21/08/2017
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Visite du patriarche oecuménique Bartholomée à Taizé

Le  le 25 avril  dernier, le patriarche oecuménique Bartholomée s’est rendu pour la première fois à Taizé. Par ce pèlerinage à Taizé, le patriarche Bartholomée a conclu sa visite pastorale en Suisse à l’occasion des 50 ans du centre orthodoxe de Chambésy. À cette visite ont assisté les frères, plusieurs évêques dont Mgr Emmanuel (Adamakis), prêtres orthodoxes, les représentants des Eglises locales, et les jeunes présents cette semaine-là à Taizé. Vous trouverez sur le site Internet de Taizé la parole d’accueil de frère Alois, les deux extraits vidéo de la prière commune, et ci-dessous l’allocution prononcée par le patriarche Bartholomée au cours de la prière commune.

“Éminences,
Excellences,
Cher Frère Alois,
Chers frères de la Communauté,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Le Christ est ressuscité !

Depuis de nombreuses années, nous avons éprouvé le désir de nous rendre à Taizé, ce siège d’un œcuménisme spirituel, ce creuset de la réconciliation, ce lieu de rencontre qui inspire, à la suite de l’extraordinaire vision du Frère Roger, son fondateur, le rapprochement des chrétiens.

Si c’est la première fois qu’un patriarche œcuménique de Constantinople visite votre communauté – nous sommes particulièrement heureux que cette opportunité nous ait été offerte – les liens de Taizé avec le Patriarcat œcuménique remontent loin dans le passé. En effet, dès 1962, Frère Roger avait une première fois visité feu le patriarche œcuménique Athénagoras, à Constantinople. Frère Roger est rapidement devenu un frère de cœur de l’orthodoxie, tant la mission œcuménique qu’il entendait porter embrassait largement toutes les familles du christianisme, chacune selon son identité propre. Nous croyons savoir que vous avez conservé jusqu’à aujourd’hui l’icône que le patriarche œcuménique Athénagoras lui avait confiée. Cette icône de la Mère de Dieu ne représente pas seulement l’esprit de fraternité que nous tentons de faire grandir à l’ombre de la protection de notre Mère commune, la Vierge Marie, mais plus généralement la perspective dans laquelle s’inscrit notre prière en faveur de l’unité des chrétiens. Comme pour marquer le lien indéfectible entre Taizé et l’orthodoxie, le 15 avril 1963, la première pierre d’une chapelle orthodoxe est posée à Taizé, confirmant par ce geste la présence immuable du christianisme d’Orient en ces murs.

Vous-même, cher Frère Alois, avez repris avec fidélité cette belle tradition nous unissant. Nous nous souvenons avec émotion de vous avoir reçu au Phanar au cours de la fête de la Nativité de notre Seigneur, voilà déjà douze années. À cette occasion nous avions pu vous témoigner notre vif attachement pour les réunions de jeunes que vous organisez régulièrement au tournant des années, comme pour attester que le passage du temps rapproche inexorablement les chrétiens divisés en les faisant progresser ensemble sur le chemin de l’unité. Chaque année, vous nous faites l’honneur de transmettre notre message aux participants des Rencontres européennes. Nous sommes tout particulièrement heureux de pouvoir nous adresser à cette jeunesse européenne et chrétienne qui, en l’espace de quelques jours, fait l’expérience, même imparfaite, de la communion à laquelle nous aspirons. Frère Roger n’aimait-il pas à dire : « Le Christ n’est pas venu sur la terre pour créer une nouvelle religion, mais pour offrir à tout être humain une communion en Dieu. » Mentionnons aussi les pèlerinages de confiance sur terre qui forment une importante part de votre chantier œcuménique.

Cher Frère Alois,

Aujourd’hui vous nous recevez dans cette belle église de la réconciliation. Le thème de la réconciliation est central dans le christianisme et il faut distinguer, à notre avis, trois niveaux de lecture. Le premier niveau est le rapport de la réconciliation de l’humain avec le divin. L’œuvre du Christ dans le monde est une œuvre de réconciliation qui va au-delà de la religion en tant que liant verticalement et horizontalement Créateur et créatures. La réconciliation en Christ place ce dernier au centre de ce qui fait l’humanité, en tant qu’image de Dieu et dans un rapport dynamique de ressemblance. Le Christ est réconciliation. Rappelez-vous les mots du saint apôtre Paul : « Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. » (2 Co. 5, 19) Il est d’ailleurs intéressant de noter que saint Paul, dans le verset précédent, parle même d’un « ministère de la réconciliation. » (2 Co 5, 18) La réconciliation est l’aune à partir de laquelle nous devons penser notre communion avec Dieu et notre unité en Église.

Le deuxième niveau découle directement du « ministère de communion » que nous venons de mentionner. De fait, il est plus œcuménique. Il répond à l’engagement pour l’unité des chrétiens dans laquelle s’inscrit l’action réconciliatrice que nous devons entreprendre. Si nous ne nous devions employer qu’une seule image, nous utiliserions celle de la guérison. Réconcilier en revient avant tout à guérir les maux de l’histoire, les cicatrices du temps, les incompréhensions mutuelles, les conflits de mémoire, les haines fratricides. En ce sens, la division entre chrétiens à laquelle nous entendons répondre en priant pour l’unité des Églises est une blessure spirituelle, aux responsabilités partagées – acceptées ou non. De fait, à l’ère œcuménique et à l’heure de la recherche de l’unité, il ne peut y avoir de réconciliation sans pardon. D’ailleurs, pour saint Jean Chrysostome, la réconciliation ne souffre pas l’attente. Si nous voulons être de véritables acteurs de réconciliation, nous devons prendre nos responsabilités, et être prêts à faire le premier pas.

Le troisième niveau est, quant à lui, plus global. L’amour du Christ, celui-là même qui nous presse vers cette réconciliation, englobe l’humanité tout entière. La réconciliation devient un agent de paix, un levier permettant de dépasser les antagonismes historiques, un moyen de neutraliser les polarisations du paysage social mondial et de désamorcer les conflits. La réconciliation est donc un enjeu global pour nos Églises et pour le monde en général. Permettez-nous de citer ce très beau texte luthéro-catholique, « Du conflit à la communion », qui en ce temps de commémoration du 500e anniversaire de la Réformation, rend parfaitement compte du cheminement spirituel et œcuménique que recouvre le principe de « réconciliation ». On y lit notamment : « L’engagement œcuménique pour l’unité de l’Église ne profite pas seulement à l’Église, mais aussi au monde, afin que le monde croie. Plus nos sociétés deviendront pluralistes en terme de religions, plus grande sera la tâche missionnaire de l’œcuménisme. Là aussi il convient de repenser les choses et de se repentir. » (par.243)

