
À l’occasion du
40e anniversaire de sa fondation, l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Jean-Damascène de l’Université de Balamand (Nord Liban) a
organisé du 1er au 4 décembre 2009 un colloque patristique intitulé : "Saint Jean Damascène : théologie, image et hymnographie". Les participants du colloque – 18 professeurs ou chercheurs en théologie provenant de 8 pays (Liban, Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grèce, Roumanie, Syrie) – se sont félicités de l’hospitalité très chaleureuse reçue des membres de l’Institut Saint-Jean-Damascène et de l’higoumène Isaac (Barakat) du monastère de Balamand qui assurait, avec les étudiants de l’institut, les offices liturgiques. Durant les trois journées de travail (1er – 3 décembre), ont été présentées une vingtaine de communications suivies d'échanges, réparties en six sections. L’éventail des thèmes abordés montre la richesse et la diversité de l’œuvre laissée par saint Jean Damascène (8e siècle) à la postérité.

La première section, intitulée « L’histoire et le présent », a donné lieu à deux communications : de Mgr Basile, métropolite grec-orthodoxe d’Akkar (Université de Balamand ;
L’époque de saint Jean Damascène) et du P. Isaac Barakat (Université de Balamand ;
La vénération populaire de saint Jean Damascène à Damas). Dans la deuxième section, intitulée « Bible et liturgie », sont intervenus le P. Patrick O'Grady (Archidiocèse antiochien d’Amérique, États-Unis ;
Les offices funéraires des huit tons de saint Jean Damascène : réflexions bibliques et théologiques) et le professeur Daniel Ayuch (Université de Balamand ;
Le canon pour la fête du prophète Elie et sa relation avec 1-2 Rois). Intitulée « Musique, liturgie et prédication », la troisième section regroupait les interventions du P. Jean Laty (Université de Damas, Syrie ;
Une théorie de la musique byzantine contemporaine à la lumière de la théorie de saint Jean Damascène) et du P. Bassam Nassif (Université de Balamand ; L
e style rhétorique de la prédication de saint Jean Damascène).

La 4e section, portant sur « Dogme et icône », regroupait de nombreuses communications : Prof. Nicolas Abou Mrad (Université de Balamand ;
La Bible et la théologie de l’icône dans la défense des icônes chez Jean Damascène) ; P. Viorel Sava (Université de Iassi, Roumanie ;
Le caractère christologique de l’iconologie de saint Jean Damascène) ; Prof. Fadi Georgi (Université de Balamand ;
Notes sur la christologie de saint Jean Damascène) ; Prof. Michel Stavrou (Institut Saint-Serge, Paris ; L
a pneumatologie de saint Jean Damascène et son actualité) ; P. Stéphane Buchiu (Université de Bucarest ;
La réception de la théologie iconologique de saint Jean Damascène dans la théologie orthodoxe roumaine contemporaine) ; Prof. Pablo Argarate (Université de Toronto, Canada ; L
a Mère de Dieu dans l’œuvre de Jean Damascène). Intitulée « Réception historique », la cinquième section a donné lieu aux interventions du P. Georges Massouh (Université de Balamand ;
Saint Jean Damascène et le dialogue chrétien avec l’islam) ; du Prof. Marlène Kanaan (Université de Balamand ;
Jean Damascène et le Roman de Barlaam et Joasaph) ; du Prof. Karl Pinggera (Université de Marbourg, Allemagne ; L
’importance de Jean Damascène dans les écrits de Joseph Langen (19e s.)) ; et du Dr Ramy Wannous (Université de Balamand ;
La réception de saint Jean Damascène par Christos Yannaras). Enfin la sixième section, intitulée « Théologie contemporaine », proposait les exposés du Prof. Christos Arambatzis (Université Aristote de Thessalonique, Grèce ;
L’herméneutique patristique des 14è et 15è siècles : L’autorité de saint Jean Damascène) et du P. Dimitri Bathrellos (Académie théologique de Volos, Grèce ;
Saint Jean Damascène et l’avenir de la théologie orthodoxe).
Dans son intervention de clôture du colloque, le Prof. Georges Nahas, doyen de l’Institut Saint-Jean-Damascène, a souligné la richesse et la créativité exemplaire de l’œuvre du Damascène, notamment sa synthèse théologique novatrice et ses talents de pédagogue à une époque troublée de recomposition où il était indispensable de transmettre le patrimoine théologique, spirituel et culturel de l’Orient chrétien. L’œuvre de ce Père éminent est encore au centre du débat œcuménique notamment en peumatologie. Georges Nahas a appelé à approfondir l’hagiographie de saint Jean Damascène et notamment sa place singulière de chrétien d’Orient au sein d’un monde musulman en plein essor historique. Un volume devrait réunir bientôt les contributions de ce colloque.

Les participants du colloque étaient conviés, le 2 décembre, à une belle excursion au site antique de Byblos (Jbeil), site habité de manière continue depuis plus de 7000 ans, où l’on a trouvé la plus vieille inscription phénicienne, et qui est considéré comme une des plus anciennes villes du monde. Le 4 décembre, jour de la fête de saint Jean Damascène a donné lieu à la célébration liturgique des matines et de la divine liturgie, présidées par le nouvel archevêque grec-orthodoxe de Tripoli,
Mgr Ephrem (Kyriakos). Le soir s’est tenu au monastère de Balamand, devant un public de plus de 300 personnes et en présence de Mgr Georges (Abou Zakhm), métropolite grec-orthodoxe d’Emèse (Homs, en Syrie), un concert de chant liturgique byzantin interprété par la chorale orthodoxe Saint-Romain-le-Mélode, chorale mixte de 80 jeunes orthodoxes venue d’Emèse en autocar.
L’Institut Saint-Jean-Damascène de l’Université de Balamand a été fondé en 1970. Dépendant du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche (situé aujourd’hui à Damas), c’est l’unique institut de théologie orthodoxe du Proche-Orient, situé dans un pays de culture majoritairement musulmane.