famille, sacrée pour toute l’humanité. Dans toute une série de pays d’Europe et d’Amérique, malgré les nombreuses protestations, se produit l’approbation et la reconnaissance au niveau de l’État, des unions de même sexe. Dans certains pays, le droit des partenaires de même sexe à adopter les enfants, garçons et filles, est entériné législativement, et ce notamment par l’utilisation de la technologie de « la maternité de substitution ». En même temps, les familles traditionnelles, qui sont attachées au concept du mariage comme étant l’union de l’homme et de la femme, sont de moins en moins solides. Au lieu de se préoccuper de leur renforcement, une propagande est menée en faveur des soi-disant relations libres. Les concepts de fidélité, de respect mutuel et de responsabilité des époux sont remplacés par l’imposition de l’hédonisme, l’appel à vivre pour soi. Les enfants ne sont plus considérés comme le fruit souhaité de l’amour mutuel des époux. Partout est répandu, sans pratiquement aucune limite, le droit à l’avortement, légalisant la destruction de millions de vies. Le problème de l’existence d’orphelins dont les parents sont vivants, dont des enfants abandonnés et des enfants handicapés solitaires, se pose avec acuité. De nombreux chrétiens aussi ont été exposés à l’influence de l’idée du relativisme moral, confessant en paroles l’enseignement ecclésial sur la famille, mais ne le suivant pas en pratique. Affirmant le principe de la sainteté du mariage, fondé sur les paroles du Sauveur Lui-même (cf. Matth. 19,6 ; Mc 10,9), les Églises catholique-romaine et orthodoxe, placent la responsabilité de l’homme devant son prochain au-dessus de ses intérêts égoïstes. L’éducation d’une telle responsabilité chez le chrétien – devant la famille, la société, le monde qui nous entoure – est la tâche la plus importante pour les Églises aujourd’hui. La défense de la dignité de l’homme et l’affirmation de la haute signification de l’amour réalisé dans la famille, constituent une partie indissociable de l’annonce évangélique, que nous devons porter aux hommes. En novembre 2013, le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et le Conseil pontifical pour les affaires de la famille, sous la direction de l’archevêque Vincenzo Paglia, ont tenu à Rome la conférence « Orthodoxes et catholiques ensemble pour la défense de la famille ». Dans la déclaration finale, nous avons souligné « notre conviction que nous portons une responsabilité commune pour faire du mariage et de la vie familiale une voie vers la sainteté pour les familles chrétiennes ». Il est temps pour les chrétiens de réunir les efforts et d’agir comme un seul front pour le noble but de la défense de la famille devant les défis du monde sécularisé, afin de préserver l’avenir de la civilisation. C’est le domaine dans lequel notre alliance pourrait réellement être nécessaire. Nous devons défendre ensemble nos positions tant dans le cadre du dialogue avec le législateur et l’exécutif des différents pays, que sur les plateformes des organisations internationales, telles que l’ONU et le Conseil de l’Europe. Il y a déjà une certaine expérience de cette collaboration – il suffit de rappeler l’affaire bien connue «Lautsi c/ Italie ». Il faut non pas simplement se limiter à de nobles appels, mais chercher de toutes façons à obtenir la défense législative de la famille. Il est indispensable de rendre à notre société le concept selon lequel la liberté est impensable sans responsabilité pour ses propres actes. L’Église orthodoxe prêche avec conséquence l’idéal de l’union conjugale conclue une fois pour toutes. En même temps, montrant de la condescendance envers la faiblesse de la nature humaine, l’Église orthodoxe, dans des cas exceptionnels, permet la conclusion d’un nouveau mariage ecclésial lorsqu’il y a éclatement du premier mariage. En cela, notre Église suit le principe de « l’économie », mue par l’amour envers le pécheur qu’elle ne veut pas priver de