L’enjeu de la réconciliation nous dépasse, de même que nous dépasse l’événement historique qu’a vécu l’Église orthodoxe au cours du Saint et Grand Concile, réuni en Crète, en juin 2016. En effet, il ne s’agissait pas seulement d’étudier les thèmes à l’ordre du jour, aussi importants fussent-ils, mais il en allait de la réalité et de la place de l’orthodoxie tout entière dans le monde contemporain. À l’heure de la mondialisation, l’Église orthodoxe doit être capable de se doter d’outils lui permettant de répondre aux défis que lui pose la modernité. Le Saint et Grand Concile constitue un événement charnière, car il est à la fois un phénomène ecclésial de communion, qui manifeste l’unité de l’orthodoxie tout entière – cette unité n’est d’ailleurs pas remise en question par les Églises orthodoxes autocéphales qui n’y ont pas participé en raison du principe théologique de catholicité – et l’absolue nécessité d’une expérience conciliaire à l’échelle de la planète. La conciliarité, bien que traditionnelle dans l’orthodoxie au niveau local et régional, reste à (re)découvrir aujourd’hui à l’échelle mondiale. Aussi, nous rendons grâce à Dieu pour la tenue du Saint et Grand Concile et espérons que ce dernier n’est que le point de départ de l’exercice renouvelé de la conciliarité, comme le synonyme de la vie de l’Église. Comme nous pouvons le lire dans le Message du Saint et Grand Concile : « L’Église orthodoxe exprime son unité et sa catholicité dans le Concile. Sa conciliarité façonne son organisation, la manière par laquelle elle prend des décisions et la détermination de son destin. »

Chers amis,

Pour comprendre ce que représente Taizé pour l’Église orthodoxe, laissons un instant la place à Olivier Clément. Dans son bel ouvrage Taizé : un sens à la vie, le théologien orthodoxe ne considère pas Taizé comme une communauté au sens institutionnel, c’est aussi, pour ne pas dire avant tout, un événement. « L’événement Taizé » cristallise selon lui les aspirations d’une jeunesse en mal d’être, en mal de croire, en mal de vivre. « L’événement Taizé » agit comme une puissante parabole de conversion et de réconciliation, en mettant l’accent sur la vie intérieure qui permet d’entrer dans le mystère de l’unité, tout en s’inscrivant pleinement dans la vie du monde. Olivier Clément d’écrire en particulier : « La prière ne libère pas des tâches de ce monde : elle rend encore plus responsable. Rien n’est plus responsable que de prier. »

Ces paroles résonnent avec puissance dans la tradition orthodoxe et nous conduisent à approfondir le sens de la réconciliation au travers du mystère de la résurrection. Le temps liturgique dans lequel nous nous trouvons nous y invite d’autant plus fortement que nous touchons ici à la racine du mystère de la foi chrétienne. Saint Irénée de Lyon d’écrire : « Mais en fait, par la communion que nous avons avec lui, le Seigneur a réconcilié l’homme avec le Père, nous réconciliant avec lui-même par son corps de chair et nous rachetant par son sang… » (Adv. Haer. V, 14, 3)

Dans sa mort et sa résurrection, le Christ nous a réconciliés à Dieu. À l’heure où nous chantons les hymnes de Pâques, Orient et Occident chrétiens ensemble, continuons à prier pour que la lumière de la résurrection nous conduise sur le chemin de l’unité et de la communion.

Merci de nous accueillir aujourd’hui.

Le Christ est ressuscité !”

Source

 

Message de Pâques du patriarche oecuménique Bartholomée Ier – avril 2017

† Bartholomée par la grâce de dieu archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique que la grâce, la paix et la miséricorde du Christ glorieusement ressuscité soient avec tout le plérôme de l’Église

No de protocole 315

Frères et enfants bien-aimés dans le Seigneur ressuscité,

« En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) : c’est l’assurance que donne aux générations le Seigneur, le seul à avoir anéanti la mort par la mort. Christ est ressuscité ! Nous nous écrions, à notre tour, devant tous ceux qui sont proches et tous ceux qui se trouvent loin, depuis cette cour sacrée de la croix et de la détresse vécues dans le monde ; depuis cette cour qui est aussi celle de la Résurrection ; depuis ce coin de la terre, la ville de Constantin, d’où nous proclamons que « la vie règne », toute corruption, voire la mort elle-même étant dissipée.

Au cours de Sa présence corporelle, le Seigneur a souvent averti Ses disciples qu’ils seraient dans la détresse à cause de Son sacrifice sur la croix, sur le redoutable Golgotha ; à cause aussi de leur action sur terre – la leur, mais aussi celle de tous ceux qui allaient croire au Christ – moyennant cependant un détail significatif : « vous allez gémir et vous lamenter tandis que le monde se réjouira ; vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie (…) C’est ainsi que vous êtes maintenant dans l’affliction ; mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira » (Jn 16, 20-22).

Les premières à avoir vécu cette joie surnaturelle sont les femmes porteuses de parfums venues de grand matin au sépulcre du Dispensateur de vie, en entendant le Seigneur leur dire : « Je vous salue » (Mt 28, 9). Éprouvant cette même joie pascale, l’Église Mère de Constantinople déclare aujourd’hui d’une voix de stentor : « Voici le jour que le Seigneur a fait : qu’il soit notre bonheur et notre joie ! » (Ps 118 [117], 24). L’ultime ennemi, la mort, le chagrin, les problèmes, la corruption, la détresse, l’épreuve, sont dépouillés et anéantis par le Seigneur, le Dieu-homme vainqueur.

Nous vivons cependant dans un monde où les médias transmettent sans cesse des nouvelles pénibles faisant état d’attentats terroristes, de guerres locales, de phénomènes naturels désastreux, de problèmes dus au fanatisme religieux, à la famine, à la tragédie des réfugiés, à des maladies incurables, à l’indigence, à des désarrois psychologiques, au sentiment d’insécurité, avec leur cohorte de situations affligeantes.

Alors que nous sommes confrontés à ces « croix » quotidiennes que nous portons en nous répandant en « récriminations », notre Mère la sainte Église orthodoxe vient nous rappeler que nous pouvons être joyeux, car Christ notre chef a vaincu celles-ci, qu’il est le porteur de joie, celui qui « a illuminé l’univers ».

Notre joie est fondée sur notre certitude concernant la victoire du Christ. Nous avons la certitude absolue que le bien l’emportera, car le Christ est venu dans le monde « et il partit en vainqueur et pour vaincre » (Ap 6, 2). Le monde dans lequel nous vivrons éternellement c’est le Christ : la lumière, la vérité, la vie, la paix.

