Après deux acquittements prononcés par le tribunal d’instance de Veles (avril 2006 et avril 2007) et après le refus d’extradition et l’acquittement prononcé par la cour d’Appel de Sofia (République de Bulgarie, janvier 2011), S.B. l’archevêque d’Ohrid et métropolite de Skopje, Mgr Jean, sur la demande insistante du synode de « l’Eglise orthodoxe de Macédoine » schismatique, a été à nouveau arrêté et incarcéré à la prison centrale d’Idrizovo. Il y a plus de dix ans, les tribunaux de la République de Macédoine et l’Église schismatique de Macédoine, ont commencé des procès montés et une persécution des organes de l’État contre l’archevêque Jean, uniquement pour ses diverses convictions religieuses, raison pour laquelle Amnesty international, en 2005 déjà, l’avait proclamé « prisonnier de conscience ».À l’occasion de cette dernière arrestation, le 17 février 2012, après plus de deux mois passés dans la prison d’Idrizovo, l’archevêque Jean a été transféré au centre de détention provisoire de Šutka, où une peine de détention préventive d’un mois lui a été signifiée. On s’attendait à ce que la demande de libération soit acceptée car, conformément à la loi, pour l’infraction dont il est accusé, une peine carcérale n’est pas prévue, et aussi que l’archevêque Jean ait la possibilité de se défendre en liberté. Cependant, sur l’insistance de l’Eglise schismatique de Macédoine, qui a initié la procédure susmentionnée, au dernier moment, le 17 mars 2012, par un téléfax à la prison de Šutka est signifié l’acte selon lequel la détention de l’archevêque est prolongée d’un mois encore, c’est-à-dire jusqu’au 17 avril 2012, soit après Pâques.
Nous avons appris par les conseillers juridiques qui, de par leurs obligations professionnelles, ont eu la possibilité et ce une seule fois, de rendre visite à l’archevêque, qu’on lui a ôté les lacets de ses chaussures, qu’il n’a pu parler seulement à travers une cloison en verre, qu’il n’a pas la possibilité de recevoir la visite de ses proches, qu’il est privé de la possibilité de prendre soin de sa santé en temps opportun et de prendre des médicaments, que la nourriture de carême qui lui a été envoyée, a été retournée, et qu’il ne lui est pas permis de recevoir la sainte Communion… Malgré cela, l’archevêque Jean est plein d’espoir et d’humeur joyeuse, et envoie sa bénédiction archipastorale aux fidèles de l’Archevêché orthodoxe d’Ohrid. La communauté internationale, depuis des années, par ses rapports (la dernière fois, le 15 mars 2012, cela a été fait par le commissaire pour l’élargissement de l’Union Européenne, Štefan Füle) a signifié aux autorités macédoniennes manquements essentiels qui éloigne la société macédonienne des démocraties civilisées. Indubitablement, il s’agit de l’absence de la primauté du droit et de la corruption des tribunaux. C’est précisément cette magistrature proverbialement corrompue, qui au moyen de procès fabriqués, au cours des dix dernières années, envoie en prison l’archevêque Jean pour la sixième fois et refuse obstinément d’enregistrer l’Archevêché orthodoxe d’Ohrid. Le dernier prolongement de l’incarcération de l’archevêque Jean ne constitue qu’une, parmi de nombreuses preuves, que les autorités de la République de Macédoine, non seulement ne respectent pas de manière égale la liberté religieuse de tous ses citoyens, mais aussi, au lieu de trouver des solutions en cas de violation grossière des libertés religieuses, créent encore d’autres problèmes et provoquent l’instabilité.
Source et photographie : SPC.rs