moyens de salut. Dans le monde contemporain, où l’observation stricte des prescriptions devient de plus en plus rare, la pratique de « l’économie » existant dans l’Orthodoxie depuis de nombreux siècles, peut devenir une expérience précieuse dans la résolution des problèmes pastoraux de la famille. L’Église orthodoxe a accumulé une riche expérience de souci pastoral envers la famille. Dans l’Église orthodoxe a toujours été conservée l’institution du clergé marié. Les familles de prêtres, en règle générale, ont de nombreux enfants, et ceux-ci sont élevés dans l’esprit de la piété chrétienne et la fidélité à l’enseignement ecclésial. Le prêtre, ayant lui-même l’expérience de la vie familiale et de l’éducation des enfants, peut mieux comprendre les problèmes des relations familiales et fournir l’aide pastorale nécessaire à ses enfants spirituels. Je considère qu’il serait utile de prêter attention à cette expérience, qui est présente également dans les Églises catholiques de rite oriental. En évoquant celles-ci, je voudrais m’écarter quelque peu de la thématique du présent forum et soulever une question qui, aujourd’hui, est devenu la pierre d’achoppement dans les relations entre les Églises orthodoxe et catholique. Il s’agit du problème des uniates, qui a pris une acuité particulière en raison des derniers événements en Ukraine. Malheureusement, le conflit dans ce pays, qui a emporté des milliers de vies a, des son début, pris une dimension religieuse. L’Église ukrainienne gréco-catholique a joué, dans sa genèse et son développement, un rôle essentiel. Dès les premiers jours du conflit, les gréco-catholiques se sont identifiés avec l’une des parties à la confrontation. Contrairement au respect des normes canoniques prévalant entre les Églises catholique et orthodoxe, les gréco-catholiques sont entrés dans une collaboration mutuelle avec les schismatiques. La commission mixte de dialogue orthodoxe-catholique, en 1993 déjà, a reconnu à Balamand, que l’uniatisme ne constituait pas la voie vers l’unité. Nous remercions nos frères catholiques pour la reconnaissance ouverte du caractère erroné de l’uniatisme. Et nous devons, avec regret, constater à nouveau que l’uniatisme ne rapproche pas orthodoxes et catholiques, mais qu’au contraire, il les divise. Au nom de l’Église orthodoxe russe, je m’adresse aux représentants de l’Église gréco-ukrainienne présents dans cette salle, en leur demandant de renoncer à toutes déclarations à thématique politique et à toutes formes évidentes de soutien au schisme, ainsi qu’aux appels à la création « d’une Église locale d’Ukraine unique ». Car derrière cet appel se cache une vérité première : on veut arracher les fidèles orthodoxes d’Ukraine à l’Église-Mère, le Patriarcat de Moscou, avec lequel elle est liée par les liens séculaires du sang. La mission fondamentale de l’Église est de servir l’œuvre du salut des hommes. Le mandat qui nous est donné par Dieu, ne suppose pas l’immixtion dans les conflits politiques et civils. Dans le monde, où il y a tant de divisions, où se trouvent aujourd’hui menacées les bases mêmes de l’existence de la civilisation humaine, dont l’institution de la famille, les chrétiens sont appelés à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde » (Matth. 5, 13-14), amenant tous à l’amour les uns des autres et à l’unité dans le Christ. Nous pouvons dire beaucoup ensemble, notamment pour la défense des chrétiens qui, aujourd’hui, sont devenus les victimes de persécutions. En Irak et en Syrie, ainsi que dans toute série d’autres pays du Moyen Orient et d’Afrique, les chrétiens sont exposés à un génocide. Nous devons faire tout ce qui dépend de nous, afin que cessent les assassinats de chrétiens ainsi que leur exode massif des lieux où ils ont vécu durant des siècles, et attirer l’attention de toute la communauté mondiale sur leur situation calamiteuse. Je vous souhaite à tous, chers frères, la bénédiction divine et le succès de vos travaux ».