Malgré les croix et les détresses quotidiennes, l’Église Mère, la sainte Grande Église du Christ, ne vit que l’événement de la joie. Elle vit d’ores et déjà, dès la vie présente, le Royaume de Dieu. Depuis ce centre sacré de l’Orthodoxie, du tréfonds du Phanar supplicié, nous déclarons qu’« en cette nuit radieuse messagère du jour » la croix et la détresse prendront fin ; que l’humanité sera consolée de toute souffrance, grâce à la promesse dominicale : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14, 18). « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). C’est ce message que tous nous devons écouter, que notre contemporain doit écouter et s’abandonner pour voir le Christ marcher à ses côtés. Oui, Le voir à ses côtés. Et il ne Le verra que s’il écoute, s’il expérimente Sa parole.

La vie l’a emporté sur la mort, la lumière rayonnante de la bougie pascale, la Lumière sans déclin de la Résurrection, a vaincu les ténèbres du désordre et de la dissolution, des afflictions et des problèmes : c’est ce message que le Patriarcat œcuménique livre au monde entier, en invitant les êtres humains à en faire l’expérience. Il les appelle à se tenir avec foi et espérance devant le Christ ressuscité, devant le mystère de la vie ; il les appelle à se confier au Seigneur ressuscité qui tient les rênes de la création tout entière, le Seigneur de la joie et de l’allégresse.

Écrions-nous donc, frères et enfants : Christ est ressuscité ! Que la grâce et l’infinie miséricorde de notre Seigneur, maître de la vie et vainqueur de la mort, soient avec vous tous.

Phanar, saintes Pâques 2017 † Bartholomée de Constantinople votre fervent intercesseur dans le Christ Ressuscité

Le patriarche oecuménique Bartholomée a célébré hier à Éphèse dans les ruines de la basilique dédiée à saint Jean le Théologien

13177085_10208651901110455_1909133284084519487_nLe patriarche œcuménique Bartholomée a célébré le dimanche 8 mai la divine liturgie à l’occasion de la fête de saint Jean le Théologien dans les ruines de la basilique dédiée à ce saint à Éphèse. En visite dans la région  de l’Ionie (programme, en grec), le patriarche devait ce même jour inaugurer l’église récemment restaurée de Saint-Jean Prodrome à Sirince près d’Izmir, puis présider les vêpres dans l’ancienne basilique où a eu lieu le 3e Concile œcuménique à Éphèse en 431 et, enfin, célébrer de nouveau une liturgie lundi 9 mai en l’église des Saints Constantin et Hélène à Menemen, toujours dans la région d’Izmir.

Source (dont photographie) : Fanarion

Homélie du patriarche oecuménique Bartholomée lors de la liturgie célébrées par les primats des Églises orthodoxes réunis à Chambésy

Lors de la divine liturgie célébrée  le 24 janvier  dernier par les primats des Églises orthodoxes en l’église Saint-Paul à Chambésy, près de Genève, le patriarche œcuménique Bartholomée a prononcé l’homélie suivante :

“Chers frères dans le Christ,
Pendant des décennies, le Centre orthodoxe de Chambésy, sous la direction de feu le métropolite Damaskinos Papandreou de bienheureuse mémoire et aujourd’hui de son Éminence le métropolite Jérémie de Suisse, secrétaire de la préparation du saint et grand Concile a œuvré pour que d’une manière plus précise nous établissions la place et la vocation de l’orthodoxie dans le monde, reconnaissant l’évolution de notre paysage ecclésial et des transformations sociales. Ce temps de préparation était long. Il était néanmoins nécessaire pour permettre le déploiement d’une conscience synodale et catholique dans le cadre des fermentations panorthodoxes. Ces travaux servent déjà de lumière pour la vie de notre Église et constituent une source d’enrichissement spirituel.

Nous sommes aujourd’hui au carrefour de l’histoire. Car les immenses difficultés que rencontrent nos contemporains, exigent une responsabilité qui dépasse nos institutions ecclésiales. Le Christ est au centre de l’histoire. Le Christ est au cœur de la vie. Il chemine dans le temps. Il passe à côté de nous, comme à Jéricho à côté de l’aveugle. Selon la lecture évangélique de ce jour, l’entendons-nous, lui et sa foule ? Le voyons- nous, absorbés que nous sommes dans notre pauvreté et dans notre mendicité? Selon le commentaire de saint Éphrem le Syrien, «Quand Notre Seigneur vit que les yeux de son cœur étaient bien ouverts, et les yeux de son corps aveugles, il éclaira les yeux du corps, comme ceux du cœur, pour que, lorsque l’aveugle voudrait encore accourir à lui, il vît clairement son Sauveur. »

L’avènement du saint et grand Concile servira à porter le témoignage de l’unité de l’Église orthodoxe. Sa convocation, marquera une étape décisive dans la vie de notre Église. Le Concile ne se limite pas à l’événement en tant que tel, mais il doit être compris comme un processus englobant, qui se déploie aussi bien dans le passé que dans le futur. Nous sommes donc déterminés à proclamer le message de l’orthodoxie. Nous reconnaissons que l’unique manière de sortir des tentations confessionnelles isolationnistes passe par le dialogue dans un échange constant avec « l’autre », qu’il soit notre prochain, la société, les autres religions, ou encore la création tout entière. Car l’orthodoxie est une culture du dialogue à travers laquelle Dieu parle au monde. Dieu est identique à la Parole, comme nous le dit saint Jean le Théologien : « Au commencement était le Verbe, le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu» (Jn 1, 1). Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος καί ὁ Λόγος ἦν πρός τόν Θεόν, καί Θεός ἦν ὁ Λόγος.

Il est aussi de notre devoir, à la fois d’entendre et de dire cette parole de Dieu : en faveur des chrétiens persécutés, et des minorités qui à travers le monde sont en danger ; en faveur de ces centaines de milliers de réfugiés qui fuient la guerre et souffrent le déracinement ; en faveur de ces personnes les plus vulnérables, laissées pour compte ; en faveur des victimes du terrorisme et des fondamentalismes, qui utilisent et abusent de la religion pour des raisons politiques. Notre espoir est que ce Concile serve de catalyseur pour l’humanité tout entière, grâce à la force d’unité dont il sera porteur entre les Églises orthodoxes.
Aujourd’hui, nous posons un jalon historique. Et nous confions à la prière d’un plus grand nombre l’avènement du saint et grand Concile. Nous sommes attachés à la continuité théologique de notre foi en Jésus-Christ qui s’exprime à la fois par l’enseignement de l’Église apostolique et par celui des Pères de l’Église. Si notre tradition est riche et bien vivante, elle doit trouver les mots qui parlent aux défis de notre époque. Ce fut, en effet, l’intuition prophétique de notre prédécesseur le patriarche oecuménique Athénagoras lorsqu’il confia à Olivier Clément : « Le grand concile que nous préparons permettra au peuple de notre Église de mieux vivre sa foi. Il s’efforcera non seulement d’adapter à l’homme d’aujourd’hui notre tradition, mais de rendre à celle-ci sa force d’inspiration et de renouveau. Par là, il fera œuvre œcuménique. Le renouveau est inséparable du partage et de l’unité».

