« Le ‘Momentum’ libanais : Pourquoi le Liban ? Pourquoi maintenant ? La dimension paradigmatique du modèle libanais » par Carol Saba

En guise d’introduction à la table ronde consacrée au Liban qu’accueille ce lundi 10 septembre de 20h à 21h45, le Collège des Bernardins en partenariat avec KTO, L’Œuvre d’Orient, le sanctuaire Notre Dame de la Salette et le site Orthodoxie.com, nous vous proposons le texte de la conférence introductive prononcée par Carol Saba à la session inaugurale du colloque « Quelle gouvernance pour le Liban : actualité et perspectives », qui s’est déroulé du 24 au 28 août sur les hauteurs du site majestueux de Notre Dame de la Salette. La table ronde intervient à la veille de la visite tant attendue du pape Benoit XVI au Liban à partir du 14 septembre prochain pour rendre publique l’exhortation apostolique clôturant les travaux du synode du Proche Orient qui s’est déroulé à Rome en octobre 2010. Elle reviendra sur les principaux enseignements du colloque de la Salette qui avait pour fil conducteur la dimension paradigmatique du modèle libanais. De l’avis de tous, ce colloque fut une véritable réussite pour son architecture thématique et humaine. Il fut un temps fort d’analyse approfondie et de différents échanges scrutant non seulement les forces et faiblesses de ce « modèle libanais » si fort et si fragile à la fois, mais aussi et surtout, les chemins de refondation d’une gouvernance libanaise ayant pour socle le « vivre ensemble » en paix entre toutes les composantes de ce pays sans cesse meurtri mais toujours surprenant de vigueur.

Témoignent de la richesse du colloque, les différentes contributions écrites livrées par des spécialistes venant de France et du Liban. La session inaugurale s’est attelée à poser la problématique du colloque et le cadre du débat. Trois conférences ont ainsi été prononcées par Carol Saba (« Le ‘Momentum’ libanais : Pourquoi le Liban ? Pourquoi maintenant ? La dimension paradigmatique du modèle libanais »). Mgr Philippe Brizard (« La théologie politique et la question libanaise ») et Jacques Hutzinger (« Dialogue en Méditerranée sur la pensée religieuse et sur la sécularisation. »). Le 1er jour, ce sont les spécificités du pluralisme libanais qui ont été éclairées ainsi que les défis que présentent pour les chrétiens et pour le vouloir vivre en commun avec les musulmans, les transformations arabes en cours. C’est ainsi que Bahjat Rizk a évoque « Le pluralisme libanais et les paramètres d’Hérodote », Tarek Mitri « Les chrétiens du Liban et les transformations du monde arabe » et Mohammad Sammak « Le printemps arabe et les chrétiens au Moyen Orient, perspectives libanaises ». Le 2ème jour, c’est la question de la laïcité « contextualisée » au Liban qui a été au centre de la réflexion proposée par Carol Saba (« Etat communautaire, Etat civil, Etat laïc ? La laïcité contextualisée au vécu libanais, un défi et une opportunité pour le vivre-ensemble au Liban. Lecture comparative et analyse prospective ») et Antoine Fleyfel (« Tendances et revendications laïques chrétiennes au Liban »). Le dernier jour, ce sont les approches sociopolitiques, psychologiques et interreligieuses, qui ont été évoquées dans les contributions de Michel Nseir (« Présence et témoignage des chrétiens du monde arabe dans les transformations en cours »), de Mona Fayad (« Le Liban, du régime confessionnel au pluralisme. Approche psychologique et sociopolitique ») et de Michel Younès (« Le dialogue interreligieux au Liban, facteur de paix et de rapprochement, conditions et perspectives »). La synthèse des travaux, un véritable marathon géopolitique et géostratégique, éclairant et éclairé, a été conduit magistralement par Antoine Arjakovsky (« Bernard Henry Levy, le père Elias Zahlawi et la géopolitique du Proche Orient ») et Nassif Hitti (« La recomposition politique au Moyen Orient. Lecture géostratégique et prospective de l’actualité et des perspectives »).