Source et photographie

L’Église de Grèce dit « non » au « pacte de cohabitation libre » proposé par le gouvernement hellénique

L’Église de Grèce a pris à nouveau position contre le « pacte de cohabitation libre » proposé par le gouvernement hellénique et a rédigé à cet effet une encyclique, qui sera distribuée dans toutes ses paroisses et lieux de culte. Une semaine après le communiqué de sa session ordinaire, qui a qualifié ce pacte de « déviation de l’institution de la famille », le Saint-Synode, par son encyclique au plérôme de ses fidèles, intitulée « Famille et société en crise aujourd’hui », estime que « le pacte réglementé de cohabitation libre peut influencer négativement le concept chrétien sur le mariage et la famille de la société grecque contemporaine ». L’Église de Grèce soutient que « les déviations de l’institution familiale » ou les « formes alternatives de familles » émergentes, comme elle caractérise le pacte en question, constituent une signe clair de la sécularisation et de la déchristianisation des sociétés occidentales contemporaines – des sociétés et peuples, y compris la société grecque. Dans un long texte, le Saint-Synode analyse la problématique et ses réserves, dans une perspective théologique et sociale, et exprime son opposition ouverte  à l’adoption du « pacte » concerné. « Il ne peut remplacer le mariage, il constitue un état différent du mariage : il s’agit d’une forme alternative de concubinage permanent et non d’une forme de « mariage relâché » est-il dit dans l’encyclique. Le document mentionne que, selon l’approche juridique, il est entrepris, par le « pacte », de réguler juridiquement un phénomène social existant, à savoir la naissance d’enfants hors mariage, de familles monoparentales, dont le nombre augmente sans cesse, ainsi que le statut des femmes qui restent sans défense après de longues années de concubinage. Or, selon le Saint-Synode « le projet concret de cohabitation, entériné juridiquement, peut influencer négativement le concept chrétien de mariage et de famille de la société grecque contemporaine ». À un autre endroit, l’encyclique met en garde contre le fait que « certains membres de l’Église qui, pour différentes raisons, superficiellement et imprudemment, choisiront pour un certain temps ou de façon permanente, le mode concerné de cohabitation libre, renonceront à la bénédiction ecclésiale de leur mariage ». L’archevêque d’Athènes Jérôme, qui signe l’encyclique, mentionne qu’une « étude sérieuse et une réflexion sont nécessaires pour préserver et promouvoir l’institution sacrée [de la famille] que nous appelons à juste titre « la petite Église », affirmant que « l’Église, dans ces conditions actuelles de sécularisation galopante, continuera à enseigner tant aux fidèles qu’à ceux qui souhaitent vivre en-dehors de son sein, le sens le plus profond et l’importance de la famille chrétienne, dans le cadre d’un effort de ré-évangélisation des hommes, à l’époque d’un nihilisme rampant et de l’affaissement généralisé de tout concept. C’est dans le rétablissement et la redécouverte de la conscience chrétienne relative au sens de la foi personnelle et des relations interpersonnelles des hommes que se trouve le sens de la famille aujourd’hui ».

Source : Amen, traduit du grec pour Orthodoxie.com

L’Église ouvre un centre de crise à Moscou pour les femmes enceintes et les jeunes mamans

Maman_efent

Le 7 février sera ouvert dans la capitale russe « Le foyer pour les mamans », qui est un centre de crise pour les femmes enceintes qui se trouvent dans une situation difficile, et aussi pour les jeunes femmes avec des enfants. Ce sera un nouveau centre social – le dix-huitième – de l’association orthodoxe d’assistance « Miloserdie » (« Miséricorde »). C’est le premier projet à Moscou qui est initié par l’Église. « Que peut faire la femme, qui attend un enfant et qui n’a pas de travail ou qui a été chassée de sa maison ? Beaucoup, dans le désespoir, se décident à avorter ou abandonnent le petit à la maternité. Mais si l’on soutient la femme à ce moment difficile, la tragédie peut être évitée », déclare le chef de projet, Marie Stoudenikine. Selon l’estimation des spécialistes, dans la seule ville de Moscou, il y a plus de 1000 femmes enceintes et jeunes mères qui passent par une crise aiguë en raison de l’absence de soutien du père de l’enfant et des parents, de la violence et d’autres raisons.

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Message de Noël de Théodore II, patriarche d’Alexandrie

Theodore_patriarche.p« Un monde sans mères est un monde sans humanité », déclare le patriarche d’Alexandrie Théodore II, dans son message de Noël, que nous publions ci-après.