Source

Vidéo “Religion et liberté” par le patriarche oecuménique Bartholomée

Du 28 au 30 janvier 2014, le patriarche œcuménique Bartholomée est venu à Paris. Pendant sa visite pastorale, le premier jour, il s’est rendu à l’Académie des sciences morales et politiques où il a prononcé un discours intitulé : “Religion et liberté”. Le texte complet de l’intervention du patriarche Bartholomée est en ligne ici.

Le patriarche oecuménique Bartholomée donnera une conférence à Paris le 1er décembre qui aura pour thème “Une spiritualité de l’écologie”

9782204106559Le mardi 1er décembre, de 20 heures à 21h45, le patriarche oecuménique Bartholomée donnera une conférence au Collège des Bernardins à Paris sur le thème “Une spiritualité de l’écologie”. La rencontre sera animée par le journaliste et écrivain Patrice de Plunkett, auteur de plusieurs ouvrages sur le christianisme et l’écologie. Elle sera retransmise en direct sur KTO.

Italie: le patriarche oecuménique Bartholomée a reçu un doctorat honoris causa en “Culture de l’unité”

Patr stous Focolari 26-10-154Le 26 octobre, le patriarche oecuménique Bartholomée a reçu un doctorat honoris causa en “Culture de l’unité” de l’institut universitaire Sophia de Loppiano (Italie). A cette occasion, le pape lui a adressé un message dans lequel il salue l’action du patriarche pour l’unité. Deux vidéos de la remise du doctorat au patriarche Bartholomée sont en ligne sur cette page.

Photographie: Fanarion

Rencontre du patriarche oecuménique Bartholomée et du métropolite Hilarion de Volokolamsk à Athènes

timthumb.phpLe 19 octobre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rencontré à Athènes le patriarche oecuménique Bartholomée. “L’entretien a porté sur le bilan de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire, qui s’est achevée à Chambésy (Genève) le 17 octobre. Le métropolite Hilarion a souligné que l’Église orthodoxe russe prenait une part active au processus de préparation du Concile panorthodoxe et accordait une grande importance à l’élaboration méticuleuse des projets de documents conciliaires. Le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a fait part à Sa Sainteté le patriarche Bartholomée de sa profonde préoccupation quant à la situation en Ukraine, où les schismatiques se sont emparés de plus de vingt églises de l’Église orthodoxe canonique. On recense des cas d’assassinats et de violences à l’encontre des clercs de l’Église orthodoxe ukrainienne. Mgr Hilarion s’est dit indigné par les agissements de hiérarques ukrainiens des structures ecclésiales du Patriarcat de Constantinople aux États-Unis et au Canada, qui visent à soutenir les schismatiques.”

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Allocution du patriarche oecuménique Bartholomée lors du “Sommet des consciences” pour le climat

sommetLe patriarche œcuménique Bartholomée a prononcé, ce matin à Paris, son allocution lors du Sommet des consciences sur le climat (1). À son arrivée hier, le 20 juillet dans la journée, le patriarche a rencontré Mgr Job de Telmessos et le soir a participé avec les autres intervenants, au dîner organisé au palais d’Élysée par le président de la République François Hollande. Voici, ci-dessous, le texte de son allocution lors de ce sommet.

“Paris, le 21 juillet 2015

Monsieur François Hollande, Président de la République,
Monsieur Michael D. Higgins, Président de l’Irlande
Son Altesse Sérénissime, le Prince Albert II de Monaco
Monsieur Kofi Annan, Président de « The Elders », Président de la  « Fondation Kofi Annan », Ancien Secrétaire-Général des Nations Unies
Monsieur Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental
Cher Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète,
Éminences,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les représentants des cultes,
Mesdames et Messieurs,

Dans un appel vibrant lancé à partir de Manille, conjointement par les autorités françaises et philippines, en février 2015, nous étions tous individuellement et collectivement appelés à agir en faveur du climat. Aujourd’hui plus que jamais nous rappelons l’urgence d’une justice globale, d’une solidarité financière et technologique mondiale. L’appel se terminait de la sorte : « Nous appelons (…) tous les acteurs, les États (…) et les citoyens à jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la réduction des risques de catastrophes naturelles liées au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coopération. »

Comme vous vous en souvenez certainement nous avions eu l’honneur de vous accompagner, Monsieur le Président, lors de cet indispensable déplacement. Nous avons pu voir de nos yeux les effets destructeurs des bouleversements climatiques qui touchent les populations les plus vulnérables, notamment en Asie. Nous avons touché de nos doigts les plaies ouvertes, fraichement mais durablement, d’une terre en révolte contre l’égoïsme aveugle de l’humanité. Les plus sceptiques n’auraient pas été moins convaincus que saint Thomas lui-même. L’exclamation apostolique « mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28) jaillit alors de nos bouches, non seulement comme un cri d’alerte, mais aussi comme un éveil à l’espérance. L’impérieuse mission des religions en général, et du christianisme en particulier, tient à cette force transfiguratrice de la foi faisant de tout danger un appel à la conversion des cœurs.

Les décennies d’expérience du Patriarcat œcuménique en matière de protection de l’environnement ont montré que la question du salut n’est pas indépendante du traitement de la création. Dans cette attention particulière se rejoignent le séculier et le spirituel. Distinguant ce qui relève du monde, au sens du saint apôtre Paul, et ce qui relève de la création du monde, la tradition orthodoxe est attachée au déploiement du mystère de la grâce dans cette dernière, faisant de toute chose un sacrement du Royaume.

Certains pourront s’interroger sur la nécessité de convier des responsables religieux à une réflexion trop souvent dépréciée à cause de sa technicité, voire culpabilisante en raison des conséquences de nos actes. Le sens de l’implication des religions dans ce crucial combat pour la sauvegarde de notre planète est triple : éduquer, convertir et glorifier.

Par éduquer, nous entendons prolonger la dialectique entre foi et raison, c’est-à-dire articuler des éléments de connaissance rationnelle aux inspirations de l’âme. Les questions environnementales sont au carrefour de cette attention. Ainsi, les données scientifiques sur la biodiversité, le réchauffement climatique, l’accroissement de la misère et des injustices environnementales, la sécurité alimentaire, etc., viennent compléter la vision théologique, trop souvent statique, d’un monde en constant changement.  Mais sortant de ce simple constat, il est de notre mission d’offrir, à partir de cette base, une herméneutique de la création qui affirme l’interdépendance de l’humanité et de la nature. C’est la raison pour laquelle, le Patriarcat œcuménique n’a pas uniquement institué le 1er septembre de chaque année comme journée de prière pour l’environnement, mais il organise aussi des séminaires et des sommets rassemblant théologiens et scientifiques afin de débattre. Le dernier Sommet en date s’est tenu sur l’île de Halki en Turquie, du 8 au 10 juin 2015. Il était intitulé « Écologie, théologie et art ». Nous y avions notamment invité des artistes afin qu’ils puissent apporter leur expertise esthétique sur le sens de la beauté dans la création. En effet, Dostoïevski n’écrit-il pas : « La beauté sauvera le monde » ?

