Sotos Chondropoulos: « Saint Nectaire. Le saint de notre siècle », Éditions Kainourgia, Athènes, 2009.
C’est une heureuse initiative que d’avoir réédité la traduction française livre de Sotos Chondropoulos, « Saint Nectaire d’Égine (1846-1920) », primitivement publié par le monastère de Lavardac en 1982 mais épuisé depuis longtemps. Ce livre est en effet beaucoup plus complet que celui du P. Ambroise Frontrier, « Saint Nectaire d’Égine », publié aux éditions L’Age d’Homme, que nous avions présenté ici même il y a quelque temps.
Saint Nectaire d’Égine est l’un des plus grands saints modernes, très vénéré par les fidèles orthodoxes du monde entier, et dont les miracles – en particulier la guérison de maladies incurables – restent nombreux. Il est donc utile de rappeler ce que furent sa vie et sa personnalité spirituelle.
Anastase Kephalas, le futur saint Nectaire, naquit le 1er octobre 1846, à Sélybrie, en Thrace. Il montra dès son enfance une grande piété et un goût profond pour l’étude. Après avoir reçu l’enseignement élémentaire dans sa patrie, il fut envoyé par ses parents à Constantinople afin d’y compléter son éducation, tout en travaillant comme employé dans un magasin. À l’âge de vingt ans, il quitta Constantinople pour devenir instituteur dans l’île de Chio. Il devint moine sous le nom de Lazare, le 7 novembre 1876, dans le célèbre monastère de Néa-Moni, puis ordonné diacre un an après. Grâce à la générosité d’un pieux habitant de l’île, puis à la protection du patriarche d’Alexandrie, Sophrone, il put continuer ses études à Athènes et obtenir le diplôme de la faculté de théologie. En 1885, il gagna Alexandrie, où il fut bientôt ordonné prêtre, puis consacré évêque de la Pentapole (ancien diocèse correspondant à la Libye supérieure). Prédicateur et secrétaire patriarcal, il fut affecté à l’église Saint-Nicolas au Caire, en tant que représentant du patriarche. Certains membres du patriarcat, jaloux de ses succès pastoraux auprès de la population locale, le calomnièrent, en disant qu’il cherchait à s’attirer les faveurs du peuple dans le but de s’emparer du trône patriarcal d’Alexandrie. Il fut alors destitué et exilé. Il se rendit à Athènes, où il se retrouva seul, ignoré, méprisé, et manquant même du pain quotidien, car il distribuait aux pauvres ses maigres ressources. Il assuma la charge de prédicateur pendant quelques années (1891-1894), puis fut nommé à Athènes directeur de l’École ecclésiastique Rizarios, établissement destiné à la formation des futurs prêtres. Ses qualités lui permirent de donner rapidement à cette institution une haute qualité intellectuelle et morale.
Soucieux de se retirer du monde et profitant du désir exprimé par plusieurs de ses filles spirituelles, il fonda (entre 1904 et 1907) un monastère féminin dans l’île d’Égine, où il s’installa en 1908, après avoir démissionné de la direction de l’école ecclésiastique. Bien qu’il eût fui tout contact avec le monde, la réputation de ses vertus et des charismes qu’il avait reçus de l’Esprit Saint se répandit dans la région puis dans toute la Grèce, et de nombreux fidèles venaient vers lui, qu’il consolait, encourageait et conseillait. Il guérit beaucoup de personnes des maladies et des infirmités qui les affligeaient, et fit venir la pluie sur l’île qui souffrait de la sécheresse. Familier des saints et de la Mère de Dieu, il en eut de nombreuses apparitions pendant la Divine Liturgie ou alors qu’il était en prière dans sa cellule. Bien que très occupé par le soin spirituel de ses moniales et de ses visiteurs, saint Nectaire trouva le temps de rédiger un grand nombre d’ouvrages de théologie et de spiritualité fortement inspirés par la Tradition des Pères. Il eut malheureusement de nouveau à souffrir de calomnies et d’injustes accusations sur son monastère, de la part de certains membres de la hiérarchie. Il supporta ces dernières épreuves avec la même patience et la même douceur que les précédentes. C’est alors qu’il fut atteint d’un cancer dont il endura les vives douleurs avec patience et courage pendant plus d’un an et demi, avant de s’endormir dans la paix du Christ, le 8 novembre 1920. Depuis sa dormition, les miracles n’ont cessé d’abonder pour ceux qui ont approché avec foi ses reliques ou qui se sont confiés à sa puissante intercession. Son tombeau, à Égine, est devenu l’un des pèlerinages les plus fréquentés de Grèce.
On peut se procurer le livre chez l'éditeur grec : Anastasia Chondropulou, 32 rue Calypsous, 17562 Palaio Phaliro, Athènes, Grèce. Tel: +30 1 98 12 122 ou 98 39 600. Fax: +30 1 98 39 600. Quelques exemplaires sont aussi disponibles dans les librairies des monastères Saint-Antoine-le-Grand (Font de Laval, F 26190 Saint-Laurent-en-Royans, Fax: 04 75 47 53 68), et de Solan (F 30330 La Bastide d’Engras, Fax: 04 66 82 99 08).
Jean-Claude Larchet