« Frères bien-aimés et bénis,

Il y a deux mille ans, un soir comme celui d’aujourd’hui, la Mère de Dieu a emmailloté Jésus le nouveau-né, afin de Le réchauffer. Quelques jours après, Jésus cherchera à nouveau la chaleur dans les bras de Sa mère, à nouveau dans l’obscurité, mais cette fois sur le chemin de l’Égypte, pour échapper à la colère et la fureur d’Hérode. Et durant toute Sa vie, qui avait commencé aussi humblement à Bethléem, la chaleur maternelle accompagnera toujours notre Seigneur. La Mère de Dieu suivait fidèlement et patiemment Jésus dans toutes Ses pérégrinations évangéliques, dans toutes Ses épreuves de la vie terrestre. En silence Elle Le suivait, en silence Elle L’assistait, en silence Elle vécut toutes les souffrances de Son Fils et Dieu. L’attitude de la Vierge a montré que l’amour maternel est un pilier irremplaçable de la vie humaine. L’attitude de la Vierge a manifesté les principes de douceur, de modestie et d’aide mutuelle. Et l’image de la mère qui couvre et protège, se reflétant dans la petite crèche, doit devenir la référence éternelle pour toutes les femmes dans le monde. Elle est le havre d’espoir lorsque s’éteignent même les lueurs de la lumière. Elle est le soutien du courage, lorsque les forcent manquent pour résister.

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Message du Noël du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

La paix de Dieu – Christ est né !
Chers frères et sœurs en Christ notre Seigneur, la nouvelle la plus douce et la plus joyeuse commence par les mots du saint Evangile selon saint Matthieu : « Livre de la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham »(Mt 1,1). Cette nouvelle, qui  nous est destinée à nous tous, au ciel et à la terre, au monde visible et invisible, révèle et témoigne à la fois d’un mystère et d’une vérité.
Cette nouvelle témoigne de la vérité d’une généalogie double, unique dans l’histoire du genre humain. Chaque généalogie fait mention d’ancêtres et de descendants appartenant à une même lignée humaine. Seule cette Généalogie fait exception et n’est pas reproductible. Elle correspond non seulement à la généalogie humaine, mais aussi à la généalogie divine. Elle est à la fois la généalogie du Fils de Dieu et du Fils de l’homme, c’est-à-dire du Dieu-homme Christ. Ce Descendant de la lignée royale de David, est issu de la sainte racine d’Abraham et porte le nom de Jésus, c’est-à-dire Sauveur, et le nom de Christ, qui signifie Oint de Dieu ; pour le peuple élu de Dieu et pour tout le genre humain, Il est le Messie promis, le Rédempteur et le Libérateur du péché, de la mort et des puissances démoniaques. Il s’agit donc simultanément de la généalogie du Fils unique de Dieu et du Fils de l’homme, né du Saint-Esprit et de la Très-Sainte Mère de Dieu. Ainsi, Jésus de Nazareth se manifeste et s’offre à nous comme Dieu parfait et Homme parfait. C’est pourquoi celui qui L’aime, accomplit le premier commandement de Dieu, qui est d’aimer Dieu de tout son cœur et de toute son âme, mais il accomplit aussi Son second commandement qui est d’aimer son prochain ; car Il est Dieu et notre Seigneur, tout comme Il est notre prochain le plus proche. En Lui nous reconnaissons le Dieu véritable, mais aussi l’Homme véritable ainsi que toute l’humanité véritable : nous comprenons ce qu’on doit aimer dans tout être humain et comment il faut l’aimer en tant que représentant d’une nature humaine unique faite à l’image de Dieu.

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Compte-rendu du colloque international « Paul Evdokimov (1900-1970), témoin de la beauté de Dieu »