Par convertir, il faut comprendre la conversion de l’être intérieur comme le point de départ d’une conversion extérieure. Les scientifiques mettent inlassablement en avant la nécessité d’un changement radical de nos modes de vie afin de limiter les actions polluantes qui influent sur les changements climatiques. Il s’agit ici d’une réalité que le christianisme appelle « metanoia », un retournement tout entier de l’être. Ce dernier encourage, dans la tradition patristique des Pères du désert – ces spirituels qui ont forgé à travers des siècles d’expérience ascétique un regard vrai sur l’humanité – à constamment interroger la nécessité de nos besoins, afin de dissocier ce qui relève de la convoitise et ce qui relève du bien. L’éthique et la morale ne sont pas très loin et doivent permettre l’émergence des droits de la terre elle-même. Tel est le sens de l’effort qui est attendu de nous : sortir de l’égoïsme dans lequel l’inertie de nos habitudes nous a fait tomber, et découvrir la sobre liberté que nous apporte la conversion du cœur.

Enfin, par glorifier, nous en revenons au fondement même de notre mission spirituelle. Enfant déjà, sur notre île natale d’Imbros, aujourd’hui Gökçeada, au large d’Istanbul, nous étions subjugué par cet environnement sauvage et puissant, sans cesse renouvelé par la force vivifiante des vents qui, combinée à l’action bouleversante de la mer, nous a fait prendre conscience d’une double réalité : que la puissance de l’humanité est inversement proportionnelle à la puissance de la nature. Aussi, pour résoudre cette relation antinomique ne devons-nous pas devenir les maîtres de la création, mais bien plutôt libérer cette création d’un agir humain dominateur dans un mouvement d’action de grâce qui se révélerait à travers les gestes quotidiens que nous y posons.

Tels sont les trois engagements indispensables pour une spiritualité écologique réelle.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Dernièrement, Sa Sainteté le Pape François, dans son Encyclique Laudato Si abondait dans le sens d’une spiritualité écologique de conversion : « En premier lieu, la conversion implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses même si personne ne les voit ou ne les reconnaît » (§ 220). Cette Encyclique apparaît tout juste une année après notre rencontre à Jérusalem, commémorant les retrouvailles historiques de Sa Sainteté Pape Paul VI et de Sa Sainteté du Patriarche œcuménique Athénagoras, en 1964, dans ce même lieu. L’an dernier, nous avions découvert dans Sa Sainteté le Pape François un frère d’âme dans sa sensibilité affichée et assumée à l’égard de la création. Aussi, avions-nous tenu l’un et l’autre à ce que les relations entre les Églises Sœurs de Rome et de Constantinople approfondissent leur engagement commun en faveur de notre maison commune par la prière et l’action. Parce que les questions environnementales sont globales, elles se déclinent parfaitement dans l’espace œcuménique et constituent un enjeu central en faveur de l’unité des chrétiens.

Alors : «  Why do we care? ». Notre époque fait face à un défi unique. Jamais dans le passé, durant la longue histoire de notre planète, les hommes et les femmes ne se sont trouvés à ce point si « développés » qu’ils ont pu rendre possible la destruction de leur propre environnement et de leur propre espèce. Jamais auparavant, dans la longue histoire de cette planète, les écosystèmes de la terre ne furent confrontés à des dégâts quasi irréversibles d’une telle ampleur. C’est pourquoi il est de notre responsabilité de répondre à ce défi de façon univoque, afin de remplir notre devoir envers les générations à venir. Voilà pourquoi nous devons nous engager.

Dans cette perspective, une alliance entre l’écologie contemporaine, en tant que recherche scientifique pour la protection et la survie de l’environnement naturel, et la théologie, en tant que réflexion métaphysique sur des sujets religieux, est nécessaire pour cerner la profondeur spirituelle des questions cruciales de notre temps. C’est pourquoi nous vous invitons toutes et tous, vous qui êtes déjà sensibilisés à ces questions, à être les porte-voix de cet appel des consciences pour le climat.

Avant de terminer cette modeste intervention, nous tenons à féliciter les autorités françaises pour les nombreuses initiatives mises à l’œuvre en vue de la réunion de la COP21 qui se tiendra à Paris à la fin de cette année. Le Patriarcat œcuménique y est tout particulièrement attaché et y apporte son indéfectible soutien. Notre responsabilité est à la hauteur de l’urgence. Telle est la raison d’être de notre engagement.”

Source: Patriarcat oecuménique

Photographie ci-dessus: Présidence de la République française

Vient de paraître: “Et Dieu vit que cela était bon” par le patriarche oecuménique Bartholomée aux éditions du Cerf

9782204106559En librairie à partir d’aujourd’hui: Et Dieu vit que cela était bon par le patriarche œcuménique Bartholomée aux éditions du Cerf (64 pages, prix: 4 euros, couverture ci-contre). Présentation de l’éditeur: “Il est urgent de redonner un visage humain à notre planète.” Le patriarche œcuménique Bartholomée, primat de l’Église orthodoxe, est aussi universellement connu pour son engagement, depuis des décennies, en faveur de la défense de l’environnement qui lui a valu le surnom de « patriarche vert ». Parmi ses écrits sur l’écologie, cette adresse concerne tout particulièrement « la sauvegarde de la maison commune ».”

La traduction française de l’entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée publié par “La Civiltà Cattolica”

CBlsKuCVEAAhcW9Une exclusivité d’Orthodoxie.com. Nous vous proposons la traduction française de l’entretien avec le patriarche œcuménique Bartholomée réalisé par Antonio Spadaro S.I. et paru dans La Civiltà Cattolica le 4 avril (version italienne, version anglaise). Orthodoxie.com remercie vivement le père Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica, pour l’autorisation de publier la traduction française. Le père jésuite Antonio Spadaro (1) est également l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur la communication (un exemple en français, le blog dédié). Il est consultant au Conseil pontifical pour la culture ainsi qu’au Conseil pontifical pour les communications sociales. En 2013, il a réalisé la première longue (30 pages) interview du pape François publiée simultanément dans les revues culturelles jésuites de 16 pays d’Europe et d’Amérique (version française).

Pour lire la traduction française de l’entretien avec le patriarche Bartholomée, cliquez sur ce lien.

Photographie, de gauche à droite: le père Antonio Spadaro, le patriarche Bartholomée, le pape François (source).

Un entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée

CBlsKuCVEAAhcW9La revue italienne La Civiltà Cattolica vient de publier un entretien avec le patriarche œcuménique Bartholomée. Il a été réalisé par le directeur de la revue, le père jésuite Antonio Spadaro, un spécialiste de la communication. La version italienne de l’entretien est ici, la version anglaise .

Photographie, de gauche à droite: le père Antonio Spadaro, le patriarche Bartholomée, le pape François (source).

Patriarche oecuménique Bartholomée Ier – discours catéchétique en ouverture du saint et grand Carême

Discours catéchétique en ouverture du saint et grand Carême,
† Bartholomée, par la grâce de Dieu, archevêque de Constantinople-Nouvelle Rome et patriarche œcuménique,
à tout le plérôme de l’Église,
que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que notre prière, bénédiction et absolution soient avec vous !

« Il est ouvert, le stade des vertus, y entrent ceux qui veulent s’exercer. »

(Dimanche des laitages, laudes.)

Frères et enfants bien-aimés dans le Seigneur,

Notre Seigneur Jésus Christ nous greffe dans Son corps et nous appelle à devenir saints, « car, dit-Il, je suis saint » . Notre Auteur souhaite que nous soyons en communion avec Lui pour bénéficier de Sa grâce, c’est-à-dire pour participer à Sa sainteté. La communion avec Dieu est vie de pénitence et de sainteté, alors que l’éloignement de Lui, le péché, est assimilé par les Pères de l’Église à la « méchanceté du cœur ». Le « péché ne procède pas de la nature, mais de la mauvaise volonté » ou de l’esprit mauvais et « nul, s’il professe la foi, ne pèche » , selon saint Ignace le Théophore.

La sainteté est un attribut du Seigneur, Lui « qui offre et qui est offert, qui reçoit et qui est distribué ». L’officiant qui, par grâce, célèbre le sacrement de la divine eucharistie offre aux croyants « les choses saintes aux saints », le Corps et le Sang du Christ. En réponse à son offrande, il reçoit immédiatement celle du plérôme des orthodoxes: « Un seul est saint, un seul est Seigneur : Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père », «partout mangé et jamais consommé, mais qui sanctifie ceux qui le reçoivent ».

Dans la lutte de l’être humain pour parvenir à la ressemblance de Dieu – raison pour laquelle il fut créé, c’est-à-dire pour obtenir la sainteté –, ne cherchant que le salut de l’homme, l’Église orthodoxe une, sainte, catholique et apostolique « a divinement institué » une période annuelle spécialement consacrée à la prière et à la supplication pour apaiser les passions de l’âme et du corps.

La période qui commence demain c’est la préparation salutaire à « la grande et très sainte Pâque du Christ ». C’est le saint et grand Carême que nous devons vivre « en apportant notre supplication et en implorant le pardon », pour participer véritablement à la sainte Pâque « avec tous les Saints », devenant « saints », confessant devant Dieu et les hommes notre condition de « vases d’argile » brisés quotidiennement par le malin « tombant et nous relevant ». Autrement dit, confesser notre imperfection et faiblesse humaine, ainsi que notre nullité devant Dieu. Faire pénitence et répéter, matin et soir, en tout temps et en toute heure, que, bien qu’étant « saints » par le baptême, « Un seul est Saint, un seul est Seigneur : Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père ».

Or, nous appelons tous les orthodoxes, croyants, ecclésiastiques, moines et moniales, frères, sœurs et enfants, de transformer notre vie, toujours, mais tout particulièrement durant cette période du saint et grand Carême. De nous préparer, par un effort de charité envers notre prochain, à communier avec le Seigneur d’une façon plus réelle encore au jour sans déclin de son Royaume : « la Pâque nouvelle ». Nous vous invitons tous à une vie de sainteté et de combat spirituel pour qu’il soit accordé au monde et à vous – comme un « don de valeur » et un « cadeau parfait » – la possibilité de vaincre le péché. Car « quiconque est né de Dieu ne commet plus le péché (…) et il ne peut plus pécher, parce qu’il est né de Dieu » .

Entrons donc de tout cœur, sans nous assombrir, mais joyeux et radieux, dans le stade spirituel des vertus. Revêtons les armes de Dieu : « la lumière de la charité, l’éclat de l’oraison, la pureté de cœur et l’énergie des forts » . Soyons les compagnons de route du Seigneur en L’implorant de « nous préserver du péril que nous encourrons du fait de nous être séparés de Lui » ; de nous accorder de « nous hâter noblement, le troisième jour, vers la sainte Résurrection qui répand sur l’univers son immortelle clarté » .

Frères et enfants dans le Christ,

Étant une période de préparation et de pénitence, le saint et grand Carême est la voix de notre conscience, intérieure et indicible : un jugement personnel. Lorsqu’elle nous trouve en faute, elle proteste énergiquement, puisque « dans le monde, il n’y a rien de plus virulent », selon saint André de Crète, héraut de la pénitence en tant qu’expérience vécue. Dès lors, par la pénitence, nous devons nous efforcer d’être en paix avec notre conscience pour « offrir l’holocauste mystique des fruits brûlés au feu de notre conscience » , immolant nos passions comme sacrifice d’amour pour notre prochain, à l’instar du Seigneur qui se sacrifia pour « la vie et le salut du monde ». Ce n’est qu’alors que le pardon jaillira du tombeau pour nous aussi et que l’humanité vivra dans le respect mutuel et l’amour, sans les atrocités qui sévissent dernièrement dans le monde. Dans ce combat, nous avons comme alliés et intercesseurs tous les Saints, surtout la très-sainte Mère de notre Seigneur qui, par ses prières, « purifie la conscience ».

Dès lors, comme père spirituel des croyants orthodoxes à travers le monde, nous vous exhortons et vous prions de vous hâter d’entrer dès demain dans le stade des vertus « sans pensées absurdes ni actes illicites » ; marchant dans la Grâce, de purifier les consciences, « affermis » par la pénitence, dans la certitude que la lumière de la Résurrection du Seigneur brillera finalement sur les cieux et la terre, ainsi que sur toute chose « visible et invisible ».

Et « nous tenant devant les portes du sanctuaire du Seigneur », à condition de nous comporter dignement, nous serons revêtus d’une tunique de lumière imitant le Christ et serons gratifiés du « breuvage nouveau » puisé dans la Source d’incorruptibilité, goûtant à la joie du vivifiant tombeau du Seigneur et nous pressant dans l’église jusqu’à « l’autel » où le « redoutable mystère » est célébré. Ainsi soit-il.

Saint et grand Carême 2015

† Bartholomée de Constantinople, fervent intercesseur devant Dieu de vous tous.