Coloque_evdokimovUn colloque international sur le thème « Paul Evdokimov (1900-1970), témoin de la beauté de Dieu » s'est déroulé les 10 et 11 décembre 2010, dans les locaux de l'Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge), afin de proposer une relecture de l’œuvre de l'un des plus célèbres théologiens orthodoxes du XXe siècle, qui enseigna à l'Institut Saint-Serge de 1951 à 1970. Coorganisé par l’Institut Saint-Serge et la revue de théologie orthodoxe Contacts à l'occasion du 40e anniversaire de la mort de Paul Evdokimov, ce colloque a réuni près de quatre-vingt-dix personnes. Dans son allocution d'ouverture, l’archevêque Gabriel, recteur de l'Institut Saint-Serge, a souligné l’actualité de l’œuvre de Paul Evdokimov et son importance pour le rayonnement de l’orthodoxie. Au cours des deux journées du colloque, quatorze intervenants, venus de France, des Etats-Unis d’Amérique, de Grèce, d’Italie et de Russie ont présenté des communications dans le cadre de quatre sessions thématiques : « Pensée éthique et engagement social », « Anthropologie et ecclésiologie », « De la lecture des Ecritures à l’expression des vérités révélées », « Esthétique et eschatologie : dire la beauté de Dieu ». La dernière session du colloque s'est achevée par la célébration, dans l'église Saint-Serge, d'un office des défunts à la mémoire de Paul Evdokimov, présidé par le P. Michel Evdokimov son fils. Pour visiualiser l'album de photographies, cliquez ICI !

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Recension : « Paroles et exemples des Anciens. Recueil ascétique de Paul Evergétinos »

Evergetinos « Paroles et exemples des Anciens. Recueil ascétique de Paul Evergétinos », traduit du grec par le hiéromoine Nicolas Molinier, tomes 1 et 2, édition du monastère Saint-Antoine-le-Grand et du monastère de Solan, 2009, 432 p. et 367 p.
C’est un heureux événement que la traduction et la publication, en quatre volumes dont voici les deux premiers, d’un grand classique de la spiritualité orthodoxe, connu et habituellement désigné comme « L’Évergétinos » – du nom de son auteur, Paul, fondateur, à Constantinople au XIe siècle, du monastère de l’Évergétis, c’est à dire de « la Très Sainte Mère de Dieu Bienfaitrice » – mais qui porte en réalité le titre suivant: « Recueil des paroles inspirées et des enseignements des pères saints et théophores, rassemblés à partir de tous leurs écrits inspirés, disposé de façon simple et profitable ». Il s’agit d’une anthologie de textes spirituels qui fut largement diffusée sous forme de manuscrits et connut un très grand succès dans le monde byzantin, avant de bénéficier d’une première édition imprimée au XVIIIe siècle par les soins de saint Nicodème l’Hagiorite, qui, avec saint Macaire de Corinthe, réalisa également une autre anthologie célèbre: la « Philocalie des Pères neptiques ».

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Recension: Juliana Schmemann, « The joy to serve »

Joy_to_serve Juliana Schmemann, « The joy to serve », Alexander Press, Montréal, 2009 , 88 p. (collection « Orthodoxy in dialogue with the modern world » n° 6).

Au soir de sa vie, matushka Juliana Schmemann, l’épouse du regretté père Alexandre, nous livre, dans ce petit livre, le fruit de son expérience d’épouse de prêtre, sous forme de divers conseils donnés à toutes les épouses de prêtres.
Matushka Juliana a bien conscience que le statut d’une femme de prêtre peut revêtir des formes très diverses. Elle-même exerça à temps plein, pendant plusieurs décennies, une activité d’enseignante puis de directrice d’une grande école new-yorkaise, tandis que son époux, en tant que doyen de l’Institut Saint-Vladimir, voyait ses journées en grande partie occupées par des tâches administratives ; son mode de vie était donc bien différent de l’épouse d’un prêtre d’une paroisse de campagne accompagnant son époux, au quotidien et à temps plein, dans son travail pastoral.
Les conseils donnés par matushka Juliana tiennent compte des différentes activités et types d’intervention possibles de l’épouse du prêtre, dans le cadre d’un statut qui est de toute façon celui d’un service d’Église, et qui suppose, à la base, une vocation et un engagement.