Source

Patriarche oecuménique Bartholomée : « La déification dans la tradition orthodoxe »

Nous vous proposons ci-dessous la traduction de la conférence du patriarche œcuménique Bartholomée « La déification dans la tradition orthodoxe », prononcée à l’université de Louvain (KU Leuven) le 29 janvier dernier.

LA TRANSFIGURATION DU MONDE ENTIER
Implication contemporaine de la doctrine orthodoxe de theosis
Patriarche œcuménique Bartholomée

(i) Introduction: La théologie en contexte postmoderne
C’est pour nous une joie sincère et un privilège de nous adresser à l’Institut pour l’étude de la spiritualité et la Faculté de Théologie et d’Etudes religieuses –en particulier le Groupe de recherche en contexte postmoderne – de la Katholieke Universiteit Leuven. Nous nous remémorons avec grande joie et gratitude avoir reçu un doctorat honoris causa de votre honorable institution il y a une vingtaine d’années, une distinction qui nous honore particulièrement. Cette relation encourage un plus grand et constant engagement en vue d’une coopération interdisciplinaire et interreligieuse pour résoudre les défis sociaux et politiques cruciaux de notre temps.
C’est ainsi que nous concevons votre conférence consacrée à la theosis, car vous cherchez à accroître le dialogue entre les Eglises d’Orient et d’Occident. En outre, c’est aussi la manière dont nous entendons “faire de la théologie dans un contexte postmoderne.” Nous sommes convaincus que le thème de votre conférence conduit à une plus large évaluation des questions globales auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés eu égard aux droits de l’homme et de la liberté religieuse. Le thème de la divinisation a lui aussi des implications socio-politiques plus larges, qui transcendent l’aspect religieux proprement dit pour s’étendre aux questions globales comme la crise environnementale. La mystique, en effet, ne peut être simplement réduite à une expérience individuelle ou une expression spirituelle.
En pressentant et en affirmant qu’il existe un lien essentiel et vital entre la théologie mystique, la recherche académique et les questions mondiales, nous ne déprécions pas l’importance transformatrice du concept de divinisation ni ne diminuons l’influence, sur le plan de la formation, qu’exercent les études dans un cadre universitaire. Nous mettons simplement en exergue l’interrelation critique de tous les domaines et disciplines afin de répondre et de résoudre les questions qui touchent notre monde. Ce que le mystique accomplissait au moyen-âge dans sa cellule monastique ; ce que le savant poursuit dans la bibliothèque de cette université catholique ou toute autre université ; et ce à quoi tout citoyen de notre société globale appelle en matière de compréhension mutuelle et la tolérance respectueuse ; tout cela est intégralement et inséparablement lié. Cest précisément pour cette raison que nous avons accepté avec plaisir l’invitation à participer à votre conférence “Mystical Theology Network”. C’est ce que nous espérons vous transmettre par notre modeste contribution.

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Une présentation du livre du patriarche oecuménique Bartholomée intitulé “A la rencontre du mystère”

9782204095150Mgr Job de Telmessos a présenté le 4 décembre dernier, au siège du Conseil œcuménique des Églises à Genève, le livre du patriarche œcuménique Bartholomée intitulé A la rencontre du mystère – Comprendre le christianisme orthodoxe aujourd’hui, paru aux éditions du Cerf en 2011 dans la collection “Orthodoxie“. L’archevêque Job est lui-même le traducteur, de l’anglais, de l’ouvrage. Le texte de son allocution, prononcée en présence du patriarche Bartholomée, est en ligne sur cette page.

Te Deum en la cathédrale Saint-Stéphane à l’occasion de la fête patronale du patriarche oecuménique Bartholomée 1e

A l’occasion de la fête onomastique du patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée 1er, un Te Deum a été célébré le 13 juin. Nous vous invitons à visualiser l'enregistrement vidéo de cet évènement.

Radio (RTBF): “le patriarche oecuménique Bartholomée rencontrera bientôt le pape François à Jérusalem”

Pour écouter l'émission de radio, sur RTBF-La Première, consacrée à la prochaine rencontre à Jérusalem du patriarche oecuménique Bartholomée avec le pape François, cliquez sur ce lien. Une émission produite et présentée par le métropolite Athénagoras de Belgique.

La traduction française du message du patriarche oecuménique Bartholomée sur la situation en Ukraine

Le site de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale a mis en ligne la traduction française du message du patriarche oecuménique Bartholomée sur la situation en Ukraine. D'autre part, une pannychide (office des défunts) aura lieu dimanche 22 février après la divine liturgie, en mémoire des personnes tuées lors des récentes manifestations, en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris, où par ailleurs on prie depuis plusieurs semaines pour l’Ukraine et le rétablissement de la paix dans ce pays. L’archevêque Job invite les autres paroisses de l’Archevêché à faire de même.

Ci-dessous: le texte du message du patriarche Bartholomée.

Enfants et amis bien aimés en Ukraine et à l’étranger,

C’est avec le cœur lourd que nous suivons les événements de plus en plus tragiques qui se déroulent en Ukraine ces dernières semaines. Nous considérons nos frères et sœurs en Ukraine comme notre propre chair et sang. « Nous endurons les mêmes souffrances que vous endurez et œuvrons avec vous pour votre joie », comme le dit saint Paul.

En tant que patriarche oecuménique, il est de notre haute responsabilité d’appeler à la paix les autorités, dans une nation démocratique et indépendante où ses élus, tant au gouvernement que dans l’opposition, ont l’ultime responsabilité de protéger la dignité de la vie humaine parmi ses citoyens. Il ne saurait y avoir de place pour la brutalité et le bain de sang dans une nation démocratique au XXIe siècle. En tant qu’évêque orthodoxe, nous sommes obligés par notre devoir pastoral et spirituel de dénoncer toute violence et agression parmi la police et les manifestants qui ont conduit à la perte injustifiée de vies innocentes. Tous les partis doivent choisir à tout prix le dialogue plutôt que le désordre, et la médiation plutôt que la force. Il n’y a nulle place pour l’abus de pouvoir dans une nation dont les racines chrétiennes remontent au premier millénaire.

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Un message du patriarche oecuménique Bartholomée sur la situation en Ukraine

Hier, dans un message, le patriarche oecuménique Bartholomée a appelé à la paix et au dialogue en Ukraine pour trouver une solution pacifique et raisonnable à la situation actuelle. Il souligne notamment: "Il n'y a pas de place pour la brutalité et l'effusion de sang dans un pays démocratique au XXIe siècle". Il a ajouté: "Toutes les parties doivent à tout prix choisir le dialogue sur le désordre et la médiation sur la force".

Source: Patriarcat oecuménique de Constantinople

Paris: rencontre de Nicolas Hulot et du patriarche oecuménique Bartholomée

N_Hulot_et_patriarcheNicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, a rencontré le patriarche oecuménique Bartholomée à l'occasion de son séjour à Paris, du 28 au 30 janvier. Sur son site (d'où la photographie ci-contre), il précise: "Cette rencontre a permis à l’Envoyé spécial de rendre hommage à l’action accomplie et d’appeler à la mobilisation de tous en faveur d’un “geste symbolique” des Églises avant la tenue de la COP 21 qui se tiendra à Paris en 2015."

 

Visite du patriarche oecuménique Bartholomée à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris

Le 29 janvier, le patriarche oecuménique s'est rendu dans la matinée à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris. L'allocution de Mgr Job de Telmessos et la réponse du patriarche sont en ligne ici et un album de photographies là.

Visite du patriarche oecuménique Bartholomée à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris

Le 29 janvier, le patriarche oecuménique s'est rendu dans la matinée à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris. L'allocution de Mgr Job de Telmessos et la réponse du patriarche sont en ligne ici et un album de photographies là.

Paris: rencontre du patriarche oecuménique Bartholomée avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius

29_01_2014Hier, le patriarche oecuménique Bartholomée a rencontré à Paris le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Le communiqué du Quai d'Orsay rapporte: " Cet entretien a permis de réaffirmer les liens étroits d’amitié et de confiance qui existent entre la France et le Patriarcat œcuménique et de procéder à un tour d’horizon des enjeux d’intérêt commun, notamment les questions européennes et la situation des chrétiens d’Orient."

Source (dont photographie): ministère des Affaires étrangères

Paris: rencontre du patriarche oecuménique Bartholomée avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius

29_01_2014Hier, le patriarche oecuménique Bartholomée a rencontré à Paris le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Le communiqué du Quai d'Orsay rapporte: " Cet entretien a permis de réaffirmer les liens étroits d’amitié et de confiance qui existent entre la France et le Patriarcat œcuménique et de procéder à un tour d’horizon des enjeux d’intérêt commun, notamment les questions européennes et la situation des chrétiens d’Orient."

Source (dont photographie): ministère des Affaires étrangères

Paris: rencontre du patriarche oecuménique Bartholomée avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius

29_01_2014Hier, le patriarche oecuménique Bartholomée a rencontré à Paris le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Le communiqué du Quai d'Orsay rapporte: " Cet entretien a permis de réaffirmer les liens étroits d’amitié et de confiance qui existent entre la France et le Patriarcat œcuménique et de procéder à un tour d’horizon des enjeux d’intérêt commun, notamment les questions européennes et la situation des chrétiens d’Orient."

Source (dont photographie): ministère des Affaires étrangères

Message de Carême du patriarche oecuménique Bartholomée

Barth

 + Bartholomée par la grâce de Dieu archevêque de Constantinople – la nouvelle Rome et patriarche oecuménique à tout le plérôme de l'Eglise, grâce et paix de notre Sauveur et seigneur Jésus-Christ, et de nous, prières, bénédiction et pardon

« Accueillons avec joie, fidèles, l’annonce divinement inspirée du carême ».

 Chers frères en Christ et enfants dans le Seigneur,

Ces derniers temps, nous observons un essor d’inquiétudes. De nombreux problèmes surgissent. Le monde souffre et demande de l’aide. Nous traversons réellement une épreuve générale. Certains l’appellent « dépression économique », d’autres, « crise politique ». Pour nous, il s’agit d’une déviation spirituelle. Et il existe une thérapie. Beaucoup de solutions sont données et l’on entend divers points de vue. Mais les problèmes restent. L’homme se sent abandonné et seul. Sa nature la plus profonde est ignorée. Il reste dans la tristesse de la confusion et du désespoir. Les solutions proposées, peu importe leur direction et leur issue, ne libèrent pas l’homme, car pour commencer elles le laissent captif de la corruption et de la mort. L’Église est le Seigneur Dieu-homme Lui-même, le libérateur de nos âmes. En entrant dans l’espace de l’Église, l’homme entre dans l’atmosphère de la consolation divine, de la réconciliation du ciel et de la terre.

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Les messages du patriarche oecuménique Bartholomée et du patriarche russe Cyrille pour le rassemblement de Taizé à Berlin

Les extraits des messages du patriarche oecuménique Bartholomée et du patriarche russe Cyrille pour le rassemblement de 30 000 jeunes Européens à Berlin, organisé par la communauté de Taizé, du 28 décembre au 1er janvier, se trouvent sur cette page.

Une rencontre du président ukrainien et du patriarche oecuménique Bartholomée au Mont Athos

Le président de l'Ukraine, Victor Yanukovitch, selon certaines sources, aurait rencontré le patriarche oecuménique vendredi 7 octobre à Karyès au Mont Athos. Aucun détail de cette rencontre n'a été donné. Le président ukrainien, à l'occasion d'un voyage officiel en Grèce, a effectué une visite privée au Mont Athos.

Source: Kyiv Post

Message du patriarche oecuménique Bartholomée à l’occasion du jour de la nouvelle année ecclésiastique

Le 1er septembre est le jour de la nouvelle année ecclésiastique dans l'Église orthodoxe. A cette occasion, le patriarche oecuménique adresse son message, que vous pouvez télécharger, sous format PDF, en cliquant ICI !

Inauguration d’un parc écologique sur l’île d’Imbros par le patriarche oecuménique Bartholomée

Le 23 août, le patriarche oecuménique Bartholomée a inauguré le parc écologique Saint-Théodore dans l'île d'Imbros. Deux vidéos de cet évènement peuvent être visionnées sur Youtube: 1, 2.

Source: Amen

Turquie: un développement dans le procès jugeant la tentative d’assassinat contre le patriarche oecuménique Bartholomée

" Un procès pour complot d’assassinat à Istanbul du chef spirituel des chrétiens orthodoxes a été relié au procès en cours d‘Ergenekon, un réseau criminel soupçonné d’avoir voulu renverser le gouvernement turc.
La décision de fusion des procès a été annoncée jeudi (5 mai, ndlr) lors de l’audience dans le cadre du procès pour la tentative d’assassinat du patriarche grec orthodoxe, Bartholomée. Le procès se déroule devant la 9e haute cour criminelle d’Istanbul. (…) On pense que le complot pour tuer Bartholomée fait partie du plan d'action de l'opération Cage, un complot subversif conçu par des officiers militaires qui cherchaient à saper le gouvernement en faisant assassiner des non-musulmans et en commettant d’autres actes de terreur. Le plan Cage aurait été mis en place sur ordre d'Ergenekon. Les documents du plan Cage qualifient spécifiquement "d’opération" les meurtres du journaliste arméno-turc Hrant Dink, du prêtre catholique Andrea Santoro et de trois chrétiens à Malatya. "

Source et suite: collectif Van (traduction française d'un article (2ème article) en anglais publié le 5 mai dans le quotidien turc Today’s Zaman)

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Jovan Nikoloski