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« Catholicité ou corporatisme » par le père Paul Adelheim

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Catholicité ou corporatisme ? " (Extrait d’une conférence préparée pour les conférences de la Nativité de 2006), père Paul Adelheim

Le père Paul Adelheim, né en 1938, est issu d’une famille allemande installée en Russie. Son grand père, un industriel, a été fusillé en 1938, son père en 1942. Lui-même fut élevé dans un orphelinat après l’arrestation de sa mère, qu’il rejoignit par la suite sur son lieu de relégation au Kazakhstan. Novice à la Laure de Kiev, puis étudiant au séminaire de Kiev, il en est exclu pour raisons politiques. Il devient prêtre, achève le séminaire à Moscou, puis est nommé à Kagan en Ouzbékistan en 1964. Il réussit à construire une nouvelle église pour sa paroisse, mais est arrêté en 1969 et condamné à 3 ans d’internement pour « calomnies contre le pouvoir soviétique ». Il quitte les camps en 1972, avec une jambe en bois suite à un accident survenu en détention. Rattaché depuis 1976 au diocèse de Pskov, marié, avec 3 enfants, le père Paul est recteur de deux paroisses auprès desquelles il a organisé une école de direction de chœur et un orphelinat pour enfants handicapés. Il est aussi l’auteur de publications sur le droit canon et la vie de l’Eglise, et en particulier d’un ouvrage intitulé « Le Dogme de l’Eglise » (Dogmat o Tserkvi), en 2002, véritable manuel d’ecclésiologie et de droit canonique, qui est aussi une critique sans concession des récents statuts de l’Eglise de Russie (1998 et 2001). Ce travail a été complété par une étude intitulée « Juger sans rendre la justice », parue dans le numéro 189 du « Vestnik R.KH.D » (2005), consacrée au Règlement provisoire des tribunaux ecclésiastiques de l’Eglise de Russie.

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"Catholicité ou corporatisme" par le père Paul Adelheim

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Catholicité ou corporatisme ? " (Extrait d’une conférence préparée pour les conférences de la Nativité de 2006), père Paul Adelheim

Le père Paul Adelheim, né en 1938, est issu d’une famille allemande installée en Russie. Son grand père, un industriel, a été fusillé en 1938, son père en 1942. Lui-même fut élevé dans un orphelinat après l’arrestation de sa mère, qu’il rejoignit par la suite sur son lieu de relégation au Kazakhstan. Novice à la Laure de Kiev, puis étudiant au séminaire de Kiev, il en est exclu pour raisons politiques. Il devient prêtre, achève le séminaire à Moscou, puis est nommé à Kagan en Ouzbékistan en 1964. Il réussit à construire une nouvelle église pour sa paroisse, mais est arrêté en 1969 et condamné à 3 ans d’internement pour « calomnies contre le pouvoir soviétique ». Il quitte les camps en 1972, avec une jambe en bois suite à un accident survenu en détention. Rattaché depuis 1976 au diocèse de Pskov, marié, avec 3 enfants, le père Paul est recteur de deux paroisses auprès desquelles il a organisé une école de direction de chœur et un orphelinat pour enfants handicapés. Il est aussi l’auteur de publications sur le droit canon et la vie de l’Eglise, et en particulier d’un ouvrage intitulé « Le Dogme de l’Eglise » (Dogmat o Tserkvi), en 2002, véritable manuel d’ecclésiologie et de droit canonique, qui est aussi une critique sans concession des récents statuts de l’Eglise de Russie (1998 et 2001). Ce travail a été complété par une étude intitulée « Juger sans rendre la justice », parue dans le numéro 189 du « Vestnik R.KH.D » (2005), consacrée au Règlement provisoire des tribunaux ecclésiastiques de l’Eglise de Russie.

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Dimanche 24 décembre

Tropaire
de la Résurrection, t.3 : Que les Célestes soient en liesse !+ Que les
terrestres se réjouissent !+ Car le Seigneur a établi son Règne par son Bras,/
terrassant la mort par la mort, Lui le Premier-Né d’entre les morts.// Il nous
libère du ventre de l’enfer,/ et offre au monde la grande miséricorde.//

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26e dimanche après la Pentecôte

Tropaire
de la Résurrection en ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, + et ton corps
très pur gardé par les soldats, / Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur,
donnant la vie au monde. // C’est pourquoi les vertus célestes te crient : « ô
Donateur de vie, gloire à ta résurrection !+ Gloire à ton royaume !/ Gloire à
ton économie, seul Ami de l’Homme ! »//

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Jovan Nikoloski